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I
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DU MÊME AUTEUR
BIBLIOGRAPHIE DES ÉDITIONS DE SIMON DE COLINES
(i 520-1546). — Paris, Em. Paul, L. Huard et Guillemin, 1894.
1 vol. in-8°.
(Ouvrage couronné ptr l'Institut. Prix Brunct.)
IMPRIMEURS PARISIENS, Libraires, Fondeurs de Caractères
d'imprimerie, depuis l'introduction de l'imprimerie à Paris (1470)
jusqu'à la fin du xvi c siècle. — Paris, A. Claudin, 1898. 1 vol.in-18.
DOCUMENTS SUR LES IMPRIMEURS, LIBRAIRES, Cartiers,
Graveurs, Fondeurs de lettres, Doreurs de livres, Faiseurs df
fermoirs, Enlumineurs, Parcheminiers et Papetiers ayant exercé à
Paris de 14.S0 à 1600. — Paris, H. Champion. (Publication de la Société
de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France), 1901. 1 vol. in-8°.
Bibliographie
DES IMPRESSIONS ET DES ŒUVRES
DE
Josse Badius Ascensius
IMPRIMEUR ET HUMANISTE
i 462- 1 535
PAR
PH. RENOUARD
Avec une notice biographique et 44 reproductions en fac-similé
TOME PREMIER
PARIS
ÉM, PAUL ET FILS ET GUILLEMIN
LIBRAIRES DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE
28, Rue des Bons-Enfants, 28
1908
Tous Droits réserves
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KHOQL
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La bibliographie des éditions publiées, commentées
ou imprimées par Josse Badius Ascensius se rattache,
comme celle des éditions imprimées par Simon de Colines,
à la bibliographie de la famille des Estienne, et l'on ne
peut douter que Badius, autant au moins que Robert
Estienne, ait transmis à son petit-fils, Henri Estienne,
les qualités maîtresses qui ont fait de lui l'un des pre-
miers savants français du seizième siècle.
Cette bibliographie n'est pas seulement celle des
livres parus dans l'imprimerie que Badius dirigea à
Paris de i5o3 à i535 ; elle contient aussi tous les volumes
publiés et commentés par lui depuis 1492, avec leurs
réimpressions successives.
La réunion et la collation d'un aussi grand nombre
de volumes ne m eût certainement pas été possible sans
l'aide si efficace que m'a donnée M. Vander Haeghen,
bibliothécaire en chef de V Université de Gand, en mettant
à ma disposition tous les documents et les notes réunis
par lui sur Badius, en vue de sa magistrale Bibliotheca
Belgica. y y ai puisé comme si ces notes m } appartenaient,
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— VIII —
et fat pu trouver à la bibliothèque de Gand } réunis en
un seul fonds, plus de 25 o des volumes décrits.
Je ne saurais trop exprimer ici, à M. Vander Hae-
ghen s ma tris vive reconnaissance.
La marche adoptée pour les collations est celle de la
Bibliotheca Belgica ; les différences des caractères employés
dans les titres des volumes décrits ne sont pas spécifiées,
mais on a maintenu en capitale la première lettre de
chacun des mots qui y sont imprimés en capitales.
L'indication des bibliothèques publiques n'est pas res-
trictive, et du fait qu'une bibliothèque n'est pas indiquée
à la suite de la description d'un volume, l'on ne doit
pas conclure qu'elle n'en possède pas d'exemplaire.
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
1462-1555
CHAPITRE PREMIER
BIOGRAPHIE
Je n'ai pas la prétention de présenter, en tête de la bibliographie des
œuvres de Josse Badius Ascensius, une étude approfondie sur lui-même,
sur ses œuvres, et sur la place prépondérante qu'il a tenue dans le mou-
vement littéraire de la Renaissance. Je dois laisser le soin d'entreprendre
ce travail à de plus compétents que moi.
Mais, pour compléter les matériaux réunis dans la bibliographie,
je me contenterai d'indiquer, en quelques mots, les principales sources
auxquelles on pourra puiser pour mener à bien sa biographie, et de
résumer l'ensemble de son œuvre, si difficile à connaître, car elle est
disséminée de côté et d'autre, dans des éditions qu'il est quelquefois
impossible de se procurer, et qu'il faut aller chercher là où le hasard
les a immobilisées.
J'espère faciliter ainsi la tâche de celui qui entreprendra de faire
revivre cette figure si intéressante, et jusqu'à présent si peu ou si mal
connue.
I. Sources de la biographie de Badixts.
Incertitude sur son véritable nom et sur le lieu de sa naissance.
Bien que Badius ait beaucoup écrit, et qu'on ait beaucoup écrit sur
lui, les documents permettant de donner sa biographie font à peu près
défaut. La lecture de ses œuvres et de ses préfaces fournit peu de choses
I. x.
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2
JOSSE BADIUS ASCËNSIUS
sur sa vie privée ; on y rencontre des documents précieux pour la biogra-
phie de nombre d'érudits des xv c et xvi e siècles, mais à peu près rien sur
lui. Quand il est amené par son sujet à parler de lui-même, il s'arrête
brusquement et termine sa phrase par ces mots : Sed de me aliàs.
Quant à ses nombreux biographes, ils se sont généralement copiés les
uns sur les autres, répétant, sans les contrôler, les mêmes légendes.
Il est donc nécessaire de remonter aux sources mêmes et de s'en tenir aux
écrits de ses contemporains.
Le premier d'entre eux qui lui ait consacré une notice est Jean Tri-
thème, ou Trittenheim, qui le cite dans son De seriptoribus ecelestasti-
cis 1 comme l'un des meilleurs auteurs ayant écrit sur des sujets religieux ;
il donne la liste de ses premières œuvres, dont quelques-unes sont
aujourd'hui perdues, indique la ville de Gand comme lieu de sa nais-
sance et donne son âge, 32 ans, à l'époque de la publication de l'ouvrage,
en 1494.
Après Jean Trithème, c'est l'historien Robert Gaguin, général des
Trinitaires, qui nous fournit dans son recueil de lettres intimes 2 quelques
renseignements intéressants. La première lettre dans laquelle le nom de
Badius soit cité est de janvier 1489; quelques-unes sont adressées par
Gaguin à Badius, ainsi que la préface même du recueil et une pièce de
vers; dans une seconde préface, à l'imprimeur Durand Gerlier, se
trouvent encore des détails sur la situation qu'avait eue Badius à Lyon
chez l'imprimeur Jean Trechsel.
La correspondance d'Erasme fournit des documents plus nombreux.
Un commerce épistolaire suivi s'était établi entre eux, et leurs lettres
nous donnent la preuve des relations qui existaient entre Badius et les
principaux humanistes français et étrangers, également correspondants
d'Erasme 3 ; c'est dans le recueil des lettres d'Erasme qu'on peut puiser
les documents relatifs au pénible incident qui est venu momentanément
troubler la carrière de Badius et qui, pour un trop pompeux éloge de lui
fait dans le Dialogus deeronianus 4 , amena la rupture avec Erasme,
Guillaume Budé et la plupart de leurs amis.
D'autres contemporains, en assez grand nombre, ont parlé de Badius
ou de ses œuvres — tel Jacques de Meyer qui, dans ses Res Flandricœ 5 ,
1. Ff. 136-137. Jean Trithème mentionne aussi Badius dans le Catalogus
iilustrium virorum Germaniœ, 1495, f. 68.
2. Epistolœ et orationts Gaguini, s. d. (1498) ou Roberti Gaguini... epistola
Ejusdem quœdam orationes, 1498. Ces deux éditions sont décrites plus loin, dans
la partie bibliographique (t. II, pp. 454 et suivantes) 011 l'on trouvera les passages
relatifs à Badius et les lettres à lui adressées reproduis in-extenso.
3. Voir ces lettres et quelques extraits à l'article Erasmus, t. II, pp. 415-428,
et à l'Appendice.
4. Dialogus eut titulus deeronianus, seu de optimo génère dicendi, Bâle, 1528.
5. Jacobi Meyeri Baliolani flandricarum rcrum tomi X, Bruges, 1531 ; on
trouvera la description de ce volume dans la partie bibliographique, t. III, p. 83,
BIOGRAPHIE.
3
citant les noms des plus illustres Flamands vivants, le place au second
rang, après Josse Clichtove — mais ils ne donnent sur sa vie aucun
détail intime.
C'est à peu près là, avec les déductions qu'on peut tirer de ses pré-
faces, l'ensemble des documents sérieux qui doivent servir à écrire sa
biographie. Les pièces d'archives concernant lui ou les siens, sont rares
aussi ; on les trouvera reproduites plus loin. Ajoutons que ses épitaphes
en grec et en latin, écrites par son petit-fils, Henri II Estienne, sont
données dans VArtis T ypograpicœ Querimonia* et que l'inscription qui
figurait sur sa tombe, dans l'église Saint-Benoît-le-bien-tourné, rue Saint-
Jacques, est reproduite par La Caille 2, l'abbé Bruté » et, d'après eux,
dans plusieurs épitaphiers.
Les autres auteurs qui ont consacré des notices à Badius, en se réfé-
rant à ces documents originaux, ou à des documents de seconde main,
sont nombreux ; nous ne citerons que les principaux :
Au xvi e siècle, Gesner ♦ et André Thévet 5 qui reproduisent les ren-
seignements donnés par Trithème.
Au xvii 0 siècle, Swert «, Valère André Moréri *, La Caille », Che-
villier «>.
Au xviii 6 siècle, Maittaire, dans ses Annales typographici, Bayle u ,
l'abbé Goujet ™, Foppens ™ y Lambinet Rigoley de Juvigny etc.
En 1757 parut la première étude consacrée exclusivement à Badius,
elle est anonyme et a pour titre : Vita di Giodoco Badio, appellato
lAscensio, U manista, e Stampatore insigne 16 ; on l'attribue à Manni.
avec la reproduction du passage relatif à Badius et celle d'une lettre adressée
par lui à l'auteur.
1. Paris, 1569. (Ces épigrammes sont reproduites plus loin, à P Appendice.)
2. Histoire de V Imprimerie et de la Librairie, Paris, 1689. (L'épitaphe est
également reproduite plus loin, à l'Appendice.)
3. Chronologie des curés de Saint-Benoît, 1752, p. 43.
4. Bibliotheca universalis, sive Catalogus omnium scriptorum locupletissi-
mus > 1545-
5. Les vrais portraits et vies des hommes illustres, 1584, t. I, f. 165 v°.
6. Athenœ Belgicœ.
7. Bibliotheca bclgica, 1623.
8. Dictionnaire, 1674 et édit. suivantes.
9. Loc. cit.
10. Origine de F imprimerie, 1694.
11. Dictionnaire, édit. de 1730.
12. Bibliothèque française, 1740, t. X, pp. 191 et 201.
13. Bibliotheca belgica, 1739, t. II, pp. 761-763.
14. Recherches sur l'imprimerie, 1799, p. 369.
15. Note de son édition des Bibliothèques françaises de La Croix du Maine
et Du Verdier, 1772-1773, t. IV, p. 346.
16. Milan 1757, in- 4 - de 50 pages. Les 28 premières pages seulement sont
consacrées à la notice sur Badius ; le reste de la brochure contient : Soèra i
Viaggt det due apostoli Giuda e Simone, ragionamente delV Abate Angelo
leodore Villa, avec un titre spécial, mais une pagination suivie
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4
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Elle contient . une biographie et une bibliographie, mais n'a guère d'in-
térêt que par les nombreuses citations d'auteurs, presque tous oubliés
aujourd'hui, qui ont porté des jugements sur l'œuvre de Badius ; quel-
ques-unes des lettres d'Erasne et de Germain Brice relatives à l'incident
du Ciceronianus s'y trouvent reproduites.
Lottin 1 commet plusieurs erreurs ; il le fait exercer à Paris de 1498
à 1535, comme libraire, graveur, fondeur de caractères d'imprimerie et
imprimeur, et, copiant en ceci La Caille, lui donne un frère, Jean, qui
n'a jamais existé, et qu'il fait exercer en 151 7.
Au siècle dernier, de très nombreux bibliographes ont, à l'occasion,
écrit quelques mots sur Badius, notamment Parr Greswell 2 , E. Gres-
well 3 , Née de la Rochelle 4 , A. -A. Renouard, dans les Annales des
Estienne, de Reiffenberg, dans le Bulletin du Bibliophile belge, etc.
En 1858, Em. Hoyois a publié une Notice sur fosse Bade, dans les
Mémoires de la Société des sciences , des arts et des lettres du Hainaut 5 .
Plus récemment, M. Léopold Delisle a écrit une savante étude sur :
V Imprimeur parisien fosse Bade et le professeur écossais Jean Vaus
dans la Bibliothèque de V Ecole des Chartes e . Enfin M. Thuasne, dans
les notes de son édition des lettres Gaguin 7 a donné de nombreux
détails biographiques et littéraires qui jettent un jour complet sur les
humanistes de la fin du xv e et du commencement du xvi e siècle, et qui
sont des plus précieux pour la connaissance du milieu littéraire danr»
lequel vivait Badius.
Il faut signaler encore une série d'articles parus en 1904, dans un
journal de Bruxelles, Le XX e Siècle, dans lequel s'est engagée une polé-
mique relative au lieu présumé de la naissance de Badius, et où la pro-
position a été faite d'élever un monument à sa mémoire. Nous aurons
occasion d'y revenir plus loin.
La première question qui serait à trancher pour son biographe est
celle de son véritable nom et du lieu de sa naissance. On sait, au témoi-
gnage de Trithème, qu'il était dans sa trente-deuxième année en 1494,
c'est-à-dire qu'il naquit en 1461 ou 1462, mais l'indication donnée sur le
1. Catalogue des libraires et des libraires-imprimeurs de Paris, 1789, t. II, p. 4.
2. Annals of parisian typography, 1818, pp. 168, 174 et 239.
3. A view of the early parisian greck press, 1833, I, pp. 35-42.
4. L'imprimerie savante, 1825, ouvrage inédit conservé à la bibliothèque du
Cercle de la Librairie, à Paris.
5. Publiée à part, s. d., in-8* de 22 pages.
6. Et tirage à part, 1896, in-8\
7. Robcrli Gaguini epistole et oraliones, 1904, 2 vol. in- 18 ; voyez dans la
partie bibliographique, t. II, p. 459.
*
BIOGRAPHIE.
lieu de sa naissance est contestée; Trithème le fait naître à Gand et
presque tous les historiens, les biographes ou les bibliographes qui se
sont occupés de lui, lui donnent pour patrie la petite ville d'Asche, près
de Bruxelles.
Ascensius, dit-on, est un qualificatif d'origine et veut dire : d'Asche.
C'était la coutume de l'époque de faire suivre le nom de famille de l'indi-
cation du lieu d'origine; Jodocus Badius Ascensius signifierait : Josse
Badius, d'Asche, comme Desiderius Erasmus Roterodamus ou Gulielmus
Budaeus Parisiensis signifient : Didier Erasme, de Rotterdam, ou Guil-
laume Budé, de Paris. Récemment, dans le XX e Siècle, M. T. de Lans-
heere, ministre d'Etat et sénateur de Belgique, originaire d'Asche, et qui
signe aussi Ascensius, ajoutait que Badius est la traduction latine du
nom des De Bauw, famille encore existante et qui tenait déjà une place
importante à Asche au xv e siècle. De Bauw, à Asche, se prononce : De
Bâ, d'où : Badius.
Cette version semble pourtant en contradiction avec les documents
originaux; Trithème indique que Badius était de Gand, et Badius lui-
même, dans deux passages au moins, le déclare formellement. Dans le
De Vita Christi de Ludolphe de Saxe 1 , il insère, en 1502, deux distiques
en l'honneur de sainte Anne auxquels il donne pour titre : Judoci Badii
Gandensis Tetrastichon, ce qui a été répété dans toute les éditions posté-
rieures; en 1520, il se montre plus explicite dans la préface mise en
tête des Summœ quœstionum ordinariarum d'Henri Goethals, de Gand 2 ,
dans laquelle il écrit, s'adressant senatui fopdoque Gandavensi : « Geor-
gius Scanfelarius et Ludovicus Blaublomeus, una mecutn vestri sumus,
praetor magnificentissime proceresque clarissimi, et cives et alumni. »
C'est là une déclaration bien catégorique et qui semble ne pas laisser
subsister de doute ; il se déclare citoyen de Gand, et comme il vivait à
Paris, cette qualité ne peut indiquer autre chose que son origine gan-
toise.
Il est à remarquer d'ailleurs, que partout, dans ses préfaces, il se
déclare Flamand et qu'Asche n'est pas en Flandre, mais en Brabant.
Peut-être ne faut-il pas insister sur ce point, car entre la Flandre et le
Brabant il n'y avait guère qu'une délimitation administrative; il pouvait
aussi être né en Brabant d'une famille originaire de la Flandre, et se
dire encore Flamand.
Mais s'il était Gantois, que signifient ses deux noms? On propose
l'explication suivante : Badius, surnom d'école, a la signification de ce
mot en latin, bai ou brun, Ascensius est son nom de famille, traduction
latine du nom Van Asche, porté par de nombreux habitants de Gand au
xv e siècle et encore aujourd'hui. Jodocus Van Asche fournit, en outre,
1. ITT, p. 30.
2. II, p. 473.
6
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
l'explication de son monogramme, dont les quatre lettres sont ainsi dis-
posées : i V A b, iodocus VAN ASCHE badius *.
On explique aussi, de cette façon, l'adjectif ascensianus qu'il a si
souvent employé et qui n'aurait guère de raison d'être s'il ne voulait rap-
peler que son origine au lieu de rappeler son nom. ALdes ascendance,
fralum ascensianum, officina ascensiana ne signifient-ils pas plutôt la
maison, la presse, la boutique de Van Asche, que la maison, la presse,
la boutique de quelqu'un qui ne dit pas son nom mais qui est originaire
d'Asche? Plantin, qui était de Tours, ne mettait pas sur ses impressions :
ex officina Turonensi, mais ex officina Plantiniana ; les Froben, les
Wechel, les De Keysere signaient de même : ex officina Frobeniana,
Wecheliana, ex frœlo Cœsareo.
On fait aussi remarquer qu'au point de vue grammatical, ascensianus
serait une faute que Badius n'aurait pas commise en faisant dériver un
adjectif d'un autre adjectif, et cette raison semble peut-être la plus con-
cluante.
Rien dans ses préfaces ne peut nous aider à déterminer à quelle
famille il peut appartenir, famille Van Asche ou famille De Bauw;
une seule fois il parle de l'un des siens, Pierre Megang, auquel il dédie
les Calphurnii Bucolica 9 , en 1503. et qu'il qualifie : germanus consangui-
neus suus, expression d'ailleurs ambiguë qui semble devoir se traduire ici
par neveu, sinon par cousin germain. Il y avait à Gand, en 1506, un
libraire du nom de Jean Meganc, pour lequel il imprima une édition de
Juvénal partagée avec Jean Waterloose et Josse Horenweghe 3 , et, en
1511, un Liévin Meganc dont le nom figure aux pièces liminaires de la
vie de Saint Liévin par Eloi Houkaert, imprimée par Badius pour Victor
van Crombrugghe et Gérard Zweemere, de Gand 4 ; ils appartenaient
sans doute, tous deux, à sa famille.
A ses débuts il se nomme lui-même indifféremment Ascensius ou
Badius, ainsi dans le De viîa Christi dont nous avons parlé plus haut,
à côté du Judo ci Badii gand en sis tetrastichon on trouve : Vit a glorio-
sissimœ matris Annœ ab Ascensio in compendium redacta, mais à mesure
qu'il avance dans sa carrière, le nom d' Ascensius devient moins fréquent
et fait place à celui de Badius. Ses contemporains lui écrivant ou
parlant de lui le nomment presque toujours Badius.
En France, on a pris l'habitude de l'appeler Josse Bade ; cette fran-
cisation n'a pas sa raison d'être, car en 42 ans de séjour en France il ne
l'a jamais adoptée. On trouve la forme Bade pour la première fois dans
1. Ce monogramme a été gravé deux fois, sous la même forme, dans sa
première marque, en 1507 (voir plus loin, p. 43), et dans son petit encadrement,
on 1522 (voir p. 54).
2. TT, p. 259.
3- n, p. 538.
4. II, p. 518.
BIOGRAPHIE.
7
la traduction française de ses Stultiferœ naves parue vers 1498 ; le
traducteur, Jean Droyn, a cru nécessaire de traduire le nom de l'auteur
aussi bien que le texte et il le nomme : « Maistre Joce Bade Ascence 1 » ;
Bade n'a pas plus de signification qu'Ascence. Plus tard on retrouve
Bade dans quelques privilèges français, mais ce sont les traductions,
faites par les clercs du Parlement, de requêtes rédigées en latin, et les
clercs ont tantôt francisé le nom et tantôt laissé la désinence latine rencon-
trée dans le texte ; il est ainsi nommé soit Bade, soit Badius, soit Badio.
Bade pouvait venir facilement sous leur plume car il existait alors,
au faubourg Saint-Victor, une famille de ce nom qui n'avait rien de
commun, d'ailleurs, avec Badius.
Lui-même dans ses quelques volumes imprimés en français, se nomme
toujours Badius ; dans les deux actes notariés que nous reproduisons
plus loin 2 dans lesquels il figure comme partie principale, il est aussi
nommé Badius et aucun équivalent ne vient remplacer Ascensius. Dans
d'autres pièces son nom est francisé en Badieulx, ce qui vient de Ba-
dius, et non de Bade. En somme lui-même et ses enfants n'ont jamais
adopté d'autre nom que celui de Badius ; son fils Conrad s'est tou-
jours nommé Conrad Badius, tout en conservant sur sa marque les
mots : Prœlutn Ascensianum.
Qu'il se soit appelé Josse De Bauw ou Josse Van Asche, c'est le
nom de Badius qu'il a illustré et que ses enfants ont adopté, c'est celui
qu'il convient de lui conserver.
Gand le réclame comme son enfant, et dans la précieuse collection
gantoise de sa remarquable bibliothèque, M. Vander Haeghen n'a pas
hésité à classer ses œuvres, Asche propose de lui élever un monument
sur l'une de ses places publiques ; c'est là un double témoignage d'admi-
ration qui ne peut avoir pour effet que de rehausser l'éclat de sa
mémoire chez ses compatriotes. Mais il sera bien permis aussi à Paris
de le réclamer pour son fils adoptif, puisque c'est à l'ombre de sa vieille
université et dans le commerce des savants français que sa profonde éru-
dition a mûri et porté ses fruits; c'est à Paris qu'il a fondé sa famille,
et c'est à un Parisien, son petit-fils Henri Estienne, qu'il a laissé le
meilleur de lui-même, sa largeur d'esprit, son besoin de secouer les
vieux errements scolastiques et son opiniâtreté au travail.
1. II, p. 75.
2. Appendice.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
II. — Ses premières années et ses premières œuvrés
jusqu'à son établissement a Lyon (1492).
Sur ses trente premières années, nous devons nous contenter de ren-
seignements assez vagues recueillis çà et ià, dans ses préfaces ou fournis
par Trithème ; à partir de 1492, date de la publication de son premier
volume, il devient plus facile de le suivre par ses œuvres mêmes.
Il fit ses premières études à Gand, au collège tenu par les frères
Hiéronymites, ou frères de la Vie Commune, collège dont la renommée
attirait à Gand les enfants de tout le pays flamand. Il le rappelle dans
plusieurs préfaces, et reconnaît que cVst aux frères de Saint- Jérôme,
qu'il doit le plus de reconnaissance. Ce sont eux qui lui ont enseigné les
premiers éléments des belles-lettres et donné de solides principes de
morale et de religion. II resta en relations avec eux pendant toute sa
carrière, et donna plusieurs éditions à l'intention de leurs élèves.
Ayant appris à Gand tout ce que les frères de Saint- Jérôme pou-
vaient lui enseigner, Badius alla compléter ses études à Louvain ; c'est
ainsi qu'il faut interpréter, je pense, la qualification : quœ mater fuit
mea, qu'il donne plusieurs fois à l'Université de Louvain 1 .
Nous savons encore que, sur le conseil qui lui avait été donné
par Antoine Colve (Clava), jurisconsulte et conseiller au conseil de
Flandre, il alla terminer ses études en Italie. Il traversa les Alpes, nous
apprend-il, au milieu d'armées ennemies qui s'y livraient bataille 2 .
Cette indication ne peut suffire à fixer l'époque de son passage en Ita-
lie, puisque les Alpes, dans le dernier quart du xv e siècle, ont été le
théâtre de luttes constantes.
Le but de son voyage était de suivre les cours des professeurs
italiens, dont la renommée commençait à se répandre grâce aux
efforts de quelques savants qui cherchaient à propager en dehors de la
péninsule le culte des littératures grecque et latine dégagées de toute la
scolastique germanique.
C'est à Ferrare qu'il se rendit d'abord ; il y eut pour maître Baptiste
Guarino qui y enseignait la littérature grecque 3 . De Ferrare, il passa
à Mantoue où, pendant quelques jours, il entendit professer Philippe
Béroalde, l'aîné 4 .
Sur son séjour en Italie, qui dut avoir sur sa carrière une influence
si prépondérante, nous n'avons pas de renseignements plus précis ; nous
1. Les registres de l'Université de Louvain ne font cependant pas mention
de Badius parmi les étudiants ayant pris des inscriptions avant 1488.
2. Préface de Divi Livini Vita ab Eligio Houcario, 151 1. II, pp. 518-519.
3. Trithème.
4. Préface des Orationes de Béroalde, 1492. II, p. 159.
BIOGRAPHIE.
9
en ignorons l'époque exacte et la durée. Nous savons seulement qu'il
était à Gand en décembre 1488 et janvier 1489, où nous le voyons en
relation avec Arnold de Bost, religieux de Notre-Dame du Carmel de
cette ville, et nous le trouvons à Lyon, en 1492, ayant, auparavant,
professé à Valence qui possédait alors une Université 1 . Ce voyage
doit donc être placé soit avant décembre 1488 (il avait en cette année
26 ans), soit après janvier 1489; dans ce dernier cas il faudrait sup-
poser que, d'Italie, il aurait gagné directement la France, où il se
fixa définitivement.
Avant 1492, date de sa première publication à Lyon, Badius était
déjà connu comme latiniste. Son nom est cité pour la première fois par
Robert Gaguin dans une lettre du mois de janvier 1489. Gaguin avait
envoyé à Arnold de Bost le 26 décembre 1488, le manuscrit de son
poème De intemeratœ virginis conceftu adversum Vincentium quendam
decertacio pour avoir son avis avant de le publier. De Bost, à son tour,
avait pris l'avis de Badius ; la lettre de janvier 1489 est la réponse de
Gaguin aux observations faites par de Bost et Badius *.
Ce poème de Gaguin avait été écrit, sur les conseils d'Arnold de Bost,
en réponse au traité de Vincenzo Bandello sur le péché originel : Liber
ducentorum et sexaginta sanctorum doctorum, virginem Mariant in ori-
ginali feccato fore conceptam dicenlium, dicta continens y paru à Bologne
en 1481. Nous savons, par le témoignage de Trithème, que Badius écri-
vit, lui aussi, un petit poème critiquant les conclusions de Vincenzo Ban-
dello, et il semble à peu près certain que cette première œuvre de Badius
fut écrite à la même époque et également sur les conseils d'Arnold
de Bost. Nous n'en connaissons autre chose que les premiers mots du
titre : Contra Vincentium, et le début du premier vers : Vincenti infelix
que te..., qui sont rapportés par Trithème; il est probable qu'il ne fut
pas imprimé et il est aujourd'hui perdu.
C'est vers la même époque qu'il faut placer la composition d'un
poème en vers latin, cité également par Trithème à l'actif de ffadius,
et qui n'a pas été retrouvé non plus ; il avait pour titre : Psalterium
deiparœ Virginis Afariœ, et était écrit en vers saphiques.
III. — Son séjour a Lyon et les ouvrages qu'il y publie.
Son premier voyage a Paris (1492-1499).
A Lyon, nous trouvons Badius professeur dans un collège tenu par
Henri Valluphinus, et fréquenté par les enfants de l'aristocratie lyon-
1. Préface des Satires de Perse, 1499. III, p. 146.
2. Reproduite plus loin, t. II, pp. 456-457.
IO
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
naise ou de la région ; nous connaissons les noms d'un certain nombre
de ses élèves auxquels il adressa des préfaces : Clément d'Aurillac, Hum-
bert Fournier, François Paschet, Pierre Guillaume, de Chaumont, Jean
de Thalaru, Antoine Dars, Charles de Villeneuve, Antoine de la Porte,
Clément Mulat, Antoine Tolédon. Jacques Phénol 1 .
Tous ses biographes ont écrit qu'il était alors professeur de langue
et de littérature grecques, mais il semble évident, contrairement à leur
assertion, qu'il professait la littérature latine. Les commentaires familiers
qu'il publia sur les auteurs classiques étaient, comme il le rappelle sou-
vent, la rédaction de ses cours de Valence et de Lyon ; or, il ne com-
menta que des classiques latins, et aucune des éditions grecques qu'il
publia plus tard ne sont accompagnées de son commentaire.
Il faudra donc admettre que Badius ne professa pas le grec, mais
le latin. L'erreur commise par ses biographes, et transmise de l'un à
l'autre, provient de cette phrase de Trithème : « [Badius] qui olim
Ferrariae Baptistum Guarinum litteras graecas docentem audivit et in ea
quoque scientia disertus evasit, Lugdunum modo eruditione exornat,
poetas legit publice et privatim, plures magnatum filios instruens... » ce
qui ne signifie pas que c'étaient les poètes grecs qu'il expliquait à ses
élèves, mais qu'il était devenu également savant dans la langue grecque ;
le mot quoque sous-entend certainement la langue latine.
Son séjour à Lyon se prolongea jusqu'au commencement de
l'année 1499. Pendant cette période de sa vie, il fit preuve d'une acti-
vité littéraire incomparable et jeta les premières bases de sa réputation
qui ne devait pas tarder à devenir universelle.
En 1492, il publie son premier volume, une édition des Orafiones
de Philippe Béroalde, qui avaient paru à Bologne l'année précé-
dente, et dont Laurent Bureau, alors provincial de Narbonne, s'était
empressé de lui envoyer un exemplaire 2 . La préface qu'il mit en tête de
ce volume, adressée à Laurent Bureau, porte la date du 26 juillet, et
l'achevé d'imprimer celle du 4 septembre ^92. La même année, il fai-
sait imprimer un recueil de morceaux choisis extraits de Virgile, Horace,
Perse, Juvénal, Ennius, Baptiste (Spagnuoli) de Mantoue, Sulpizio,
Caton le moraliste et Alain de Lille; ces morceaux sont accompa
gnés d'un copieux commentaire, premier spécimen du commentaire
familier dont il devait orner presque tous les classiques latins et un
certain nombre de poètes chrétiens contemporains. Le recueil, intitulé
Sylvœ morales*, est précédé d'une importante préface, dans laquelle
1. Préfaces des Sylvœ Morales, 1492, II, pp. 70-73 : de l'Art poétique
d'Horace, 1500, II, p. 497, et 1503, II. pp. 507-508 ; des Epitres d'Ovide, 1500,
III, pr>. 101-102 ; de la troisième partie du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu,
1501, II, pp. 8-9.
2. II, pp. 158 et ss.
3. II, pp. 67 et ss.
BIOGRAPHIE.
il
Badius se dévoile comme un humaniste fervent. L'année suivante, en
août 1493, H publiait une édition de Térence avec ses commentaires
joints à ceux de Guy Jouvenneaux (Juvenalis)
Ces trois volumes sortent des presses de Jean Trechsel, imprimeur
originaire d'Allemagne, établi à Lyon. Badius explique dans la pre-
mière de ses préfaces, que l'ignorance et l'incurie des imprimeurs étaient
telles qu'il ne pouvait se décider à leur confier la réimpression des
Orationes de Béroalde pour laquelle il était certain de ne pouvoir obte-
nir une correction suffisante ; il ne voulait pas non plus que les œuvres
de Béroalde fussent germanisées par l'emploi du caractère gothique. Il
n'aurait pas cédé à la tentation d'en faire une seconde édition s'il n'avait
appris que Trechsel avait fait venir d'Italie une fonte de caractères
ronds, et s'il n'avait entendu faire de cet imprimeur les plus grands éloges.
Des relations intimes ne tardèrent pas à s'établir entre Trechsel et
lui, l'un appréciant l'autre, si bien que Trechsel finit par lui confier la
direction littéraire de sa maison. Robert Gaguin nous a transmis ce
détail que Badius était logé chez Trechsel, et qu'il en recevait pour ses
services des appointements annuels « quem Badium mendarum expunc-
torem domi alit [Trechsel], annua illr mercede constituta ».
A partir de cette époque, Badius entièrement absorbé par ses cours
et par le soin de diriger les publications de Trechsel, cessa momenta-
nément la publication de ses œuvres personnelles et de ses commen-
taires de classiques. Ses fonctions à l'imprimerie consistaient simultané-
ment à faire choix des ouvrages à publier, à en rechercher et collationner
les meilleurs manuscrits, et à les présenter au public en écrivant des pré-
faces adressées, selon l'usage de l'époque, à des personnages haut placés
sur lesquels on faisait rejaillir, d'une façon plus ou moins spécieuse, tout
le mérite de la publication. C'est ainsi que de 1494 à 1497 il écrivit les
préfaces des deux volumes de sermons de Guillaume d'Udine, adressées
à Guillaume Totani, de l'ordre des frères prêcheurs, et à Jean de Gênas,
bachelier en théologie 2 ; trois préfaces pour les œuvres de Guillaume
de Ockam adressées à Jean Trithème et à Marc Alexandrei, de Béné-
vent 3 ; la préface de la Somme de Jean de Torquemada, adressée à
Louis Pot, évêque de Tournai * ; l a préface de deux traités de Richard
de Radolfis et de Roger Chonnoé sur la querelle du clergé et des frères
mendiants, adressée à Marc Alexandrei 5; J a préface des questions de
Robert Holkot, adressée encore à Marc Alexandrei 6 , et celle des ques-
1. TU, pp. 279 et ss.
2. III, pp. 310314-
3. III, pp. 86-88, 90-02 et 92-93.
4. III, pp. 308-309.
5. III, pp. 214-215.
6. II, pp. 492-493.
12
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
tions de saint Augustin, adressée à Pierre Gérard, prieur du couvent des
Augustins de Paris 1 .
On trouvera le texte de ces préfaces, et de toutes celles qu'il écrivit
par la suite, dans la partie bibliographique 2 ; elles offrent souvent
un assez grand intérêt par les renseignements biographiques qui nous
sont transmis ainsi sur les personnages auxquels elles sont adressées, et
sur les sources auxquelles ont été puisées les œuvres qu'il présente. Elles
eurent pour lui l'avantage de le faire connaître et lui valurent un de ses
premiers titres de gloire, celui d'être, tout jeune encore, élogieusement
placé par Jean Trithème, parmi les plus célèbres auteurs ayant écrit des
choses ecclésiastiques.
En 1497, Trechsel entreprit la publication des œuvres d'Avicenne,
travail considérable qui ne fut achevé qu'en décembre 1498, et qui ne
porte pas de traces de la collaboration de Badius ; il n'est pas douteux
cependant que celui-ci se soit occupé de la mise en œuvre de l'édition, et
s'il n'a pas été chargé d'en écrire la préface, c'est qu'à l'époque où
l'impression fut achevée Trechsel était mort et que la maison avait passé
en d'autres mains.
Le manuscrit d'Avicenne était conservé à Paris, aux écoles de méde-
cine; il fallait prendre les dispositions nécessaires pour le faire copier;
ce fut pour Badius l'occasion de se rendre à Paris, où sa présence au
commencement de l'année 1497 me semble certaine. De ce voyage à
Paris datent ses relations avec les frères de Marnef, les grands libraires
parisiens, et avec le célèbre général des Trinitaires, l'historien et huma-
niste Robert Gaguin, pour qui, comme nous l'avons vu, il n'était pas
un inconnu.
On n'est pas fixé d'une façon certaine sur l'origine de la famille des
Mamef, que l'on trouve établie à Paris dès 1441, et qui exerçait
encore à la fin du XVI e siècle, ayant créé des succursales de leur maison
dans plusieurs villes de France, la plus importante à Poitiers. Selon les
uns les Marnef seraient originaires de Loches, selon les autres de Liège.
Si cette dernière version est la bonne, il n'est pas étonnant que Badius,
arrivant à Paris, se soit mis aussitôt en rapport avec eux. Le 15 mars
1497, il écrivait pour eux la préface d'une édition des Questions sur les
éthiques d'Aristote de Pierre Tartaret 3 ; je n'ai pas vu d'exemplaire de
l'édition originale, mais la préface est datée de Paris dans la réimpres-
sion donnée par André Bocard en 1498 ; dans une réimpression donnée
la même année, à Rouen, cette même préface est datée de Rouen, mais
1. II, pp. 54.56.
2. Ces préfaces sont reproduites avec la collation de la première édition qui
les contient sauf quatre, celle des Œuvres d'Homère (1510). qui est reproduite
au Supplément, celles d'Horace (1505 ou 1506), de Quintilien (15 16), et de
Valla, in Benedictum Morandum (1528), reproduites aux Addenda.
3. III, pp. 274 et ss.
BIOGRAPHIE.
les libraires de province au xv° et au xvi° siècle étaient fort peu scrupu-
leux, on en trouve, à l'étude des réimpressions successives des œuvres
ou des commentaires de Badius, des exemples nombreux ; ils n'hésitaient
pas à laisser croire que les préfaces avaient été écrites spécialement
pour eux, en modifiant la date, le lieu, souvent même en substituant
leur nom à celui du destinataire primitif, s'attribuant ainsi des éloges
qui ne leur étaient pas destinés.
A la même époque les frères de Marnef publiaient la première édi-
tion de la traduction française de la Stultifera navis de Sébastien
Brandt; Badius dut en voir les épreuves et discuter avec eux sur la
portée philosophique de l'œuvre ; l'idée vint d'y ajouter un petit supplé-
ment à l'usage des femmes ; il se chargea du travail et promit de se
mettre à l'ouvrage dès son retour à Lyon. Le 10 septembre 1498, il leur
en adressait le manuscrit, rappelant dans la préface que l'idée de ce tra-
vail venait d'Angilbert de Marnef et écrivant comme d'une chose pro-
mise : « Haec sunt quae ad Navim stultiferam accedere posse putavi... »
Comme c'étaient les principaux défauts féminins qui étaient visés, il
leur demandait de le faire traduire en français pour qu'il fût lu plus
facilement. La traduction, confiée à Jean Droyn, qui l'amplifia de plus
de moitié, parut la première vers la fin de Tannée 1498, le texte latin
ne fut imprimé seul, pour la première fois, qu'en février 1501
Ce fut aussi pendant ce voyage à Paris, que Badius lia des rela-
tions suivies avec Gaguin. Le souvenir de sa modeste collaboration au
poème sur la conception de la Vierge, et les chaudes recommandations
des deux amis fidèles de Gaguin, Arnold de Bost et Laurent Bureau,
qui avaient Badius en grande estime, avaient dû faciliter les débuts de
ces relations. Il y avait entre eux, du reste, un autre trait d'union. La
préface des Sylvœ morales n'avait pas dû passer inaperçue pour Gaguin ;
elle avait paru deux ans avant son Compendium de origine Francorum
et elle expliquait aux étudiants que le principal profit qu'ils devaient
attendre de l'étude de la langue latine, était de pouvoir lire et com-
prendre l'histoire de leur pays, qui n'avait pas encore été écrite, mais
qui ne pouvait manquer de l'être un jour.
Le Compendium avait paru en octobre 1495, mais l'édition, imprimée
par Pierre Le Dru, était si pleine de fautes que Gaguin en avait honte
et avait cherché à en faire disparaître tous les exemplaires. Badius lui
persuada de donner une nouvelle édition et de lui confier l'exemplaire
qu'il avait préparé dans ce but, pour le faire réimprimer par Trechsel,
lui promettant d'apporter tous ses soins à la correction. Elle parut à
Lyon le 24 juin 1497.
1. I, p. 158 ; II, pp. 73-80. On trouvera les vers latins de Badius, avec un
aperçu des chapitres en prose, reproduits plus loin, au chapitre IV.
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
L'année suivante Gaguin faisait imprimer, une troisième • fois, le
Comfendium à Paris par André Bocard, cette troisième édition fut
achevée le 31 mars 1498. Sur la date et la priorité des éditions de Trech-
sel et de Bocard, on a fait jusqu'ici confusion, et il est facile de démon-
trer que celle de Bocard a vu le jour après celle de Trechsel. Comme
Gaguin a spécifié en plusieurs endroits 1 qu'il avait confié à Badius
la seconde édition du Compendium, et comme il était admis jusqu'ici que
l'édition de Bocard était du 31 mars 1497, M. Thuasne en a conclu
qu'aussitôt après avoir chargé Badius du soin de la réimpression il en
avait également chargé Bocard, et que celui-ci, plus diligent, avait
achevé son édition le premier. Mais pour cela il faut admettre qu'il y a
trois erreurs de dates dans les deux éditions, et, de plus, que l'édition
de Bocard fut achevée avant même que celle de Trechsel .ait été com-
mencée.
En effet Badius était encore à Paris le 15 avril 1497 2 et par con-
séquent l'impression de Trechsel n'était pas commencée à cette date,
puisque Badius s'était chargé de la corriger lui-même à Lyon ; l'im-
pression de Bocard qui est du 31 avril aurait été sinon complètement
achevée à ce moment, au moins sur le point de l'être, si elle était de
l'année 1497. En suivant, au contraire, les dates exactes portées sur les
deux volumes, on arrive à une conclusion toute naturelle. A la fin de
l'avis au lecteur, dans les deux éditions, une note indique que le travail
de revision de Gaguin fut achevé en février 1497, ce qu'on considère
comme une faute pour 1496, ancien style. Il n'y a là cependant aucune
faute; cette note, qui est rédigée par Badius, porte la date en
style romain, comme dans toutes les impressions lyonnaises, et Bocard
copiant l'édition lyonnaise a laissé subsister 1497. L'achevé d'imprimer
' de l'édition de Trechsel est du 24 juin 1497 et celui de l'édition de
Bocard est du 31 mars 1498, très correctement écrit, en style parisien,
1497, puisque le jour de Pâques tomba le 15 avril en 1498. La pré-
sence, dans l'édition de Bocard, d'une première date formulée en style
romain parce qu'elle est copiée sur une édition lyonnaise et d'une
seconde date en style parisien, a créé toute la confusion.
Il est évident, pour d'autres raisons, que l'édition de Bocard est
une copie de celle de Trechsel, Gaguin n'aurait pas corrigé, d'une façon
identique, deux exemplaires de l'édition de 1495 P our remettre l'un à
Badius et l'autre à Bocard, et l'on ne trouverait pas, dans ce cas, la pièce
1. Préface de l'édition de Lyon : « ...magistri Joannis Trechsel, haud inops
fortunarum, secundœ imfrcssioni impensam suffuiet, » et lettre à Etienne de
Longvy, évêque de Mâcon, du 19 novembre 1497 : « Eapropter secundo impri-
mendum curavi, idque Lugduni t ut illuminatius veriusque habetur. » (Edit.
Thuasne, II, p. 62.)
2. Date de sa pr 'face des Questions sur les éthiques d'Aristote de Pierre
Tartaret.
BIOGRAPHIE.
de vers adressée en remerciement à Gaguin, par Badius : De Prœs-
tantia GcUlorum et auctoris, dans l'édition de Paris. Il n'y aurait pas
eu de raison pour que Badius ait supprimé de son édition la lettre de
Corneille Girard à Gaguin ni son épigramme qui paraissent seulement
dans l'édition de Paris. Enfin, Gaguin ne se serait pas montré si pressé
de faire venir des exemplaires de Lyon, en août 1497, s'il avait eu à
sa disposition des exemplaires de l'édition parisienne
Brunet citant ces deux éditions, y voit une preuve de la concurrence
que les libraires lyonnais faisaient aux libraires parisiens. Comme le fait
remarquer M. Thuasne, il n'y eut pas là de concurrence commerciale,
et l'on ne peut supposer que Gaguin ait pu nuire aux intérêts d'André
Bocard ou à ceux de Trechsel en faisant exécuter ses deux éditions.
Badius ne s'y serait d'ailleurs pas prêté. Pendant toute sa carrière
il fut victime des contrefaçons de ses œuvres; on alla jusqu'à imiter les
encadrements dont il ornait ses livres, à mettre son nom sur le titre ou
à l'achevé d'imprimer de volumes qui n'émanaient pas de lui, pour en
faciliter la vente; il s'en plaignit amèrement à diverses reprises et
menaça de rendre la pareille, mais ne mit jamais ses menaces à exécu-
tion. Une seule fois il imprima un volume qui était protégé par un pri-
vilège accordé par le pape à un libraire de Florence; il ne le lit pas sans
prévenir les lecteurs, et sans chercher de bonnes raisons pour mettre sa
conscience de chrétien et de commerçant à l'abri de tout reproche 2 .
Badius avait profité de ses entretiens avec Gaguin pour lui con-
seiller de publier le recueil de ses lettres, comme venaient d'être publiés
les recueils des lettres de quelques savants italiens, et le 5 octobre 1497
il en recevait, à Lyon, le manuscrit, avec les plus grandes recommanda-
tions de ne pas l'égarer, car il n'en existait pas de copie ; Gaguin lui
envoyait en même temps un exemplaire corrigé de son poème De furitate
conceftionis, qu'il désirait voir réimprimer à la suite de ses lettres ; il
lui demandait de le corriger encore une fois au point de vue de la pro-
sodie, si celle-ci laissait quelque part à désirer.
Le manuscrit arrivait à un mauvais moment, toute l'imprimerie de
Trechsel était occupée à la publication de l'Avicenne, dont les quatre
parties ne représentent pas moins de 1 300 pages in-folio à 2 colonnes 3 .
On dut remettre à plus tard l'impression des lettres. Sept mois après
avoir envoyé son manuscrit, le 18 mai 1498, Gaguin écrivait à Badius
pour lui demander s'il n'allait pas bientôt recevoir le volume attendu.
Quelle ne dut pas être sa surprise en recevant, en réponse à sa demande,
le manuscrit intact de ses lettres dont rien n'avait été imprimé. Badius
en même temps lui en expliquait les raisons : Trechsel venait de mourir,
1. Lettre à Arnold de Bost du 11 août (édit. Thuasne, II, p. 48).
2. Préface des Psalmt Davidici de Thomas de Vio, 11531, III, pp. 354-355-
3. Voir Pellechet, Catalogue gênerai des Incunables, n° 1668.
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iô
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
des difficultés s'étaient élevées entre ses héritiers et, ignorant le sort qui
était réservé à l'imprimerie de son ancien patron, il préférait rendre à
Gaguin le précieux dépôt qui lui avait été confié *.
Les lettres de Gaguin furent imprimées à Paris et parurent au mois
de novembre 1498; la préface qui était adressée à Badius ne fut pas
modifiée; Gaguin y ajouta seulement une lettre à l'imprimeur, Durand
Gerlier, dans laquelle sont relatés tous les détails ci-dessus donnés. Ce
recueil contient quelques lettres adressées par Gaguin à Badius, qu'on
trouvera reproduites dans la partie bibliographique, et quelques autres
dans lesquelles il parle de lui, qui sont citées à l'Appendice 2 .
Comme lavait prévu Badius, la mort de Trechsel, survenue vers !a
seconde quinzaine de mai 1498, devait jeter un trouble profond dans le
fonctionnement de son imprimerie. Trechsel avait été marié deux fois,
il laissait des enfants du premier et du second lit, ces derniers tout jeunes
encore, et les intérêts des uns et des autres étaient en contradiction.
Badius prit le parti des premiers, la veuve, naturellement, prit celui
de ses enfants; ce fut elle qui l'emporta, garda la maison et la trans-
mit à un autre imprimeur d'origine allemande, Jean Schwab, dit Clein,
dont elle devint presque immédiatement la femme. Il en résulta une
brouille absolue, et Badius quitta la place.
Les loisirs forcés occasionnés par l'impression de l'Avicenne, lui
avaient permis de travailler au commentaire de deux nouveaux ouvrages
qui virent le jour à peu près à cette époque.
Le premier, le de Consolatione philo sophice de Boëce, dans lequel
le commentaire attribué à saint Thomas était joint au sien, avait paru le
20 avril 1498; il avait été imprimé par Jean de Vingle pour le plus
important des libraires lyonnais de l'époque, Etienne Gueynard; la pré-
face, qui n'est pas datée, est adressée par Badius à Gueynard 3 . Le second
volume, le de Patientia de Baptiste de Mantoue, avait été imprimé chez
Trechsel et avait paru le 25 mai 1498, sans aucun nom d'imprimeur, le
sort de l'imprimerie n'étant pas encore fixé ; la préface en est adressée à
ses deux premiers protecteurs, Laurent Bureau et Arnold de Bost k .
1. II, pp. 454 et ss.
2. Lettre à Arnold de Bost, de janvier 1489, dont un passage est reproduit
plus loin, t. II, p. 456 ; lettre au môme, du 7 octobre 1493, faisant mention d'une
épigramme composée par Badius sur Ermolao Barbaro ; lettre à Laurent Bureau
du 19 décembre 1496, rappelant que c'est sur le conseil de Badius, qu'il a fait
faire, à Lyon, une nouvelle édition de son Compcndium ; lettre du 11 août 1497
à Arnold de Bost, dans laquelle il écrit qu'il a réclamé en vain à Badius des
exemplaires du Compcndium, il met le retard sur le compte de la peste qui
régnait alors à Lyon et qui rendait les relations difficiles avec cette ville.
3. II, pp. 196 et ss.
4. II, pp. 95 et ss
BIOGRAPHIE.
Badius avait déjà commenté, dans ses Sylvœ morales, le de vitio
imfudice scribentium de Baptiste de Mantoue, et je pense qu'il avait dû
donner, avant le de Patientia, un autre traité du même auteur, peut-
être le de vita Ludovici Morbioli, car dans deux éditions de cet opus-
cule imprimées à Deventer en 1497, Tune par Richard Paffraët, l'autre
par Jacques de Bréda, on trouve une épigramme de sa composition sur
Baptiste de Mantoue, en 11 distiques, qui n'a pas dû être écrite spécia-
lement pour elles et dont je n'ai pas retrouvé l'impression originale 1 .
Un autre ouvrage était alors prêt à paraître chez Trechsel, les ser-
mons de Jean Gorin de San Gemignano ( Joannes de Sancto Geminiano) ;
il ne fut publié qu'un an plus tard, le 11 mai 1499, et porte le nom de
Jean Clein; la préface de Badius, qui était probablement promise ou
écrite avant leur brouille, est adressée à Jean de Gênas; elle est datée
du 13 avril 1499. C'est le dernier volume qu'il donna dans l'imprimerie
de son ancien patron 2 .
Pendant les sept mois qui s'écoulèrent du 25 mai au 12 décembre
1498, on ne trouve plus aucune publication de Badius. Les événements
qui troublaient alors sa vie et les démêlés dans lesquels il avait pris
parti et où son avenir était en jeu l'avaient forcément détourné de
toute occupation littéraire.
C'est à cette époque au plus tôt qu'il faut fixer son mariage avec Hos-
telye, fille du premier lit de Jean Trechsel. Badius, à n'en pas douter,
avait espéré succéder à Trechsel et continuer à diriger l'imprimerie pour
le compte de sa veuve et de ses enfants ; il avait dû pousser Hostelye à
résister aux projets de sa belle-mère et au choix qu'elle avait fait da
Jean Clein. Lorsque la veuve resta maîtresse du terrain, Badius se dut
à lui-même d'épouser la jeune fille, car il avait été le principal artisan
de la brouille, et de la séparation qui en était la conséquence naturelle.
Peut-être même ne se maria-t-il que quelques années plus tard, en 1503
ou en 1504, après son établissement définitif à Paris comme libraire et
imprimeur. En effet, Henri Estienne, dans une des épitaphes qu'il com-
posa sur son grand-père, dit qu'il se maria dans un âge déjà avancé,
jam senescens ; son fils aîné était un adolescent en 1526 et les aînées
de ses filles se marièrent de 1526 à 1530.
Il est en tous cas bien évident qu'au moment de la mort de Trechsel,
Badius n'était pas encore marié. Gaguin qui, dans sa lettre à Durand
Gerlier, mise en tête des Efistolœ, signale la situation qu'avait Badius
auprès de Trechsel, n'aurait pas manqué d'indiquer qu'il était son
gendre.
L'idée de quitter Lyon et de s'établir à Paris, où il avait trouvé tant
1. II, pp. 93.94.
2. III, pp. 243-244.
I. 2
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
d'accueil lors de son voyage, en 1497, était certainement venue à Badius
dès cette époque; il ne la mit à exécution que quelques mois plus tard,
et nous le trouvons encore à Lyon s étant remis avec acharnement au
travail, jusque vers les premiers mois de l'année suivante 1499.
Du 12 décembre 1498 au 15 mars 1499, il publie successivement les
satires de Juvénal, avec son commentaire 1 , les satires de Perse, avec son
commentaire 2 , les Offices de Cicéron, avec son commentaire 3 , et les
Epistolœ illustrium virorum extraites des œuvres d'Angelo Poliziano qui
venaient de paraître à Venise chez Aide l'ancien 4 . Ce dernier volume,
imprimé par Nicolas Wolff, ne porte pas de nom d'éditeur, les trois
autres sont édités par Etienne Gueynard. Les satires de Juvénal sont
dédiées à Henri Valluphinus, le recteur du collège où il professait, les
satires de Perse à deux de ses compatriotes, Liévin Maurus, professeur à
Gand, et Guillaume De Rijcke (Dives), professeur à Bourges où il avait
pour élève Geofroy Tory. Les Offices de Cicéron sont dédiés à Etienne
Gueynard et les Epistolœ au célèbre libraire de Nuremberg, Antoine
Koberger.
C'est par les dates de ces préfaces que Ton peut déterminer l'époque
de son départ de Lyon et celle de son installation à Paris, qui devait
être définitive. Les préfaces de Juvénal et de Perse sont datées de
Lyon, 12 décembre 1498 et i er février 1499, celles des Epistolœ, des
Offices de Cicéron et des Sermons de Jean Gorin, dont nous avons parlé
plus haut, sont des 15 février, 15 mars et 13 avril 1499, et n'ont pas
d'indication de lieu. La première préface datée de Paris, celle de la
Parthenice Catharinaria de Baptiste de Mantoue 5 , est du 7 août de la
même année.
Après son départ de Lyon, nous ne trouvons plus que deux volumes
qui semblent avoir été publiés par lui dans cette ville pour la première
fois ; peut-être cependant les premières impressions que j'en ai vues ne
sont-elles pas des éditions originales. L'un est les épîtres d'Ovide 6 dont
la préface, adressée au jeune Humbert Fournier, qui avait été son élève
à' Lyon et auquel il avait dédié une des parties de ses Sylvœ morales
en 1492, est datée de Paris, 29 septembre 1500. L'autre, les Métamor-
phoses d'Ovide 7 , est adressé le 17 juin 1501 à l'imprimeur Jacques
Huguetan; pour ce volume j'ai tout lieu de croire qu'il doit y avoir une
impression antérieure, qui aura suivi de peu de temps son départ de-
Lyon; la préface n'a pas de nom de lieu, comme celles qu'il écrivit entre
1. II, pp. 535 et ss.
2. III, pp. 146-147.
3. II, pp. 280 et ss.
4. III, pp. 180 et ss.
5- n, p. 98.
6. III, pp. 101 et ss.
7. III, pp. 113 et ss.
• — mm MMmr"**
BIOGRAPHIE.
i9
février et août 1499, et débute par ces mots : « Cum hisce diebus Lug-
duni agerem... »
On a dit que Badius était resté en relations constantes avec Lyon
et y avait fait de nombreux voyages. Je n'ai rien vu qui permette de
raffirmer, et nulle part il n'en a fait mention. Il y avait cependant
un commis, çar il écrit en 1526, dans une lettre à Noël Béda qu'il a
envoyé dans cette ville 50 volumes de ses Annotationes in Fabrum et
Erasmum y « quia puer meus scripsit expeti ab Italis ». Ses biographes
ont dû être trompés par les dates de ses préfaces dans les réimpressions
lyonnaises de ses classiques commentés ; comme j'ai déjà eu l'occasion
de le dire, les éditeurs lyonnais, moins scrupuleux encore que tous les
autres, falsifiaient, pour les rajeunir, les dates des préfaces des
volumes qu'ils réimprimaient ; ils remplaçaient au besoin Paris par
Lyon, et mettaient en tête des préfaces leur propre nom à la place de
celui du destinataire véritable, qu'ils oubliaient parfois de modifier aussi
dans le texte. J'ai pu vérifier pour toutes les préfaces datées de Lyon,
postérieurement à celle des Métamorphoses d'Ovide de 1501, dont je crois
aussi la date fausse, qu'il s'agit de réimpressions dont le nom de ville
ou la date sont falsifiés.
Nulle part, d'ailleurs, plus qu'à Lyon, les commentaires de Badius
n'eurent de succès en librairie ; les classiques y furent réimprimés sans
cesse, et il est à remarquer que Badius lui-même, à Paris, n'en donnait
que de rares éditions, tandis qu'à Lyon ou à Venise on les remettait
continuellement sous presse.
IV. — Son établissement a Paris, et les ouvrages qu'il y publie
AVANT D'ÊTRE LUI-MÊME IMPRIMEUR ET ÉDITEUR (1499-1502).
Badius n'était pas un inconnu quand il vint s'établir à Paris, où sa
renommée, sans cesse croissante, l'avait précédé. Ses relations avec Robert
Gaguin, l'éloge qu'avait écrit Jean Trithème, la vogue de ses commen-
taires grammaticaux, la diffusion des publications de Trechsel portant
ses préfaces, devaient lui ouvrir les portes des éditeurs et des savants.
Je ne sais s'il continua à professer le latin, comme il l'avait fait à
Lyon, mais dès son arrivée à Paris, nous le retrouvons auprès du grand
libraire Jean Petit, dans une situation qui semble avoir quelque analogie
avec celle qu'il avait eue à Lyon auprès de Jean Trechsel.
Jean Petit avait, parmi les éditeurs parisiens, une situation prépon-
dérante, ses publications étaient particulièrement soignées et il ne semble
pas étonnant qu'il ait cherché à attacher Badius à sa maison. Peut-
1. II, p. 155.
I. 2'
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
être même l'avait-il engagé à quitter Lyon, en lui offrant une situation
à Paris. En tout cas Badius ne fut pas longtemps à chercher un gîte
et à trouver un débouché pour ses publications, car il en reprend la
série dès le mois d'août 1499.
Il commença par publier les quatre volumes de Baptiste de Man-
toue : Part he nie e Catharinaria, Contra impudice seribentes, Parthenice
Mariana, et de Calamitatibus temporum, avec son commentaire gramma-
tical et familier, puis commenta successivement, jusqu'à la fin de
Tannée 1502, l'Art poétique et les Epîtres d'Horace, les œuvres de Vir-
gile, avec le XIII e livre de l'Enéide de Mapphei Veggio, les Bucoliques
de Pétrarque et les Epîtres familières de Cicéron. Il publiait en même
temps les traités de grammaire latine d'Alexandre de Villedieu, d'Agos-
tino Dati, de Laurent Valla, de Jean Sulpizio, qu'il corrigeait et com-
plétait, et auxquels il ajoutait les petits opuscules grammaticaux qu'il
avait composés pour ses élèves et son textus ascensianus, dont nous
parlerons plus loin. Toujours à la même époque il présentait au public
le traité de l'Amour des livres, de Richard Aungerville, de Bury, les
Constitutiones Angliœ de Guillaume Lyndwood, les Opuscules de saint
Augustin et la vie de Jésus par Ludolphe de Saxe, qu'il faisait
suivre d'un résumé de la vie de sainte Anne, d'après celle qu'avait écrite
Pierre Dorlandus. Entre temps il revisait et complétait son commentaire
des comédies de Térence, adressait à Gaguin deux nouvelles pièces de
vers pour une réimpression augmentée du Compendium, corrigeait et
amplifiait le commentaire grammatical des Expositiones sequentiarum
et des Expositiones hymnorum à l'usage de l'église de Salisbury.
A l'exception des Constitutiones Angliœ , imprimées par André
Bocard, et qui ne portent pas de nom d'éditeur, et des Exfositiones à
l'usage de Salisbury, éditées par Jean Baudouin ou Boudins, de Londres,
tous ses volumes portent le nom de Jean Petit, tantôt seul, tantôt associé
à ceux de Jean de Coblencz, des frères de Marnef, d'Ulrich Gering et
Durand Gerlier, libraires parisiens, de Jean Alexandre, libraire à
Angers, de Jean Baudouin, libraire à Londres.
Les préfaces en sont adressées, non plus, comme à Lyon, à des person-
nages illustres, mais à des amis et à des étudiants. Nous y retrouvons
les noms de Laurent Bureau 1 et d'Henri Valluphinus 2 , dont nous con-
naissons déjà les relations avec lui ; deux préfaces sont adressées, l'une à
ses anciens maîtres du collège des Hiéronymites de Gand 3 , l'autre à
Gilles Ghijs et André Terrebourg, professeurs au même collège' 4 ; une autre
1. Parthenice Mariana de Baptiste He Mantoue, 14QQ. II, p. 102 ; Satires
d'Horace, 1500 ; Philobiblion de Richard de Bury, 1501- H, p. 2 53-
2. Parthenice Catharinaria de Baptiste de Mantoue, 1499. II, p. 98.
3. Epîtres d'Horace, 1500. II, pp. 500-501.
4. Première partie du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, 1500. II, pp. 6-7.
BIOGRAPHIE.
21
à Jean Alexandre *, le libraire d'Angers qui partagea quelques-unes de ses
publications avec Jean Petit ; nous trouvons encore les noms de Nicolas
du Chesne 2 , d'Hervé Bésin, jurisconsulte 3 , d'Anselme de Brièvre. docteur
en droit civil et canon, dont les frères avaient pour précepteur Liévin
Maurus, professeur à Gand 4 , de Pierre Rostan, de Lyon, docteur en
droit civil et canon 5 , du frère Jacques Kymolain, carme de Gand e , de
Jean Briselot, candidat à la licence en théologie 7 . Parmi les jeunes gens
auxquels il s'adresse aussi, nous voyons quelques-uns de ses anciens élèves
de Lyon 8 , puis le jeune Baudoin de Grutere, fils de l'un des principaux
magistrats de la ville de Gand 9 , le jeune Louis de Flandre 10 , de la
famille des premiers comtes de Flandre, qui avait pour précepteur Pierre
Ludimagister 11 , des frères hiéronymites de Gand, Ladislas et Clément
Alexandre, Jean de Coblencz et Jean Petit, tous quatre fils de ses
éditeurs ordinaires 12 ; d'autres préfaces sont encore adressées aux jeunes
étudiants 13 , à la jeunesse d'Angleterre 14 , ou au clergé de la Grande-
Bretagne 15 .
C'était là une clientèle plus personnelle, qui nous permet de consta-
ter de quelles amitiés il était entouré à ses débuts à Paris, et combien ses
relations avec la terre natale et la ville de Gand étaient demeurées
étroites.
1. Opuscules de saint Augustin, 2* partie, 1502. II, pp. 58-59.
2. Contra impudice scriàentes, de Baptiste de Mantoue, 1499. II, p. 88.
3. Comédies de Térence, 1502. III, pp. 283-284.
4. Bucoliques de Virgile, 1501. III, pp. 358-360; Opuscules de saint Augus-
tin, 1" partie, 1502. II, pp. 58-59.
5. Vie de Jésus-Christ, par Ludolphe de Saxe, 1502. III, pp. 30-31.
6. Bucoliques de Pétrarque, 1502. III, pp. 156-157.
7. De calamitatibus tcmporum, de Baptiste de Mantoue, 1499, II, p. 107.
8. Art poétique d'Horace, 1500. II, p. 497;Epîtres d'Ovide, 1500. III, pp. ioi-
102 ; 3* partie du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, 1501. II, pp. 8-9.
9. Epîtres familières de Cicéron, 1502. II, pp. 328-329.
10. Enéide de Virgile, 1501. III, pp. 360-363.
11. Je ne sais quel était le aiom français ou flamand de ce précepteur que
Badius qualifie : « Petrus, etiam cognomine Ludimagister » peut-être Le Maistrc
ou Schoolmeestcr.
12. Opuscules de Virgile, 1501. III, p. 363 ; Bucoîica de Baptiste de Mantoue,
1502. II, pp. IIO-III.
13. Régulée eleganliarum d'Augustin Dati. 1501. II, pp. 359-360, et 1502. II.
pp. 360-361 ; De linguœ latinœ elegantia y de Laurent Valla, 1501. Iïï, pp. 326-
327 ; Grammaire de Jean Sulpizio, 1502. III, p. 263-264.
14. Expositiones scquentiarum et Expositiones hymnorum à l'usage de Salis-
bury, 1502. II, pp. 430-431 et 434'435-
15. Provinciale, seu constitutiones Angliœ de Guillaume Lyndwood, 1501.
III, pp. 50-51.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
V. — Il devient imprimeur et éditeur (1503). La concurrence
AU DÉBUT DU XVI e SIÈCLE.
C'est au début de l'année 1503 que Badius, sans que ses publications
personnelles aient subi aucun ralentissement, devint à son tour impri-
meur. Le 15 mars 1503, n. st., sur une réimpression du de Calamitatibus
de Baptiste de Mantoue ? avec son commentaire, on lit ces mots :
« Impressum autem est solerti opéra ipsius Ascensii, impensis bibliopo-
larum quos id vénale habere diximus (Joannis Parvi et Joannis Con-
fluentini) anno 1502 more parrhisiano, ad idus Martias. » Cinq jours
après, le 20 mars, au titre d'un autre volume, Moralium magistri Pétri
Burri carminum libri novem, se trouve l'adresse de son imprimerie :
« Venundantur Parrhisiis sub Pelicano, in vico sancti Jacobi (adresse
et enseigne des frères de Marnef) et sub leunculis ante Collegium Italo-
rum (aux lionceaux, devant le collège des Italiens ou des Lombards, rue
des Carmes). »
Jean Petit, qui semble avoir joui, au moins dans le premier quart
du xvi e siècle, d'une fortune considérable, faisait travailler presque tous
les imprimeurs parisiens, et comme ceux-ci n'étaient généralement pas
fortunés, il leur fournissait souvent les fonds ou le matériel nécessaires à
l'impression de ses volumes. M. Claudin a retrouvé la trace d'un maté-
riel, toujours le même, mis en œuvre successivement par des imprimeurs
différents, et qui servait aux éditions de Petit ; il a même déterminé
l'existence d'une véritable association entre lui et Guy Marchand, l'impri-
meur qui exerçait en l'hôtel de Beauregard, in Bellovisu. Les volumes
édités par Badius pour Jean Petit jusqu'à la fin de 1502 sortent de
quatre imprimeries différentes, celles de Thielmann Kerver, d'André
Bocard, de Gaspard Philippe, d'Ulrich Gering et Berthold Remboldt;
pendant la même période, Jean Petit faisait encore travailler Guy Mar-
chant, Pierre Le Dru, Félix Baligault et Nicolas des Prés.
Il y avait là une dispersion qui rendait nécessairement le travail de
correction des textes fort difficile, à une époque où le matériel des
imprimeries ne permettait de composer que quelques feuilles qu'il fallait
corriger sur place pour les tirer immédiatement, afin de rendre les carac-
tères disponibles pour la composition des feuilles suivantes. Le travail
personnel de Badius, contraint à des allées et venues continuelles, devait
en souffrir et l'idée de réunir dans une seule imprimerie tous les ouvrages
dont il était l'auteur ou dont il avait la surveillance, devait être venue
facilement à son esprit et à celui de Petit. De là à l'idée de confier
la direction même de cette imprimerie à Badius, déjà familiarisé par son
séjour chez Trechsel avec les choses de l'imprimerie, il n'y avait pas
loin.
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BIOGRAPHIE.
23
Ce fut là, sans doute, la raison de l'établissement de Badius comme
imprimeur. Il avait alors 42 ans, ce qui justifie ces deux vers de Tune
de ses épitaphes :
Hac tumulatus humo sibi qui, jam fessus ab annis,
Sponte typographicum congeminavit onus.
La nouvelle imprimerie, fondée sous les auspices, et peut-être avec
les fonds de Jean Petit, ne travailla cependant pas exclusivement pour
lui, et Badius devint en même temps éditeur pour son propre compte.
Mais les relations commerciales ne cessèrent jamais entre eux et un
grand nombre de volumes portent leurs deux noms. C'étaient là des
associations passagères, très fréquentes à cette époque, auxquelles les
éditeurs avaient été amenés par suite de la concurrence acharnée qui les
obligeait à tenir très bas le prix des- livres. Etablis dans deux ou trois
centres, rue Saint-Jacques, montagne Sainte-Geneviève ou aux environs
de Notre-Dame, groupés souvent porte à porte, ils cherchaient à avoir
en vente les mêmes volumes que leurs voisins, et s'arrachaient la clien-
tèle à coups de rabais ; ils n'avaient plus, dans ces conditions, le débit
suffisant pour supporter seuls les frais d'une édition.
Aussi ces associations qui consistaient à partager les frais d'une
édition et à se répartir les exemplaires au prorata de leur participation,
amena-t-elle des groupements concurrents qu'il est assez facile de dis-
tinguer les uns des autres. Rue Saint- Jacques, dans le premier quart du
xvi 6 siècle, on peut reconnaître au moins trois groupes principaux. Le
premier, dont les Petit étaient le centre, publiait des éditions générale-
ment soignées pour le fond et pour la forme; il réunissait, comme
éditeurs et imprimeurs, Badius, les Petit, les Marnef, les Kerver, les
Marchant, Berthold Remboldt, André Bocard, Jean de Coblencz, quel-
quefois Henri Estienne. C'est de ce groupe que sont sorties presque
toutes les éditions originales qui ont paru à Paris à cette époque. A côté
était un autre groupement qui faisait au premier une concurrence éhontée,
guettant comme une proie toutes ses publications pour les contrefaire
immédiatement et les mettre en vente à des prix inférieurs. C'est Denis
Roce qui semble en avoir été l'âme damnée; à côté de lui Olivier Senant,
Hémon Le Fèvre, et des imprimeurs de second ordre comme Antoine
Bonnemère, Gaspard Philippe, Nicolas Savetier, Guillaume Le Rouge;
leurs publications sont ordinairement détestables et criblées de fautes.
Quelquefois pourtant ils s'adressaient à deux imprimeurs dont les pro-
ductions étaient plus soignées, Jean Barbier et Nicolas des Prés; ce
dernier avait poussé le raffinement dans la concurrence jusqu'à faire
graver un encadrement identique à celui de Badius, qu'il mettait sur le
titre des volumes contrefaits contenant ses notes ou son commentaire
familier; les éditeurs qui s'adressaient à lui profitaient de ce cadre, bien
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
connu des étudiants, pour écouler plus facilement les volumes 1 . Son
exemple fut suivi par Nicolas de la Barre, Nicolas Savetier et peut-être
d'autres imprimeurs encore.
Un troisième groupe, où nous trouvons Jean de Gourmont, Nicolas
Crespin, Pierre Gaudoul, François Regnault, copiait aussi les princi-
pales éditions publiées par le premier groupe, mais avec plus de réserve,
alors qu'elles étaient, pour ainsi dire, passées déjà dans le domaine
public.
Badius se plaint mainte et mainte fois de cette concurrence; il com-
pare volontiers les contrefacteurs à un essaim de frelons s'abattant sur
une ruche pour en voler le miel, à des bandits qui fauchent un champ
qu'ils n'ont pas semé. Il conjure les étudiants de s'assurer du nom de
l'éditeur et de ne pas se laisser prendre à la fausse apparence du livre;
il les avertit qu'en achetant des livres au rabais ils se font voler, car on
ne peut, à ce prix, leur donner que des textes criblés de fautes, qui n'ont
pas été corrigés.
VI. — Ses relations littéraires. Le Ciceronianus (1528).
Sa mort (1535).
On verra dans le chapitre consacré au Prœlum Ascensianum, quelle
fut l'activité de son imprimerie, transportée en 1507 rue Saint- Jacques,
où elle occupa différents locaux. La double charge d'une nombreuse
famille à élever et d'une importante maison à diriger ne semble cepen-
dant pas avoir ralenti ses travaux personnels; il continua, après 1503
et jusqu'à la fin de sa vie, à mettre au jour des commentaires familiers,
à éditer des ouvrages de grammaire, accompagnés de ses petits traités
ou de son textus ascensianus, sans cesse remis sur le chantier et amé-
liorés, à refondre le Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, jusqu'à y
substituer complètement son propre texte, à publier quantité de volumes
de morale et de théologie, et à écrire, pour tous ces volumes, des pré-
faces souvent importantes et des pièces de vers latins. On trouvera plus
loin le détail de son œuvre, si considérable qu'on a peine à comprendre
qu'elle ait pu être menée à bien par un seul homme.
Il avait, il est vrai, su grouper autour de lui tous les savants qui
s'intéressaient à la renaissance des lettres et sa maison, comme plus tard
celle de son gendre Robert Estienne, servait de lieu de réunion aux
humanistes les plus fervents ; ils y rencontraient les savants étrangers
de passage à Paris, s'y entretenaient de leurs travaux et souvent y écri-
vaient leurs préfaces datées ex œdibus Ascensianis. Parmi ces familiers,
il faut citer Jacques Lefebvre d'Etaples, Guillaume Budé, Pierre
1. Voir plus loin pp. 51-52.
BIOGRAPHIE.
25
Danès, Jacques Toussain, Jean Vatel, Nicolas Bérault, Louis de Ber-
quin, Nicolas du Puys dit Bonaspes, Beatus Rhenanus, François du
Bois (Sylvius), qui tous ont largement contribué au mouvement litté-
raire de la Renaissance. Avec eux se réunissaient des érudits dont les
noms sont moins connus aujourd'hui, des prêtres, des précepteurs d'en-
fants de grandes familles.
Certains, même, parmi les jeunes gens qui faisaient partie du
cénacle, collaboraient sous ses conseils, d'une façon plus effective, à ses
éditions ; il les appelle, au titre du Macrobe publié en 15 19, les Ascen-
siani, et dans la préface du Quintilien donné la même année, ses coad-
jutores. Parmi eux on peut citer au premier rang François du Bois,
Pierre Danès et surtout Jacques Toussain.
Dans une préface adressée en 15 19 à Louis Ruzé, le protecteur
de Toussain, pour les œuvres d'Ange Poliziano, Badius écrivait : « Ecce
enim ut antesignanus aut primipilaris imperterritus, doctissimus et
modestissimus, Jacobus Tusanus, Trecensis, et mets literarum incre-
mentis auctus... » On pourrait se demander, d'après cette phrase, si
Badius avait été professeur à Paris, comme il le fut à Lyon; je ne le
pense pas, bien que certaines préfaces, comme celles adressées en 1502
au jeune Baudoin de Grutere et en 1504 aux jeunes Jacques et Bertrand
Picard, semblent écrites par un professeur à ses élèves. Erasme, en 1517,
inscrivait en tête de Tune de ses lettres, cette suscription : « Erasmus
Roterodamus Jodoco Badio Ascensio optimo îitterarum optimarum pro-
fessori » ; Badius pouvait être qualifié professeur parce que tous les éco-
liers avaient ses ouvrages de grammaire et de morale entre les mains,
et parce qu'il aidait de ses conseils les jeunes gens qm" travaillaient
auprès de lui. Ce fut sans doute le cas de Jacques Toussain. Déjà en
15 15, Badius lui avait adressé la préface de la grammaire de Raphaël
Mafïéi, de Vol terra, dont Toussain semble avoir été l'éditeur ; en 15 19,
Toussain collaborait à l'édition des œuvres de Poliziano donnée par
Badius ; en 1526 et 1527, il signait ses préfaces : ex œdibus ascen-
sianis; en 1527 et 1528 il collaborait aux éditions de Priscien, d'Hé-
rodote, de Thucydide, de Laurent Valla. On sait aussi, par la préface
des Latina linguœ flosculi, écrite en 1526 *, que Toussain était à cette
époque, avec Jean Gye, professeur des enfants de Badius.
Tous les savants qui fréquentaient la maison de Badius contri-
buaient à donner à l'imprimerie son impulsion littéraire, signalaient les
meilleurs manuscrits des auteurs anciens, en faisaient venir des copies
correctes et se partageaient le soin de les mettre au jour.
Les abbés et les moines de Saint-Victor furent les principaux pour-
voyeurs de rimprimerie pour les ouvrages de morale chrétienne et de
théologie. Leur remarquable bibliothèque était inépuisable en manuscrits
1. II, P . 238.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
précieux dont ils faisaient un choix judicieux et qu'ils chargeaient Badius
de publier. Le confesseur du roi, Guillaume Petit, faisait recueillir à
grands frais les anciennes copies d'ouvrages importants, particulière-
ment ceux concernant l'histoire de l'ancienne France, et les remettait
à Badius. D'autres correspondants lui signalaient tout ce qui paraissait
de nouveau en Italie et lui en envoyaient les premiers exemplaires.
C'est ainsi, et grâce à la collaboration de tout le monde savant, que
tant d'oeuvres célèbres ont pu sortir de ses presses. A l'étranger, il
entretenait des relations avec les principaux savants, et notamment avec
Erasme.
La correspondance échangée entre Erasme et Badius indique, pen-
dant de longues années, une amitié sincère, et une grande estime réci-
proque ; plusieurs de leurs lettres sont reproduites dans la partie biblio-
graphique à l'article Erasmus ; elles concernent la publication de diffé-
rents traités d'Erasme confiés à Badius ; d'autres lettres d'Erasme à
Badius ou à différents amis, sont reproduites plus loin dans les pièces
justificatives ; nous y apprenons entre autres choses, que Badius, au
cours d'un voyage à Anvers, en 15 19, avait reçu l'hospitalité de Pierre
Gilles, chez lequel descendait aussi Erasme lorsqu'il se rendait à Anvers;
Pierre Gilles écrit, en relatant le voyage et le séjour de Badius : « Vixi-
mus genialiter ».
Mais un fâcheux événement vint brusquement rompre les relations
de Badius avec Erasme et Budé, et éclaircir le cercle des familiers de
la maison. En 1528, Erasme publiait son Ciceronianus* sive de optimo
génère dicendi dialogus, satire assez violente contre certains latinistes
qui soutenaient que Cicéron était le seul auteur ancien qui dût être
imité et qui méritât d'être lu ; il y passait en revue les auteurs modernes
qui écrivaient en latin, et portait un jugement sur leur style. On sait
quelle révolution produisit en France et en Italie l'apparition de ce
livre, où chacun se plaignait d'avoir été mal jugé ou d'avoir été omis à
dessein. Le plus gros scandale fut causé par le passage suivant, dans
lequel Erasme prête au style de Badius des qualités qu'il refuse à
celui de Budé :
Nosoponus. — In hoc laudis certamen citius admiserit quam Apu-
leium ; quod ncc infeliciter omnino cessent conatus Badîo, adsitque il li
facilita, non indocta ; felicius tamen cessisset, nisi curae domesticae,
reique parandae studium interrupissent otium Musis amicum, hujus
laudis candidato necessarium.
BULEPHORUS. — Fortassis hujus honorem tituli tribues Galliarum
decori Guilhelmo Budaeo ?
Nosoponus. — Qui tribuam, quod illc nec ambit, nec agnoscerat, si
tribuero ! Quanquam his, alîoqui eximiis variisque dotibus suspiciendus
est...
BIOGRAPHIE.
2;
Ce fut contre Erasme, de la part des amis de Budé, un véritable
déchaînement, et dans cette querelle dont Badius était la cause involon-
taire, tous les coups frappèrent sur lui seul. Jean Lascaris, Jacques Tous-
sain, Germain Brice prirent la plume pour défendre Budé, et n'hési-
tèrent pas à accabler Badius de leurs satires.
Germain Brice écrivait : « Scio Badium non esse prorsus àjto'jsov,
verum qualis qualis est, talem se certe hominibus nostris hactenus
probavit ut quoties de doctis sermo inter doctos incidit, de Badio plane
0O821; loyoç. Illi, quod non inllciaris, quaestus tantum, non eloquentia,
scopus est. »
Toussain, qui devait pourtant beaucoup à Badius, lançait cette épi-
gramme :
dont il s'excusait ensuite auprès d'Erasme en implorant son pardon de
cette nouvelle comparaison.
Erasme répondit d'abord en défendant Badius contre ces attaques;
il n'avait comparé, dit-il, ni les ancêtres, ni les richesses, ni les dignités,
ni l'érudition, ni l'éloquence de Budé, mais seulement son style à celui
de Badius, et il ajoute : « Libre aux autres de porter sur Badius le
jugement qui leur plaira,, mais pour moi je l'ai toujours placé au nombre
de ceux dont on ne peut méconnaître ni l'érudition, ni l'esprit, ni le style.
Je reconnais seulement qu'il fût devenu bien supérieur à ce qu'il est,
si la fortune, plus clémente pour lui, lui eût procuré le repos et la
tranquillité d'esprit nécessaires à l'étude. » Mais les amis de Budé ne
désarmant pas, il n'hésita pas, dans la seconde édition du Ciceronianus,
publiée la même année, à abandonner complètement Badius en suppri-
mant le passage qui lui était relatif 1 .
Il ne peut être douteux que cet incident ait vivement affecté Badius;
il est certain, en examinant la liste de ses éditions données à partir
de 1529, que le cercle des amis s'était rompu; on avait pris parti pour
Budé contre lui, bien qu'il fût absolument étranger à la polémique sou-
levée sur son nom. Budé, moins affecté, d'ailleurs, que son entourage,
ne lui retira pourtant point sa clientèle, car en septembre 1529 parurent
ses commentaires sur la langue grecque, et en 1532 ses deux traités
De studio lit er arum et De PHlologia, imprimés encore par Badius. Il
semble qu'il y ait eu aussi une réconciliation avec Jacques Toussain,
car à deux reprises, en 1531, Badius fait son éloge, et il promet même
1. On trouvera, à l'Appendice, les passages de celles des lettres d'Erasme, de
Germain Brice et de Gervais Warin relatives à l'incident, dans lesquels il est
question plus spécialement de Badius,
Desine mirari quare postponat Erasmus
Budasuxn Badio ; plus favet ille pari,
28
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
d'y revenir avec plus de détails : « De Tusano nostro alias nobis sermo
prolixior erit *. »
Mais la rupture fut complète avec Erasme ; on ne trouve depuis cette
époque aucune autre mention de Badius dans la correspondance, qu'un
mot d'Erasme au sujet du bruit de sa mort qui avait couru en 1530.
Il faut même constater qu'à partir de 1529 Badius imprima une série
de volumes contre lui, les deux traités d'Albert Pio, prince de Carpi,
en janvier 1529 et mars 1531, l'apologie de Noël Béda, en février 1529,
les arrêts de la Faculté de Théologie, en 1530 ou 1531. Est-ce hasard,
est-ce preuve d'un ressentiment contre celui qui, après l avoir lancé à
la légère dans une si fâcheuse aventure, l'avait abandonné complètement
pour ne pas s'aliéner à jamais les savants français? Dans ses préfaces,
je n'ai rien relevé qui fît allusion à la querelle d'Erasme et de
Budé; peut-être seulement, dans celle qu'il mit en tête des Philippiques.
en octobre 1529, et dont le titre n'est certainement pas étranger à l'in-
cident du Ciceronianus : Ciceronianœ phraseos, id est iotius cloquenUœ
romance miratori studioso y est-ce à dessein qu'il explique le but qu'il
a toujours cherché dans ses écrits, afin de démontrer que son unique
prétention avait été de faire servir l'étude des lettres à la connaissance
de la morale et de la religion chrétiennes.
La carrière de Badius ne devait plus être bien longue ; il mourut en
novembre ou décembre 1535, ayant atteint l'âge de 73 ans. Le dernier
volume qui porte son nom est le discours de Cicéron fro Clueritio, daté
du 5 novembre 1535 ; le traité de Pierre Lombard sur les épîtres de
saint Paul, dont la souscription, au nom de Badius, est datée d'octobre
1535, porte au titre : pro haredibus Jod. Badii Ascensii avec l'indica-
tion du mois de décembre.
Jusqu'à ses dernières années, malgré son âge avancé et bien qu'ayant
été atteint d'une maladie assez grave pour que le bruit de sa mort ait
couru en 1530, Badius n'avait cessé de travailler. Ses publications person-
nelles s'étaient ralenties, mais il avait continué à publier d'importants
ouvrages dont les préfaces, écrites de sa main, n'indiquent aucune fatigue
d'esprit.
On lui reproche une assez singulière erreur dans la réimpression de
PAvBo'Xoyia d'Aide Manuce qu'il donna en 1531 ; une pièce de vers
de Paul Silentiaire, imprimée dans l'édition aldine avec les hémistiches
alignés, et qui semble ainsi être sur deux colonnes, est copiée comme si
elle avait été effectivement imprimée sur deux colonnes, de telle sorte
que tous les premiers hémistiches se suivent et que tous les seconds
1. Préface des Orationes de Cicéron, adressée à Conrad Budé en 1522 et
modifiée pour l'édition de 1531 (II, p. 308), et préface des Epîtres de Cicéron à
Atticus, adressée aux étudiants en belles-lettres le 8 octobre 1531 (II,
PP. 343-344)-
BIOGRAPHIE.
29
hémistiches viennent ensuite. Il ne faut pas voir là un signe de vieil-
lesse ou de décadence de la part de Badius ; son édition est copiée
sur celle de Philippe Junte, qui le premier a commis la faute, et ce
qui est une véritable excuse pour Junte et Badius, la même faute sub-
siste dans l'édition d'Henri Estienne. Ambroise Firmin-Didot 1, d'ail-
leurs, fait remarquer que ces interpolations ne modifient pas sensible-
ment le sens de la pièce.
Chevillier a ébauché un parallèle entre Aide l'Ancien et Badius, le
second ayant fait, pour les classiques latins, ce que le premier faisait
pour les classiques grecs. Je ne pense pas qu'il soit possible de les com-
parer; Badius a été surtout un divulgateur et son effort tendait à faciliter
aux débutants l'étude des auteurs classiques pour leur permettre
d'apprendre le latin aux meilleures sources de latinité. Aide Manuce, au
contraire, s'adressait aux savants et leur donnait des textes dépourvus
de commentaires, mais rigoureusement corrects. Badius n'avait pas la
prétention de l'égaler puisqu'il imprimait, parmi les pièces liminaires de
l'édition des œuvres de Durand de Saint-Pourçain, une pièce de Louis
Jacques, dans laquelle Aide est déclaré plus savant que lui :
Mirabar vario disjectos fragmine sensus
Calcographi ullius lumine posse legi,
Omnes inter erat princeps Ascensius unus
Ardua cui merito tradita cura fuit.
Hic est Parisiis Venetis quod doctior Aldus;
Plurima temporibus reddit uterque suis.
Il n'y a pas trace de relations entre Badius et Aide l'Ancien ou ses
successeurs; on sent cependant qu'une certaine rivalité, peut-être seule-
ment commerciale, existait entre eux. Les Aide subissaient, pour la vente
de leurs éditions de classiques latins, la concurrence des éditions com-
mentées par Badius que les libraires vénitiens réimprimaient sans cesse
pour les opposer aux éditions aldines. A Paris même, Badius réimprima
souvent des éditions qui venaient de paraître chez eux, et dans la préface
de l'une d'elles, les Antiquœ lectiones publiées par Cselius Rhodiginus,
il écrit à Rémy Ruffus Candidus, qui lui en avait communiqué un exem-
plaire : « Tu enim istis libris quos mihi suppeditasti non carebas, at
sciebas duplo minoris a nobis quam ab reliquis redimendos », déclarant
ainsi qu'il vendait ses livres deux fois moins cher que les Aide.
Je ne connais que deux éditions contenant les commentaires de Badius
qui aient été publiées par les Aide, le de 0 ficiis, Amicitia et Paradoxis
et les Efistolœ familiares de Cicéron, imprimées par Paul Manuce
de 1548 à 1550. Dans le de Asse de Guillaume Budé, André d'Asola
reproduisit une partie des éclaircissements que Badius avait ajoutés à
1. Aide Manuce et V Hellénisme à Venise ; 1875, p. 2*2.
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
son édition de 1516, ayant presque l'air de s'en excuser dans le préam-
bule qui les précède; mais à la suite, il fulmine contre les libraires
barbares qui avaient récemment introduit la coutume de mettre des notes
en marges : « Nullum genus annotationis, lectores, ascrispsimus margi-
nibus cum tamen Parisienses impressores multa addiderint... Et certe
mos iste adscribendi tôt res in marginibus recentior est, et a barbaris
librariis emanavit, quos imitari nullo pacto debemus » ; bien que Badius
ne soit ni le seul, ni le premier libraire qui ait mis des notes marginales
à ses éditions, c'est certainement lui qui est visé. Mais André d'Asola
n'avait pas remarqué que les éclaircissements que Badius avaient insérés
à la fin de son édition, et qu'il reproduit intégralement, ne portaient que
sur le texte des premières feuilles parce que celles-ci étaient déjà impri-
mées quand il se décida à donner quelques explications des passages
obscurs. Pour le reste de l'ouvrage ses explications étaient placées en
marges et André d'Asola, au lieu d'aller les y chercher, les a rejetées
pour cette seule raison qu'elles étaient dans les marges, donnant ainsi
un volume dont 28 feuillets seulement, sur 261, sont annotés. C'est là
un mode de critique littéraire assez sommaire.
Badius fut inhumé soit dans l'église Saint-Benoît-le-bien-Tourné, sa
paroisse, rue Saint-Jacques, soit dans le cimetière qui y était attenant.
Une inscription rappelant ce fait peut encore se lire aujourd'hui dans
l'église Saint-Etienne-du-Mont. Longtemps après sa mort, en 16 10,
Fédéric II Morel, son arrière-petit-fils, fit élever à Saint-Benoît un
monument à la mémoire de son père, Fédéric T w Morel, de son grand-
père, Michel de Vascosan, de son arrière-grand-père et de son arrière-
grand'mère, Badius et Hosteîye Trechsel. Ce monument était orné du
portrait de Badius et de celui de sa femme. Le texte de l'inscription nous
a été conservé par La Caille et l'abbé Bruté ; on le trouvera plus loin
parmi les pièces citées à l'Appendice.
Henri II Estienne, son petit-fils, composa plusieurs épitaphes en
grec et en latin pour son grand-père 1 , qu'il inséra dans VArtis tyfogra-
fhiccr querimorùa en 1569; on les trouvera aussi à l'Appendice.
Badius. comme nous l'avons dit plus haut, avait épousé, vers 1499,
la fille de Jean Trechsel, imprimeur allemand, établi à Lyon. Elle était
nommée Thélis dans l'inscription gravée sur la pierre tombale qui figu-
rait à Saint-Bennît : ce prénom, francisé en Hostelye, se retrouve parmi
1. Henri TT Etienne n'avait que 7 ans quand son grand-nere mourut ; ce
n'est donc pns \ l'occasion de la mort de Badius que les épitathes ont M
écrites.
VIT. — Sa famille.
BIOGRAPHIE.
3*
ceux de ses petits- enfants ; une fille de Regnault Chaudière, qui devait
être sa filleule, fut aussi nommée Hostelye.
Nous n'avons trouvé sur elle aucune note personnelle. Erasme, pour-
tant, a fait allusion aux tracas causés à Badius par sa famille, sans
lesquels son œuvre eût été beaucoup plus considérable; de là à conclure
que sa femme était d'un caractère acariâtre, ne lui laissait pas le loisir
de travailler ou l'obligeait à se préoccuper davantage du côté lucratif
de son commerce de livres que de ses travaux littéraires, il n'y avait
qu'un pas; il a été facilement franchi par quelques-uns de ses bio-
graphes. C'est vraiment aller un peu vite que de conclure de ces quelques
mots que l'intérieur de Badius était un enfer pour lui. Le souci de l'en-
tretien, de l'éducation et de l'établissement d'une famille d'au moins huit
enfants n'était-il pas suffisant pour le détourner quelquefois de travaux
qui auraient pu l'intéresser davantage, en faveur d'occupations qui
devaient assurer l'existence des siens? Badius, d'ailleurs, se montre sou-
vent assez préoccupé des questions de bénéfices; il n'hésite jamais à
indiquer qu'un livre a été imprimé à grands frais et à recommander aux
étudiants de se montrer reconnaissants envers leurs éditeurs préférés,
en s'adressant à eux plutôt qu'à d'autres, dans le but de leur procurer
le gain auquel ils ont droit. Il met aussi quelquefois au titre de ses
volumes une suscription en vers indiquant qu'il devait tirer profit de leur
vente ; il en varie ainsi le libellé, sur les différents traités de grammaire
de Jean Despautère :
On a vu que Germain Brice l'accusait de n'avoir qu'une seule préoc-
cupation, celle du gain.
Henri Estienne, son petit-fils, nous apprend dans ses épitaphes que
Badius aurait eu autant d'enfants qu'il avait écrit de livres, s'il n'avait
commencé à écrire longtemps avant de se marier, et s'il n'avait eu ses
premiers enfants alors qu'il avait atteint déjà l'âge mur. De tous ses
enfants, nous en connaissons huit, deux fils et une fille.
L'aîné de ses fils mourut en 1526. C'était alors un jeune homme,
travaillant dans l'imprimerie de son père où il était chargé de la correc -
tion des épreuves; il fut enlevé en quelques jours par une maladie
subite. Badius l'apprend à sa clientèle dans une préface émue mise en
1. Ars versificatoria, 1516.
2. Grammatica, 151 8.
3. Syntaxis, 1519.
4. Ars versificatoria, 1526.
Astra Ninivitœ Badio mer et ara minuta 1 ;
Aéra mer et Badio ter sa atque impressa fer ipsum 2 ;
Aera mer et Badio, nomenque decusque parenti 3 ;
A ère beat Badius, laudc authorem, arte legentem *.
32
JOSSE BAD1US ASCENSIUS
tête du Dialogus de saint Jean Chrysostome ; il s'excuse des fautes que
l'on rencontrera dans ce volume mis sous presse le jour même où son
fils tomba malade : «...Si intellexeris Ascensii (in cujus oflicina hoc
opus excusum fuit) filium natu maximum, doctum adulescentem, formu-
larum impressoriarum castigationi summa diligentia ac judicio praeesse
solitum, eo ipso die quo cœptum est opus formis excudi, rej)entino morbo
correptum, intra paueissimos dies magno orrkinse, atque adeo totius pari-
sinae academiae, luctu atque incommodo decessisse. Tum autem Ascen-
sium patrem in tam recenti, tamque justo extincti filii dolore justam
castigandi formulis operam impendere haudquaquam potuisse. »
Son autre fils, Conrad, beaucoup plus jeune — il était encore mi-
neur en 1539 — fut un des adeptes les plus connus de la réforme.
Etabli imprimeur en 1545, sous la même enseigne que son père, sub
fralo Ascetisiano, aux environs du collège Sainte-Barbe, il quitta Paris
en 1549 pour se réfugier à Genève où, dès le mois de juillet 1550, il
se remit au travail. Jusqu'en 1562, il y imprima une quantité de volumes
de polémique religieuse, et une partie des œuvres et des commentaires
de Calvin. Lui-même traduisit en français et annota l'Alcoran des Cor-
deliers, violente satire dont le titre suffit à indiquer l'esprit : « L'alcoran
des Cordeliers... c est-à-dire la mer des blasphèmes de cest idole stigma-
tizé, qu'on appelle S. François, lequel livre a esté recueilli mot a mot
par le docteur Erasme Albere du livre des Conformiez de ce beau
S. François à Jésus Christ, livre meschant et abominable s'il en fut
oncq, composé par un cordelier, et imprimé à Milan Tan 15 10. » Les
notes sont plus mordantes que le texte. Conrad Badius était aussi poète;
parmi ses productions françaises on peut citer la « Complainte aux
papistes qui s'appellent chrestiens, et cependant permettent que Jésus
Christ soit ainsi blasphémé par les Pharisiens de leur religion, ascavoir
les Cordeliers », qui est placée à la fin du premier livre de l'Alcoran
des Cordeliers.
Las, je ne scay que faire ne que dire
Tant j'ay le cœur pressé d'angoisse et d'ire.
De veoir ainsi profaner en tous lieux
La majesté de ce grand Roy des cieux !
Mais cependant, quelle recognoissance
Luy faites vous de vostre délivrance?
En quelle terre ou quelle nation
Christ a-il moins de domination?
L'avez- vous pas d'entre vous rejetté,
Et en son lieu un Tyran suscité
BIOGRAPHIE.
33
Pour estre roy et chef de son Eglise?
Establissans une infâme prestrise,
Laquelle au lieu de vérité prescher
Instruit le peuple à croire et à chercher
Le corps de Christ en une farce folle
Faite en despit de luy et sa Parolle?
Et des clappiers de nonnains et de moines
Qui vont sucçans comme renards et foines
Le sang humain en vostre région
Entre lesquels ceste infernale secte
De cordeliers, qui tout le monde infecte.
En 1562, on le retrouve à Paris, publiant « Les vertus de nostre
maistre Nostradamus » qui porte au titre : A Paris, far Vautheur mesme,
puis à Orléans, où il meurt de la peste au mois d'octobre.
Il avait adopté comme son père une marque représentant un atelier
d'imprimerie, mais d'un modèle tout à fait différent, avec l'inscription :
Prœlum ascensianum et une devise. Cette marque passa après lui à
l'imprimeur d'Orléans, Eloy Gibier.
A en croire Maittaire, Badius aurait eu d'autres fils qui tous, sauf
Conrad, auraient suivi le parti des armes, mais cette assertion n'est
accompagnée d'aucune preuve sérieuse.
Des six filles de Badius, quatre épousèrent des imprimeurs ou
libraires parisiens : Robert Estienne, Jean de Roigny, Michel de Vasco-
san et Jacques du Puys.
Le contrat de mariage de Perrette avec Robert Estienne, daté du
9 juillet 1526, a été retrouvé par M. Ernest Coyecque dans les archives
de M 0 Delafon, notaire à Paris, et publié par M. H. Stein 4 . La dot
constituée par Badius à sa fille était de la valeur de mille livres tournois
ainsi réparties : 600 livres en deniers comptants, 200 livres en volumes
« de sortes et impressions dudit Badius, telz que ledit Estienne vouldra
eslire et choisir, au pris des marchans », et un trousseau de 200 livres.
Robert Estienne, quelques mois seulement avant son mariage, venait
de se séparer de Simon de Colines, et de reprendre la maison paternelle
de la rue Saint- Jean-de-Beauvais ; il y publia, au moins pendant les
premières années, presque exclusivement des volumes de grammaire et
d'éducation en préparant ses éditions de la Bible. Ses publications à
l'usage des étudiants diffèrent complètement de celles de Badius, ce sont
généralement des textes dépourvus de gloses, empruntés à des grammai-
riens contemporains ou à des classiques. Robert Estienne profitait l'un
1. Reproduit plus loin à l'Appendice.
i- 3
Digitized by
34
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
des premiers des nouvelles méthodes qu'avait fait accepter son beau-
père dans l'enseignement; il y avait maintenant un public d'écoliers
et de professeurs auquel on pouvait présenter autre chose que des ma-
nuels en vers latins. C'est d'ailleurs vers la même époque que Badius
faisait disparaître de ses éditions le textus ascensianus.
On connaît suffisamment, pour qu'il n'y ait pas à y revenir, ce
qu'était l'intérieur familial de Robert Estienne, où tout le monde, femme,
enfants, domestiques, parlait ou comprenait le latin. Henri Estienne,
dans la préface de l'Aulu Gelle de 1585, adressée à son fils Paul, écrit
que si sa sœur Catherine parlait le latin, elle ne le devait pas à l'étude
de la grammaire, mais à l'usage constant de la langue. Il en avait peut-
être été de même pour Perrette Badius. Elle eut dix enfants, dont l'aîné
fut Henri II Estienne.
La femme de Jean de Roigny se nommait Jeanne. L'époque de son
mariage n'est pas certaine, cependant on peut la fixer entre 1529, date
de l'établissement de son mari comme libraire et imprimeur, 1531, date
à partir de laquelle des relations commerciales non interrompues s'éta-
blissent entre Badius et lui, et 1533, année de l'impression d'une édition
de Tite Live dont le titre spécifie qu'elle était partagée entre Badius et
Jean de Roigny, son gendre.
Roigny était établi rue Saint-Jacques, à l'enseigne du Basilic, dans
la maison des Quatre-Eléments, à peu de distance de la Salamandre et du
Regnard-qui-ferre, habités successivement par Badius. Il est le seul de
ses gendres libraires qui ait eu des relations commerciales avec lui, et
il semble avoir été considéré plus tard comme le chef de la famille,
devenant le tuteur de ses enfants mineurs et agissant au nom des héri-
tiers. Ce fut lui qui eut en partage, dans la succession, la marque du
Prœlum Ascensianum. Il eut, de Jeanne Badius, sept enfants parmi
lesquels un fils, Michel, qui lui succéda, et une fille, Marie, qui épousa
l'imprimeur Pierre Lhuillier.
L'époque du mariage de Catherine Badius avec Michel de Vasco-
san n'est pas connue non plus. Vascosan 1 exerça à partir de 1532, et son
nom figure avec ceux de Robert Estienne et de Jean de Roigny sur les
volumes imprimés pour les héritiers de Badius en 1536. Je n'ai pu véri-
fier si, avant 1535, il donnait déjà son adresse rue Saint- Jacques, dans
la maison du Regnard-qui-ferre ou de la Fontaine, dans laquelle Badius
exerçait depuis 1527 ; s'il n'y exerça pas en même temps que son beau-
père, il s'y établit au moins aussitôt après sa mort.
Catherine Badius lui donna cinq enfants, parmi lesquels une fille,
Jeanne, qui épousa Fédéric I er Morel, imprimeur et interprète du roi
1. Vie et Œuvres de Michel de Vascosan, positions de thèse par Charles du
Bus, 1906.
BIOGRAPHIE.
35
en langue grecque. Elle mourut, vers 1557, avant son mari qui ne tarda
pas à se remarier.
La quatrième fille de Badius qui épousa un libraire devint femme
de Jacques I er du Puys ; elle était beaucoup plus jeune que ses sœurs et
n'avait pas atteint sa majorité en 1539. Elle est nommée tantôt Cathe-
rine et tantôt Marie, prénoms portés par deux de ses sœurs; il arrivait
d'ailleurs fréquemment à cette époque qu'on donnât le même nom à plu-
sieurs enfants. Nous ne lui connaissons qu'un fils et nous savons que
son mari était veuf et remarié en 1563.
Les deux autres filles de Badius épousèrent, l'une, Marie, un maître-
apothicaire, Denis de Sauves, l'autre, Madeleine, un bonnetier, Jérôme
Aleaume. Jérôme avait une sœur, Marie, femme du libraire Guillaume
Richard et une autre, Perrette, femme de Jean Loys, de Thielt, qui fut
le collaborateur de Badius.
On trouvera plus loin un tableau généalogique de la descendance
de Badius, indiquant les noms de ses petits- enfants et arrière-petits-
enfants ayant suivi la carrière de l'imprimerie et de la librairie. Le der-
nier dont nous connaissons le nom est Nicolas Trudon, qui exerça à
Paris de 1701 à 1750.
Badius avait obtenu des lettres de naturalisation, puisque ses
immeubles, à sa mort, ne firent pas retour à la couronne; il serait
intéressant d'en retrouver la copie, ce qui pourrait trancher définiti-
vement la question du lieu de sa naissance. Nous n'avons pas retrouvé
non plus l'époque de sa nomination à la charge de libraire juré, qualité
qu'il ne mentionne que rarement sur ses éditions.
* *
La Caille, dans son Histoire de l'Imprimerie, a donné à Badius un
frère, Jean, qui n'a jamais existé ; il lui consacre la notice suivante :
« Jean Badius, frère de Jodocus Badius, dont nous avons parlé cy-de-
vant, fit imprimer Auli Gelii Noctes Aticœ (sic) in folio en 1517. Alberti
PU Carporum Comitis illustrissimi très et viginti Libri in locos lucu-
brationum variarum Desiderii Erasmi, quos censé t ad eos recognoscendos
et retractandos (sic) in folio en 1531. C. Plinii Cœcilii secundi Epis-
tolœ, etc., in folio en 1532. » Ces trois volumes ont été imprimés par
Josse Badius ; l'ouvrage d'Albert Pio, prince de Carpi, ne porte au titre
que le nom de Josse, mais l'Aulu Gelle et les Lettres de Pline le jeune
portent également, le premier, le nom de Jean Petit, et le second, le nom
de Jean de Roigny; ce sont sans doute ces deux prénoms, Jean, qui ont
produit la confusion de La Caille.
Lottin Ta copié et a cité aussi Jean Badius : « Bade (Jean), fière
puîné de Josse. 15 17, libraire. 1535, mort. »
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JOSSE BAD1US ASCENSIUS
VIII. — ■ Son portrait.
On peut se demander si, soit dans ses marques, soit dans différents
bois qui ornent des volumes contenant ses préfaces ou ses commentaires,
on n'a pas cherché à reproduire ses traits.
Il faut, d'abord, éliminer les passe-partout, dont se servaient surtout
Passe-partout au nom de Badius (Comédies de Térence, Lyon, 1520).
les éditeurs lyonnais, bien que le nom de Badius figure sur quelques-uns
comme étant celui du personnage représenté. Ces passe-partout repa-
raissent sur d'autres volumes, avec d'autres noms; on a voulu simple-
Passe-partout au nom de Badius
(Satires de Juvénal, Lyon, 1498, Comédies de Térence, Lyon, 1504, etc.).
ment représenter des professeurs ou des auteurs quelconques, dont on
faisait varier les noms selon les livres dans lesquels on les plaçait. On
en trouvera ici deux spécimens.
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Iodod Ba. AfcenW.ar boni itjaenesadtitrerariî ftudia femftios incubât cofcorrario:rii
jjdâ huias opis& clariflïmi uici Iohlnisde tritrenhem abbatis i fpanhé câmedariucala»
I înuenes fans meltoribas ortfe
Jutsacreîngeniûiuppirei ipfc dédits
Pdfirefegnirie: uererekpreaokrire libros
Quopinffar liciru é côd ère cuicj noaos.
Edite quo nofidraixiffealiquado miores*
Trifte etemtotû é morte mi^rare uiru.
Necmibi ta ignaua quifq formidie dlcats
Quidfaciâ:quadofaâa periflefciam?
Sdficet egregii periere uolumîna Crifpi
Et bonaparsPlauti : diacg uerba Tki.
Deni$flueterû répétas monumctauiroçe
Hen quota quao$ exrer portio codicibus
Ât nihfl excuTes tranfaâi obliuia fecli:
Necbellirabiem nec rapidiaftra poli
Perpetafifiqcddemcudtsextantîbus euu
Mita inçreflotesartedederelibris.
Etre mo arguti liber optariflîmus octam
In quo de uariisquaeritur hatretibns:
Ermaieftatespapalis& imperialis
Penfanturrrurinaslancibus squifere
A t<p incredibili pandûtur dexrerirares
Vnde aliis trifmn éhtfcere grade nephas
1$ liber inquaoH ii raultuoprarus arnica
In fpanhemëfis ouar patris abire finu.
Népeuiri aufjpicio ta magni pdirusiorbé
Terrarû/exigua fperat obire die .
Na neqj germants ftudiofis charior alter
Nec magis hetoum dignus amiciria*
IUû & magnifia jpceres mirârur: & omnis
Vt patris patrem relligiofus amar.
Proidemorermîmeqnnfomulra labori
Illius accédant cômoda prariïdio.
Réduction du portrait présumé de Badius (1494).
(Cliché communiqué par l'Imprimerie Nationale).
1 3'
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3»
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Il n'en est pas de même du grand bois, reproduit ici, qui figure sur
un placard, imprimé en 1494 à Lyon chez Trechsel, avec le Dîalogus
de Guillaume de Ockam. Au-dessous de la gravure est une pièce de vers
de Badius, et le verso du placard est blanc K On ne signale aucun autre
tirage de cette planche; il semble vraisemblable qu'elle ait été exécutée
pour lui, et que les traits du professeur représenté soient les siens. L'illus-
tration des comédies de Térence venait d être achevée pour Trechsel
en août 1494, par un artiste que M. Claudin croit être Jean de Vingle,
homonyme de l'imprimeur lyonnais et sans doute son parent, car il
habitait la même maison. Ce Jean de Vingle, après un aussi important
travail, pour lequel il aura dû être en relations avec Badius, aura pu,
comme marque d'affection, graver le portrait de Badius en train de
dicter ses commentaires; en remerciement, le placard aura été tiré et
distribué aux étudiants auxquels la pièce de vers est adressée.
Si, dans ses marques, on a eu l'intention de donner son portrait,
c'est certainement dans le personnage le plus important, c'est-à-dire celui
qui tiie le barreau de la presse, qu'il faut chercher à retrouver ses
traits; mais dans les trois marques, les personnages nont aucun point
de ressemblance. A mon avis, ce serait dans la troisième qu'on aurait
représenté Badius 2 . Dans la première, les figures sont quelconques, et
le dessin est beaucoup moins soigné que dans les suivantes; dans la
seconde, le pressier est représenté en costume d'ouvrier, dans la troi-
sième, il est en costume bourgeois. L'âge qu'avait Badius lorsqu'elle fut
gravée, 56 ans, s'adapte bien au personnage; la barbe est grisonnante,
peut-être blanche, et la figure n'est plus celle d'un jeune homme, comme
dans la première, gravée lorsqu'il avait 45 ans. Le professeur représenté
sur le placard ne porte pas de barbe, mais il y a 33 ans de distance
entre l'exécution des deux gravures.
Un autre portrait, donné comme étant celui de Badius, figure dans
les reproductions de la collection Roth-Scholtz, formée au commencement
du xvm e siècle. Le personnage est imberbe et de profil. Rien n'indique
d'où provient l'original de la reproduction, ni n'assure l'authenticité du
portrait. Peut-être aurait-il été copié sur le portrait de Badius qui figurait
alors sur son tombeau, à Saint-Benoît.
1. III, pp. 86, 88.
2. Voir la reproduction de ces marques, pages 43, 44 et 45.
CHAPITRE II
LE « PRJELUM ASCENSIANUM »
I. — Les différents locaux qu'il occupe.
L'imprimerie et la librairie de Badius furent connues sous le nom
de Prœlum Ascensianum à partir de 1507, lorsque Badius les transféra
de la rue des Carmes à la rue Saint-Jacques et qu'il prit pour enseigne
et pour marque un atelier d'imprimerie.
Jusque-là, depuis le mois de mars 1503, date du premier volume
portant son nom comme imprimeur, l'officine était située au mont Saint-
Hilaire, rue des Carmes, en face du collège des Lombards ou des Ita-
liens. Elle y occupa successivement deux maisons contiguës, celle
des Lionceaux d'abord, puis celle du Miroir. Il signe jusqu'en
mai 1504 : Sub leunculis aureis, ante Colle gium Italorum, ou : In
monte divi Hilarii, ou : E regione collegii Italici, sub leunculis
aureis, puis cessant de mentionner l'enseigne de sa maison, il ne met
plus que les indications : e regione collegii Italorum, pro foribus
Collegii Italorum, ex adverso collegii Italorum, quelquefois simplement
in œdibus Ascensianis; il continue ainsi jusqu'au mois d'avril 1507, mais
de février 1505 à mars 1506, on retrouve sur quelques volumes l'indica-
tion d'une enseigne qui n'est plus la même : In monte divi Hilarii, sub
Speculo, ou : E regione collegii Italici, ab latere Leunculorum aureo-
rum, à l'enseigne du Miroir, à côté des Lionceaux d'or.
Ces deux maisons correspondent aujourd'hui aux numéros 26 ou 28
de la rue des Carmes. La première, celle des Lyonnais ou des Lionceaux,
avait été occupée jusqu'en 1503 par un libraire originaire de Milan,
Alexandre Aliate ou Haliate qui, après avoir exercé rue Saint- Jacques
et rue du Mont-Sainte-Geneviève, était venu s'y établir en 1501. Badius
ne doit pas être considéré, ainsi qu'on l'a fait quelquefois, comme le succes-
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4o
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
seur d'Aliate, car celui-ci exerça encore, à une adresse qui n'est pas con-
nue, jusqu'en 1505 et peut-être 1507 ; il n'était d'ailleurs pas imprimeur,
ainsi que l'a démontré Claudin dans Y Histoire de t Imprimerie y bien qu'il
ait quelquefois pris ce titre. Plus tard la maison fut encore occupée par
un libraire, RaouIIet Breuille, qui exerça de 1526 à 1557.
La maison du Miroir, contiguë à celle des Lionceaux du côté de la
rue des Noyers (boulevard Saint-Germain), fut occupée après Badius
par Thomas Kees, imprimeur originaire de Wesel, qui la quitta en 151 1 ;
parmi ses locataires postérieurs, il faut citer Philippe Danfrie, bien
connu comme graveur de caractères, et qui fut à l'occasion libraire. La
maison du Miroir appartenait en 1579 à Marguerite du Verneuil, veuve
de Jérôme Aleaume, bonnetier, lequel avait été, en premières noces, l'un
des gendres de Badius; il serait téméraire d'en conclure sans d'autres
preuves que la maison avait appartenu à Badius et que, se trouvant dans
sa succession, elle s'était transmise à sa fille, à son gendre et à la seconde
femme de celui-ci.
En quittant la rue des Carmes, il alla s'établir dans la rue Saint-
Jacques qu'il ne devait plus quitter. Le premier volume indiquant son
installation rue Saint- Jacques est du 2 septembre 1507 : In vico Sancti
Jacobi, in adibus Aseensianis 1 ; au mois de décembre, il complète sa nou-
velle adresse en indiquant l'enseigne et la situation de la maison : Sub
tribus lupis aquatilibus, in vico Sancti Jacobi, supra divum Benedictum *,
dans la maison des T rois-Brochets, au-dessus de l'église Saint-Benoît, et
il ajoute plus tard : e regione Craticula 3 , aux environs de la maison du
Gril. La maison des Trois-Brochets comprenait deux corps d'hôtel séparés
par une cour, elle était du côté de la rue opposé à l'église Saint-Benoît,
entre la maison des Deux-Cochets, occupée par le libraire Jean
Mérausse, et celle de la Housse-Gillet, en face de la maison du Gril,
dans laquelle était établi depuis quelques années l'imprimeur Thielmann
Kerver. Son emplacement fait aujourd'hui partie des dépendances du
Collège de France.
Il est difficile de savoir combien de temps Badius y exerça, car du
mois de novembre 15 10 au mois d'août 1527, il n'indique plus sur au-
cun volume la situation ou l'enseigne de sa maison; il met encore quel-
quefois : in via Jaeobœa, mais c'est là le seul renseignement qu'il donne
aux acheteurs. Son enseigne, le Prœlum Ascensianum y qu'il avait adoptée
en 1507 lors de son établissement dans la rue Saint- Jacques, devait
suffire à les guider.
Il y avait alors, sur chaque maison, deux sortes d'enseignes, l'en-
x. Adoltscentia seu Bucolica de Baptiste de Mantoue.
2. Cantica canticorum Salomonis. Il met quelquefois : sub tribus luciis ou :
sub tribus lupis seu luciis aquatilibus.
3. Hegcsippus, 1" juin-7 juillet 15 10.
1 ii i 1 i
1 1 1
LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
4i
seigne propre de la maison, servant à la distinguer et qui était rarement
modifiée, ce qui d'ailleurs était défendu par les ordonnances de police, et
l'enseigne personnelle des propriétaires ou locataires successifs, qui chan-
geait en même temps qu'eux. Lorsque l'enseigne personnelle devenait plus
connue que celle de la maison, il était tout à fait inutile de mentionner
celle-ci; ce fut le cas de renseigne de Badius qui fit vite oublier les
Trois-Brochets. Si j'insiste sur ce point, c'est que j'ai entendu quelque-
fois taxer Badius de fatuité parce qu'il se croyait assez célèbre pour pou-
voir négliger, par coquetterie, d'indiquer où étaient situées les Mdes
Ascensianœ.
Si le Prœlum Ascensianum qui se balançait au-dessus de sa porte
était une indication suffisante pour ses contemporains, l'absence de ren-
seignements précis aux titres ou dans les colophons de ses volumes rend
fort difficile la tâche de le suivre, à distance, dans ses déplacements.
En 1527, le 10 août, nous trouvons son adresse indiquée rue Saint-
Jacques « emprès la Fleur de Lis »; il est possible d'identifier cette
maison, c'est celle du Regnard-qui-ferre, située au-dessous de l'église
Saint-Benoît, connue plus tard sous la désignation de Maison de la
Fontaine à cause de l'enseigne de Michel de Vascosan qui y exerça
après son beau-père. Mais il est infiniment probable qu'entre les Trois-
Brochets et le Regnard qui-ferre, Badius avait exercé dans une autre
maison de la rue, celle de la Salamandre, dont il était devenu proprié-
taire. La Salamandre n'était séparé? des Trois-Brochets que par trois
petites maisons, les Deux-Cochets, l'Image Notre-Dame et l'Image
Saint-Nicolas ; le déplacement de son enseigne de quelques portes n'avait
pas rendu nécessaire qu'il en avisât les acheteurs sur le titre ou à la fin
de ses volumes. On remarquera que deux salamandres figurent dans la
partie inférieure de l'encadrement qu'il fit graver en 1511; ' on peut y
trouver une indication suffisante pour fixer à la fin de l'année 15 10 son
établissement à la Salamandre, concordant avec l'époque à laquelle il
cesse d'indiquer son adresse aux Trois-Brochets. D'ailleurs, les baux se
faisaient alors comme maintenant pour des périodes de trois ans; il serait
resté trois ans aux Trois-Brochets, comme il était resté trois ans au
Miroir. La maison de la Salamandre, dont il resta propriétaire jusqu'à
sa mort, fut vendue par ses héritiers en 1539 *.
Quant à la maison du Regnard-qui-ferre, elle était située plus bas
dans la rue, au-dessous de Saint-Benoît, et séparée de la Fleur-de-Lis
des Petit par une maison à double pignon appartenant aux Chaudière
et portant les enseignes de l'Ecrevisse et de l'Homme-Sauvage ; de
l'autre côté, elle était contiguë à la maison de l'Ange où le Pot-Cassé de
Geofroy Tory figura comme enseigne à partir de 1530. En face étaient
1. Voir l'Appendice.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
l'Ecu-de-Bâle, où exerçait Chrestien Wechel qui venait de succéder à
Conrad Resch, et la Rose- Blanche-Couronnée de Philippe Le Noir.
Ce fut là sa dernière étape. J'ai indiqué, dans les Imprimeurs pari-
siens, d'après une note qui m'avait été fournie, qu'il avait donné son
adresse en 1530 rue de la Juiverie; je n'ai retrouvé cette mention sur
aucun des volumes qui sont passés entre mes mains et je ne pense pas
que le renseignement soit exact.
En 1505, sur les Pœanes quinque festorum diva Virginis Maria, de
Pierre Bury, on lit : Impressum est hoc opus... in œdibus Ascensianis,
venundaturque in hospitio Vindoeinensi, in vico Bevero, et ut vulgarius
dicam ; en Ihostel de Vendosme à la rue de Bievre ; on a fait
de cette adresse tantôt celle d'un libraire inconnu, tantôt celle d'une
succursale de Badius. En réalité, c'était l'adresse de Pierre Joulet (Pe-
trus Juvenilis) qui avait été chargé par les exécuteurs testamentaires de
Pierre Bury, chanoine d'Amiens, de surveiller la publication des œuvres
posthumes de celui-ci, que Badius devait commenter et imprimer. Joulet
devait avancer les frais de l'impression 1 , et, comme on le voit par cette
indication, il en vendait lui-même les exemplaires pour se récupérer de
ses avances.
En janvier 15 12, une édition de VArgonauticon de Valerius Flaccus
porte : Impressum... communibus Jodoci Badii Ascensii et Johannis
Parvi expensis in prœlo Cœsareo, ce n'est pas là non plus une adresse
de Badius. L'imprimerie du Prœlum Cœsareum, dont on signale l'exis-
tence à Paris en 151 2 et 1513, est peu connue; on ignore son emplace-
ment et le nom de son titulaire. On croit généralement qu'elle apparte-
nait à Robert Caesaris (De Keysere), de la famille des imprimeurs de
Gand, mais Robert Caesaris était alors à Paris comme principal du col-
lège de Tournai, situation à laquelle il avait été nommé par l'évêque de
Tournai propriétaire et collateur du collège. Je ne pense pas qu'il y ait
eu compatibilité possible entre la profession d'imprimeur et celle de
principal de collège. Il faudrait plutôt supposer que cet établissement
éphémère avait été appelé prœlum cœsareum pour flatter le nouveau
principal du collège de Tournai en rappelant le souvenir de Pierre
Caesaris, qui était peut-être aussi un De Keysere de Gand. Il se peut
également que cette imprimerie ait été située rue Saint- Jacques, dans la
maison où Pierre Caesaris avait exercé et où il était mort trois ans
auparavant.
La marque du Prœlum Ascensianum fut prise par Badius lors de
son établissement rue Saint- Jacques ; le premier volume sur lequel nous
1. Préface des Cantica de Pierre Bury, II, p. 250. Voir sur le domicile de
Pierre Joulet, II, p. 244, note.
II. — Ses marques et ses encadrements.
LE « PR^LUM ASCENSIANUM »
43
la rencontrons est la Secunda pars operum Baptisiez Mantuani, datée
du I er juillet 1507, qui ne parut vraisemblablement qu'un mois plus
tard, avec la Prima pars datée du 2 septembre. La Prima pars, qui
porte aussi la marque, est le premier volume indiquant l'adresse de la
rue Saint- Jacques.
Badius Ta fait graver trois fois, dans trois dimensions, et avec d'assez
notables différences dans le dessin; ce devait être la reproduction de son
enseigne.
Elle représente un atelier d'imprimerie; au milieu, une presse dont
un imprimeur tire le barreau, à gauche un autre imprmeur frotte les
Marque n* 1.
deux tampons pour y répartir régulièrement l'encre qui va servir au
tirage de l'épreuve suivante, à gauche un ou deux compositeurs, assis
devant leur casse, lèvent la lettre qu'ils portent à leur composteur.
Dans la première marque, gravée en 1507 et dont Badius fit usage
jusqu'à la fin de sa carrière, concurremment avec les deux autres, il n'y
a qu'un seul compositeur; devant lui est placée la copie sur un viso-
rium. Sur la presse est l'inscription : Prœlum Ascensianum, et au-
dessous le monogramme : 1 V A b, qu'on traduit comme nous l'avons
expliqué plus haut par : Jodocus Van Asche Badius. Les abréviations de
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
l'inscription, quelquefois tirée en rouge, ne sont pas identiques sur tous
les volumes qui portent la marque, car cette inscription n'était pas gravée,
mais composée en caractères mobiles placés dans une réserve du bois ;
Marque n* 2.
c'est cette marque que nous avons indiquée dans la bibliographie comme
marque n° 1 ; Silvestre la reproduit en réduction sous le n° 7.
La marque n° 2 (Silvestre, n° 468) paraît en juillet 1520 elle est
un peu plus grande et représente également le Prœlum Ascensianum.
Les personnages figurés sont les mêmes, mais avec d'autres costumes et
1 Pour la première fois sur les Sumitnc qiiicstiuuum ordinariarum eJ'lU-nri
Guethals.
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LE a PRiELUM ASCENSIANUM ».
45
dans des positions plus naturelles, notamment le compositeur qui tenait,
dans la première, son composteur d'une façon tout à fait fantaisiste. La
presse est d'un autre type, plus solide ; le monogramme est supprimé et
remplacé, dans la partie inférieure, par le millésime 1520, gravé. L'usage
écrasa peu à peu le bois, et le o du millésime s'empâta, si bien que
Marque n° 3.
sur les volumes imprimés à partir de 1528 on lit 1521 au lieu de 1520,
mais la marque est bien toujours la même.
La marque n° 3 (Silvestre, n° 774) fait son apparition en septembre
1529 1 ; la dimension est inférieure à celle de la précédente, l'ensemble
de la composition est toujours le même, mais ici l'imprimeur qui tire
le barreau n'est plus vêtu en ouvrier ; il est assez probable que l'artiste
1. Sur les Commentarii îinguœ gracœ de Guillaume Budé.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
aura voulu représenter Badius. Il y a deux compositeurs au lieu d'un,
le second, en partie dissimulé, porte des vêtements et un chapeau qui
peuvent laisser douter si I on a cherché à représenter un homme ou une
femme ; peut-être les filles de Badius travaillaient-elles avec lui, et
l'artiste a-t-il voulu le rappeler. Il n'y a plus ni monogramme ni mil-
lésime, l'inscription Prœlum Ascensianum est gravée. Cette marque fut
employée après Badius par son gendre Jean de Roigny qui la fit
regraver avec beaucoup plus de soin dans l'atelier de Geofroy Tory,
comme le prouve la croix de Lorraine qui figure au bas de cette réplique
(Silvestre, n° 787).
Conrad Badius adopta, comme son père, une marque représentant
un atelier d'imprimerie, avec la légende : Prœlum Ascensianum, mais
d'un dessin entièrement différent et de dimensions beaucoup plus petites
(Silvestre, n°* 758 et 867) ; la seconde de ces marques passa après sa
mort, survenue à Orléans, à Eîoy Gibier, imprimeur dans cette ville,
qui effaça incomplètement le mot Ascensianum, et plus tard à
Fabien Hotot, aussi d'Orléans, qui l'employait encore aux premières
années du xvn° siècle.
Michel de Roigny, son petit-fils, fit aussi graver une nouvelle marque
représentant une imprimerie, mais sans légende.
La première marque de Badius a été copiée deux fois. D'abord à
Gand, par la famille des Caesaris (De Keysere), qui remplaça l'ins-
cription du Prœlum Ascensianum par celle du Prœlum Cœsareum, et
modifia le monogramme : P. C. (Petrus Caesaris); cette marque paraît
en 1516 (Silvestre, n° 1055).
A Rennes, Jean Baudouyn, qui se qualifie en 1524, primus et unie us
calcographus et impr essor ejusdem civitatis, bien que l'imprimerie ait
été introduite dans cette ville dès 1484, copia servilement aussi la
marque n° 1, l'inscription est supprimée et le monogramme remplacé
par un écusson noir; la gravure en est très grossière.
Enfin il y eut à Paris une contrefaçon que je n'ai pas vue et qu : ,
je crois, n'est pas connue. Badius la signale en avertissant les acheteurs
de se tenir sur leurs gardes.
D'autres imprimeurs ont adopté comme lui, pour marque, un atelier
d'imprimerie, mais sans copier ou chercher à imiter la sienne; pour n'en
citer que quelques-uns, au xvf siècle, on peut mentionner Jean Le Preux,
qui exerça à Paris et dans différentes villes de Suisse, Engilbert de
Marnef et les frères Bouchet, à Poitiers, Thierry de Borne, à Courtrai,
Gilles Rooman, à Harlem, etc. Elles constituent toutes des documents
iconographiques intéressants.
On trouve fréquemment, sur les volumes imprimés par Badius,
d'autres marques que la sienne. Outre les volumes qu'il imprima pour
le compte de libraires, et qui portent naturellement leur marque, il y
LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
47
a encore ceux qu'il partageait avec des confrères. Pour ceux-là, il changeait
les marques au cours d'un tirage, et c'est ainsi qu'on trouve des exem-
plaires d'un même volume dont les marques ne sont pas identiques; le
pœlum Ascensianum est remplacé par le Lion des Petit, le Pélican
des Marnef , l'Ane rayé de Jean de Coblencz, etc.
Après avoir adopté une marque, il adopta pour ses volumes in-folio,
un cadre qui paraît pour la première fois sur l'édition des œuvres de
Cicéron imprimée en 151 1. Cet encadrement est formé de 4 pièces, deux
montants, un chapiteau et un soubassement, mais comme tous ses
in-folio n'avaient pas les mêmes dimensions, et qu'il y avait plus eu
moins de texte à placer à l'intérieur du cadre, il fit graver successive-
ment différents bandeaux et différents soubassements. L'aspect général
du cadre est toujours le même, et il ne m'a pas semblé, dans la biblio-
graphie, qu'il fût nécessaire de spécifier les détails des pièces; il y est
mentionné d'une façon générale sous le nom d'encadrement n° 1. La
disposition la plus ordinairement employée est celle qui porte en haut
deux dauphins et un médaillon soutenu par deux léopards, et en bas
deux salamandres et un écusson laissé en blanc pour que l'acheteur y
mette son chiffre ou ses armoiries. Les montants ont été regravés au
moins deux fois avec de légères différences dans l'exécution.
Cet encadrement, qui indiquait à première vue que le volume sortait
des presses de Badius, ne tarda pas à être imité par ses concurrents.
Nicolas des Prés, particulièrement, fit un fréquent usage de l'encadre-
ment reproduit ici, qui porte ses initiales N. D. P. ; nous donnons aussi
celui qu'employait Nicolas de la Barre, avec ses initiales; on trouve
encore un cadre imité portant le chiffre d'Hémon Lefebvre; un autre
avec les initiales N. S. qu'il faut attribuer, je crois, à Nicolas Savetier;
un autre enfin, grossièrement gravé, employé plus tard à Lyon par les
frères Frellon.
En 1529, en même temps qu'il faisait regraver sa troisième marque,
il adoptait un second encadrement pour les in-folio, celui-ci d'une seule
pièce; nous en donnons plus loin la reproduction 1 , c'est lui qui est
indiqué dans la bibliographie comme encadrement n° 2.
Entre temps il avait fait faire un cadre pour ses volumes de petit
format, rappelant son encadrement n° 1 et portant dans le bas son mono-
gramme iVAb. Il l'a très rarement employé et je ne l'ai trouvé que
sur quatre éditions données en 1522 et 1526 2 .
1. L'encadrement n' 2 paraît pour la première fois sur le même volume que
la marque n* 2, les Summœ quœstionum ordinariarum d'Henri Goethals.
2. Paulus de Pierre Rosset et Hoildis de Gervais Amœnus, en 1522 ; De
mundo d'Aristote, partie grecque, et Pro Milont de L'icéron, en 1526.
Encadrement n' i, rcduit, avec grand chapiteau.
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SBacrobwe Slurdiue
nteger:ma'dus:fuocp decori ab Ioanne Riuio
fuperioribus anni's:& nunc cura Aicenfiano'
rum:muJto ditigenrius refa'cutusiCum indi
do OC amplo ÔC vendico.
AddicoKbcIbarguriflîmoCenroriru de die
nacaJi :co conlîmihs fit farragînis.
Vçmmdamr ab ipfo
Iodoco Badio Afcenlio.
Encadrement n° i, réduit.
I. 4
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LHISTOIRE DE
I Thucycfide Athénien, de la guerre, qui fut entre
j les Peloponnefiens et Athéniens, Translatée en lan/
gue Francoyfe par feu Meflïre Claude de Seyflel
| lors Eoefquc de Marfeillc et depui.* Archeuefque
de Turin.
Encadrement n* i, réduit.
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>guK {gellu nocttum attica
rum Ltbri vndcutgmti.Nam Oôauusdcfidera
turpractcr^
Venuitdantur parrbtïneab
Engicbcrto & Ioanne de Marncf fn vteo fanôi lapbi fub
incafîgoio Pdli'cani coin o rames.
I ; 10
Encadrement réduit de Nicolas des Prés.
(Contrefaçon.)
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Encadrement réduit de Nicolas de la Barre.
(Contrefaçon.)
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I r^DE ASSE ET
0 M f I I I
Encadrement n* 2, réduit.
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Petit encadrement des in-4*.
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LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
55
III. — Les collaborateurs et les relations commerciales
DE BADIUS.
Badius, qui a toujours, avec le plus grand soin, indiqué les noms
de ceux qui avaient collaboré à ses éditions au point de vue littéraire,
ne nous donne que peu de renseignements sur ceux qui facilitaient sa
tâche au point de vue matériel. Nous savons seulement qu'en 15 14 il
avait pour correcteurs Louis Fidèle et Michel Pontanus, qui corri-
gèrent in officina les œuvres de Nicolas de Cusa ; leurs noms sont cités
dans la préface de Jacques Lefebvre d'Etaples. En 15 19, il avait pour
correcteur Etienne Josmarius qui corrigea la Sylva d'Ange Poliziano ;
son nom figure au bas de la table : « St. Josmarius recensebat », et
dans deux distiques de Jacques Tixier de Ravisy, placés parmi les
pièces liminaires : « De suo Stephano Josmario, Liguoliano, ejus
operis emaculatore :
Beatus Rhenanus, qui signa comme recognitor in officina les poli-
tiques d'Aristote, imprimées en 1506 chez Henri Estienne, fut peut-être
aussi correcteur chez Badius, au moins pouvons-nous le supposer en
constatant le très grand nombre d'éditions imprimées par Badius de
1503 à 1507, qui se trouvent dans sa bibliothèque, pieusement conservée
à Schlettstadt.
Nous savons encore que son fils aîné, qui fut enlevé par un mal
soudain, en 1526, s'occupait spécialement de la correction des épreuves,
et il est probable que parmi les jeunes savants dont il était toujours
entouré, qui préparaient ses éditions et en corrigeaient les textes, quel-
ques-uns s'occupaient aussi de la direction de l'atelier. Parmi eux, en
effet, on peut relever les noms de deux de ses compatriotes qui s'éta-
blirent ensuite imprimeurs, Louis Blaublom, ou Cyaneus, de Gand, et
Jean Loys, de Thielt. Louis Blaublom est cité dans la préface des
Summœ Quœstionum d'Henri Goethals, en 1520, comme ayant collaboré
à l'édition avec Georges Scanfelaer, également de Gand; il exerça
comme imprimeur à Paris de 1528 à 1546. Quant à Jean Loys, il cor-
rigea et rédigea l'index de l'édition des œuvres de Quintilien donnée
en novembre 1527; Badius s'exprime ainsi sur son compte « ...quos
laboris mei in expungendis operarum mearum erratis socius et adjutor
Joannes Ludovicus, magnae spei juvenis, magna cura a recidivo
1. Politianus.
Cultor arat, seges exoritur, lolium occupât agros,
Ablatis tribulis germina pura nitent.
Angélus l excoluit, senit sua grana Beraldus,
Privavit lolio semina Josmarius. »
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
redemptos amplissimo illustra vit indice ». C'était lui qui dirigeait l'im-
primerie lors de la mort de Badius en 1536.
Fait assez curieux, Badius fit lui-même, en 15 16, l'office de cor-
recteur pour un volume qui n'était imprimé ni par lui, ni pour lui, le
Breviarium Satie tœ Gudilœ, imprimé par Didier Maheu 1 ; la partie
d'hiver porte au colophon : Impressi Parisiis, opéra solerti Dcsiderii
Maheu y et accuratione vigili Jodoci Badii Ascensii. Il est probable qu'il
avait été chargé de surveiller l'impression de ce bréviaire par le clergé
de l'église Sainte-Gudule, de Bruxelles, car il était alors de coutume
assez fréquente de fournir aux imprimeurs les correcteurs chargés des
volumes qu'on leur confiait. M. Coyecque a publié, entre autres, un
contrat d'impression passé entre l'évêque de Senlis et ce même Didier
Maheu qui nous en fournit la preuve 2 . Didier Maheu s'engage
à imprimer 400 missels à l'usage de Senlis ... « le tout à mes propres
coustz et despendz, et oultre prometz loger et nourrir durant led.
temps, à Paris, maistre Simon Réche, qui aussy sera tenu ayder à
corriger. »
Dans quelques lettres adressées à Erasme, dans une lettre à Noël
Béda et dans un contrat passé avec Jacques Colin, on peut trouver
quelques indications relatives à ses affaires commerciales.
La correspondance avec Erasme 3 nous apprend d'abord combien
Badius lui payait ses manuscrits. Pour un exemplaire de l'édition véni-
tienne de ses Adages, corrigé en vue d'une réimpression, ils étaient
convenu de 15 florins, plus 3 florins pour l'exemplaire; c'est également
15 florins qu'il lui offre pour une édition des Epîtres de saint Jérôme
qu'il l'engage à entreprendre, et pour ses notes sur Sénèque. Ces prix
étaient sans doute assez modestes, puisque Badius s'excuse de ne pou-
voir lui offrir davantage, car il a une nombreuse famille et ne tire
aucun profit de son travail quoditien.
Il se plaint en 151 2 de la difficulté qu'il trouve à réimprimer ses
œuvres ; s'il donne une édition de YEnchiridion militis christiani, il
fera du tort à Thierry Martens, s'il réimprime le Moriœ encomium, il
fera du tort à Gilles de Gourmont, s'il publie d'autres volumes, il
nuira à Pierre de Keysere. Ces scrupules n'étaient pas partagés par
ses concurrents, car plus tard Badius lui adresse de vifs reproches
1. III, pp. 396-397 (Supplément).
2. Bulletin de la Société de VHistoire de Paris et de rZle-de-France, tir. à
part. p. 38.
3. Lettres reproduties plus loin, t. II, pp. 416, 417, 425 à 427, et à l'Appen-
dice.
LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
57
à ce sujet. Il avait envoyé, sur son conseil, en Allemagne, une quantité
d'exemplaires du Panegyricus ad Philippum Austriœ ducem, dont pas
un seul ne s'est vendu, parce que ce livre y avait été aussi imprimé;
Erasme lui avait promis depuis longtemps de lui confier la réimpression
de ses Adagiorum centuriœ très corrigés et augmentés sur l'édition aldine ;
l'exemplaire ainsi préparé, confié à un commissionnaire qui devait le lui
apporter de Cambridge, avait été porté à Thierry Martens, d'Alost,
imprimeur à Louvain, qui s'était empressé de l'imprimer; on a réim-
primé la Copia verborum avec la préface même qu'Erasme lui avait
adressée ; ces volumes, copiés sur les siens, sont vendus moins cher ; de
plus, chaque fois qu'on annonce une nouvelle édition revue ou augmentée
d'une des œuvres d'Erasme, les éditions antérieures deviennent inven-
dables. Il avait projeté de se venger du tort que lui faisaient ces
confrères peu délicats en réimprimant son Nouveau Testament, avec les
mêmes caractères; cependant, si ceux-ci consentaient à ne pas marcher
sans cesse sur ses brisées il renoncerait de son côté à leur faire du tort.
Erasme, en 15 17, racontant cet incident à l'un de ses correspon-
dants, Jean Ruser, ajoute que Badius, malgré sa colère, n'en a gardé
aucun ressentiment, car c'est le meilleur des hommes.
Dans la lettre à Noël Béda *, nous trouvons le détail de la vente des
exemplaires de l'édition des Annotationcs Natalis Bedœ in Jacobum
Fabrum Stapulensem et in Erasmum. Le tirage, à 650, lui avait fourni
625 exemplaires complets, sur lesquels il avait vendu :
Environ 45 exemplaires à différents grands personnages, dont il ne
se rappelle plus les noms;
32 à Melchior Coberger, de Nuremberg;
50 envoyés à Lyon pour être de là expédiés en Italie;
50 à un correspondant;
12, puis 50, soit 62 à Conrad Resch;
40 à François Viremand, colporteur en Angleterre;
Moins de 40 à Henri de Bry (Henricus de Brius), pour l'Alle-
magne;
6 à un Rouennais;
6 à un Orléanais ;
4 ou 5 à quelques autres.
Il lui en reste 50 en magasin, nombre qui pourrait être porté à 100,
en complétant les défets en cas de réimpression.
Ce compte ne fournit qu'environ 395 exemplaires; il est probable
que Badius sous-entend, sans les rappeler, les exemplaires remis à l'au-
teur, soit 300. ou 250 selon qu'on doive faire entrer ou non dans le
chiffre total les 50 exemplaires qui pouvaient être complétés.
1. Lettre du mois d'août 1526, reproduite plus loin, t. II, p. 155.
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58
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
On voit par ces lettres que ses relations commerciales étaient très
étendues à l'étranger. Nous aurons l'occasion de constater, plus loin,
que ses œuvres y étaient également très estimées, et que plusieurs d'entre
elles ont été écrites spécialement pour la jeunesse anglaise ou flamande.
Le contrat passé par devant notaire le 28 mars 1528, entre Badius
et son ami Nicolas Bérauld, mandataire de Jacques Colin, fournit des
renseignements d'une autre nature; il permet de se rendre compte des
prix de revient d'impression.
Il s'agit de l'impression par Badius des deux traductions de Thucy-
dide et de Diodorè de Sicile, dues à Claude de Seyssel. M. Coyecque,
qui a découvert ce précieux document et l'a publié dans la Bibliothèque
de t Ecole des Chartes *, Ta fait précéder d'une analyse que nous ne
pouvons mieux faire que de reproduire :
« Nous sommes le 28 mars 1528; plus de sept mois se sont écoulés
depuis l'achèvement de Thucydide, tiré à 1 225 exemplaires sur papier;
l'éditeur, l'humaniste Jacques Colin, secrétaire de la Chambre du Roi,
s'était engagé à avoir entièrement payé l'imprimeur [Badius], pour le
jour où le travail serait terminé; mais il n'avait pu tenir parole; sur
une réclamation de Josse Bade, il avait autorisé celui-ci (ce qui semble
montrer que sa première intention avait été de recourir à l'intermédiaire
d'un autre libraire) à mettre le Thucydide en vente ; mais le prix trop
élevé fixé par Jacques Colin n'avait permis la vente que de 96 exem-
plaires; Josse Bade reste aujourd'hui créancier d'une somme de 220 1. t.,
dont 208 1. 7 s. t. pour le papier et l'impression du Thucydide et pour
la refaçon de deux feuilles du même ouvrage, et n 1. 13 s. t. « pour
« l'escripture d'une coppie de correcta de ung livre appelle Diodore » ;
cette situation ne laisse pas que d'inquiéter Josse Bade, qui n'entrevoit
que très vaguement l'époque à laquelle il sera, par ce moyen, entièrement
payé; et Jacques Colin désire lui faire imprimer successivement la
Bibliothèque de Diodore de Sicile (livres XVIII-XX), Y Histoire ecclé-
siastique d'Eusèbe et XHistoire de Justin, « au mesme nombre, papier,
« lettre et volume et autant de feuilles que contient led Thucidides y
« qui est de cent quarente neuf feuilles chascun livre 2 » ; Josse Bade
subordonne le prêt de ses services au recouvrement de sa créance; un
arrangement est indispensable, il intervient : le prix de vente du Thu-
1. Année 1894, t. V, pp. 59 et ss. On trouvera le teqte de ce contrat repro-
duit plus loin, à l'Appendice.
2. Le mot « feuille » désigne ici deux feuillets, le Thucydide comptant
298 feuillets. (Note de M. Coyecque.)
•
LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
59
cydide est abaissé à 20 s. t. l'exemplaire; dès que l'imprimeur, en
ayant débité 220, sera par suite désintéressé, il commencera l'impression
du Diodore; la dépense de cet ouvrage, qui s'élèvera, à raison de
10 s. t. l'exemplaire, à 612 1. 10 s. t., sera couverte par la vente de
613 Thucydide; ceux-ci réalisés, on passera à YEusèbe, dont les
592 premiers volumes seront payés par la vente des 296 derniers Thu-
cydide, et les 633 autres par celle des 317 premiers Diodore; de même
la vente de 613 Diodore permettra de faire face aux frais du Justin,
« En fin de compte, l'entreprise devait procurer un bénéfice brut
de 2 746 1. 10 s. t., dont 295 1. provenant du reliquat du Diodore, et
2 450 1. provenant de la totalité du tirage des deux ouvrages ultérieu-
rement publiés; il convient toutefois de tenir compte de la dépense faite
par l'éditeur pour l'achat du vélin des exemplaires tirés sur cette matière,
dont la fourniture restait à sa charge.
« En fait, qu'advint-il de ce contrat? On l'a vu plus haut : Josse
Bade imprima le Diodore, achevé le 2 mai 1530, mais il n'exécuta ni
YEusèbe, ni le Justin; pour quel motif? peut-être en raison de la mévente
du Thucydide; si cette hypothèse était fondée, ce serait sans doute
pour la même cause que Geofroy Tory, ou son successeur, renonça,
après avoir fait paraître YEusèbe, à imprimer le Justin, désormais con-
damné à attendre pendant près de trente ans les honneurs de la presse.
« Voici, sous la forme de tableau, le compte approximatif de
Jacques Colin, tel qu'il ressort du contrat de 1528 1 :
^Thucydide : 1.225 exemplaires à [10 s. t.] Pun [612 1. 10 s. t.]
Vente de 96 exemplaires à [30 s. t.] Pun. [144 1. t.l
Payé en espèces . [260 1. 3 s. t.l
«Correcta du Diodore 11 1 3 s. t.
Vente de 220 Thucydide à 20 s. t. Pun. . . 220 1. 1.
*Diodore : 1.225 exemplaires à 10 s. t. Pun 612 1. 10 s. t.
Vente de 613 Thucydide à 20 s. t. Pun. . . 613 1. 1.
tEusèbc : 1.225 exemplaires à 10 s. t. Pun 612 1. 10 s. t.
Vente de 296 Thucydide à 20 s. t. Pun. . . 296 1. t.
Vente de 317 Diodore à 20 s. t. Pun„ .... 317 1. t.
« Justin : 1.225 exemplaires à 10 s. t. Pun. 612 1. 10 s. t.
Vente de 613 Diodore à 20 s. t. Pun 613 1. 1.
Vente de 295 Diodore 295 1. 1.
Vente de 1.225 Eusebe 1.225 !• t.
Vente de 1.225 Justin 1.225 1. 1.
5.208 1. 3 s. t. 2.461 1. 13 s. t.
«Différence en plus 2.746 1. 10 s. t. »
1. Nous ayons placé entre [] les chiffres qui sont de notre invention, le coût et
le premier prix de vente du Thucydide, (Note de M. Coyecque.)
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6o
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
IV. — La production du Pr.«lum Ascensianum.
Les éditions qui sont sorties de l'imprimerie de Badius de 1503
à 1535 sont très nombreuses ; j'en ai relevé 700 ; quelques-unes seule-
ment, parmi celles que je n'ai pas vues, sont mentionnées dans la partie
bibliographique d'après des indications douteuses. Il est bien certain
que beaucoup d'autres mont échappé, surtout parmi les éditions de
grammaires, car les volumes destinés aux enfants sont voués à une des-
truction fatale; on s'en rendra compte en constatant que celles de ces
éditions qui sont connues ne le sont généralement que par un ou deux
exemplaires; Badius, dans une préface, adressée à Jean Trithème
en 1494, émettait l'idée que les œuvres d'esprit échapperaient doréna-
vant, grâce à l'invention de l'imprimerie, à l'injure des temps; combien
pourtant des productions du xv e et du xvi e siècle ne sont plus connues
aujourd'hui, ou n'ont échappé que par miracle à la destruction complète.
En plus de ces 700 éditions, j'en ai trouvé 8 qui, portant le nom de
Badius comme libraire, soit seul, soit accompagné de celui d'un autre
libraire, sont sorties d'autres imprimeries que la sienne; cela fait, au
total, 708 éditions portant son nom comme imprimeur ou comme édi-
teur. Il y en a en outre 3 qui portent le nom de ses héritiers.
Ces 708 éditions à son nom, se décomposent ainsi :
493 sont éditées par lui seul.
175 sont partagées avec d'autres éditeurs; parmi ces associations
passagères, nous en trouvons 132 avec les Jean Petit, père et fils
(1503 à 1533), 17 avec les frères de Marnef (1503 à 15 13), et 1 avec
Jean II de Marnef (15 19), 14 avec Jean de Roigny (1531 à 1534),
4 avec Conrad Resch (1516 à 1526), 4 avec Henri Jacobi (1510, 151 1),
3 avec Denis Roce (1510 à 151 3), 2 avec Henri P r Estienne
(1510, 1512), 2 avec Jean II du Pré (1519), 2 avec Jean Vatel
(152 1 et s. d.), 2 avec Claude Chevallon (1506, 1526), 2 avec Jean
Coberger (1510, 1516), les autres libraires qui partagèrent une édition
avec lui sont, à Paris, Jean de Cbblencz, Jean Frellon, Berthold Rem
boldt, Jean Scabeler, Louis Homken et Geoffroy Hittorp, Hémon
Le Febvre, Bernard Aubry, Poncet le Preux, Galliot du Pré, Jacques
Mercier, Constantin Le Lièvre, Michel Conrad; en province : Jacques
Le Forestier, de Rouen, et Simon Vincent, de Lyon; à l'étranger :
Wynand de Worde, Michel Morin et Jean Brach, de Londres, Jean
Meganc, Jean Waterloose, Josse Horenweghe et Pierre Caesaris, de
Gand.
Enfin 37 ouvrages, portant son nom comme imprimeur, ne furent
pas vendus par lui; 26 sont imprimés pour les Jean Petit, 2 pour les
frères de Marnef, 3 pour Jean de Coblencz; les autres libraires pour
LE « PRyELUM ASCENSIANUM ».
61
lesquels il imprima sont Claude Chevallon, Conrad Resch, de Paris,
Victor Van Crombrugghe, Gérard Zweemere, de Gand, Guillaume
Vorsterman, d'Anvers, Pierre Marchand, d'Orléans, Jean Le Noir, de
Nevers; on trouve aussi le nom d'un imprimeur, Antoine Bonnemère,
sur un volume imprimé par Badius pour Jean Petit.
Des 8 éditions portant son nom comme libraire qui sont impiimées
ailleurs qu'au Prœlum Ascensianum, 2 sortent de l'imprimerie d'Henri I er
Estienne (1510, 1512), 1 du Prœlum Cœsareum (1512), 1 de l'imprimerie
de Berthold Remboldt (1516), 3 de l'imprimerie de Jean II du Pré
et Jacques Mercier (15 19); la huitième édition ne porte aucun nom
d'imprimeur.
Je ne comprends pas dans cette énumération quelques noms qui
figurent sur des volumes évidemment contrefaits, sur lesquels on laissa
subsister, à la souscription, peut-être par simple négligence, l'indication
des œdes Ascensianœ qui se trouvait sur l'exemplaire ayant servi de
copie.
Badius était en relations avec d'autres libraires que ceux dont les
noms figurent sur ses éditions; ainsi dans l'inventaire après décès
du libraire Raoul Laliseau, dressé en avril-mai 1521, qu'a publié
M. Coyecque, on peut relever une quantité d'éditions imprimées par
Badius; il y avait entre autres 81 exemplaires du Serpens antiquus,
266 exemplaires du « Tertia pars [Doctrinalis] Badii » et un exemplaire
de la Navis stultifera. Raoul Laliseau lui devait, lors de son décès,
28 s. 8 d. p. et 2 d. t. K
Nous ne trouvons pas de trace de relations commerciales avec
l'imprimeur Thielmann Kerver, qui habitait non loin de lui, rue Saint-
Jacques ; nous savons du moins que des relations de famille existaient
entre eux, assez cordiales pour que Badius ait été choisi comme parrain
du troisième fils de Kerver, Jacques 2 , qui fut libraire en 1535 et devint
plus tard échevin de Paris.
Au point de vue des dates de toutes ces impressions, on peut dresser
le tableau suivant, qui donne une idée de la production annuelle de l'im-
primerie. On y remarquera que c'est en 15 19 qu'elle produisit le plus,
son matériel fut même insuffisant à alimenter les besoins de la librairie,
car en cette même année Badius s'adressa pour 3 éditions, à deux autres
imprimeurs, Jean du Pré et Jacques Mercier. En 1524, il y a une chute
1. Mémoires de la Société de V Histoire de Paris et de V Ile-de-France, t. XXI
(1894), pp. 54 et ss.
2. André Thévet. Vrais portraits et vie des hommes illustres, 1584, t. I,
* *
r 165 v°.
62
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
brusque, un arrêt presque total de production ; je ne crois pas qu'il
faille en chercher l'explication ailleurs que dans la crise politique que
subissait alors la France.
1504. — 7 éditions, dont 2 seulement pour lui seul;
1505. — 19 éditions dont 1 douteuse; il n'y en a plus que 7 qui soient
partagées; 3 sont imprimées pour le compte de Jean Petit seul;
1506. — 18 éditions, dont 1 douteuse; 10 sont partagées, une est impri-
mée pour Jean Petit;
1507. — 16 éditions, dont 5 partagées et 2 imprimées pour Jean Petit;
1508. — 18 éditions, dont 1 douteuse; 4 sont partagées et une est impri-
mée pour Jean Petit;
1509. — 16 éditions, dont 7 partagées et 2 imprimées pour d'autres
libraires, Jean de Coblencz et Jean Petit;
15 10. — 21 éditions, dont 11 partagées et une imprimée pour Jean
Petit et Jean Scabeler, dit Wettenschire ; en outre, il partagea
avec Henri I er Estienne, Jean Petit et Constantin Lelièvre une
édition imprimée par Henri Estienne ;
151 1. — 30 éditions, dont 18 partagées et 4 imprimées pour d'autres
libraires, Jean Petit, Claude Chevallon, Victor Van Crombrugghe
et Gérard Zweemere;
151 2. — 21 éditions, dont 13 partagées et 2 imprimées pour Jean Pe-
tit. Il en partagea en outre deux autres, l'une imprimée au
Prœlum Cœsareutn, avec Jean Petit, l'autre imprimée par
Henri I er Estienne et partagée avec lui;
15 13. — 30 éditions, dont ' 7 partagées.
1514. — 25 éditions, dont 3 douteuses et 7 partagées; plus une édition
imprimée pour lui et Jean Petit sans nom d'imprimeur.
15 15. — 30 éditions, dont 3 douteuses; 6 partagées, une imprimée pour
les frères de Marnef ;
15 16. — 35 éditions, dont 9 partagées, plus une imprimée par Ber-
thold Remboldt et partagée avec Jean Coberger;
1517. 22 éditions, dont 4 partagées;
1518. — 19 éditions, dont 3 partagées et une imprimée pour Guillaume
Vorsterman, d'Anvers;
15 19. — 39 éditions, dont 4 partagées, et une imprimée pour Pierre
Marchand, d'Orléans ; en outre, 3 éditions imprimées par Jean du
Pré et Jacques Mercier.
1520. — 22 éditions dont une imprimée pour Jean Petit; aucune édi-
tion partagée;
1521. — 28 éditions, dont 2 partagées et une imprimée pour Conrad
Resch;
1503. — 16 éditions, dont 3 seulement faites pour lui seul;
LE « PR.ELUM ASCENSIANUM ».
63
1522. — 16 éditions, dont 5 partagées;
1523. — 13 éditions, dont une douteuse; aucune édition partagée;
1524. — 15 éditions; aucune partagée, une imprimée pour Jean
Le Noir, de Ne ver s.
1525. — 2 éditions, dont Tune douteuse;
1526. — 14 éditions, dont 2 partagées;
1527. — 20 éditions, dont 6 partagées et une imprimée pour Jean
Petit ;
1528. — 25 éditions, dont une douteuse, 4 partagées et une imprimée
pour Jean Petit;
1529. — 18 éditions, dont 2 partagées et une imprimée pour Jean
Petit;
1530. — 22 éditions, dont 1 douteuse et 2 partagées;
1531. — 23 éditions, dont 5 partagées ;
1532. — 26 éditions, dont 5 partagées et 1 imprimée pour Jean Petit;
I 533- — 11 éditions, dont 6 partagées;
1534. — 13 éditions, dont 4 partagées;
T 535- — 6 éditions, dont 1 douteuse;
Sans date. — 44 éditions, dont 3 partagées et 1 imprimée pour Jean
Petit.
On trouvera, à la fin de ce chapitre, la liste de toutes ces impres-
sions classées par dates; j'ai cru utile de la donner car, dans la biblio-
graphie, leur collation se trouve mélangée à celle de tous les autres
volumes contenant des notes, pièces, préfaces ou commentaires de
Badius dont le plus grand nombre sort d'autres ateliers que le sien.
Il est à remarquer que presque toutes ses éditions sont datées d'après
le style romain; c'était une habitude qu'il avait gardée de son séjour à
Lyon. Lorsque, à son arrivée à Paris, il employa pour ses premiers
volumes le style parisien, il indiqua la double date, en style romain et
en style parisien, puis il abandonna le style parisien et revint au style
romain. Pour les quelques volumes imprimés dans les premiers mois de
l'année, qui ne portent ni calculo romano, ni calctdo parrhisiano et pour
lesquels il pourrait y avoir un doute, on est donc en droit de penser qu'ils
sont datés en style romain, puisque ce fut, à quelques exceptions près,
son habitude presque constante.
Sur un certain nombre de contrefaçons des éditions de Badius, on
rencontre la mention calculo romano accompagnant l'indication de n'im-
porte quel mois de l'année; cela n'a aucune signification, mais cela
prouve que l'édition qui a été copiée avait été imprimée, avant Pâques,
dans le mois de janvier, de février, de mars ou d'avril, et que le contre-
facteur a modifié la date de l'impression primitive sans penser à sup-
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64
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
primer l'indication du style, devenue superflue, et dont il ne connaissait
peut-être pas le sens.
Quant aux formats, ce sont généralement des in-folio ou des
in-quarto ; les volumes in-octavo sont très peu nombreux, il y en a
moins de 70. Il semble que Badius ait cherché à donner dans ce petit
format, in encJùridion, quelques séries spéciales.
L'une comprend de petits traités de théologie et de morale :
De regimine principum, de saint Thomas d'Aquin, 1509 ;
Les traités de Jérôme Savonarole, imprimés pour la première fois
en 15 10 ou sans date ;
Méditation es sanctorum, 15 10 ;
Dogma moralium> 151 1 ;
Les deux traités de Barthélémy Rimbertini et d'Henri de Firmara
sur le Paradis, 15 14;
Oratiq super quolibet dictione symboli apostolici de Pierre-Louis
Valta, évêque de Rieux, 15 16;
Decachordon, de Marc Vigeri, 15 17 ;
Le livre de saint Edmond, archevêque de Cantorbéry, écrit pour les
moines de Cîteaux, 1519 ;
Les commentaires d'Urbain IV sur le psaume Miserere mei Deus,
Enchiridion piarum mentium, en six parties débutant par la règle
de saint Benoît, 1521 ;
Apparitores septem tant diaboli quant Dei y de Thomas Barbé,
1521 ;
Virga directionis ecdesiasiicorum, 1521 ;
Remédia septem contra amorem illicitum, 1521 ;
Cantique des cantiques commentés par Jean Pic, 1524 ;
Dialogue de saint Jean Chrysostome, 1526;
Régula canonicorum, 1531 ;
Diadema monachorum, de Smaragdus, 1532 ;
De reformatione virium animœ, de Gérard de Zuitphania, sans date.
Une autre série contient des recueils de sermons d'Armand de Bel-
levue, 1519, de saint Antoine de Padoue, de saint Bonaventure, 1521,
de Philippe de Grève, 1523, mais il imprimait simultanément d'autres
recueils en in-4 0 .
Une troisième série contient des œuvres de poètes contemporains,
parmi lesquels on trouve Guillaume de Rijke (Dives), Baptiste de
Mantoue (œuvres en six parties, 1507-1510), Jacques Papa, Corneille
Grapheus, Pierre de Ponte, Pierre Rosset, Nicolas Barthélémy, Jean
* *
1519 ;
LE « PR^LUM ASC E N S I A N U M ».
65
Jovien Pontano, Salmon Macrin, Baventio, Jean Lascaris ; à cette
série peuvent se joindre quelques auteurs anciens comme saint Avit,
évêque de Vienne, Paul de Noie, les distiques de Caton et même la
Batrachomyomachie d'Homère.
Une quatrième série comprend quelques ouvrages de médecine,
le de triplici Vit a de Marsile Ficin, la Cœna saluberrima de Jean-
Baptiste Fiera, X Exhortalio ad bottas art es de Galien, le traité sur la
peste de Liéyin Oosterlync (Austricus), la Rosa Gallica, la Symphonia
et les Annotamenta de Symphorien Champier.
Une dernière série comprend des classiques commentés, Horace,
Juvénal, Ovide, et peut-être aussi Virgile.
•
* *
Nous parlerons plus loin de quelques volumes que Badius imprima
en grec ; il en imprima moins encore en français puisqu'on n'en connaît
que quatre, dont deux, la traduction de Thucydide et celle de Diodore
de Sicile ont été exécutés, comme on l'a vu plus haut, pour Jacques Colin.
Les deux autres sont la Vie de monseigneur sainct Hierosme par Louis
Lasserre, imprimée deux fois en 1529 et 1530, et la Consolation des
desolèz imprimée en 1531 et peut-être aussi sans date ; enfin il y a un
cinquième volume dont le titre est en français mais le texte en latin :
Lœure et oraison... sûr chascun mot du Credo in deum de Pierre-Louis
Valta, évêque de Rieux.
On lui prête aussi l'impression de deux volumes, en danois, pour
Christern Pedersen, chanoine de Lund : Vor Froe Tider et / denne Bog
leriss at hœre Messe, en 15 14. Nous connaissons une édition de XEru-
ditio de Guy Jouvenneaux avec les notes en flamand, et les Rudimenta
de Jean Vaus avec les commentaires en écossais, qui sortent de ses
presses.
* *
Il n'y a qu'un petit nombre de volumes dont on connaisse des exem-
plaires sur vélin, ce sont, par ordre chronologique :
De regimine princlpum de saint Thomas d'Aquin, 1 509 ;
Les œuvres d'Origène, 15 12 (2 exemplaires) ;
Explanatio moralis in primum caput evangelii divi Lucœ de Claude
de Seyssel, 15 15;
Super qualibet dictione symboli apostolici de Pierre-Louis Valta,
évêque de Rieux, 15 15 ;
Le même ouvrage, 15 16 ;
Le même ouvrage avec le titre en français, 15 16;
I. 5
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JOSSE BADIUS ASCEXSIUS
Epistolœ et Pocmata de Paul de Noie, 1516;
U Argon autic on de Valerius Flaccus, 15 17 ;
De rébus gestis Francorum. de Paul Emile, vers 1517 ;
Quodlibeta d'Henri Goethals, 1518 (2 exemplaires) ;
De unica Magdalena, de Jean Fisscher, 15 19 ;
UArgonauticon de Valerius Flaccus, 1519;
Timœus, de Platon, 1520;
Summa quastionum ordinariarum d'Henri Goethals, 152c.
Determinatio theologicœ facultatis super Doctrina Lutheriana,
i5 21 ;
De bcllo hispanensi, de Jacques Bracelli, 1521;
Régula divî Benedicti^ vers 1521 (2 ex.) ;
Advcrsus Tiraquellum, d'Amaury Bouchard, 1522;
Thucydide, traduit par Claude de Seyssel, 1527 (2 ex.);
Encomiutn trium Mariarum de Jean Bertaud, 1529 ;
Commentarii linguœ grœca de Guillaume Budé, 1529;
Ad Erasmum responsio, d'Albert Pio, 1529 (2 ex.) ;
La vie de monseigneur Sainct Hierosme, de Louis Lasserre, s. d.
(1529) ;
Le même ouvrage, s. d. (1530) ;
In loeos Erasmi lucubrationum retactandos d'Albert Pio, 1531 ;
De studio litterarum de Guillaume Budé, 1532;
De philologia, du même, 1532.
V. — Ses caractères et l'illustration de ses éditions.
Sur la typographie de tous ces volumes, il n'y a pas lieu d'insister
beaucoup. L'impression est correcte et régulière, les livres ont un aspect
de bonne tenue qui les distingue assez facilement au premier coup d'oeil,
mais ils ne peuvent être comparés à certaines remarquables impressions
sortant d'officines parisiennes contemporaines.
Bien qu'il eût déclaré, en 1492, qu'il ne se serait jamais décidé à
publier son premier volume s'il n'avait trouvé, à Lyon, un imprimeur
possédant d'autres caractères que le gothique, Badius lit du gothique
un fréquent usage lorsqu'il devint imprimeur lui-même; il dut en cela
céder au goût du temps, cependant il le réserva presque exclusivement
à ses volumes de théologie. Nous donnons ici la reproduction de sa
fonte moyenne ; c'est la page de préface du Dircctorium seu potius casti-
gatorinm concubiuariorum de 1513. H employait une fonte plus forte,
de 24 points environ, pour les titres de ses volumes imprimés en romain ;
quelquefois une ou deux lignes seules sont en gothique d'autres fois
1. Voir les reproductions de titres données t. I, p. 48, t. H, p. 270, t. III,
pp. 212, 257.
LE « PR^ELUM ASCENSIANUM ».
67
c'est le titre tout entier; il mélangeait aussi le gothique et le romain
dans le texte de ses in-folio, utilisant cette même fonte aux titres cou-
rants ou aux sous-titres intérieurs. Cette habitude était, chez lui, assez
constante pour que je n'aie pas cru nécessaire, dans la bibliographie, de
le spécifier; les volumes qui y sont indiqués comme imprimés en carac-
tères romains ont souvent le titre, les titres courants et les titres inté-
rieurs, quelquefois les pièces liminaires, en caractères gothiques.
cerd woptimoetaivieDoao.S.©.
fîSlumbifce oi'ebua iftaciter agereimar*
kJcuterq$cuperem veltantîUumtpîo ou"
equu0refKeretur:roafpectatiirimap:e*
fentmfuauiflimoac falubcrrimo femp.
colloqmo friu: obftittt tambondtavo*
ti0iton tmp:obâda eu mea tûtyiaatis
- _^^^uemecutunceratacceleratio:quocirca
vtaliqua eje parte oe(îderiiî:q6inutuu nô oubitovtriqj
noftrum:leturem:conifttui te epiùoMo couenne: culpâqj
bancoepîecaruquâoepzecatiofiem vtdemeruer admît
ta« maio:cm in modû rogamuô. yncidi aût finte foitu *
na ût opufculutn % eruditum? monbua noflrt fecult falit*
tare:qô oirectouû aut flagellumpotiue côcubmarionis
îiifcribitur: qd q: ad ftomacbum tuû facere putain (noui
em vite tue mtegrit atem ) volui tuo noC nuucupatû: boc
epiftolio ad te nutteretoonec plenio:c elogio ta frète ma
10:10 0010 mibî a te ttttfïl te affari oabîtur:qd ppediê fu*
turum fperamuo .Œtale.Cjc Cbalcograpbîa noltra pat
rbûleMd jldua itomaa.dfedicîij .
Type gothique moyen.
Comme caractères romains, il utilisait surtout trois corps, de 15,
de 12 et de 8 points ; ces caractères ont ceci de particulier que le point
de l'i se rapproche plus d'un accent aigu que d'un point.
Bon nombre de ses biographes ont cru nécessaire de critiquer cette
particularité et de lui en faire un grave grief; pourtant c'est là un
détail de bien peu d'importance et dont on ne peut tirer aucune conclu-
sion. Le caractère est joli en lui-même, et l'accent de l'i n'est pas cho-
quant. Est-il utile de détruire aussi cette légende que ce fut lui qui
importa le caractère romain à Paris, et qu'il vint s'y établir dans le
seul but de rénover l'art de l'imprimerie qui y tombait en décadence?
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68
JOSSE BADIUS ASCEXSIUS
Les caractères ronds étaient utilisés à Paris depuis les débuts de l'im-
primerie à la Sorbonne, l'art typographique n'était nullement en déca-
dence en 1503, et si Badius était un bon imprimeur, je n'ai pas remarqué
cependant qu'il ait rien innové en typographie.
En dehors de ses différentes fontes de romain, il possédait une fonte
d'initiales classiques de 26 points, pour .ses titres et plusieurs séries — -
Ex chalcographia lodoci Badiï Afcenfîi,
MéfcOAobMD.XXIX.
Romain de 15 points.
(Souscription tflsocratis Hehnœ encomium.)
une dizaine environ — d'initiales ornées de différentes dimensions, mais
de types courants.
Jusqu'en 1520, il n'imprima aucun volume en grec, et ne posséda que
les quelques caractères suffisants pour composer les mots grecs cités cà
et là dans ses éditions. Erasme s'en désolait ; il eût voulu lui confier
l'impression de son Nouveau Testament, et lui écrivait en 151 7 : « Uti-
nam, mi Badi, fuisset tibi copia formula rum grsecanicarum ! Nunc.
Finis»
CHabes LeOor Lucubrariones Aulbniaim Se inftrtfâas
longe emendatius aeprius împreflas: m chalcographia
Atanfiana Ad ados luIias^Aono^M^DXVIl*
Romain de 12 points.
(Souscription iVAusonii opéra.)
capitis periculo, Basileam adiré cogor, neque enim edi potest Novum
Testamentum nisi coram adsim. » Budé, qui confiait tous ses volumes à
Badius, s'en désolait aussi, et lorsque, sur ses instances, celui-ci se
décida à faire venir d'Allemagne une fonte de grec lui permettant
d'entreprendre des impressions dans cette langue, il manifesta sa joie
en écrivant, le 24 février 1520, à l'un de ses correspondants : « Diligo
jam Badium de typis graecis ab eo e Germania curatis 1 ». Au mois
d'août de la même année le nouveau grec de Badius paraissait dans le
recueil des lettres grecques et latines de Budé. Nous donnons une repro-
1. Budœi lucubrationcs varia. Baie, 1557, p. 282 C.
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LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
69
duction de ce caractère qui est élégant, et qui est le même que celui
employé pour le Nouveau Testament d'Erasme par Nicolas Episcopius
de Bâle. Badius n'en fit pas un fréquent usage; les volumes les plus
importants dans lesquels il l'utilisa sont les recueils de lettres de Budé
{[Finis rurftim In fdibut Afcenûanif Tertio
Kaiend.Nou€mh»M.DXXII.
Romain de 8 points.
(Souscription de Griphi Ausoniani enodatio.)
de 1520, 1522 et 1531, les Grammaticœ inslitutiones de Théodore Gaza,
publiées par Jean Vatel, en 152 1, les Epigrammes de Lascaris en 1527,
les Commentant linguœ gracœ de Budé, en 1529, la réimpression du
Florilegium, en 1531. Il imprima aussi une série de petites plaquettes
d'Aristote, Platon, Isocrate et Démosthène. 11 eut un instant le projet,
THtfufkilcc Ufîvov w 7roA^ov f wavT!u) UrMWif yivoq
7\.é<&cU ffà feecç&rçwif. 3? otw Tivcs &>i/Aoirr<a Tccvrct tinf^
yjty&di H9^j M«KttI&ev , insofH<n$<riv acpoç^ujïç , o'Biv ÉAavlu>
4f« <?9? &fufÂf!(ù\i î§*<riv i7TcUvfiv,aî^cî vJ&oïq fcou hocAoïs koî
Kdlvolq AoVtf ^TdC|ovToU ScvtSç* Te'A©^
Grec de Badius.
(Dernier feuillet d'Zsocratis Helenœ Encomium, 1529.)
comme nous l'avons dit plus haut, de l'utiliser en réimprimant le Nou-
veau Testament d'Erasme, afin de se venger de la concurrence qu'on
faisait en Allemagne à ses éditions, mais il ne mit pas ce projet à exécu-
tion.
* *
Quant à l'illustration de ses volumes, il n'y a rien à en dire; Badius
n'était certainement pas un artiste, et je pense qu'il ne fut pour rien
dans l'illustration si remarquable des comédies de Térence exécutée pour
Trechsel, à Lyon, en 1493 *. On trouvera, dans la bibliographie, la repro-
duction de quelques titres ornés de bois, presque tous des représentations
de saints avec leurs attributs; c'est à peu près là tout ce qu'il a mis de
1 A. Firmin Didot, Essai... sur V histoire de la gravure sur bois, col. 225.
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7o
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
figures dans ses éditions *. Il faut y ajouter, pourtant, les six bois ornant
la vie de saint Bruno dans les œuvres de ce saint qu'il publia en 1524.
UEncomium trium Mariarum, le seul volume vraiment illustré qui sortit
de ses presses, est ce que nous appelons aujourd'hui un compte d'auteur ;
ce fut certainement Jean Bertaud qui fit faire les dessins et les bois
de la première et de la troisième partie* ; la deuxième partie, contenant
l'office des trois filles de sainte Anne, est ornée de bois fort usés, de
provenances différentes et de dimensions mal appropriées; quelques-uns
avaient fait partie du matériel des Grandes Heures de Simon Vostre.
Il en est de même de l'Histoire du Danemark de Saxo Grammaticus,
dont les jolies initiales aux armes de Danemark devaient être la pro-
priété de Christern Pedersen. En somme, les cadres et la marque du
Pralum Ascensianum lui semblaient des ornements suffisants pour
l'illustration de ses volumes.
Après la mort de Badius, l'imprimerie fut encore dirigée jusqu'en
septembre 1536 par Jean Loys, de Thielt ; trois volumes, une édition
de Quintilien, le premier volume des œuvres de saint Béda le Véné-
rable, et une édition d'Aulu-Gelle, portent son nom avec l'indication :
fro hœredibus ascensianis, ou les noms de Roigny, ou de Vascosan,
avec l'encadrement et la marque de Badius. Dans le premier de ces
volumes, Jean Loys inséra un avis dans lequel il prie le lecteur de voir
d'un œil favorable cette première production de son officine naissante.
Il s'installa peu après rue du Mont-Saint-Hilaire, à l'image Notre-Dame,
puis rue des Amandiers, et exerça jusqu'en 1545. Sa femme, Perrette
Aleaume, était sœur de Jérôme Aleaume, l'un des gendres de Badius.
Robert Estienne, Jean de Roigny et Michel de Vascosan avaient
tous trois, quand leur beau-père mourut, un établissement en plein fonc-
tionnement. Robert Estienne semble n'avoir rien recueilli de l'héritage
au point de vue commercial ; Jean de Roigny prit la marque du Prœlum
Ascensianum et Michel de Vascosan s'établit dans la maison de Badius
en conservant la formule : in œdibus Asccnsianis.
1. II, pp. 157, 244, 249, 270, 279, 275 ; III, pp. 5, 49, 7ç, 163, 212, 257.
2. II, pp. 189, 191 et 193.
LISTE CHRONOLOGIQUE
DES
VOLUMES IMPRIMÉS AU " PRiELUM ASCENSIANUM
de 1503 à 1535.
1503
15 mars. — Baptista Mantuanus. De calamitatibus temporum, pour
Jean Petit et Jean de C obtenez. (II, 108.)
20 mars. — Petrus Burrus. Moralium carminum libri novem, -partagé
avec les frères de Marne f. (II, 241.)
15 avril. — Baptista Mantuanus. Sylvarum sex opuscula, pour Jean
Petit et Jean de Coblencz. (II, 124.)
18 mai. — Baptista Mantuanus. Parthenice tertia, pour Jean Petii.
(H. "S-)
18 mai-22 septembre. — Horatius. Opéra, partagé avec Jean Petit et
Denis Roce. (II, 505.)
I er juin. — Baptista Mantuanus. Bucolica, pour Jean Petit. (II, 112.)
15-26 juin. — Baptista Mantuanus. Opuscula moralia, pour Jean Petit.
(II, 127.)
7 juillet. — Philippus Beroaldus. Carmen lugubre. (II, 174.)
12 juillet. — Plutarchus. De Placitis philosophorum. (III, 171.)
21 juillet. — Cornélius Gallus. Fragmenta, pour Jean Petit. (II, 348.)
3 septembre. — Octavius Cleophilus. De cœtu poetarum. (II, 344.)
24 septembre. — Franciscus Philelphus. Epistolarum libri, pour Jean
Petit. (III, 159.)
7 octobre. — Octavius Cleophilus. De cœtu poetarum, partagé avec
Jean Petit. (II, 344.)
15 octobre. — Theocritus. Bucolicum, seu potius Aepolicum carmen,
partagé avec Jean Petit. (III, 300.)
27 novembre. — - Joannes Sulpitius. Grammatica, cum textu ascensiano,
partagé avec Jean Petit. (III, 264.)
28 novembre. — ^Egidius Delphus. Epistolae beati Pauli,... beatissi-
morum Jacobi, Pétri, Joannis et Judae, pour les frères de Mar-
n*f. (II, 375-)
Les chiffres placés entre parenthèses indiquent les pages des t. II et III où
les volumes sont décrits.
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72
JOSSE BADIUS ASCENSIUC
1504
10 mars. — Francisais Philelphus. Orationes, pour Jean Petit.
(III, 160.)
15 mars. — Nicolaus Perottus. Grammatica, cum textu ascensiano, par-
tagé avec Jean Petit, (III, 138.)
15 juillet. — Terentius. Comœdiae, fartage avec Wynand de Worde,
Michel Morin et Jean Braeh, de Londres, (III, 284.)
25 août. — Alexander de Villadei. Doctrinalis, partagé avec Jean Petit.
(11,9)
30-31 octobre. — Sallustius. Opéra, partagé avec Jean Petit. (III, 227.)
29 novembre. — Sextus Aurelius. De vita et moribus imperatorum roma-
norum. (III, 255.)
23 décembre. — Onosander. De optimo imperatore. (III, 94.)
21 janvier. — Lactantius. Juvencus. Philippus Beroaldus. Carmina pia
et religiosa. (II, 545; III, 1, 2.)
25 janvier-15 mars. — Antonius Mancinellus. Opéra, pour Jean Petit.
(m, 65.)
25 février. — Celius Sedulius. Mirabilium divinomm libri quinque,
partagé avec Jean Petit. (III, 251.)
13 avril. — Laurentius Valla. In latinam Novi testamenti interpreta-
tionem adnotationes, partagé avec Jean Petit. (III, 344-)
24 avril. — Persius. Satyrae, pour Jean Petit. (III, 148.)
7 mai. — Baptista Mantuanus. De patientia aurei libri très, pour Jean
Petit. (II, 96.)
15 mai-i or décembre. — Philippus Beroaldus. Varia opuscula, partagé
avec Jean Petit. (II, 167.)
15 juillet. — Nicolaus Perottus. Grammatica, cum textu ascensiano.
(m, 139.)
26 juillet. — Michael Riccius. Oratio elegantissima... dudum Roraœ
habita ad Julium Secundum, pontificem maximum. (III, 210.)
7 août. — Octavius Cleophilus. De cœtu poetarum. (II, 345.)
13 septembre. — Horatius. De arte poetica, partagé avec Jean Petit.
(11,498.)
26 septembre. — Jodocus Badius Ascensius. Navis stultiferae collée-
tanea, partagé avec les frères de Marncf. (II, 81.)
15 octobre. ■ — Plutarchus. Praeclarissima... tria opuscula. (III, 171.)
I er novembre. — Petrus Burrus. Paeanes quinque festorum divae vir-
ginis Mariae. (II, 243.)
13 novembre. — Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones et pra&-
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LE « PR^ELUM ASCENSIANUM ».
73
fationes, et quaedam mithicae historiae, partagé avec Jean Petit.
(II, 161.)
7 décembre. — Laurentius Valla. De linguse latinae elegantia, fartage
avec Jean Petit. (III, 327.)
— Horatius. Epistolae. (II, 501.)
— Plutarchus, opuscula, Basilius Magnus de vita solitaria, four Oli-
vier Senant. (III, 172) douteux.
— Virgilius. Opéra. (III, 363) douteux.
13 janvier. — Horatius. Opéra. (III, 469.)
21 janvier. — Juvencus. Immensa evangelicae legis majestas, partagé
avec Jean Petit. (II, 545.)
7 mars. — Juvenalis. Satyrae, -partagé avec Jean Meganc, Jean Water-
loose et fosse Horenweghe, de G and. (II, 538.)
18 mars. — Plutarchus. De placitis philosophorum, partagé avec Jean
Petit. (III, 172.)
i er -5 avril. — Joannes Sulpitius. Grammatica, cum textu ascensiano.
(III, 265.)
8 avril. — Carolus Fernandus. Epistolae. (II, 437.)
5 juin. — Marsilius Ficinus. De triplici vita, cum textu Salerni, pour
Jean Petit. (II, 442.)
13-22 juin. — Joannes Janua. Catholicon, partagé avec Jean Petit.
(il 525-)
15 août. — Alexander de Villadei. Doctrinalis. (II, 10.)
15 juillet. — Augustinus Datus. Libellus de elegantia, partagé avec
Jean Petit. (II, 365.)
13 septembre. — Euripides. Hecuba et Iphigenia, Erasmo interprète.
(11,428.)
11 novembre. — Petrus Burrus. Cantica de festis domini, partagé avec
Claude Chevallon. (II, 248.)
13 novembre. — Lucianus. Opuscula ab Erasmo et Thoma Moro tra-
ducta. (III, 26.)
24 novembre. — Gulielmus Castellus. Elegiae, partagé avec les frères
de Marnef. (II, 262.)
7 décembre-15 janvier 1507. — Jacobus Perez de Valentia. Psalmi
davidici, partagé avec Jean Petit. (III, 122.)
24 décembre. — Lucanus. Pharsalia, partagé avec Jean Petit. (III, 23.)
24 décembre-10 janvier 1507. — Desiderius Erasmus. Veterum maxime
insignium parcemiarum, i. adagiorum collectanea, partagé avec
Jean Petit. (II, 415.)
— Juvenalis. Satyrae. (II, 538) douteux.
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74
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
I507
7 janvier-18 mars. — yEgidius Delphus. Epistola divi Pauli ad Roma-
nos. (II, 376.)
15 janvier. — Persius. Satyrae. (III, 149.)
I er mars. — Petrus Burrus. Hymni et cantica. (II, 250.)
15 mars. - Martinus de Lauduno. Epistola exhortatoria ad quendam
novitium. (III, 79.)
5 avril. — Alexander de Villadei. Doctrinalis. (II, 11.)
10 mai. — Jodocus Badins Ascensius. Navis stultiferae collectanea, par-
tagé avec les frères de Marnef. (II, 83.)
I er juin-8 novembre. — Virgilius. Opéra, four Jean Petit. (III, 364.)
i cr juillet. — Baptista Mantuanus. Secunda pars operum; Dionysius,
fartage avec les frères de Marnef. (II, 135.) Premier volume
portant la marque n° 1.
15 août. — Michael Ritius, seu Ricci us. De regibus christianis. (III,
2 septembre. — Baptista Mantuanus. Adolescentia seu Bucolica, far-
tage avec les fri'res de Marnef. (II, 136.)
5 septembre. — Baptista Mantuanus. Prima pars operum, fartage avec
les frères de Marnef. (II, 135.)
24 septembre. — Persius. Satyrae, four Jean Petit. (III, 150.)
i er décembre. — Baptista Mantuanus. Novem opéra moralia, fartage
avec Jean Petit et Jacques Le Forestier, de Rouen. (II, 137.)
15-24 décembre. — Jacobus Perez de Valentia. Cantica Canticorum
Salomonis. (III, 123.)
24 décembre. — Michael Anglicus. Varia opuscula. (II, 34.)
— Cicero. Epistolas familiares. (II, 330.)
18 janvier-15 février. — Joannes Sulpitius. Grammatica, cum textu
ascensiano, fartage avec Jean Petit et les frères de Marnef.
(III, 266.)
27 janvier. — Basilius Magnus. De libris lectitandis. (II, 145.)
i cr mars. - Philippus Beroaldus. Carmen lugubre, epigrammata.
15 mars. — Lactantius. Pi a naenia. (III. 2.)
10 mai. — Jodocus Badius Ascensius. De latinarum dictionum recto
scriptura. (II, 81.)
15 mai. — Faustus Andrelinus. Epistolae proverbiales et morales.
211.)
(II, 175-)
LE « PRjELUM ASCENSIANUM ».
75
i* r - 13 juin. — Petrus Crinitus. De honesta disciplina, partagé avec Jean
Petit (II, 350.)
13 juin-15 juillet. — Cicero. Rhetoricorum ad C. Herennium libri, par-
tagé avec Jean Petit. (II, 299.)
15 juillet. — Galfridus Monemutensis. Britanniae utriusque regum et
principum origo et gesta insignia. (II, 460.)
15 août. — Baptista Fiera. Cœna saluberrima. (II, 443.)
i er septembre. — Guido Juvenalis. In lingua latina eruditio. (II, 543.)
18 septembre. — Nicolaus Francus. Sex opuscula grammatica, rheto-
rica, logica... (III, 397.)
27 octobre-13 novembre. — Durandus de Sancto Portiano. In quattuor
sententiarum libros quaestionum plurimarum resolutiones, pour
Jean Petit. (II, 410.)
17 novembre. — Gulielmus Budaeus. Annotationes in quattuor et viginti
Pandectarum libros. (II, 229.)
15 décembre. — Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, praefa-
tiones et quœdam mithicse historiée, partagé avec les frères de
Marnef. (II, 162.)
18 décembre. — Joannes Sulpitius. Grammatica, cum textu ascensiano.
(III, 268.)
— Sallustius. Opéra. (III, 231) douteux.
IS09
7 janvier. — Baptista Mantuanus. Opéra nova, partagé avec les frères
de Marnef. (II, 136.)
15 janvier. — Augustinus Datus. De elegantia, partagé avec Jean Petit.
(II, 366.)
11 mars. — Gulielmus Dives. De passione dominica carmen. (II, 406.)
31 mai-15 juillet. — Jacobus Perez de Valentia. Psalmi davidici, par-
tagé avec Jean Petit. (III, 126.)
10 juin. — Gulielmus de Mara. De sacrosancta eucharistia. (III. 73.)
23 juin. — Ambrosius Calepinus. Dictionarium. (II, 254.)
7 juillet. — Faustus Andrelinus. De regia in Genuenses Victoria.
(II, 29-)
15 juillet. — Ovidius. Metamorphosis a Thoma Walleys explanata,
partagé avec les frères de Marnef. (III, 116.)
I er septembre. — Laurentius Valla. Dialectica, partagé avec les frères
de Marnef. (III, 345.)
12 septembre. — Cicero. De fato, pour Jean de C obtenez. (II, 296.)
I er octobre. — Laurentius Valla. De linguge latinae elegantia, partagé
avec les frères de Marnef. (III, 329.)
15 octobre. — Baptista Mantuanus. Gaeorgius. (II, 130.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
25 octobre. — Baptista Mantuanus. Caeciliae viraginis romana agon.
27 octobre. — Alphonsus Ricius. Dialogus in Valdensium de purgatorio
errorem. (III, 216.)
15 décembre. — Divus Thomas Aquinatis. De regimine principum, four
Jean Petit. (III, 301.)
23 décembre. — Antonius Coccius Sabellicus. Rapsodiae historiarum
Enneadum, fartage avec Jean Petit. (III, 222.)
15 janvier. — Jodocus Badius Ascensius. Introductio in grammaticen,
fartage avec Jean Petit. (II, 85.)
Février. — Hieronymus Savonarola. De simplicitate vitae christianse,
fartage avec Jean Petit et Henri Jacobi. (III, 245.)
16 février. — Hieronymus Savonarola. Introductorium confessorum,
fartage avec Jean Petit et Henri Jacobi. (III, 246.)
20 avril. — Venerabilis Beda. Repertorium sive tabula generalis autho-
ritatum Aristotelis et philosophorum. (II, 147.)
29 avril. — Joannes Major. In primum sententiarum, im frimé far
Henri Estienne, fartage entre Henri Estienne, Badius, Jean
Petit et Constantin Lelièvre. (III, 58.)
29 avril-5 juin. — Valerius Maximus, cum duplici commentario, fartage
avec Jean Petit et Jean Coberger. (III, 316.)
13 mai. — Alcimus Avitus. Poematum libri sex. (II, 66.)
i w juin-7 juillet. — Hegesippus. Historia de bello judaico a divo Am-
brosio Mediolanensi antistite latina facta. (II, 486.)
5 juin. — Homerus. Ilias quatenus ab Nicolao Valla tralata est. (II,
495; III, 397.)
5 juin. — Baptista Mantuanus. De fortuna Francisci Gonzagae mar-
chionis Mantuae. (II, 137.)
18 juin. — Joannes Régis. Parthenandria prima. (III, 208.)
15 août. — Joannes Mauburnus. Rosetum exercitiorum spiritualium et
sacrarum meditationum, four Jean Petit et Jean Scabeler dit
Wettenschire. (III, 80.)
i w septembre. — Laurentius Valla. De linguae latinae elegantia, fartage
avec Jean Petit et les frères de Marne/. (III, 330.)
10 septembre 1510-9 janvier 151 1. — Divus Hilarius. Opéra. (II, 490.)
18 septembre. — Hieronymus Savonarola. Eruditorium confessorum,
fartage avec Jean Petit et Henri Jacobi. (III, 246.)
22 septembre-7 octobre. — Robertus Holkot, seu Thomas Galesius. In
proverbia Salomonis explanationes, fartage avec Jean Petit et
Jean Frellon. (II, 494.)
(ii, 132.)
1510
LE a PRiELUM ASCENSIANUM ».
77
28 septembre. — Theocritus. Bucolicum seu potius aepolicum carmen,
fartage avec Jean Petit. (III, 300.)
20 novembre. — Hieronymus Savonarola. Expositio orationis dominicae,
partagé avec Berthold Rembolt. (III, 247.)
24 décembre. — Joannes Major. In secundum sententiarum, fartage
avec Jean Petit. (III, 59.)
— Biblia aurea, fartage avec Jean Petit. (II, 194.)
— Ambrosius Calepinus. Dictionarium. (II, 255.)
— Meditationes sanctorum cum aliis piis opusculis. (III, 82.)
15"
5 janvier. — Gulielmus de Mara. In Chimaeram conflictus. (III, 73.)
8-15 janvier. — Petrus Crinitus. De honesta disciplina, fartage avec
Jean Petit. (II, 351.)
15 janvier. — Eligius Houcarius. Livini seu Levini archiepiscopi et
martyris vita elego carminé conscripta, four Victor Van Crom-
brugghe et Gérard Zweemere, de Gand. (II, 517.)
I er février. — Alexander de Villadei. Doctrinalis, fartagé avec Jean
Petit. (II, 17.)
7 mars. — Dogma moralium philosophorum, fartagé avec Jean Petit.
(II, 408.)
15 mars. — Titus Livius. Quae extant décades, cum epitome L. Flori
in omnes libros, fartagé avec Jean Petit. (III, 10.)
15 mars. — Hieronymus de Vallibus. Jesuis, passionem Salvatoris
heroicis carminibus complexa. (III, 348.)
22 mars. — Pomporuus Lsetus et L. Fenestella. Opuscula, four Claude
Chevallon. (III, 192.)
1 er avril. — Léo X, papa. Epistolse catholicae, fartagé avec Jean Petit.
(III, 7.)
5 avril. — Eligius Houcarius. In laudem Salvatoris a morte résur-
gents carmen, four Victor Van Crombrugghe, de Gand
(II, 519.)
5 avril. — Ovidius. Metamorphosis a Thoma Walleys explanata, far-
tagé avec Jean Petit et les frères de Marne/. (III, 118.)
17 avril. — Antonius Mancinellus. Sermonum decas, fartagé avec Jean
Petit. (III, 70.)
27 mai. — Hieronymus Savonarola. De simplicitate Christian» vitae,
fartagé avec Jean Petit et Henri Jacobi. (III 246.)
8 juin. — Raymundus Aquitanus. Vita divsB Katherinae Costi régis
ftlia. (III, 207.)
28 juin. — Cicero. Epistolae familiares, fartagé avec Jean Petit.
(ti, 331)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
I er juillet-15 août. — Raphaël Volaterranus. Commentaria urbana, item
Œconomicus Xenophontis ab eodem latino donatus, fartage avec
Jean Petit. (III, 384.)
15 août. — Annotationes doctorum virorum in grammaticos, oratores,
poetas, philosophos, theologos et ïeges, fartage avec Jean Petit.
(ii, 38.)
5 septembre. — Philippus Beroaldus. Orationes, praefationes, praelec-
tiones et quaedam mythic» historiae, fartage avec Jean Petit.
(ii, 163.)
5 septembre- 11 octobre. — Horatius. Opéra, fartage avec Jean Petit
et Denis Roce. (II, 508.)
24 octobre. — Gaufridus Boussardus. De divino missae sacrificio, four
Jean Petit. (II, 220.)
13 novembre. -— Aulus Gellius. Noctes atticae, fartage avec Jean Petit.
(11,463)
20 novembre. — Nicolaus Chappusius. De mente et memoria. (II, 276.)
22 novembre. — Cicero. Orationes, fartage avec Jean Petit. (II, 306.)
Premier volume portant l'encadrement des in-folio n° 1.
22 novembre. — Cicero. Opéra rhetorica, oratoria et forensia, fartage
avec Jean Petit. (II, 297.)
26 novembre. — Cicero. Opéra epistolica, fartage avec Jean Petit.
(11,3*5-)
27 novembre. — Philippus Beroaldus. De terraemotu et pestilentia.
(h, 183.)
i er -27 décembre. — Cicero. Opéra philosophica, fartage avec Jean Petit.
(h. 277.)
5 décembre. — Carolus Bovillus. Commentarius in primordiale evan-
gelium divi Joannis, vita Remundi eremitae, philosophie» aliquot
epistolae. (II, 220.)
30 décembre 1511-1" janvier 15 12. — Hegesippus. Historia de bello
judaico a divo Ambrosio mediolanensi antistite latina facta.
(II, 488.)
— Ausonius. Opéra. (II, 63.)
1512
7 janvier. — Valerius Flaccus. Argonauticon, im frime au Prœlum
Cccsareum four Badius et Jean Petit. (III, 314.)
15 janvier. — Livinus Crucius. Collectanea in Syntaxim Badianam,
fartage avec Jean Petit. (II, 354.)
18 janvier. — Joannes Annius. Antiquit.ates variae, fartage avec Jean
Petit. (II, 35.)
18-30 janvier. — Polybius. De primo bello punico, Leonardo Aretino
interprète, fartage avec Jean Petit. (III, 192.)
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LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
79
11 mars. — Laurentius Val la. De voluptate ac vero bono declamationes
ac disputationes. (III, 346.)
i cr avril. — Thomas de Vio. Auctoritas papae et concilii, sive ecclesiae,
comparata. (III, 353.)
Mai-4 juin. — Angélus Politianus. Opéra, fartage avec Jean Petit.
(III, 187.)
7 mai-31 octobre. — Ori gènes Adamantius. Opéra, fartage avec Jean
Petit (III, 94.)
13 juin. — Eusebius Caesariensis episcopus. Chronicon, imprime far
Henri Estienne et partagé avec lui. (II, 429.)
22-24 juin. — Virgifius. Opéra, pour Jean Petit. (III, 366.)
12 juillet. — Solinus. De memorabilibus mundi. (III, 261.)
15 juillet. — Desiderius Erasmus. De duplici copia rerura et verborum,
de ratione studii et instituendi pueros, de puero Jesu concio scho-
lastica et quaedam poemata. (II, 420.)
23 juillet. — Juvenalis. Satyrae. (III, 470.)
23 juillet. — Faustus Andrelinus. Hecatodistichon, partagé avec Jean
Petit. (II, 30.)
23 juillet. — Autre édition sous la même date, partagée avec Jean
Petit. (II, 30.)
I er août. — Desiderius Erasmus. Moriae encomium. (II, 424.)
18 octobre- 13 novembre. — Divus Gregorius Turonensis episcopus, His-
torise gallicae. Ado, Viennensis episcopus, Sex aetatum mundi
brèves, partagé avec Jean Petit et Jean de C obtenez. (II, 477-)
23 octobre. — Joannes Despauterius. Grammaticae prima pars. (II, 378.)
29 octobre. — Baptista Mantuanus. De fortuna Francisci Gonzagae,
four Jean Petit et Antoine Bonnembre. (II, 133.)
13 novembre. — Carolus Fernandus. De animi tranquillitate, fartagé
avec Jean Petit. (II, 439.)
15 décembre. — Carolus Bovillus. Physicorum elementorum libri decem,
partagé avec Jean Petit. (II, 221.)
24 décembre. — Carolus Fernandus. Epistola paraenetica observationis
régulas benedictinae, partagé avec Jean Petit. (II, 440.)
— Dominicus Nanus Mirabellius. Polyanthea, partagé avec Jean Petit.
(111,85.)
— Seneca. Tragœdiae, partagé avec Pierre Cccsaris, de Gand. (III, 251.)
1513
7 janvier--i cr mars. — ■ Antonius Coccius Sabellicus. Rapsodiae histo-
riarum Enneadum, partagé avec Jean Petit. (III, 224.)
15 janvier. — Germanus Brixius. Chordigerae navis conflagratio. (II,
225.)
15 janvier. — Autre édition sous la même date. (II, 225.)
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8o
JOSSE BAD1US ASCEXS1US
27 janvier. — Humbertus Mo is Moretanus. Bellorum britannicorum
prima pars. (II, 523.)
I er mars. — Biblia aurea, fartage avec Jean Petit. (II, 194.)
5 mars. — Valerius Maximus cum duplici commentario, -partagé avec
Jean Petit. (III, 319.)
15 mars. — Remaclus Arduenna. Amorum libri. (II, 45.)
15 mars. — Marcus de Grand Val. Codex Vesperiarum de optima poli-
tia tam ecclesiastica quam civili, partagé avec Jean Petit. (II,
474.)
1 er avril. — Faustus Andrelinus. Hecatodistichon. (II, 30.)
i cr avril. — Nicolaus Chappusius. De mente et memoria. (III, 467.)
13 avril. — Aldus Manutius. Grammaticae institutiones. (III, 71.)
20 avril. — Carolus Bovillus. Qusestionum theologicamm libri septem.
28 avril. — Paulus Cortesius. In quatuor libros sententiarum disputa-
tiones. (II, 348.)
21 mai. — Divus Gregorius, Nyssse episcopus, Libri octo. Divus Gre-
gorius Nazianzenus, Oratio. Divus Basilius. De differentia usiae
et hypostasis. (II, 477.)
5 juin- I er octobre. — Baptista Mantuanus. Opéra, partagé avec
Jean Petit , les frères de Marnef et Denis Roce. (II, 139.)
13 juin. — Philippus Beroaldus. Orationes. Carmen lugubre, epigram-
mata. (II, 164, 176.)
13 juin-20 septembre. — Philippus Beroaldus. Varia opuscula. (II,
17 juin. — Directorium aut potius castigatorium concubinariorum.
24 juin. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 382.)
24 juin. — Gulielmus de Mara. In Chimaeram conflictus. (III, 74.)
I er juillet. — Jodocus Badius Ascensius. Navis stultiferse collectanea,
partagé avec les frères de Marnef. (II, 84.)
I er juillet. — Gulielmus de Mara. Sylvarum libri quattuor. (III, 76.)
13 juillet. — Thucydides. De bello Peloponnensium Atheniensiumque,
Laurentio Vallensi interprète. (III, 303.)
23 août. — Andréas Tiraquellus. Ex commentariis in Pictonum consue-
tudines sectio de legibus connubialibus. (III, 306.)
i er octobre. — Ausonius. Opéra. (II, 63.)
7 octobre. — Francisais Barbarus. De re uxoria. (II, 144.)
23 octobre. — Sallustius. Opéra. (III, 235.)
7 décembre. — Titus Livius. Quae extant décades, cum L. Flori in
omnes libros epitome, partagé avec Jean Petit. (III, n.)
24-31 décembre. — Petrus Crinitus. De honesta disciplina. (II, 352.)
— Joannes Despauterius. Syntaxis. (II, 395.)
(II, 222.)
169.)
(II, 405.)
LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
81
1514
26 février. — Plutarchus. Opuscula. (III, 173.)
10 mars. — Bartholomaeus Rimbertinus, De deliciis sensibilibus para-
disi. Henricus de Firmara, De quattuor instinctibus, imprimé
pour lui et Jean Petit. (III, 216.)
15 mars. — Hieronymus de Vallibus. Jesuis, passionem Salvatoris
heroicis carminibus complexa. (III, 349-)
15 mars. — Gulielmus Budaeus. De asse et partibus ejus. (II, 232.)
15 mars. — Saxo Grammaticus. Danorum regum heroumque historiae.
(III, 249 )
13 avril. — Desiderius Erasmus. De duplici copia reram et verborum,
de ratione studii et instituendi pueros, de puero Jesu concio scho-
lastica et quaedam poemata. (II, 421.)
25 mai-i* r juin. — Lucanus. Pharsalia, partagé avec Jean Petit.
(III, 24.)
30 mai-i or juin. — Lucianus. Dialogi, Erasmo et Thoma Moro inter-
pretibus. (III, 27.)
2 juin. — Franciscus Barbarus. De re uxoria. (II, 144.)
6 août. — Marcus Dandalus. Praeconium sanctissimas crucis. (II, 357.)
9-23 août. — Paulus Diaconus. De origine et gestis regum Longobar-
dorum, partagé avec Jean Petit. (III, 120.)
12 août. — Lucretius. In Carum Lucretium commentarii a Joanne
Baptista Pio editi, partagé avec Jean Petit. (III, 28.)
15 août. — Annonius. De regum procerumque Francorum origine, ges-
tisque clarissimis, partagé avec Jean Petit. (II, 37.)
17 août. — Claudius de Ceissello. Moralis explicatio evangelii Lucas
Missus est angélus et cantici divas Virginis. (III, 256.)
9 septembre. — Symphorianus Champerius. Rosa gallica. (II, 271.)
13 septembre. — Carolus Bovillus. Commentarius in primordiale evan-
gelium divi Joannis, vit a Remundi eremitae, phi losophicae et
historicae epistolae. (II, 221.)
13 septembre. — Liutprandus. Rerum gestarum per Europam libri sex,
partage avec Jean Petit. (III, 9.)
22 septembre. — Cornélius de Snekis. Sermones. (III, 259.)
23 octobre. — Joannes Despauterius. Grammaticae prima pars. (II,
379-)
13 novembre-i er décembre. — Plutarchus. Vitae. cum ^îmilii Probi vitis,
partagé avec Jean Petit. (III, 175.)
7 décembre. — Seneca, Tragœdiae. (III, 252.)
— Nicolaus de Cusa. Opéra. (II, 356.)
— Desiderius Erasmus. Moriae encomium. (II, 424) douteux.
— Musaeus. De insano Leandri ac Herus amore, Gulielmo de Mara
pharaphraste. (III, 85.)
I. 6
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82
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
— Christiernus Pétri. Vor Froe Tider. (III, 158) douteux.
— Christiernus Pétri. I denne bog leriss at hœre Messe. (III, 158)
I er février. — Macrobius a Joanne Rivio restitutus, partagé avec Jean
Petit. (III, 53.)
13 février. Eligius Hoiicarius. Scholasticorum institutionum libellus.
(II,5i9)
21 février. — Carolus Fernandus. Spéculum disciplina monasticae,
fartage avec Jean Petit. (II, 44°-)
7 mars. — Petrus Legista. Parabolae sententiosae ac argumentes».
15 mars. — Petrus Rossetus. Laurentius; de sancti Stephani martyrio.
(III, 218) douteux.
15 mars. — Petrus Ludovicus Valta. Super qualibet dictione symboli
apostolici. (III, 349.)
24 mai. — Priscianus. Institutiones grammaticae. (III, 194-)
13 juin. — Carolus Bovillus. Theologicarum conclusionum libri decem.
18 juin. — Divus Augustinus. Liber epistolarum, partagé avec Jean
Petit. (II, 60.)
26 juin. — Raphaël Volaterranus. De grammatica, pour Pierre Gau-
doul. (III, 886.) Contrefaçon d'une édition de Badius du 27 jan-
vier 1515 (?)
I er juillet. — Faustus Andrelinus. Hecatodistichon. (II, 30.)
i cr juillet. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 383.)
7 juillet. — Claudius Seysellus. Explanatio moralis in primum caput
evangelii divi Lucae. (III, 258.)
15 juillet. — Xicolaus Chappusius. De mente et memoria. (II, 276.)
15 juillet. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 383.)
24 juillet. — Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, praefationes
et quaedam mythicae historiae, partagé avec Jean Petit. (II, 164.)
6 août. — Jodocus Badius Ascensius. Navis stultiferae collectanea,
pour les frères de Marnef. (II, 84.)
7 août. — Philippus Beroaldus. De Terrsemotu. (II, 184.)
20 septembre. — Raphaël Volaterranus. Commentaria urbana, item
Œconomicus Xenophontis ab eodem latino donatus, partage avec
Jean Petit. (III, 385.)
22 septembre. — Joannes Annius. Antiquitates variae, partage avec
Jean Petit. (II, 36.)
I er octobre. — Antonius Mancinellus. Cura parentum in liberos, libero-
rumque in parentes obedientia. honor, pietas. (III. 71.)
douteux.
1515
(III, 6.)
(II, 223.)
LE « PR^ELUM ASCENSIANUM ».
83
23 octobre. — Andréas Tiraquellus. Ex commentariis in Pictonum con-
suetudines sectio de legibus connubialibus. (III, 307.)
I er novembre. — Virgilius. Opéra. (III, 369) douteux.
9 novembre. — Jacobus Colineus. De memoria artificiosa. (II, 347.)
17 novembre. — Faustus Andrelinus. Bucolica. (II, 31.)
18 novembre. — Raymundus Lullus. In rhetoricen isagoge. (III, 45.)
29 novembre. — Faustus Andrelinus. In Annam Francorum reginam
panegyricon. (II, 31.)
24 décembre. — Faustus Andrelinus. De sciolorum arrogantia prover-
bialis epistola. (II, 32.)
— Dionysius Cato. Praecepta cum scholiis Erasmi. (II, 264.)
— Petrus Rossetus. Laurentias. (III, 217.)
15 janvier. — Quintilianus. Oratoriae institutiones, fartage avee Jean
Petit. (III, 197.)
23 janvier. — Joannes-Baptista Egnatius. Panegyricus in Francisci
primi de Helvetiis victoriam. (IL 413.)
13 février. — Albertus de Saxonia. Quaestiones et decisiones physicales
insignium virorum, fartage avec Conrad Rcsch. (II, 3.)
13 février. — Ambrosius Calepinus. Dictionarium, fartage avec Jean
Petit (II, 256.)
20 février. — Raymundus Lullus. Duodecim principia philosophia^.
22 février. — Raymundus Lullus. Metaphysica nova et philosophise in
Averroistas expostulatio. (III, 46.)
24 février. — Pontius Paulinus, episcopus Nolanus. Epistolse et poe-
mata, fartage avec Jean Petit. (III, 119.)
12 mars. — Symphorianus Champerius. Epistolae sanctissimorum, far-
tage avec Jean Petit. (II, 273.)
15 mars. — Joannes Despauterius. Ars versificatoria. (II, 388.)
15 mars. — Petrus Rossetus. Stephanus. (III, 218.)
I er avril. -- Hadrianus VI, papa. Quaestiones in quartum sententiarum,
praesertim circa sacramenta. (II, 482.)
3 avril. - Raymundus Lullus. Dialectica, seu logica nova. (III, 47.)
17 avril. — Carolus Fernandus. Confabulationes monasticae. (II, 441.)
18 avril. Symphorianus Champerius. Symphonia Platonis cum Aris-
totele, et Galeni cum Hippocrate. (II, 274.)
30 avril. — Symphorianus Champerius. Cribratio, lima et annotamenta
in Galeni, Avicennae et Consiliatoris opéra. (IL 275.)
i er -28 juin. — Horatius. Opéra. (II, 509.)
151 6
(III, 46.)
84
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
5 juin. — Titus Livius. Quae extant Décades cum L. Flori in omneis
lîbros epitome, fartage avec Louis Hornken et Geoffroy Hittorf.
(III, 12.)
13 juin. — Faustus Andrelinus. Epistolae proverbiales et morales.
(m, 395)
21 juin. — Desiderius Erasmus. Veterum maxime insignium parœmia-
rum, i. adagiorum collectanea. (II, 419.)
7 juillet. — Grammatici illustres duodecim. (II, 474.)
15 août. — Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, praefationes
et quaedam mythicae historiae. Varia opuscula. (II, 164, 171.)
23 août- 13 septembre. — Priscianus. Institutiones grammaticae. (III,
194)
I er septembre. — Philippus Beroaldus. Carmen lugubre; epigrammata.
(ii, 177.)
7 octobre. — Robertus Caubraith. Quadrupertitum in oppositiones,
conversiones, hypotheticas et modales, fartage avec Hêmon
Le Febvrc. (II, 266.)
14 octobre. — Gulielmus Budaeus. De asse et partibus ejus. (II, 232.)
25 octobre. — Petrus-Ludovicus Valta. Super qualibet dictione symboli
apostolici. (III 350.)
25 octobre. — Pierreloys, évêque de Rieux (Valta). Oraison sur chascun
mot du Credo in Deum. (III, 350.)
3 novembre. — Ausonius. Griphi enodatio per Franciscum Sylvium.
(H, 65-)
5 novembre 15 16-13 février 15 17. — Marcus Antonius Coccius Sabel-
licus. Rapsodiae historiarum Enneadum, fartage avec Jean
Petit. (III, 225.)
5 novembre. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 383.)
29 novembre. — Desiderius Erasmus. Parabolarum sive Similium liber.
(h, 425-)
i er décembre. — Joannes Major. In quartum sententiarum quaestiones
utilissimae enucleatae. (III, 60.)
15 décembre. — Raymundus Lullus. Proverbia, philosophia amoris,
fartage avec Jean Petit. (III, 48.)
19 décembre. — Divus Augustinus. Sermonum opéra, im frimé far Ber-
thold Remboldt, fartage avec Jean Goberger. (II, 62.)
— Carolus Fernandus. Epistola observationis regulae monasticas. (II,
440.)
— Joannes Pinus. Divi Rochi Narbonensis vita. Item Allobrogicse nar-
rationis libri duo. (III, 165.)
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LE « PR^ELUM ASCENSIANUM ».
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*5 l 7
I er mars. — Desiderius Erasmus. Institutio principis christianî. (II,
427.)
7 mars. — Hadrianus VI, papa. Quaestiones in quartum sententianim,
praesertim circa sacramenta. (II, 483.)
15 mars. — Joannes Despauterius. Grammatiœ prima pars. (II, 379.)
23 mars. — Hieronymus Savonarola. Eructitorium confessorum, fartage
avec Jean Petit. (III, 246.)
24 mars. — Divus Augustinus. Liber epistolamm. (II, 61.)
i er avril. — Joannes Despauterius. Ars versificatoria. (II, 389.)
5 avril. — Aristoteles. Mechanica, Victoris Fausti industria latinitate
donata. (II, 47.)
Vers Pâques. — Cyprianus Cornélius Grapheus. Compluscula poematia.
(11,476.)
Vers Pâques. — Hieronymus Savonarola. Expositio orationis dominicae.
(III, 248.)
i er mai. — Aldus Manutius. Institutiones grammaticae. (III, 72.)
Juin. — Marcus Vigerius. Decachordum christianum ; controversia de
instrumentis passionis dominicae. (III, 352.)
13 juin. — Ludovicus Caelius Rhodiginus. Antiquarum lectionum com-
mentarii, fartage avec Jean Petit. (III, 209.)
15 juillet. — Ausonius. Opéra. (II, 64.)
7 août. — Valerius Flaccus. Argonauticon. (III, 315.)
18-27 a °ût. — Archithrenius. (II, 44.)
Août-5 septembre. — Aulus Gellius. Noctes atticae, fartage avec Jean
Petit. (II, 463.)
13 septembre. — Galfridus Monemutensis. Britanniae utriusque regum et
principum origo et gesta. (II, 462.)
12 octobre. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. Orthographias
praecepta. (II, 384.)
13 novembre. — Angélus Politianus. Illustrium virorum epistolae.
(III, 183.)
28 novembre. — Aristoteles. Ethici seu morales libri, interprète Argy-
ropylo, fartage avec Bernard Aubry. (II, 46.)
15 décembre. — Baptista Mantuanus. De morte contemnenda. (II, 134.)
— Faustus Andrelinus. De sciolorum arrogantia proverbialis epistola.
(11,32.)
1518
23 février. — Joannes Pyrrhus Anglaebermeus. Militia Francorum
regum pro re christiana. (II, 34.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
28 février. — Faustus Andrelinus. De Iuctu Annae finiendo; de Anna
non amplius deflenda. (II, 32.)
I er mars 4 avril. — Gulielmus de Rubione. Disputatorum in quatuor
libros Magistri sententiarum libri duo, fartage avec Michel Con-
rad, et Simon Vincent de Lyon. (III, 221.)
7 mars. — Hadrianus VI, papa. Qusestiones in quartum sententia-
rum, praesertim circa sacramenta. (II, 483.)
3 avril. — Raymundus Lullus. Dialectica, seu logica nova. (HT. 47.)
11 avril. — Ausonius. Precatio matutina. (II, 64.)
Vers Pâques. — Ausonius. Edyllion de resurrectione dominica. (II, 65.)
Vers Pâques. — Cyprianus Cornélius Grapheus. In divi Guilielmi,
Aquitaniae ducis et Pictaviae comitis. vitam et sanctimoniam sylva.
(II, 476.)
28 mai. — ■ Plato. Opéra a Marsilio Ficino traducta, fartage avec
Jean Petit (III, 168.)
15 août. — Lucius Apuleius. Floridorum libri. (II, 43.)
22 août. — Henricus Goethals a Gandavo. Quodlibeta. (II, 471.)
25 août. — Statuta synodalia Leodiensia, four Guillaume Vorslerman,
d'Anvers. (III, 262.)
i er septembre. — Marcus de Grand Val. Ecclesiae catholicae non très
Magdalenas sed unicam colentis apologia. (II, 475.)
11 septembre. — Joannes Gentilis. Ad forenses causas introductio. (II,
470.)
i er octobre. — Albertus de Saxonia. Qusestiones et decisiones physicales
insignium virorum, partagé avec Conrad Resch. (II, 4.)
12 octobre. — Aristoteles. In metaphysicen quaestiones Joannis Buri-
dani. (II, 48.)
15 txrtobre. — Joannes Despauterius. Grammaticae prima pars. (II,
380.)
I er novembre. — Symphorianus Champerius. Rosa gallica. (II, 273.)
3 décembre. — Petrus Richardus. Contra non recte de beati Pétri
apostoli martyrio sentientes. (III, 211.)
1519
19 janvier. — Valerius Flaccus. Argonauticon, fartage avec Jean Petit.
(III, 316.)
5-13 février. — Francisais de Maronis. Decalogi explanatio. (III, 78.)
13 février. — Origenes. Opéra, fartage ai>ec Jean Petit. (III, 97.)
13 février. — Jacobus Perez de Valentia. Expositiones in psalmos Davi-
dicos, fartage avec Jean Petit. (III, 131.)
15 février. — Serpens antiquus de septem peccatis criminalibus.
(m, 2 54 .)
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LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
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17 février-18 mars. — Joannes ^Egidius. Proverbia gallicana latinis
versiculis traducta. (II, 1.)
20 février. — Angélus Politianus. Opéra. (III, 189.)
20 février-15 mars. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 384.)
24 février. — Joannes Fisscher. De unica Magdalena. (II, 443.)
24 février. — Autre édition sous la même date. (II, 444.)
12 mars. — Petrus Richardus. Doctrinale sanctae ac providae vitae,
imprimé par Jean du Pré et Jacques Mercier, (III, 213.)
15 mars. — Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, prgefationes
et quaedam mythicae historiae. (II, 165.)
15 mars. — Joannes Despauterius. Syntaxis. (II, 397.)
22 mars. — Desiderius Erasmus. De octo orationis partium construc-
tione libellus. (II, 427.)
I er avril. — Raymundus Lullus. Duodecim principia philosophiae.
(111,46.)
i er avril. — Martinus a Magistris. Contemplatio super Salve Regina.
(III, 57-)
I er -20 avril. — Desiderius Erasmus. De duplici copia verborum, de
ratione studii, de pueris instituondis, de laudibus societatis, rei-
publicae ac magistratuum urbis Argentinse, de puero Jesu concio.
(H.42I.)
7 avril. — Edmundus, archiepiscopus Cantuariensis. Liber omnibus
religiosis necessarius, partagé avec Jean du Pré. (II, 412.)
13 avril- 19 mars. — Joannes Duns Scotus. Scripta oxonensia super
quatuor sententiarum. (II, 408.)
13 avril. — Joannes Despauterius. Ars versificatoria, praemissa isagoge
ascensiana. (II, 390.)
13 avril. — Faustus Andrelinus. In Annam Francorum reginam pane-
gyricon. (II, 32.)
29 avril. — Faustus Andrelinus. De sciolorum arrogantia proverbialis
epistola. (II, 32.)
7 mai. - Joannes Despauterius. De figuris. (II, 400.)
31 mai. — Seneca, de morte Claudii Caesaris. Synesius Cyrenensis, de
laudibus calvitii. Desiderius Erasmus, moriae encomium. (III,
254.)
I er juillet. — Marcus de Grand Val. Apologiae seu defensorii ecclesiae
catholicse non très sive duas Magdalenas, sed unicam colentis.
(II, 475.)
i cr 22 juillet. — Quintilianus. Oratoriae institutiones, una cum deela-
mationibus. (III, 198.)
9 août. — Joannes Despauterius. Rudimenta. (II, 401.)
14 aoTit. — Jacobus Boullenc. Pœnae homicidii furtique disceptatio,
-pour Pierre Marchand, d'Orléans. (II, 219.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
15 août. — Armandus de Bellovisu. Sermones, imprimé par Jacques
Mercier et partage avec lui. (II, 49.)
15 août. — Joannes Major. In quart um sententiarum quaestiones. (III,
61.) *
3 septembre. — Joannes Fisscher. Confutatio secundae disceptationis
per Jacobum Fabrum Stapulensem habitae, in qua tribus fœminis
partiri molitur quae totius eeclesiae consuetudo unicae tribuit
Magdalense. (II, 444.)
28 septembre- 7 octobre. — Horatius. Opéra. (II, 510.)
15 octobre. — Joannes Major. In primum sententiarum. (III, 58.)
20 octobre. — Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 385.)
Octobre. — Aulus Gellius. N actes atticae. (II, 465.)
5 novembre. — Macrobius, a Joanne Rivio et cura Ascensianorum
restitutus. (III, 53.)
25 novembre. — Joannes Mare. Enchiridion sacerdotale concinnatum
ad salutarem eruditionem Christifidelium. (III, 77.)
18 décembre. — Natalis Beda. Scholastica declaratio de unica Magda-
lena. (II, 153.)
Décembre 1519-15 janvier 1520. — Nicolaus ab Aquaevilla. Sermones
dominicales, partagé avec Jean de Marne/. (II, 43.)
— Duns Scotus. Quaestiones quodlibetales ex quatuor sententiarum volu-
minibus éditas. (II, 409.)
— Juvenalis. Satyrae. (II, 541.)
— Urbanus IV, papa. Expositio in psalmum quinquagesimum Miserere
mei Deus, imprimé par Jean du Pré et partagé avec lui. (III,
3°9-)
1520
15 janvier. — Odo. Flores sermonum ac evangeliorum dominicalium.
(m, 93.)
13 février. — Allegoriarum moraliumque sententiarum in utrumque
. divinae legis instrumentum abs triginta praeclaris viris concinnata
miscellanea. (II, 25.)
13 février. — Petrus Couasrubias. Sermones dominicales. (II, 349.)
13 février. — Petrus Crinitus. De honesta disciplina. (II, 353.)
15-26 février. — - Natalis Beda. Apologia pro filiabus et nepotibus beatae
Annae. (II, 153.)
15 mai. — Joannes Despauterius. Ars versincatoria, pour Jean Petit.
(11,390.)
27 juin. — Plato r Chalcidii Timaei traductio. (III, 170.)
7 juillet. — Henricus Goethals a Gandavo. Summae quaestionum ordi-
nariarum. (II, 471.) Premier volume portant la marque n° 2.
7 juillet. — Rabi Mossaeus. Dux seu director dubitantium. (III, 84.)
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LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
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15 juillet. — Plutarchus. Ilustrium virorum vitae. (III, 179.)
7 août. — Natalis Beda. Restitutio in integrum benedictionis caerei
paschalis. (II, 154.)
7 août. — Jacobus Bracelleus. De bello hispanensi, de claris Genuen-
sibus, descriptio Lyguriae, Epistolae. (II, 224.)
7 août. — Philo Judaeus. Centum et duae quaestiones et totidem respon-
siones morales super Genesim. (III, 161.)
20 août. — Gulielmus Budgeus. Epistolae. (II, 235.)
20 août. — Autre édition sous la même date. (II, 236.)
23 août. — Francisais Sylvius. Progymnasmatum in artem oratoriam.
(III, 273-)
10 septembre. — Gulielmus Leporeus. Ars memorativa. (III, 7.)
23 octobre. — Antonius de Padua. Sermones dominicales. (II, 39.)
13 novembre. — Claudius Budinus Vulto. Epistola ad Faustum Andre-
linum. (II, 241.)
13-17 novembre. — Basilius Magnus. Opéra. (II, 145.)
16-19 novembre. — Quintilianus. Oratoriae institutiones una cum decla-
mationibus. (III, 199-)
17 novembre. — Angélus Politianus. Illustrium virorum epistolae.
(III, 184.)
1521
6 janvier. — Divus Bonaventura. Sermones de tempore. (II, 216.)
15 janvier. — Joannes Despauterius. Prima pars grammaticae. (II, 380.)
15 janvier-23 mars. — Gabriel Byel. Supplementum in octo et viginti
distinctiones ultimas quarti magistri sententiarum, pour Conrad
Resch. (II, 253.)
29 janvier. — Joannes Brucherius. In Luciani scaphidium, et ejusdem
de luctu libellum ; in Erasmi de Senectute naenia commentarii ;
orationes. (II, 226.)
5 février. — Thomas Cistertiensis monachus et Joannes Halgrinus ab
Abbatisvilla. In Cantica canticorum commentarii. (II, 302.)
17 février. — Divus Bonaventura. Sermones de sanctis. (II, 217.)
25 février-13 mars. — Enchiridion piarum meiitium. (II, 413.)
29 février. — Virga directionis ecclesiasticorum a viis pessimis. (HT,
356.)
I er mars. — Desiderius Erasmus. De octo orationis partium constructione
libellus. (II, 428.)
7 mars. — Remédia septem contra amorem illicitum. (III, 208.)
15 mars. — Carolus Bovillus. Responsiones ad novem quaesita Nicolai
Paxii. (II, 224.)
15 mars. — Thomas Barba. Apparitores septem tam diaboli quam dei,
quae sunt septem capital ia vitia. (II, 143.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
15 mars. — Joannes Despauterius. Syntaxis. (II, 398.)
13 avril. — Joannes Major. Historia majoris Britannige, tam Angliae
quam Scotise. (III, 62.)
30 avril. - Joannes Despauterius. Rudimenta. (II, 401.)
3 mai. — Joannes Despauterius. Ars epistolica; isagoge orthogra-
phia. (II, 386.)
i cr juin. — Venerabilis Beda. Secundi tomi operum eommentarii.
' (ii, 148.)
13 juin. - - Faust us Andrelinus. Epistolae proverbiales et morales.
(ii, 28.)
22-27 j um - — Plutarchus. Opuscula. (III, 173.)
23 août. — Divus Antonius de Padua. Sermones quadragesimales.
(II, 42.)
5 septembre. — Paulus Venetus. Summa philosophiae naturalisé
(III, 121.)
13 septembre. — Divus Antonius de Padua. Sermones de sanctis.
(II, 42.)
18 septembre. — - Cicero. Opéra philosophica, partage avec Jean Petit.
(II, 278.)
8 octobre. — Theodorus Gaza. Grammatical institutions libri quatuor,
Joanne Vatello concinnatore, partagé avec Jean Vatel. (II, 462.)
15 octobre. — Thomas Walden. Doctrinalis antiquitatum ecclesiae Jesu
Christi liber quintus ac tomus secundus de sacramentis. (III,
387)
— Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quattuor et vigintî
Pandectarum libros. (II, 229.)
— Determinatio thcologicae Facultatis parisiensis super doctrina Luthe-
riana. (II, 402.)
— Martinus a Magistris. Contemplatio melliflua super Salve Regina.
(111,57)
1522
Janvier. — Cicero. Opéra epistolica, partagé avec Jean Petit. (II, 325.)
15 janvier. — Cicero. Orationes, partagé avec Jean Petit. (II, 307.)
19 janvier. Almaricus Bouchardus. Adversus Andream Tiraquel-
lum. (II, 218.)
13 février. - Venerabilis Beda. Tomus tertius operum, partagé avec
Jean Petit. (II, 150.)
Mars. - - Gulielmus Budaeus. Epistolae posteriores. (II, 236.)
15 mars. — Alexander de Villadei. Prima pars doctrinalis. (II, 18.)
18 mars. — Petrus Rossetus. Paulus. (III, 219.) Premier volume por-
tant au titre le petit encadrement dos in-4 0 .
18 avril. — Gervasius Amœnus. Hoildis. (II, 27.)
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LE « PR^LUM ASCENSIANU.M ».
15 mai. — Hector Boethius. Episcoporum Murthlacensium et Aberdn-
nensium vitae. (II, 195.)
26 juin-i er juillet. — Desiderius Erasmus. Copiae verborum et rerum;
de ratione studii deque pueris instituendis ; de Iaudibus literariae
societatis urbis Argentinae; de puero Jesu concio; carmina plus-
cula. (II, 422.)
15 juillet. — Origenis Adamantii opéra, partage avec Jian Petit et
Conrad Resch. (III, 98.)
13 septembre. — Plato. Opéra a Marsilio Ficino traducta. (III, 169.)
I er octobre. — Franciscus Sylvius. Progymnasmatum in artem orato-
riam. (III, 274.)
30 octobre. — Ausonius. Gryphi enodatio. (II, 65.)
— Cicero. Opéra rhetorica, oratoria et forensia, partagé avec Jean Petit.
(II, 298.)
— Joannes Vaus. Rudimenta puerorum in artem grammaticam.
(III, 35'.)
1523
I er janvier. — Philippus de Grève. In psalterium Davidicum sermones.
(II, 480.)
i cr janvier. — Dionysius Cato, Sensa et disticha. Mimus Publianus.
Isocrates, Paraenesis. Eucherii Lugdunensis epistola. (II, 265.)
Vers Pâques. — Bavent io. Epigrammata ex optimis quibusque autho-
ribus selecta. (II, 147.)
Vers Pâques. — Persius. Satyrae. (III, 153.)
15 mai. — Basilius Magnus. Opéra. (II, 146.)
13 juin. — Thomas a Campis. Opéra. (II, 260.)
i er septembre. — Hieronymus Savonarola. Triumphus crucis. (III, 248.)
i cr octobre. — Cicero. Cato major. (II, 295.)
i er octobre. — Carolus Bovillus. Liber cordis; liber propriae rationis;
liber substantialium propositionum ; liber naturalium sophisma-
tum; liber cubicarum mensurarum. (II, 224.)
12 octobre. — Geraldus Durandus. Thraenodia rhodiana; epigrammata.
(II, 411.)
25 octobre. — Galenus. De morbis et symptomatis libri sex. (II, 459.)
24 décembre. — Thomas Walden. Sacramenta, sextum videlicet volumen
antiquitatum fidei ecclesiae catholicae. (III, 388.)
— Synesius Cyrenensis. De Iaudibus calvitiae. (III, 274) douteux.
1524
6 janvier. — Gulielmus Budaeus. De asse et partibus ejus. (II, 233.)
i or février. — Divus Bruno. Opéra. (II, 227.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
18 mars. — Joannes Arnolletus. Opus de orthographia, four Jean le
Noir, de Nevers. (II, 50.)
Pâques 1524-23 septembre 1525. — Alexander de Villadei. Rudimenta
Ascensiana cum prima (et secunda) parte Doctrinalis. (II, 20.)
27 mai. — Joannes Picus. In Cantica canticorum expositio. (II, 162.)
24 juin. — Desiderius Erasmus, moriae encomium. Seneca, de morte
Claudii. Synesius Cyrenensis, de laudibus calvitii. Martinus Dor-
pius et Erasmus, epistolae. (II, 424.)
Octobre. — Aulus Gellius. Noctes atticae. (II, 466.)
25 octobre. — Joannes Despauterius. Ars epistolica; isagoge ortho-
graphias. (II, 386.)
27 octobre. — Alexander de Villadei. Rudimenta Ascensiana cum prima
parte Doctrinalis. (II, 23.)
5 novembre-i er janvier 1525. — Macrobius. In somnium Scipionis
Ciceronis libri duo; Saturnaliorum libri septem. (III, 55.)
13 novembre. — Hegesippus. De bello judaico a divo Ambrosio latina
facta, cum ejusdem Anacephaleosi. (II, 488.)
I er décembre. — Hieronymus Savonarola. Triumphus crucis, de veritate
fidei. (III, 249.)
15-25 décembre. — Justinus. Florus. Sextus Ruffus. Historiarum libri.
— Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, praefationes et quae-
dam mythicae historiae. (II, 166.)
— Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quattuor et viginti
Pandectarum libros. (II, 230.)
15 octobre. — Petrus Crinitus. De honesta disciplina. (II, 353.)
— Basilius Magnus. Opéra. (II, 147) douteux.
5 février. — Plutarchus. Opuscula. (III, 175.)
18-20 février. — Raphaël Volaterranus, commentaria urbana. Xeno-
phons, œconomicus, partagé avec Jean Petit, Claude Chevallon
et Conrad Resch. (III, 386.)
i er avril. — Aristoteles et Philo Judaeus. De mundo, latine et grâce.
26 avril. — Angélus Politianus. Illustrium virorum epistolae. (III, 185.)
4 mai. — Gulielmus Budaeus. Latinae linguae flosculi (Jacobi Tusani
et Joannis Gyi), ad operis G. Budaei de rerum fortuitarum con-
temptu elucidationem. (II, 237.)
(II, 533-)
1525
1526
(II, 48.)
LE « PR^LUM ASCENSIANUM ».
93
28 mai. — Natalis Beda. Annotationum in Jacobum Fabrum Stapu-
lensem libri duo et in Desiderium Erasmum liber unus. (II, 154.)
I er juin. — Galenus. Exhortatio ad bonas arteis, praesertim medicinam.
(II, 460.)
13 juin. — Joannes Despauterius. Versificatoria, praemissa isagoge
Ascensiana. (II, 392.)
13 juin. — Christophorus Longolius. Orationes pro defensione sua;
oratio ad Luterianos; epistolarum libri quatuor; epistolae Bembi
et Sadoleti. (III, 21.)
19 juillet. — Gulielmus Budaeus. Altéra aeditio annotationum in Pan-
dectas. (II, 231.)
20 juillet. — Joannes Despauterius. Ars epistolica; isagoge orthogra-
phias. (II, 388.)
7 août. — Divus Joannes Chrysostomus. Quod difficile sit episcopum
agere dialogus, Germano Brixio Altissiodorensi interprète.
(n> 529-)
15-23 octobre. — Hugo a Sancto Victore. Opéra, -partagé avec Jean
Petit (II, 520.)
15 décembre. — Cicero. Fr. Sylvii in Milonianam commentarii. (II,
309-)
15 janvier. — Gulielmus Budaeus. De asse et partibus ejus. (II, 234.)
12 février. — Gulielmus Budaeus. Annotata (Jacobi Tusani) in Budaei
- epistolas. (II, 236.)
14 février. — Alexander de Villadei. Tertia pars Doctrinalis. (II, 23.)
15 mars. — Hector Boethius. Scotorum historiae. (II, 195.) •
15 mai. — Cicero. Orationes, partagé avec Jean Petit. (II, 308.)
20 mai. — Cicero. Opéra philosophica, -partagé avec Jean Petit. (II,
279.)
I er juillet. — Janus Lascaris. Epigrammata. (III, 3.)
I er juillet. — Cicero. Opéra rhetorica, oratoria et forensia, partagé avec
Jean Petit. (II, 298.)
15 juillet. — Cicero. Opéra epistolica, partagé avec Jean Petit. (II, 327.)
i er août. — Petrus Rossetus. Paulus. (III, 220.)
10 août. — Thucydide. L'histoire de la guerre qui fut entre les Pelo-
ponnesiens et Athéniens, translatée par feu messire Claude de
Seyssel. (III, 304.)
15 août. — Dionysius Cato. Sensa et disticha. Mimus Publianus. Iso-
cratis paraenesis. Eucherii Lugdunensis epistola. (II, 265.)
7 octobre 1527-18 mars 1528. — Marcus Coccius Sabellicus. Rapso-
diae historiarum Enneadum, partagé avec Jean Petit. (III, 226.)
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JOSSE BADIUS ASCENSiUS
8 octobre. - Hieronymus ab Hangesto. De lil>ero arbitrio in Luthe-
rum, pour Jean Petit. (II, 484.)
18-29 novembre. — Priscianus. Opéra. (III, 195.)
19 novembre 1527-2 janvier 1528. — Quintilianus. Institutiones ora-
toriae et declamationes. (III, 200.)
Décembre. — Joannes Despauterius. Tria opuscula ad grammaticen
Joannis Sulpitii accommoda. (II, 402.)
25 décembre. — Joannes Sulpitius. Postrema grammatices editio.
(III, 269.)
- - Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quatuor et viginti Pan-
dectarum libros. (II, 230.)
- Gulielmus Budaeus. De contemptu rerum fortuitarum, partage avec
Poncet le Preux. (II, 238.^
Janvier. — Petrus Mosellanus. In Quintiliani rhetoricas institutiones
annotationes. (III, 203.)
25 janvier. — Gulielmus Budaeus. Altéra editio annotationum in Pan-
dectas. (II, 231.)
28 janvier. — Guido de Perpiniano. Summa de haeresibus et earum
confutationi'bus. (II, 481.)
6 mars. — Joannes Despauterius. Rudimenta. (III, 401.)
2 avril. - Gulielmus Budaeus. De contemptu rerum fortuitarum.
i er -23 mai. — Jodocus Badius Ascensius. Commentarii in Quintiliani
institutiones oratorias et declamationes. (III, 205.)
1 er juillet. — Joannes Major. In tertium sentent iarum disputationes
theologicae, partagé avec Jean Petit. (III, 60.)
Août. — Joannes Despauterius. De figuris. (II, 400.)
Août. — Herodotus. Historia, Laurentio Val la interprète, partage avec
Jean Petit. (II, 489.)
18 août. — - Joannes Major. In secundum sententiarum, partage avec
Jean Petit. (III, 59.)
25-27 août. — Hieronymus ab Hangesto. De possibili praeceptorum divi-
norum impletione in Lutherum, pour Jean Petit. (II, 484.)
Septembre. — Galenus. De temperamentis libri très ; de intempérie liber
unus. (II, 460.)
I er septembre. — Laurentius Valla. De latinae linguae elegantia; de
reciprocatione sui et suus ; in Antonium Raudensem; in Poggium
Florentinum. (III, 336.)
i pr -i3 septembre. — Thueydides. De bello Peloponnesiaco libri ab Lau-
rentio Vallensi translati, partagé avec Jean Petit. (III, 304.)
1528
(II, 239.)
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LE « PRiELUM ASCENSTANUM ».
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24 septembre. — Galenus. De morbis et symptomatis. (II, 459.)
23 octobre. — Laurentius Valla. Libri duo in Benedictum Morand um
et quatuor in Barptolomseum Facium et Panormitam. (III, 347.)
24 octobre. — Petrus Mosellanus. Annotationes in Auli Gellii Noctes
atticas. (II, 469.)
28 octobre. Annotationes virorum illustrium in quaedam Ciceronis
loca. (II, 327.)
31 octobre. — Antonius de Padua. Sermones dominicales. (II, 41.)
I er novembre. — Laurentius Valla. De rébus a Ferdinando Hispania-
rum rege et majoribus ejus gestis. (III, 348.)
13 novembre. — Diomedes et Donatus. Artes grammaticae. (II, 404.)
14-25 décembre. — Cicero. Rhetorici ad Herennium libri quatuor.
Sequuntur quorundam aliorum qui de rhetorica scripserunt syn-
tagmata. (II, 304.)
25 décembre. — Cicero. Catilinariae. II, 311.
— Petrus Burrus. Miscellanea varia. (II, 252) douteux.
— Andréas Thurinus. De vena in curatione pleuritidos incidenda. (III,
306.)
1529
9 janvier. — Albertus Pius. Ad Erasmi Roterodami expostulationem
responsio. (III, 165.)
I er février. — Natalis Beda. Apologia adversus clandestinos Lutheranos.
(H, 155)
30 avril. — Marcus Cato, M. Terentius Varro, L. Junius Moderatus
Columella, Palladius Rutilius. Libri de re rustica. (II, 263.)
19 juin. — Joannes Major. In quatuor evangelia expositiones Iuculentae.
, (in, 63.)
9 juillet. — Cicero. Pro Marcello, pro Q. Ligario, pro Deiotaro Rege.
(ir, 312.)
24 juillet. — Louis Lasserre. La Vie de monseigneur sainct Hierosme,
partagé avec Jean Petit. (II, 4.)
7-17 août. — Hieronymus ab Hangesto. Adversus Antimarianos pro-
pugnaculum, four Jean Petit. (II, 485.)
28 août. — Horatius. Opéra. (II, 511.)
Septembre. — Gulielmus Budaeus. Commentarii linguae graecae. (II,
2 39-) Premier volume portant au titre l'encadrement n° 2 des
in-folio et la marque n° 3.
13 septembre. — Cicero. Pro lege Manilia. (II, 313.)
6 octobre. — Cicero. Philippicae. (II, 322.)
Octobre. — Isocrates. Helenae encomium, grâce. (II, 524.)
Novembre. — Joannes Despauterius. Ars versificatoria, praemissa isa-
goge Ascensiana. (II, 393.)
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JOSSE BAD1US ASCENSIUS
22 novembre- 15 décembre. — Joannes Bertaudus. Encomium trium
Mariarum, partagé avec Galiot du Pré. (II, 187.)
15 décembre. — Cicero. Pro Milone. (II, 310.)
— Joannes Despauterius. De figuris. (II, 401.)
— Isocrates. Aeropagiticus, grâce. (II, 524.)
— Isocrates. Xicocles. grâce. (II, 524.)
7 janvier. — Cicero. Pro Fonteio. (II, 314.)
15 février. -- La consolation des désolez. (II, 347.)
25 février. — Origenes Adamantius. Fragmentum in Matthseum. (III.
99)
Mars. — Aulus Gellius. Noctes atticse. (II, 467.)
2 mai. — Diodore de Sicile. Lhistoire des successeurs de Alexandre le
Grand, translatée par messire Claude de Seyssel. (II, 404.)
7 mai. — Cicero. Pro Cluentio. (II, 315.)
4 juin. — Aristoteles. Ethica, cum Joannis Majoris commentariis,
-partagé avec Jean Petit. (II, 47.)
15 juillet. — Christophorus Longolius. Orationes pro defensione sua;
oratio ad Luterianos; epistolae. Epistolae Bembi et Sadoleti.
Août. — Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quatuor et
viginti Pandectarum libros. (II, 230.)
i cr septembre. — Joannes Major. In primum magistri Sententiarum
disputationes et decisiones, partagé avec Jean Petit. (III, 58.)
i er septembre. — Cicero. Pro Sexto Roscio. (II, 316.)
15 octobre. — Cicero. Pro Murena. (II, 317.)
26 octobre. — Cicero. Pro Marcello, pro Q. Ligario, pro Deiotaro Rege.
26 octobre 1530-15 juillet 1531. — Titus Livius. Quae extant libiorum
décades, cum epitome L. Flori in omnes non extantes libros.
Novembre. — Petrus Mosellanus. In Quintiliani rhetoricas institutiones
annotationes. (III, 204.)
31 décembre. - — Louis Lasserre. La vie de monseigneur sainct Hie-
rosme. (III, 4.)
— Cicero. Pro Archia. (II, 317.)
— Demosthenes. In Midiam oratio, grâce. (II, 378.)
— Joannes Despauterius. Ars epistolica. (II, 388.)
— Isocrates. Archidamus, grœce. (II, 524.)
— Julius Caesar. Commentaria. (II, 530) douteux.
■ — Plato. Axiochus, vel de morte, gra-ce. (III, 170.)
(III, 22.)
(II, 312.)
(III, 14.
LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
97
ï53i
15 janvier. — Cicero. Cato major. (II, 295.)
15 janver. — Cicero. Pro lege Manilia. (II, 314.)
Février. — Gulielmus Budseus. Epistolarum latinarum libri quinque;
epistolarum graecarum liber unus. Basilii Magni epistola de vita
in solitudine agenda per Budaeum latina facta. (II, 237.)
13 février. — Quintilianus. Institutiones oratoriae ac declamationes.
(III, 202.)
7 mars. — Cicero. Pro Sylla. (II, 318.)
9 mars. — Albertus Pius. Très et viginti libri in locos lucubrationum
variarum D. Erasmi quos censet ab eo recognoscendos et retac-
tandos. (III, 166.)
i er avril. — Cicero. Pro Milone. (II, 310.)
29 avril. — Cicero. Pro Balbo. (II, 318.)
Mai. — Florilegium diversorum epigrammatum, grâce. (II, 444.)
Juin. — Régula canonicorum saecularium de optima conversatione.
(III, 208.)
13 juin. — Cicero. Pro Valerio Flacco. (II, 319.)
I er août. — Cicero. Catilinariae invectivas. (II, 311.)
22 septembre. — Cicero. Epistolae ad Atticum et Brutum, partage avec
Jean de Roigny. (II, 343.)
15 octobre. — Cicero. Orationes, partagé avec Jean Petit. (II, 309.)
25 octobre. — Joannes Vaus. Rudimenta puerorum in artem gramma-
ticam. (III, 351.)
I er novembre. — Cicero. Opéra epistolica, partagé avec Jean Petit. (II,
327-)
i er novembre. — Cicero. Opéra rhetorica, oratoria et forensia, partagé
avec Jean Petit. (II, 299.)
5 novembre. — Cicero. Pro Cluentio. (II, 315.)
29 novembre. — Cicero. Pro Planco. (II, 320.)
7 décembre. — Cicero. Pro Marcello, pro Q. Ligario, pro Deiotaro
Rege. (III, 313.)
— Cicero. Opéra philosophica, partagé avec Jean Petit. (II, 280.)
— Cicero. Pro Archia. (II, 317.)
— Determinatio Facultatis theologiae super quamplurimis assertionibus
Erasmi. (II, 404.)
15 janvier- 10 février. — Thomas de Vio. Psalmi Davidici ad hebrai-
cam veritatem castigati, partagé avec Jean Petit et Jean de
Roigny. (III, 354.)
I. 7
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9 8
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
7-14 mars. — Cicero. Paradoxa ad M. Brutuin. (II, 296.)
I er avril. — Gulielmus Budgeus. De asse et partibus ejus. (II, 234.)
24 avril. — Gulielmus Budaeus. Altéra editio annotationum in Pan-
dectas. (II, 232.)
Mai. — Sallustius. In Ciceronem oratio et Ciceronis in eundem respon-
sio. (III, 243.)
Mai. — Thomas de Vio. Evangelia et acta apostolorum ad graecorum
codicum veritatem castigata, fartage avec Jean Petit et Jean de
Roigny. (III, 355.)
Mai. - Thomas de Vio. Epistolae Pauli et aliorum apostolorum ad
graecam veritatem castigata?, fartage avec Jean Petit et Jean de
Roigny. (III. 355.)
i er juin. — Cicero. Pro Sexto Roscio. (II, 316.)
I er juin. — Cicero. Pro Milone. (II, 311.)
18 juin. — Hieronymus ab Hangesto. De academiis in Lutherum, four
Jean Petit. (II, 485.)
Juillet. — Cicero. Pro lege Manilia. (II, 314.)
Juillet. — Cicero. Pro Rabirio. (II, 320.)
Juillet. — Plutarchus. Vitae Graecorum Romanorumque illustrium. (III,
Août. — Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quatuor et viginti
Pandectarum libros. (II, 231.)
5 septembre. — Thomas Walden. Tomus primus Doctrinal i s fidei
ecclesiae catholicae contra Witclevistas et Hussitas, eorumque
sectatores. (III, 389.)
10 septembre. — Cicero. Pro Quintio. (II, 322.)
Septembre. — Aulus Gellius. Noctes atticae. (II, 468.)
Octobre. — Cicero. Pro Roscio. (II, 320.)
Octobre. — Autre édition sous la même date. (II, 321.)
Novembre. — Cicero. Pro Murena. (II, 317.)
Xove.r.bre. — Gulielmus Budaeus. De studio litterarum. (II, 239.)
Novembre. — Gulielmus Budaeus. De philologia. (II, 240.)
5 novembre. — Smaragdus. Diadema monachorum, fartage avec Jean
Petit. (III, 259.)
— Cicero. Epistolae ad Atticum et M. Brutum, fartage avec Jean de
Roigny. (II, 344.)
— Demosthenes. De senectute, grœce. (II, 378.)
— Joannes Despauterius. Ars versificatoria. (II, 393.)
Janvier. — Plinius Secundus. Epistolae ; panegyricus Trajano dictus,
fartage avec Jean de Roigny. (III, 170.)
I79-)
1533
LE « PRiELUM ASCENSIANUM ».
99
15 mars. — Plato. Opéra, tralatione Marsilii Ficini, fartage avec Jean
Petit. (III, 169.)
Mai. — Petrus Mosellanus. In Quintiliani rhetoricas institutiones anno
tationes. (III, 204.)
15 juillet. — Titus Livius. Quae extant librorum décades, cum nuper
inventis quibusdam fragmentis et epitome Flori in non extantes
libros, -partagé avec Jean de Roigny. (III, 14.)
Août-septembre. — Quintilianus. Institutiones oratorise ac déclama tiones,
fartage avec Jean de Roigny. (III, 202.)
Octobre. — Christophorus Longolius. Orationes pro defensione sua;
oratio ad Luterianos; epistolae. Epistolse Bembi et Sadoleti,
partagé avec Jean de Roigny. (III, 22.)
Octobre. — Flavius Vegetius. De re militari. (III, 352.)
Novembre. — Dionysius Cato, Sensa et disticha. Mimus Publianus,
Isocrates, paraenesis. Eucherius Lugdunensis, epistola. (II, 266.)
Novembre. — Cicero. Pro Fonteio. (II, 315.)
Novembre. — Cicero. Pro Cecinna. (II, 324.)
— Julius Caesar. Commentariorum elenchus, partagé avec Jean de Roi-
gny. (II, 530.)
1534
Janvier. — Petrus Mosellanus. Annotationes in Auli Gellii Noctes atticas.
(II, 469.)
i Pr avril. — Venerabilis Beda. Tomus tertius collectaneorum in epis-
tolas divi Pauli, partagé avec Jean de Roigny. (II, 152.)
5 avril. — Cicero. Pro Marcello, pro Q. Ligario, pro Deiotaro Rege.
(",3»3>
I er mai. — Cicero. Pro Sexto Roscio. (II, 316.)
Mai. — Theophylactus. In quatuor evangelia enarrationes, partagé avec
Jean de Roigny. (III, 300.)
Juin. — Theophylactus. In omncs divi Pauli epistolas enarrationes,
Christophoro Porsena interprète, partagé avec Jean de Roigny.
(III, 301.)
Juillet. — Cicero. Pro lege Manilia. (II, 314.)
28 septembre. — Alphonsus de Castro. Ad versus omnes haereses, par-
tagé avec Jean de Roigny. (II, 263.)
Octobre. — Divus Ambrosius. Commentarii in omnes divi Pauli epis-
tolas. (II, 26.)
— Scipio Carteromachus. Oratio de laudibus literarum graecarum.
(II, 262.)
— Cicero. De Inventione. (II, 303.)
— Cicero. Pro Milone. (II, 311.)
— Cicero. Pro Archia. (II, 318.)
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JOSSE BADIUS ASCENS1US
1535
29 avril. — Cicero. Pro Balbo. (II, 319.)
13 juin. — Cicero. Pro Valerio Flacco. (II 319.)
10 septembre. — Cicero. Pro P. Quintio. (II, 322.)
5 novembre. — Cicero. Pro Cluentio. (II, 316.)
— Crinitus. De Honesta disciplina. (II, 354) douteux.
Octobre-décembre 1535. — Petrus Longobardus, magister Sententiarum.
In divi Pauli Apostoli epistolas collectanea, -portant le nom de
Badius à la souscription (octobre) et celui de ses héritiers au
titre (décembre). III, 20.
1535. — Petrus Mosellanus. In Quintiliani rhetoricas institutions anno-
tationes. (III, 204.)
Février- mars 1536. — Quintilianus. Institutiones oratorise; ejusdem
declamationes, impr. par Jean Loys. (III, 203.)
(Les éditions précédées d'un astérisque sont celles qui, bien que ne
portant pas de date, ont pu être placées dans la liste ci-dessus à leur
ordre chronologique.)
Paulus iEmylius. De rébus gestis Francorum libri II II, avant 21 fé-
vrier 1517. (II, 2.)
Paulus ^Emylius. De rébus gestis Francorum libri 1 1 1 1 (VII, IX),
après juin 1519. (II, 3.)
Faustus Andrelinus. Epistolae parœmiales ac morales, ab Joanne
Arboreo élucidât», vers 1528. (II, 28.)
Faustus Andrelinus. Epistola in qua Anna Francorum regina exhor-
tatur..., vers 1509. (II, 29.)
Faustus Andrelinus. ^Egloga Moralissima, trois éditions différentes,
postérieures à juillet 1507. (II, 33.)
Faustus Andrelinus. De cancellarii ingressu in urbem Parrhisiam, après
juillet 1507. (II, 33.)
Faustus Andrelinus. De gestis legati, vers 1509. (II, 33.)
*Aristoteles et Philo Judaeus. De mundo, latine et grâce, voyez
i cr avril 1526.
*Ausonius. Precatio matutina, voyez n avril 15 18.
*Jodocus Badius Ascensius. Introductio in grammaticen, partagé avec
Jean Petit, voyez 15 janvier 15 10.
1535- 1536 (Héritiers de Badius).
Sans date.
LE « PRiELUM ASCENSIANUM » 101
Baptista Mantuanus. De vita beata, four Jean Petit, vers 1505. (II,
130-)
Nicolaus Barptolomaeus. Momiae ; panegyricus heroicus in virginem
Mariam, après juillet 1507. (II 144.)
*Basilius Magnus. De libris lectitandis. voyez 27 janvier 1508.
Venerabilis Beda. Secundus tomus operum, après septembre 1529. (II,
150-)
Divus Benedictus. Régula a beato Dunstano recognita, vers 1521.
(h, 156.)
*Philippus Beroaldus. Orationes, praelectiones, praefationes et quaedam
mythicae historiae, voyez 15 août 1516.
Philippus Beroaldus. Carmen lugubre de dominiese passionis die, vers
1505. (II, 173.)
Philippus Beroaldus. De passione dominica naenia, après juillet 1507.
(ii, 173)
*Hector Bœthius. Scotorum historiae, voyez 15 mars 1527.
Carolus Bovillus. ^Etatum mundi septem supputatio, avant 15 mars
1521. (II, 223.)
^Gulielmus Budaeus. Annotationes (priores) in quatuor et viginti Pan-
dectarum libros, après novembre 1511. (II, 231.)
*Gulielmus Budseus. Altéra aeditio annotationum in Pandectas, voyez
19 juillet 1526.
*Gulielmus Budaeus. Annotata (Jacobi Tusani) in Budaei epistolas,
voyez 12 février 1527.
Gulielmus Budaeus. De contemptu rerum fortuitarum, entre juillet 1520
et mai 1526. (IT, 237.)
Claudius Budinus Vulto. De metrorum contextura libellus, avant
13 novembre 1520. (II, 240.)
*Petrus Burrus. Paeanes quinque festorum divae virginis Mariae, voyez
i er novembre 1505.
Petrus Burrus. E canticis, vers 1505. ( HT, 467.)
*Cicero. Opéra philosophica, partagé avec Jean Petit, voyez 1531.
*Cicero. Opéra rhetorica, oratoria et forensia, partagé avec Jean Petit
(encadrement n° 1), voyez 22 novembre 15 11.
*Autre édition (encadrement n° 1, marque n° 2. préface datée de 151 1),
voyez 1522.
*Autre édition (encadrement n° 1, marque n° 2, préface datée de 1527),
voyez i er novembre 1531.
La Consolation des désolez (goth.). (II, 348.)
*Augustinus Datus. Libellus de elegantia, partagé avec Jean Petit, voyez
15 juillet 1506.
Augustinus Datus. Praecepta elegantiae latinae versu a Roberto Dumo
expressa. (IL 373.)
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
♦Determinatio theologicae facultatis super doctrina Lutheriana, voyez
1521.
Determinatio theologicae facultatis super quamplurimis assertionibus
Erasmi, après septembre 1529. (II, 403.)
*Dogma moralium philosophorum, partagé avec Jean Petit, voyez
7 mars 151 1.
*Joannes Duns Scotus. Quaestiones quodlibetales ex quatuor sententia-
rum voluminibus, voyez 15 19.
Desiderius Erasmus. Ad Philippum Austriae ducem, de triumphali pro
fectione Hispaniensi panegyricus, après juillet 1507. (II, 415.)
*Desiderius Eramus. Parabolarum sive similium liber, voyez 29 no-
vembre 15 16.
Eusebius Caesariensis episcopus. Opusculum in Hieroclem, Zenobio
Acciolo interprète. (II, 429.)
*Carolus Fernandus. Epistolae, voyez 8 avril 1506.
Guido de Fontenayo. Synonimorum liber. (II, 445.)
*Theodorus Gaza. Grammaticae institutionis libri quatuor, voyez 8 octobre
1521.
Gerardus a Zuitphania. De reformatione virium animas, partagé avec
Jean Petit, après juillet 1507, vers 1532? (II, 470.)
*Marcus de Grand Val. Ecclesiae catholicae non très Magdalenas sed
unicam colentis apologia, voyez i cr septembre 1518.
*Marcus de Grand Val. Apologiae ecclesiae catholicae non très sive duas
Magdalenas sed unicam colentis, voyez i cr juillet 1519.
*Homerus. Ilias quatenus ab Nicolao Valla tralata est, voyez 5 juin 15 10.
Homerus. Batrachomyomachia per Servatium iEdicollium in latinos
versus tralata. (II, 496.)
Isocrates. Orationes très, grâce, partage avec Jean Valel, vers 1529.
(11,525-)
Joannes Jovianus Pontanus. De laubidus divinis libellus. Joannes Sal-
monius Macrinus, Sylva cui titulus Soter, après juillet 1507.
(II, 529.) D'après un exemplaire incomplet, l'édition est peut-
être datée.
Celius Lactantius. Pia nenia verbis Christi domini crucifixi bénéficia
sua in nos commémorants, vers 151 j. (III, 3.)
*Louis Lasserre. La vie de monseigneur sainct Hierosme, partagé avec
Jean Petit (privilège du 24 juillet 1529), voyez 24 juillet 1529.
*Louis Lasserre. La vie de monseigneur sainct Hierosme (privilège du
31 décembre 1530), voyez 31 décembre 1530.
*Gulielmus Leporeus. Ars memorativa, voyez 10 septembre 1520.
Antonius Mancinellus. Variae constructionis thesaurus ; vers 1505-
(III, 64.)
*Gulieli.us de Mara. De sacrosancta eucharistia, voyez 10 juin 1509.
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LE « PR/ELUM ASCENSIANUM »
Jacobus Papa. Opuscula, après le i er mars 15 10. (III, 118.)
Plutarchus. Opuscula, Erasmo Roterodamo interprète (in-8°), après
juillet 1507. (III, 173.)
Plutarchus. Opuscula nuper traducta, Erasmo Roterodamo interprète
(in-4 0 ), après juillet 1507. (III, 173.)
Angélus Politianus. Sylva cui titulus est Rusticus, vers 15 19. (III,
186.)
Petrus de Ponte. De abitu et reditu pacis carmen, après juillet 1507.
(m, 193)
Petrus Rossetus. Pratum, après juillet 1507. (III, 220.)
*Marcus Antonius Coccius Satellicus. Rapsodiae historiarum Enneadum,
partagé avec Jean Petit, voyez 23 décembre 1509.
Hieronymus Savonarola. De simplicitate vitae christianae. (III, 246.)
Hieronymus Savonarola. Expositio in psalmos miserere mei Deus, Qui
régis Israël, et tris versus psalmi In te Domine speravi (car.
goth.). (III, 248.)
Autre édition (car. goth.). (III, 248.)
Autre édition (car. rom.). (III, 248.)
*Celius Sedulius. Mirabilium divinorum lifori quinque, partagé avec Jean
Petit, voyez 25 février 1505.
Claudius de Ceisselo. Explicatio primi capitis evangelii secundum
Lucam, entre 17 août 1 514 et 7 juillet 151 5. (III, 256), d'après
un exemplaire incomplet.
Claudius de Seissello. Ad Angliae regem Henricum septimum oratio,
vers 1506. (HT, 258.)
Quintianus Stoa. In praecocissimam Galliarum reginae Britonumque
ducis Annae mortem threnos, partagé avec Jean Petit, vers 15 15.
(III, 262.)
*Andreas Thurinus. De vena in curatione pleuritidos incidenda, voyez
1528.
Cuthebertus Tonstallus. In laudem matrimonii oratio habita in spon-
salibus Francisci Francorum régis primogeniti et Mariae régis
Angliae Henrici octavi filiae, vers 1518. (III, 307.)
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CHAPITRE III
LES OEUVRES DE BADIUS
I. _ ŒUVRES GRAMMATICALES.
La partie la plus importante de l'œuvre de Badius est certainement
celle qu'il a consacrée à l'enseignement des éléments du latin aux écoliers.
Ses rudiments et sa syntaxe n'ont plus, aujourd'hui, qu'un intérêt
rétrospectif; mais ils ont marqué une étape importante dans l'évolution
de l'enseignement et pendant plus d'un quart de siècle ils ont été ensei-
gnés à toute la jeunesse française ou flamande, et à une partie de la
jeunesse anglaise ou écossaise.
Depuis le xin c siècle, il n'y avait, pour ainsi dire, qu'une seule
grammaire à l'usage de la jeunesse, le Doctrinal d'Alexandre de Ville-
dieu, écrit à une époque où la littérature classique latine était ignorée
ou peu connue, et où les auteurs de la décadence étaient considérés
comme des maîtres.
Le mouvement de réaction qui s'était produit en Italie au milieu
du xv e siècle, ne pénétrait en France et dans les pays germains qu'avec
peine, et lorsque Badius commença à professer à Valence et à Lyon,
après son séjour en Italie, les néo-grammairiens italiens n'étaient connus
que de quelques savants; il fallait les faire apprécier d'abord, puis les
faire adopter par les pédagogues, pour supplanter le vieil Alexandre,
dont Aide Manuce qualifiait la grammaire de Carmen ineptum.
Pour parvenir à ce but, Badius fit des efforts incessants qui furent,
en peu de temps, couronnés de succès.
Il pensa d'abord substituer au Doctrinal une grammaire de sa com-
position, à laquelle il travaillait et qu'il remettait sans cesse sur le
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
chantier. Mais il dut reconnaître que pour faire un ensemble parfait,
il lui faudrait un temps très long, et qu'il serait presque impossible de
décider les pédagogues à renoncer au Doctrinal, tant l'habitude était
ancrée chez eux de le faire machinalement apprendre par cœur à leurs
élèves.
Il prit alors le parti de corriger le Doctrinal, d'en faire disparaître
d'abord les plus grosses erreurs, d'y ajouter des commentaires, et de
le mettre, autant qu'il était possible, en concordance avec les règles de
la littérature classique. Dans une série d'éditions successives, il com-
menta, corrigea, retrancha et ajouta, et finit par donner, en 1524, un
Doctrinal qui n'avait plus d'Alexandre que le nom. La transformation
s'était opérée peu à peu, et malgré les regrets de quelques savants de
voir disparaître, avec le Doctrinal, le nom d'Alexandre, considéré comme
une vieille gloire française, elle avait fini par être acceptée partout.
En même temps il s'efforçait de répandre les œuvres des grammairiens
italiens. Il publia d'abord quelques petits traités d'Augustin Dati et de
Laurent Valla, puis il donna les grammaires de Jean Sulpizio et de
Nicolas Perotti. Mais pour les faire adopter par les professeurs, puis
par les élèves, il y avait une grave difficulté : les enfants étaient habitués
à apprendre par cœur des vers latins, et lorsqu'on voulait leur faire
apprendre et réciter de la prose, ils étaient complètement perdus.
C'est pourquoi il joignit au texte de ces deux grammairiens sa propre
grammaire, rédigée en vers latins, et connue sous le nom de textus Ascen-
sianus; il ajoutait à chaque chapitre la partie correspondante de son
textus, de sorte que les professeurs pouvaient lire et commenter à leurs
élèves les règles de Sulpizio et de Perotti, et les leur faire retenir par
cœur en leur faisant apprendre les vers de Badius.
Ce textus Ascensianus eut un succès considérable; sans cesse réim-
primé, amélioré et complété à chaque nouvelle édition, il contribua, dans
la plus large mesure, à faire oublier le Doctrinal.
Dans la campagne contre le Doctrinal et les vieilles méthodes fran-
çaises, Badius s'était montré un habile tacticien, et Ton peut affirmer,
sans être taxé d'exagération, qu'il fut le véritable rénovateur de l'enseigne-
ment du latin. Il ouvrit la voie aux grammairiens du milieu du xvi e siècle,
à Jean Despautère, à Rol^ert Estienne et leurs successeurs qui, sans lui,
se seraient heurtés à la même fin de non-recevoir des maîtres d'école
et n'auraient peut-être pas eu la patience et l'abnégation nécessaires pour
triompher de leur routine.
Sa réputation de grammairien devint peu à peu universelle ; qu'ils
étudiassent dans le Doctrinal, dans les grammaires italiennes, dans
celle de Despautère, les élèves retrouvaient toujours le nom de Badius,
et aux premières années du xvi e siècle, les éditions de grammairiens
dont le titre n'indiquait pas que Badius y eût collaboré, n'étaient
ŒUVRES GRAMMATICALES.
107
plus de vente possible. A l'étranger aussi, surtout en Angleterre, en
Ecosse, et naturellement en Flandre, sa réputation était aussi grande;
il entretenait avec les principaux humanistes et les professeurs de ces
pays un commerce épistolaire et des relations suivies dont bien des pré-
faces nous ont laissé la trace.
Nous commencerons par donner rénumération d'une série de petits
traités de grammaire, de syntaxe et de prosodie qu'il ajouta à ses diffé-
rentes éditions de grammairiens ou de classiques; ces traités furent
d'abord écrits en vers latins, pour se conformer aux habitudes des pro-
fesseurs et des élèves, et plus tard rédigés en prose.
Je ne crois pas qu'il les ait jamais réunis en un tout pour constituer
une syntaxe complète. Quelques-uns seulement ont été, dans diffé-
rentes éditions du Doctrinal, rassemblés sous le titre de Syntaxis Ascen-
siana ou de Rudimenta Ascensiana; d'autres ont été recueillis sous le
titre de Syntaxis Badiana par Liévin vanden Cruyce (Crucius), profes-
seur à Bailleul, puis, sous le titre de : Asccnsius, Declynsons, par un
grammairien anglais anonyme.
Nous passerons ensuite en revue les éditions de grammairiens qu'il
a publiées ou commentées. Mais ce n'est pas encore là l'ensemble de son
œuvre grammaticale, car les commentaires familiers qu'il a écrits pour
les classiques latins et les poètes contemporains ne sont, il ne faut pas
l'oublier, que l'explication grammaticale des textes et de la syntaxe,
mélangée de préceptes moraux.
A. — De recte scribendi ratione compendiosa traditio.
Régula viginti de accentu ex Prisciano.
Dans l'édition de la troisième partie du Doctrinal donnée à Deven-
ter le 21 novembre 1500, se trouvent pour la première fois deux petits
traités de sa composition : De recte scribendi ratione compendiosa tra-
ditio et : Reguiœ viginti de accentu ex Prisciano ; il est évident qu'ils
avaient déjà été publiés par Badius dans une édition antérieure, aujour-
d'hui perdue, où ils auront été copiés.
Le De recte scribendi ratione se compose de dix règles générales, la
première suivie de six règles particulières. Il est précédé de ce petit avis
de Badius :
Quandoquidem ad epistolarum consummationem adquc carminis ratio-
nem et debitam pronunciationem orthographia, id est recta scrip-
tura, in primis conducit, constitui pauculas praeceptiones quae ad eam
faciant superioribus adjicere, pleniorem cjus rei traditionem in alium
locum recipiens.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Les règles générales sont les suivantes :
ia Immediatus dictionum derivatus atque descensus in primis anno-
tandus est ut rivi fontibus haud dissimiles sint.
2a In dividcndis dictionum syllabis opus est cognito, quia in sim-
plicibus diversae consonantes coherere ferme volunt, in compositis vero
partes integne servari, sed eaedem consonantes ubiquc dividi.
3a In componendis dictionibus summopere attendendum est in quam
quaeque litterarum commutari soleat a recte scribentibus.
4 a Vocalium quoque diphthongorum transmutationes diligentius
annotandae sunt, nam a mutatuT in e et /, e in 1, au in o, et œ in i, et y
in u f s in ss duplex.
5a Non geminabitur consonans si secundae adhaeret tcrtia, nisi
sequentes sint muta cum liquida quae pro una habentur littera.
6a Litterae externae cujusmodi sunt consonantes aspiratae, et k, y et s
non in mere latinis vocabulis scribendae.
7a Aspiratio, hoc est h ante omnes vocales ponitur, post consonantes
autem duntaxat quatuor c y p, r, t t et id in graecis.
8a Summa quoque cautio esse débet in diphthongis scribendis nec
audiendi sunt ineptuli qui œ et œ absoletas censent.
Omnes genitivi et dativi singulares, nominativi et vocativi plurales
primae declinationis, item prae et praeter producta œ diphthongo scribi
v r oIunt, etiam in participas et pronominibus derivatis, sed pronomina
primitiva et caeteri casus et quaecunque per naturam corripiuntur, diph-
thongon refugiunt.
oa Quotiens scriptura significatum mutât, curandum est ut recta sit.
10a, quœ est gcncralissima. Ceterum, ut semel dicam, cavendum est
ne quicquam perperam addatur, abstrahatur aut immutetur, quam rem
saepe metri docet ratio.
In verbis nulla jXirsona exit in ont aut in um % sed in unt y nec in tor,
sed in tur y excepto futuro imperativi passivae vocis.
Verba quartae conjugationis in ire aut tri cxeunt in infinitivo, non in
iere,
Eo autem, tam in simplici quam in compositis retiret e scquentc
vocali, sine qua transit in f.
Nullum autem tertiae declinationis nomen mittit accusativum in en
sicut bene more graeco in in, nullumque graecum mittit accusativum in
om aut em y sed in on aut en.
Chacune de ces règles est accompagnée d'un commentaire; voici, à
titre d'exemple, le commentaire de la première :
Quorcirca operae precium esse nosse qua vcrbalia et participia tem-
poris quidem praeteriti et futuri in rus fere de supinis deducuntur.
Supina dv praeteritis perfectis indicativi modi, atque illa de praesentibus
ejusdem modi quae in quibusdam primaria, in quibusdam deductitia
sunt. Quae vero a nominibus trahuntur ut abstracta a concretis ea fcre a
genitivis formantur, unde et gignendi appellationem illis inditam non-
nulli volunt, quibus praenotatis haboantur hae pro exemplis regulae. (Sui-
vent les six règles spéciales.)
Le de recte scribendi ratiotte cotnfendiosa tradifio. reproduit dans
d'autres éditions du Doctrinal, a été réimprimé en outre avec les Regulœ
ŒUVRES GRAMMATICALES.
clcgantiarum de Dati (1501, et ss.), avec la grammaire de Sulpizio
(1506 et ss.), avec les Dati epistolœ et le Catholïcon ; il est dans chacune
de ces éditions modifié et amélioré.
B. — De epistolarum compositione compendium
En 1502, paraît, en tête des épîtres familières de Cicéron son traité :
De epistolarum compositione compendium isagogicum, souvent réim-
primé, quelquefois sous ce titre : De epistolarum compositione compen-
dium viginti continens capita, ou sous celui-ci : De componcndis y
ornandisque epistolis.
Le traité de Componendis epistolis est divisé en 16, puis 20 chapitres
terminés chacun par une Expositio, ordinairement imprimée en carac-
tères plus fins. Voici le premier chapitre avec son Expositio :
De epistola et literis.
Epistola a vcrbo i-KWziXhto (quod significat mitto, mando et jubeo)
dicta. Litcrae sunt missiles, mitti idoneae, quibus aut absentes facimus
certiores, siquid est, quod eos scire aut nostra aut ipsorum intersit, aut
res graves de philosophia deque re publica tradimus aut jubcmus, aut
familiares et jocosas significamus.
Expositio. Pro hujus descriptionis explanatiuncula videbimus : primo,
undc epistola dicatur, et unde literœ. Secundo, quid haec duo inter se
discriminis habeant. Et tertio quot epistolarum a Cicérone ponantur
gênera. Pro primo autem annotandum est quod epistola dicitur a verbo
graeco epistello, quod est signifie o y mitto, mando , jubeo, unde epistolt
seu epistolœ dicitur etiam jussus. Et per diininutioncm epistolium, sicut
ab elegia elegidium, quo Persius utitur, et Catullus epistolio, dicens :
Quod mihi fortuna casusque oppressus iniquo
Conscriptum hoc lachrymis mittis epistolium.
Litera vero dicitur vel a linendo, quasi litura, eo quia in caeratis
tabulis olim scriptitabant, quos linebant, vel a legendo quasi legitera, et
utroque modo t simplici scribi deberet, sed quia praeter naturam primi
tivi primam producit, t geminare solct. Significat autem in utroque
numéro elementum, vel elementa, graece gramma vel grammata ad
manum scribentis. Elementum ut apud Ciceronem in epistola ad
Celium, ubi scribit ab se nullam literam bibulum misisse. Manum autem
apud eundem in epistola ad Atticum : <c Nam Alexidis manum amabam
quia tantopere accedebat ad simflitudincm tuae literae », id est manus aut
scripturac. In plurali vero, literœ significant etiam epistolam, pro qua,
nisi metri necessitate a poetis, singulariter non reperiuntur, neque vero
solam epistolam, sed quaecumque literis mandari soient significare pos-
sunt, unde sanctas literas pro sancta scriptura et cultiores 1 itéras pro
ornato sermonc apud cruditos invenies.
Les titres des autres chapitres sont, dans les premières éditions, les
suivants :
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JOSSE BADIUS ASCENS1US
De epistolce aut literarum, consimiliumque quantum ad eleganiiam
cum numerabilibus discrimine.
Tria esse apud Cicerouem epistolarum gênera.
De epistolarum partibus.
De salutatione et speciebus ejus.
De super scriptione, contenant des modèles de suscription : Summo
pontifia, Imper atoribus, Cardinalibus, Régi, archiepistopo et episcopo,
Arclùduci ducique, Abbati cœtcrisque prœlatis, Comitibus equitibusque
auratis, Religiosis et doctoribus, Judici et prœfectis urbium, Civibus et
negociatoribus cœ te risque bonis.
De subscriptione.
De principio seu exordio.
De laude et vituperatione.
De narratione.
De petitione.
De conclusione.
De epistolarum officio.
De modo, forma, stilo aut qualitate familiarium epistolarum.
De providentia in componendo habenda.
De orationis membris.
Despautère a fait, dans son Ars epistolica, plusieurs emprunts à ce
traité ; il les annonce, d'ailleurs, en indiquant qu'il a puisé dans les
œuvres de Dati, de Sulpizio, de Negri, d'Erasme, de Badius, de Bebel
et de Cicéron. Le chapitre : Clausula elegantiores ex Pli ni o contient le
relevé, fait par Badius, des formules les plus élégantes employées par
Pline pour terminer ses lettres; le chapitre : Super scriptio contient un
emprunt important : « Sunt qui nomen proprium ante officii aut digni-
tatis praeconia ponendum censeant... Hsec Badius optime de juvenibus,
seni busqué meritus » ; enfin dans le chapitre de Kpithetis : « Ea (epi-
theta) quemadmodum superscriptionibus adhibentur, ex Sulpitio collegit
Badius noster in hune modum... »
Sulpizio avait écrit un traité qui porte un titre à peu près analogue :
De componendis, ornandisque epistolis, mais qui est entièrement diffé-
rent. Badius l'a publié avec la grammaire de Sulpizio, puis l'a joint aux
Elegantiarum prœcepta Dati avec un e pi tome Ascensiana et des notes
copieuses.
La même année 1502, avec la grammaire de Sulpizio, il donna
pour la première fois son petit traité : De regimine dictionum compen-
diosa tradilio. C'est une syntaxe dont les règles, en vers, sont accom-
pagnées de notes en prose. Elle débute par une petite introduction sur
la grammaire : « Grammatica est recte scribendi, recteque loquendi
C. —
De regimine dictionum.
ŒUVRES GRAMMATICALES.
ni
scientia... » et deux chapitres en prose : Quœ ad congruitatem pertineant
et de regimirie nominum; puis viennent les règles, résumées en quelques
vers et expliquées en prose. Le tout n'occupe pas moins de 20 pages
dans la grammaire de Sulpizio. Voici les premières règles, relatives aux
cas :
De substantivis regentibus genitivum
Dum substantivo substantivum sociatur
Et nihil est medii, sed rcs diversa putatur
Et dubitas cujus, rccte scquitur gcnitivus.
De substantivis regentibus genitivum vel ablativum, mediante adjectivo
Mobile dum parti quadrat vcl proprietati
Totum aut subjectum patrio aut sexto dat utrumque.
De substantivo peculiariter ablativum et communiter dativum régente
Querit opus sextum, dabit est cuicunque dativum.
De adjectivis et etiam substantivis regentibus genithmm
De verbi quarto faciet verbale secundum
Ans, ens, tus, sus, xus, gus, jus, vus, idus, rus, or, ix, eus,
Pos, ceps, ers y ax, ex, ux, osus, cum genituris
Maturus, prestans, fidens, felix, Maro jungit.
De regentibus genitivum vel eo loco alium quemvis.
Quod partit, totum genito vult vel sibi junctum
Signa, gradus, numeri, neutrum pronomen et adver.
Regentia genitivum vel dativum
Utque relativum stans fixe vult genitivum,
Sic si mobiliter flectatur, habeto dativum
Nam socius, similisque et amicus dantur utrique.
Adjectiva regentia genitivum vel accusatkum
Pauca quia usurpant naturam participantis
Juncta loges quarto, potius jungenda secundo
Prœscius et gnarus, quibus aptius additur osus.
Regentia genitivum vel ablativum
Dires, inops, locuples, dis, pauper, egenus, abundans,
Atque potens, plenus, reus, tndigus, atque refertus
Nomen do genito, nec sunt tamen absona sexto.
Regentia dativum
Cuicunque utilitas damnusve notabitur esse
Mobilis accessu poteris sociare dativo.
Quœ duos dativos, vcl dativum et accusativum regunt
Saepe tamen quartum facit illinc prsepositura,
Utilis ad bellum ponetur proximus hostem.
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JOSSE BADIUS ASCEXSIUS
Regentia dativum vel ablatirum
Quae signant passum, discrimen sive recessum
A dat et ab sexto, sine praeside danda dativo
Osus, ilis, dus, jus, tus, sus, eus et obvius addes.
Quœ activum regunt
Mobile participans sapiens aut praeposituram
Aut ipsam apponens, vel graecam in suave figuram
Observans, quartum sibi jungit jure negatum.
Quœ activum vel ablativum regunt
Si sit cum toto vel amicto mobile junctum
Quarto vel sexto partem junget vel amictum,
Sic verbum neutrum, passivum, participansque
Qui, genus et cujas (sed duriter omnia) ponas.
Regentia ablalkum
Mobile dat sexto causas, sed jungiter ex qua
Materia, efficiens, finis verbo mediante.
D. — REGULiE VENUSTATIS.
Avec les Eleganiiœ de Dati (1502 et ss.), sont imprimées les Regulœ
venustalis fer Ascensium collecta; on les retrouve très augmentées dans
le Doctrinal (1504 et ss.), avec d'autres règles : Viginti regulœ con-
gruitatis fro rudioribus. Viginti frœcepta venustioris locutionis. Vtginti
regulœ constructionis seu ordinis gemini ; plus tard ces règles, toujours
revues et modifiées, portent le titre : Regulœ constructionis, ordinis,
venustatis et diversitatis ab Ascensio collecta.
Prima régula venustatis est : Quoties duo vel plura comstructihilia
diversorum accidentium concurrunt, conformari vult tertium vel digniori
pv.r conceptionem, appositionem aut evocationem, vel viciniori per
zeugma...
Secunda venustatis régula : Quando plura constructibilia praecedunt,
tertium venuste quadrant ultimo, id est verbum débet sequi ultimum
suppositum, nisi per similitudinem aut comparationem loquentes ipsum
retorqueamus ad primum...
On trouve encore dans la grammaire de Sulpizio (1506), les Versiculi
Ascensiani in triginta frœcepta elegantiarum Francisci Nigri. réimprimés
avec le Libellus synonimorum M. T. Ciceronis.
~ Sur ces trente préceptes, vingt-deux sont résumés en un vers, cinq
en deux vers, les trois autres en trois et quatre vers. Voici quels sont
les cinq premiers :
Verbum finis amat, ceu : Christum justus honorât.
Idem insigne petit générale, ut : omne.
Mobile vult fixa praeponi, ceu : Bona Virgo.
Vultque interponi quicquam, ut : Bona Virginis ora.
Qui tamen hoc refugit : Bonus est vir qui bene vivit.
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ŒUVRES GRAMMATICALES.
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E. — Syntaxis Ascensiana. — Régula orthographia.
En 1506, quelques-uns de ces petits traités sont réunis dans une édi-
tion du Doctrinal sous le titre commun de Syntaxis Ascensiana, ce sont :
De regimine dictionum; de venustate sermonis latini prœcepta et
métro et prosa nunc primum édita ; de duplici ordine ; de reci-
procatione ; en tête du même recueil se trouve : Jodoci Badii Ascensii
de nomine, pronomine et verbo (quœ principales orationis sunt partes,
et de quibus in prima parte meminit Alexander) puer or um examen
ex bonis auctoribus excerptum, et : Jodoci Badii Ascensii eorum quœ
circa principia Ubrorum et ptcecipue Doctrinalis pranotari soient brevis
declaratio. Dans cette édition et celles qui en découlent, doit se trouver
aussi, à la suite de la troisième partie, le de recte scribendi ralione
compendiosa traditio réuni, sous le titre de : Pro orthographia prœ-
ceptiunculœ, à Y Apex Ascensianus de grœcis dktionibus, ex Tortellio.
Cet Apex Ascensianus de grœcis dictionibus se rencontre un peu par-
tout, dans le Doctrinal (1500 et ss.), les Regulœ de Dati (1502 et ss.),
les grammaires de Sulpizio et de Perotti; il commence par ces mots :
« Nul la dictio graeca apud latinos per / scribetur nisi in latinarum con-
sortiam assumpta sit, ut fur, fama, fucus, frigus... »
Des règles d'orthographe plus étendues reparaissent avec le Catho-
licon de Janua sous le titre : Regulœ orthographiœ ab Ascensio ex multis
collectœ, ob quarum ignorationem Genuensis, Huguitio et eorum sequaces
toties et tant pueriliter lapsi sunt. Elles sont au nombre de 35, écrites
en prose, et forment un ensemble très complet des règles de l'ortho-
graphe latine basées sur les étymologies.
Voici les quatre premières règles d'orthographe :
Régula prima. Nulla dictio mere graeca componetur aut exponetur
per mere latinum ; quoeirca monoculus, subdiaconus et similes ineptae
sunt compositiones ; nemus a nemine, prœsbyter : prœbens iter et con-
similcs ineptae expositiones atque etymologiae ridiculae.
Régula seounda. Nulla dictio mere latina scribetur characteribus
mere gnecis, cujusmodi sunt : <p, y f ty, x, Ç, u et aequivalentes : ph, ch,
ps, k, s, et y. Et e contrario nulla graeca mere latinis cujusmodi sunt
/ et q, ideoque scribetur : Zephyrus, Catelina, etc.
Régula tertia. Non omnis dictio graeca aut alioquin peregrina accen-
tum habet in fine, ideoque non Catholicon, sed eo peritior de accentu
consuletur author.
Régula quarta. Neque omnis graeca mere graecis litteris, licet scri-
benda sit graecis characteribus, nam quasdam habent graeci nobiscum
communes. Unde diaconus, idolon, non dyaconus aut ydolon scribentur,
de qua re signandae sunt hae ex Tortellio collectae regulae.
Les règles suivantes concernent les mots ayant, dans leur composi-
tion, des vocables grecs, ou bien donnent des préceptes généraux.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
A la suite on trouve encore, dans le Catholicon, le de recte scribcndi
ratione compendiosa traditio, légèrement modifié, divisé en 15 règles,
et présenté sous un titre nouveau : Compendiosœ ejusdem Ascensii de
Latinorum orthographia réguler.
En 15 12, Liévin vanden Cruyce, en latin Crucius, professeur à Bail-
leul, réunit quelques-uns des traités de syntaxe de Badius qu'il enseignait
à ses élèves depuis sept années. Ce volume, extrêmement rare aujour-
d'hui, puisqu'on ne connaît qu'un seul exemplaire de chacune de ses deux
éditions, a pour titre Colle ctanea Livini Crucii Enomii in Syntaxim Badia-
nam ex optimis quibusque authoribus. En tête se trouve une Exhortaiio
Badiana ad lectorem juvenilem suœ syntaxis :
Unius edoctus naturam partis, adesto,
Partem ubi connubio parti conjungo venusto,
Atque ubi Musarum plectrum, cythramque ministrans,
Castalios latices, nectar tibi fundo deorum,
Floribus et vernis exorno vireta Sororum.
La syntaxe débute par ces vers :
Quattuor haec casus, persona, genus, numerusque
Sola puer vocum discernunt congruitatem...
A la suite : Aureœ régula puer or um quas ante Donatum et didicit
Badius et docuit, règles probablement empruntées à une édition de
Donat qui aura été donnée par Badius et qui doit être aujourd'hui
perdue. Après ces règles : Breviuscula quœdam prœcepta Iodoci Badii
de venustate sermonis latini et de duplici orationum ordine, passim a
twbis annotata, quœ si pueris peelegantur erunt non minus quant si
V allant aut Dathum didicissent ad poetarum ac oratorum lectionem
egregie initiatis. Ces préceptes, au nombre de 32, commencent ainsi :
Puis viennent les 20 préceptes de duplici constructione atque
ordine :
Dum sensum quaeris, puer, aut bene dicta retexis,
Construe, seu potius per doctrinale résolve...
et, à la suite, 41 préceptes de ordine venusto, et 20 préceptes de reci-
procatione sui et suus ex Valla, qu'on trouve plus tard, imprimés avec
la syntaxe de Despautère.
*
*
*
Si cupis ornatus, puer, atque disertus haberi,
Et Cicérone gravi, yel Apolline dicere digna,
Apte concipies, appones, evocitabis,
Zeugmaque connectes faciens ex arte prolepsim...
ŒUVRES GRAMMATICALES.
En 1524, enfin, en tête de la dernière édition qu'il donna du Doc-
trinal, complètement corrigé et modifié, Badius réunit un certain nombre
de ses règles de grammaire et de syntaxe, cette fois-ci en prose, sous le
titre de Rudimenta ascensiana. Ces rudiments sont divisés en trois
livres ; le premier, qui est de octo partibus orationis grammaticœ puero-
rum examen, contient les premiers éléments de la grammaire :
Grammaticae quid est ? Est ars recte loqucndi, recte scribendi et recte
interpretandi ac censendi, natura, usu, ratione et auctoritate constans...
De nomine et ejus accentibus. Partes orationis grammaticae quot sunt ?
Octo. Quse? Nomen...
Déclina nomen per diversa gênera in diversis declinationibus...
Déclina très gradus comparationis simul...
Examen puerorum de nomine... De pronomine et ejus accentibus...
De verbo et ejus accentibus...
Conjuga verba perfecta et regularia primae conjugationis activas
vocis ad digites... Conjugatio verborum activorum et neutrorum
secundae conjugationis..., etc.
De participio... De adverbio... De conjunctionc... De praepositionc...
De interjectione...
Le second livre a pour titre : Rudimentorum grammatices libellus
secundus majoribus lectitandus, continet enim explanationem et amplio-
rem declarationem eorum quœ dicta sunt ; il contient les chapitres sui-
vants : Declaratio dictorum in primo libro de grammatica; Declaratio
dictorum de nomine ; ...de pronomine ; Annotatio ad ea quœ dicta
s nt de verbo ; Adnotata de participio ; Circa adverbia adnotanda;
Adnotanda de conjugatione ; ...de prœpositione ; ...ad interjectionem.
Le troisième et dernier livre a pour titre : Rudimentorum libellus
tertius, continens triginta congruitatis régulas, potestque poni post supe-
riores libellos et ante Syntaxim, uti placuerit. Suivent les trente règles :
De in eodem casu ponendis ; de substantivo et adjectivo ; de demons-
trativo et demonstrato ; de relativo et antécédente, etc.
La troisième partie du Doctrinal contient aussi, dans les éditions
de 1524 et dans celle de 1527 : Jodoci Badii libellus de orthographia,
très amplifié sur les éditions précédentes et ne faisant pas moins de
50 pages. Ces règles d'orthographe sont en vers, pour être plus faci-
lement retenues par les écoliers ; voici quel en est le début :
De orthographia
Scribendi petit ars nihil immutetur, abundet
Aut desit prave. Quaproptcr proxima quae sit
Vocis origo notes, s, c, t, vel x ubi scribas
TVwque ubi vel tudo fieret, tia non cia fiatur.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
De eisdem penitus lilteris in eadem syllaba non geminandis
Littera nulla eadem bis syllaba habctur eadem
/ duo cum coeunt, fit consonitans prius, «que
Vel périt, at binae diphthongo sunt variatae.
Ae diphthongus erit prima sub fine latinis.
Pr&, prœter, nisi sunt precium, preciaqxic, precesque
Et precor atque premo, prelum, prendoque notabo.
Oe legem nescit, reliquae aut se manifestant.
Diphthongo scribenda per ordinem literarum,
in prima aut unica syllaba.
At quae lege carent sunt singula rite notanda.
Diphthongo ae scribenda in mediis syllabis
Cuncta fere Gra?cis deducta notantur in aus
Multaque Romanis, quare haec sic scripta notabis...
Ces vers sont accompagnés d'un copieux commentaire en prose.
Dans cette troisième partie du Doctrinal se trouvent aussi les
règles de prosodie de Badius. Elles avaient été déjà mises en vers par
lui pour compléter le hxtus ascensianus de la grammaire de Sulpizio,
en 1502, puis elles avaient été reprises et publiées avec VArs versifica-
toria de Despautère, en 15 16, aucta et recognita en 15 19, rursus aucta
en 1526 sous le titre : In versificatoriam art cm isagoge ascensiana. Dans
le Doctrinal de 1524, elles sont divisées ainsi : De carminum metris seu
mensuris; De heroici carminis decoro (31 préceptes) ; De conficiendi
carminis accurata ratione (en prose); De rcliquis carminum generibus
quitus latini uti soient frequentius, iraditio ascensiana : De sap-
plrico, etc. (en vers).
On trouve aussi, à la suite : De decem vitiis in carminé faciendo
vitandis, en dix vers :
Barbara nulla incrit vox incongrua metro,
Nulla redundabit, nulla integritate carebit,
Nil transponetur, nil confundet maie sensum,
Nec rapies longam, nec produecs breviandam,
Nec post vocalem, nec post ni versu in eodem
Partibus at variis vocalis rite sequetur.
Syllaba ne pereat praecedens, ut modo dixi,
Nec succussantos, nec poncs molle crêpantes,
Nec paucis numeris tibi multa licere putabis,
Nec tibi propones nisi summo quosque imitandos.
De diph thon gis latinis
F.
Ars versificatcria.
ŒUVRES GRAMMATICALES.
Voici le début des règles de prosodie dans le textus ascensianus :
De carminibus carmina
Dum subsint métro pcs, syllaba, tempus et ordo.
Sex aut quinque pcdes sint trito, syllaba bina
Sit, vel terna pedi, cui terna quaternave junxi
Tempora, namque brevi sunt singula, binaque longe.
Hincque pcdes tamen sex aptos colligo, quorum
Noscitur ex longis spondeus constare duabus ;
Syllaba longa brevi subjecta vocatur iambus,
Pes citus ; oppositae sint longa brevisque trochseo ;
Dactylus ex longa brevibusque duabus habetur ;
Oppositas anapaestus habet ; tribrachusque brevis tris ;
His proceleumaticum brevibus sub quattuor addunt.
De ordine horum pedum in hexametro
Hexametrum pedibus loca sex dat rite duobus.
Spondeo sextum proprium, tibi dactyle quintum,
Quattuor arbitrio reliquis utrosque locato, >
Verum haec saepe alius pes occupât, unde solemus
Dum fit hypermetrum tibi, dactyle, subdere sextum,
Sed tune absumi superans vult a comitantj
Et rerum pondus, meror languorve loquentis,
Quintum spondeo parât ut sis, dactyle, quinto
Et proceulcumatum variis damus ac anapaestum,
Tempora quia pedibus servant conformia justis,
Et quia communis finalis syllaba quœvis
Undecimus tribrachus, sextus solet esse troçhaeus
At gravitas vocum, caesura licentia vatum
Gignit, iambe, locum tibi ternum sive quaternum
Aut alium, ut tribracho si prima sit ultima verbo.
Nous donnons aussi, à titre de curiosité, une règle empruntée à
V/sagoge ascensiana :
De vocalibus ante consonantes régulée générales
A solum trahit quodque et dissylaba manas
E dissylaba d simul l tardant, sed et «, s
T que vel « conso. caetera corripiunt.
/ tardant d vel /, n et s ceu consonitans v.
M vel r in dissyl. caetera corripiunt.
O Bogomoso dissyllaba d modo tardant
O rapiunt b y /, p polysyllaba t neque solum...
Badius, dans le commentaire de Tart poétique d'Horace, édition
de 1503, avait déjà rédigé des règles de prosodie : « hanc poeticam rursus
elucidavi, écrit-il, et, ut dicunt, regulis prosaicis auxi. »
*
■ * *
A ces différentes publications, il convient d'ajouter le livre de gram-
maire publié à Londres sous ce titre : Ascensitts declynsons unth ihe.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
playne expositor. Declinationes ascensianœ métro exametro composite
ab Ascensio, non a Sulpitio ut nonnulli putant, sed quantam (prœter
metrum etiam tersissimum) hœc duo opéra différant, aliorum sit judicio.
Je n'ai pas vu ce livre, mais il me semble, d'après la desription qu'en donne
Dibdin (II, pp. 203 et ss.), que ce soit une réimpression du textus Ascen-
sianus ou des Collectanea in Syntaxim Badianam ; il y a en outre un
copieux commentaire, en anglais, dont l'auteur ne s'est pas fait con-
naître. En Angleterre, on trouve encore le nom de Badius au titre de
la seconde grammaire de Robert Whittington, professeur de grammaire
et poète lauréat de l'Université d'Oxford, publiée pour la première fois
en 15 16 et sans cesse réimprimée. L'auteur y annonce qu'il a puisé dans
les œuvres de Priscien, Perotti, Sulpizio et Badius : Declinationes nomi-
num tant latinorum quant grœcorum, patronynncorum et barbarorum, e
Prisciano, Sipontino, Sulpitio et Ascensio amussatim collecta cum corn-
mentariolo interlineari et dictionum interpretatiunculis...
Despautère, sur le titre de son Ars epistolica, se recommande aussi
des auteurs dans lesquels il a puisé ses enseignements et cite le nom
de Badius en bonne compagnie : Ars epistolica Joannis Despauterii
Ninivitœ, ex Dato, Sulpitio, Nigro, Erasmo, Badio, Bebelio et ipso
Cicérone...; il avait déjà, en 15 12, donné, dans la préface de sa
Grammaticœ prima pars, la liste des grammairiens modernes les plus
renommés, en Italie : Perotti, Sulpizio, Mancinelli, Aide Manuce; en
France : Guillaume Tardif, Robert Gaguin, Josse Badius; en Espagne :
Antoine de Lérija; en Allemagne : Henri Bebel et Jacques Henrichmann.
A cette liste, il avait ajouté deux de ses anciens professeurs, Gérard
Cannifius, alors archididascalus à Bois-le-duc, et Jean De Coster
(Custos), alors professeur à Anvers ; il donne aussi le nom de son com-
patriote Hermann van Beek (Torrentinus), de Zwoll.
Il est possible que le nom de Badius figure aussi au titre de quelque
édition de YOrtus vocabulorum, dictionnaire très en vogue en Angle-
terre; Dibdin, en citant le titre de la première édition, qu'il n'avait
pas vue, y insère cette phrase : Cum perpulchris additoribus Ascens. et
vernaculœ linguœ expositionem continens. Il a sans doute emprunté ce
titre à une édition postérieure, car l'édition originale, qui est de
l'année 1500, ne porte rien de semblable ni au titre, ni à la souscription.
Comme YOrtus vocabulorum est en partie tiré du Catholicon de Janua,
il serait possible que le nom de Badius soit mentionné comme ayant
revu et corrigé le Catholicon; ce ne pourrait être alors qu'après 1506.
Pourtant, l'édition de YOrtus vocabulorum de 1509, que j'ai colla-
tionnée avec soin, ne porte nulle part le nom de Badius que je n'ai
pas trouvé non plus dans les descriptions des éditions postérieures *.
1. III, pp. 99-101.
ŒUVRES GRAMMATICALES.
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G. —
Alexandre, de Villedieu.
La première grammaire que Badius publia avec sl>s notes et ses
corrections est, nous l'avons dit, le Doctrinal d'Alexandre d- Villedieu;
nous avons indiqué les raisons qui l'avaient engagé à entreprendre ce
travail, bien qu'il l'ait considéré, au début, comme plutôt funeste. Ces
raisons ont besoin d être connues pour justifier Badius du reproche qui
lui a encore été fait récemment, d'avoir perdu son temps à éditer b
Doctrinal, œuvre indigne d'un fervent humaniste comme lui. Il s'en
explique dans la préface adressée à Gilles Ghijs et André Terrebourg,
recteurs du collège de Gand où il avait été élevé, qui lui avaient demandé
de revoir les commentaires écrits par Jean Sinthen, de l'ordre des frères
hiéronymites de Gand, pour les deux premières parties du Doctrinal :
« Vous m'avez prié de jeter un coup d'oeil rapide sur les commen-
taires écrits par Sinthen pour le Doctrinal, et de noter au passage ce
qui me semblerait s'écarter des préceptes de mon enseignement. J'aurais
certainement refusé de me charger d'un tel travail — si tant est qu'il
m'eût été possible de refuser quoi que ce fût à votre maison, à laquelle
je suis redevable du peu que je puis avoir de renommée comme pro-
fesseur — car l'opinion des hommes éclairés est qu'Alexandre doit être
absolument laissé de côté et que Sinthen, insuffisant sur bien des points,
a mis dans ses notes beaucoup de désordre.
« S'il m'eût été aussi facile de le démontrer à tout le monde qu'à
vous, le Doctrinal aurait vécu.
« Mais la jeunesse flamande, qui est attirée vers votre collège comme
vers le marché commun où se débitent les meilleurs enseignements de
littérature, y arrive déjà tout imbue des rudiments d'Alexandre. Si l'on
voulait remplacer le Doctrinal par une grammaire mieux appropriée,
il faudrait commencer par faire oublier à ces enfants ce qu'ils savent
par coeur : cela ne serait pas sans de grandes difficultés pour les élèves
aussi bien que pour les professeurs. Il a donc paru plus sage- de ne
pas s'écarter de l'ancienne route, et vous m'avez chargé d'y guider vos
élèves, après en avoir arraché les épines et les ronces... »
La première édition de ce travail de Badius paraît être celle qui
fut imprimée à Paris par Thielmann Kerver, pour Jean Petit, à la
fin de l'année 1500; il est possible que la troisième partie du Doctrinal,
pour laquelle Sinthen n'avait pas écrit de commentaires, ait paru plus
tôt. Je ne serais pas étonné cependant si l'on découvrait un jour une
édition antérieure des trois parties, donnée par Badius avant son départ
de Lyon. Le texte du Doctrinal y est corrigé en quelques points, les
notes de Sinthen sont revues et modifiées, et la troisième partie est
entièrement annotée par Badins. En T504, il donne une nouvelle édition
120
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
des trois parties, avec des corrections beaucoup plus nombreuses, des
frœnotamcnta, et quelques-uns de ses petits traités; il préparait cepen-
dant, comme il ^annonçait dans sa première préface, un travail entiè-
rement nouveau, qui parut en 1506.
Dans cette nouvelle édition, et celle de 1507, qui doit en être la
copie, les commentaires de Sinthen sont supprimés et remplacés par le
commentaire entier de Badius, accompagné de nombreuses explications;
quant au texte même d'Alexandre, il est déjà très modifié et nombre
de vers ont été refaits.
La vogue de ces commentaires était telle que les éditions de Badius
étaient réimprimées de tous côtés, surtout celle de 1504; Badius se plaint
de ces contrefaçons dans deux pièces de vers que j'ai trouvées pour la
première fois dans une édition de 15 10, mais qui figure sans doute
aussi dans celle de 1506, que je n'ai pas vue. Il recommande aux lec-
teurs de bien s'assurer de la provenance des éditions qu'ils achètent :
Les éditions du Doctrinal citées dans la partie bibliographique 1 ne
représentent certainement qu'une petite partie de celles qui ont été
imprimées, et le nombre des contrefaçons dut être beaucoup plus grand.
On peut imaginer combien de ces réimpressions ont disparu en remar-
quant que celles qui sont citées ne sont généralement connues que par
un seul exemplaire, ou par un seul fragment d'exemplaire.
En 1510, nouvelle édition découlant de celle de 1506, avec la même
préface aux professeurs de belles-lettres, mais encore modifiée et cor-
rigée : Rursum diligentissime ab Ascensio exflanati, emendati et aucti.
En 1522, nous voyons apparaître une nouvelle édition de la pre-
mière partie du Doctrinal avec un copieux commentaire en prose qui
n'est plus son œuvre, mais celle de Jean Vaus, professeur de grammaire
à l'Université d'Aberdeen.
Jean Vaus avait quitté l'Ecosse pour venir soumettre ses notes et
un projet de rudiments à Badius. Après une traversée accidentée, ayant
laissé aux mains des pirates tout ou partie de ses bagages, il avait
débarqué à Dieppe sain et sauf, et, après quelques jours de repos, avait
gagné Paris. Il y travailla encore six mois, sous la direction de Badius
et d'un autre Ecossais. Robert Gray, professeur au collège de Boncourt,
avant de publier son Doctrinal et ses Rudiments. Badius corrigea les
notes du Doctrinal et écrivit une préface adressée aux étudiants
d'Aberdeen; deux autres préfaces de Jean Vaus et de Robert Gray
signalent que si Badius n'a pas collaboré directement avec Jean Vaus,
1. II, pp. 5-24.
Gens ignara et iners, fruges consumere nata,
Falces in messem mittit unique mcam...
ŒUVRES GRAMMATICALES.
121
celui-ci s'est servi, dans la plus large mesure, des éditions antérieures,
et qu'il a suivi, non pas le texte original du Doctrinal, mais le texte
corrigé et presque entièrement modifié par Badius.
Jean Vaus, obligé de regagner l'Ecosse, avait vivement engagé
Badius à continuer, pour la seconde partie, le travail qu'il venait de
faire pour la première. Badius se laissa facilement convaincre et une
nouvelle édition du Doctrinal, avec les notes en prose, parut en 1524.
Il ne reste plus, dans les deux parties du Doctrinal, ainsi publiées, que
bien peu de choses du texte primitif d'Alexandre de Villedieu ; au titre
même, le nom d'Alexandre devient l'accessoire : Rudimenta Ascensiana
cum prima (et secunda) parte Doctrinalis... Nous avons expliqué, plus
haut, ce que contenaient les Rudimenta Ascensiana placés en tête, ainsi
que les règles de prosodie et les règles d'orthographe de Badius, jointes
à la troisième partie. La première partie est telle que Jean Vaus l'avait
donnée : a magistro Joanne Vaus, Scoto, versiculis Ascensianis emen-
datum et propriis commentants expositum; la seconde partie est réduite
in compendium. Quant à la troisième, elle paraît moins modifiée; on y
ajouta, plus tard, en septembre 1525, une table des vocables qui y sont
cités.
Cette édition, imprimée par Badius en mars et juin 1524, fut réim-
primée par lui en octobre de la même année, ce qui prouve quel succès
elle obtint dès son apparition. Elle contient trois préfaces, à Jean Bulut,
professeur de grammaire au collège de Navarre, à Louis Lasserre,
recteur du même collège et curé de Saint-Benoît, et aux étudiants.
Badius y explique les raisons qui l'ont engagé à conserver encore le nom
et la forme du Doctrinal.
Il y avait, écrit-il à Jean Bulut, pour la nouvelle grammaire qu'il
avait voulu publier, trois façons de procéder : faire une grammaire entiè-
rement nouvelle, commenter et mettre sous une forme meilleure la
grammaire de Despautère, qu'on trouve prolixe et confuse, reviser à
nouveau le Doctrinal. Il n'a pourtant adopté complètement aucune de
ces trois méthodes. Sa grammaire n'est pas suffisamment à point pour
qu'il puisse la présenter seule au public; il préfère la joindre encore
au Doctrinal; il trouve qu'il ne faut pas modifier celle de Despautère
qu'il a plu à son auteur de publier telle qu'elle est, et il craint, en revi-
sant le Doctrinal, d'être plus occupé à corriger des bagaielles qu'à y
introduire des éléments nouveaux. S'il a conservé le nom d'Alexandre,
c'est pour pouvoir continuer le travail fait par Jean Vaus pour la pre-
mière partie, et ne pas paraître moins soucieux que lui de ses propres
œuvres, surtout aussi pour plaire à Louis Lasserre qui aurait regretté
de voir disparaître pour toujours le nom d'Alexandre considéré, depuis
deux siècles, comme celui d'un bienfaiteur de la jeunesse.
Dans sa préface à Louis Lasserre, il se félicite d'avoir suivi ses
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122
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
conseils, bien qu'il ait presque entièrement fait disparaître le texte
d'Alexandre des deux premières parties. Il lui promet de réparer cette
injustice en publiant prochainement le texte lui-même, dont il ne retran-
chera que quelques passages tout à fait inutiles, et il ajoutera à la
seconde partie les préceptes d'élégance auxquels il travaille en ce
moment.
Badius a-t-il tenu cette promesse? L'édition qu'il annonce n'est pas
connue et il est infiniment probable qu'elle n'a jamais été publiée. On
peut considérer qu'après l'édition de 1524, Alexandre était complètement
détrôné, et que Badius avait atteint le but qu'il s'était projK>sé en 1500,
quand il écrivait à Gills Ghijs et André Terrebourg : « Quae res, si tam
aliis quam vobis facile persuaderi posset, facessant propediem Alexan-
drini codices! »
Pour qu'il soit possible de se rendre compte de ce qu'était devenu
le texte primitif d'Alexandre, nous donnons ici les premiers chapitres
du Doctrinal, tel que les a publiés Reichling 1 , et ces mêmes chapitres
pris dans les éditions de 1524. Peu de vers sont restés intacts, certaines
parties sont résumées, et un assez grand nombre de règles nouvelles sont
ajoutées :
Rectis as, es, a dat declinatio prima,
Atque per am propria quaedam ponuntur hebraea,
Dans œ diphthongum genetivis atque dativis.
A m servat quartus ; tamen an aut en reperimus,
Cum rectus fit in es vel in as, vel cum dat a Graecus.
Rectus in a Graci facît an quarto breviari.
Quintus in a dabitur, post es tamen e reperitur.
A sextus, tamen es quandoque per e dare debes.
Am recti répètes quinto, sextum sociando.
Primo plurali débet œ quintoque locari.
Atque secundus habet arum, nisi syncopa fiât.
Tertius aut sextus habet is, tamen excipiemus :
Quando'mas fit in us, in a fœminoum sine neutro,
Fœmineis abus sociabitur, ut dominabus,
Sexmm discernens ; istis animas superaddes.
Accusativis pluralibus as sociabis.
Versibus his nota fit declinatio prima.
Er vel ir, ur aut um, vel us aut eus pone secunda.
/ genctivus erit ; sed quando rectus habebit
Jr aut ur. aut eus genctivus eum superabit.
Um par fict et us, sed quod fit in er, variamus,
Er sft juncta superabit, et er sine muta,
M si pnesit genctivus non superabit.
Huic norma? suberit ternamve sequester habebit
1. Le texte publié par Reichling diffère très peu de relui de l'édition pari-
sienne qui a précédé la première révision de Badius : Ficini Tiàrrçœ in Ahxan-
drum interfretatio. Paris, Iierthold Remboldt. 30 mai is<~>o, in-4 0 .
TEXTE D'ALEXANDRE DE VILLEDIEU
ŒUVRES GRAMMATICALES.
Par est, cum mutae subit r per a dans muliebre;
Hinc tamen excipias, quae de gero vel fero formas.
Crescunt, quae dant us ; et adulter erit superandus,
Celtiber atque lacer, liber, socer ac Iber, atque
Fresbytert cum Mulcibero memor esse mémento.
Dexter format eri, poteris quoque dicere dcxtri.
Caetera cum muta die esse frequentius aequa.
Unus et ullus, uter et nullus, solus et aller,
Totus, dant in tus genetivos, addis alius.
Namque tenent normam pronominis ista secundam.
Cum datur i bina, jacitur quandoque suprema.
Lus dat et vel eos genetivo more pelasgi.
Tertius o posuit sextumque sibi sociavit ;
Sed dabis i terno, cum feceris us genetivo.
Um retinet quartus, sed neutris provideamus :
Primum cum quarto quintoque sono dabis uno.
Cum tenet eus rectus, aliquando fit per a quartus.
On junges Graecis, tibi testis erit Meûelaon.
Rectus in r vel in um similem faciet sibi quintum;
Ex r quandoque per metathesim reperis re.
Recti diphtongus dabit eu quinto quasi Graecus.
Cum proprium dat tus tenet i quintus jaciens us.
Us mutabis in e, si formas caetera recte.
Quintus habet casus fili, Deus, agne, vei agnus,
E». vulgus, pelagus, populus, fluvius quoque dant us.
Cum proprium fongum dabit us, u quintus habebit.
Primo plurali decot i quintoque locari.
Hos casus neutri quartumque decet per a poni ;
Excipis ambo, duo, tamen haec heteroclita pono.
Die nisi concisis arum fieri genetivis.
Tertius îs finit sextumque sibi sociavit.
Os faciet quartus, nisi neutris ; a damus illis.
O dabit eque vel a tibi declinatio terna.
C junges a vel e, d vult i sola praeesse.
L cum vocali patietur qualibet addi.
À ; u non junges, reliquis vocalibus addes.
Cuilibet r jungis ; s insuper omnibus addis.
B quoque praeposita datur omnibus s sociata.
Uls ut puis sequitur, sed et em ut h'tems reperitur.
5, si praepones n, omnibus addere debes.
Non u, sed reliquis s, p praeeunte. locabis.
Non i, sed reliquae praeeunt r s sociatae.
Dicimus œs ut prœs s aut ut laus jungere debes.
Irps ut stirps jungis, ut solam t sociabis.
X quoque vocali patietur cuilibet addi,
Alx dabit anx, arx, unx, ut cnlx, lanx, arx quoque cottjunx.
TEXTE DES (( RUDIMENT A ASCENSIANA », 1524.
Rectis as, es, a dat declinatio prima,
His hebraea per am. ceu graeca per e, superaddam.
JE genitivus habet diphthongon, lectus in ai,
Ex a, quondam et in as, e graeca per es, bene flectas.
/fe'que dativus habet, graecum c, tantummodo longum.
124
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Am servat quartus, tamen an ex as reperimus,
Ac an ab a curro. Quod in e vel in es fit, in en do.
Quintus in a dabitur, post es tamen e reperitur.
A sextus, tamen es quandoque per e dare debes.
Casibus am primis, patrio e, quartoque movebis.
Primo plurali débet œ quintoque locari.
Atque secundus habet arum, nisi syncopa fiât.
/s terno et sexto datur, abus habent tamen octo :
Flia, nata, duœ, liberta, equa, mula, dea, ambœ ;
Quidam addunt famulas, dominas, asinas, animasque,
Lectum est et natis. As quarto consociabis.
Er vel i>, «rque vel um, vel us aut eus pone secunda.
/ gcmtivus habet, sed in his tantummodo crescet
Eus, ir, ur atque gêner, prosper, puer, asper, adutter :
Fresbyter atque tener, miser, exter, gibber, uterque,
Et lacer atque Liger, secer, orta fero, gero, Liber.
Mobile vel Bacchus, nisi fiât syncopa, dexter
Et cœler, deter, nuper quondam. Us quoque quae dant
Unus et ullus, uter, totus, solus simul al ter
Altertus brevians, alius quod tardât altus.
Namque tenent normam pronominis ista secundam.
Cum datur i bina, jacitur quandoque suprema.
Eus dat ei vel eos genitivo more pelasgi.
Eus quoque transit in i, sed eos per eo scio flecti.
Tertius o posuit sextumque sibi sociabit
Sed dabis i temo, cum feceris us genitivo.
Eus quoque, quando fit es, in terno jungit ût Orphes.
Um retinet quartus, numéro neutrus in utroque
Primum cum quarto quintoque sono dabis uno,
Os vel on on grsecis, et ab eus ea saepe creabis.
Kectus in r vel in um similem faciot sibi quintum,
Ex r quandoque sive ex rus comperies re.
Recti diphthongus dabit eu quinto quasi graecus.
Cum proprium dat in s tenet i quinto jaciens us.
Us mutabis in e, sed filius excipe fili.
Quinto dant us et e populus, fluinus, Deus, agnus.
Primo plurali quinto simul i sociabis.
Hos casus neutri quartumque decet per a poni.
Die, nisi concisis, orum fieri genitivis.
Ast ea concides quae post numéral ia pones
Aut illis junges, ceu nummum mille, duunnnr,
Dumque sonus melior, ceu Divum dona piorum.
Non ea neutra quibus vox consona sit praeeunti.
Tertius is finit sextumque sibi sociabit.
Testa lego per ibus, licet orum dent genitivis.
Os faciet quartus, nisi quod tribus a dabo neutris,
Excipis ambo, duo, tamen hoc heteroclita pones.
O dabit fque vel a tibi declinatio tertia
C junges a vel e, d vult * sol a praees^e
L cum vocali patietur qualibet addi.
N u non junge, reliquis vocalibus adde.
Cuilibet r junges, s insuper omnibus addes.
h quoque praeposita datur omnibus s sociata.
ŒUVRES GRAMMATICALES. 125
Uls ut puis sequitur, sed et ems ut hiems reperitur.
N, si praepones s, omnibus adderre debes.
Non sed reliquis s, p praeeunte, locabis.
Non f, sed reliquae praeeunt r s sociatae.
Dicimus ces ut pas, aus ut Laus jungere debes,
Irps ut stirps junges, ut solam t sociabis.
X cum vocali patietur qualibet addi,
Alx dabit anx, arx, unx, ut calx, lanx i arx quoque conjunx.
On pourra comparer ces deux textes au Textus ascensianus, dont il
est question plus loin et dont nous reproduisons également les parties
correspondantes à ces premiers chapitres.
H. — Augustin Dati.
Quelques mois après avoir donné sa première édition du Doctrinal,
Badius commentait les Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, publiées
chez Jean Petit et les frères de Marnef le 15 mars 1501.
En 1498, Josse Clichtove avait publié un recueil contenant les
Pracepta elegantiœ de Dati et ceux de François Negri, avec son com-
mentaire et, en plus, un petit traité de sa composition : Nomina digni-
tatum magistratuumque vêler um Romanorum. C'est le même recueil que
publia Badius en 1501, mais avec son commentaire joint à celui de
Clichtove pour les Eleganliœ de Dati ; il y ajouta seulement son De recte
scribendi ratione... Ce recueil, successivement augmenté, eut un très
grand succès; dans la partie bibliographique, on en trouvera 22 éditions
décrites, bien que nombre de réimpressions aient dû nous échapper.
Dès 1502, Badius le faisait réimprimer en y ajoutant plusieurs
parties : De efnstolis et orationibus de Jean Sulpizio, De ortho gr aflùa
de Georges Valla, ses propres règles d'orthographe et son Apex ex
Tortellio depromptus. Il se plaint dans la préface d'une contrefaçon
qui vient detre faite de sa précédente édition; il engage les étudiants à
se montrer plus perspicaces dans le choix des livres qu'ils achètent et
à ne pas se laisser tenter, par économie, de s'adresser à des libraires
ne vendant que des éditions contrefaites et pleines de fautes.
En 1505, il dut donner une nouvelle édition, encore modifiée, dont
je n'ai pas retrouvé d'exemplaire, mais qui a été copiée plusieurs fois;
elle contient de plus que la précédente YArs diphthongandi de Guarino,
de Vérone, des additions de Jean Mediovillanus, et deux nouveaux
traités de Dati : De novem vocabulis per anliphrasim dictis et : De
iloribus vocum ex Ciccrone. En 1506, il donna une meilleure forme
au recueil, réunissant les pièces accessoires et supprimant du titre la
longue énumération d^ son contenu; c'est ainsi qu'il le réimprima plu-
sieurs fois, et qu'il fut le plus souvent copié.
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126
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Il y a de ce recueil, outre les éditions de Badius et les réimpressions
faites à Paris, des copies imprimées à Nuremberg, à Poitiers, à Bâle,
à Lyon, à Rouen, à Limoges et à Caen.
Les préceptes d'élégance de Dati, mis en vers latins par Robert
Buisson (Dumus) de Lisieux, furent imprimés aussi par Badius, sans
date; ses pièces n'y figurent pas, mais son éloge s'y trouve inséré en
plusieurs endroits *. Quant aux lettres de Dati, elles ont été publiées à
Paris, en 151 1, par Jules-Simon Carpentier, parisien, et contiennent, au
milieu des pièces accessoires, le de recie scribettdi... de Badius 2 .
En 1501, Badius continuait ses publications grammaticales par les
deux traités de Laurent Va lia de linguœ latinœ elcganiia et de recipro-
catione. Il y reproduisait le commentaire d'Antoine Mancinelli, y ajou-
tait des notes explicatives, des tables, et faisait précéder chacun des six
livres du de elcgantia du résumé très complet de son contenu. En 1505.
il y joignait deux autres traités de Valla Adnotationes in Antonium Rau-
densem et Apologus, seu actus scenicus, in Pogium Florentinum. Il
revisa encore une fois son travail en 1528.
De 1501 à 1544. je n'ai pas relevé moins de 34 éditions du de ele-
ganiia avec les résuxés et les notes de Badius, plus 4 éditions des
résumés publiés seuls; elles sont imprimées à Paris, à Strasbourg, à
Lyon, à Schlettstadt, à Cologne et à Venise 3 .
Dans les éditions de la syntaxe de Despautère, on trouve aussi un
petit résumé du de reciprocatione de Valla, en vingt préceptes : Pr ac-
cepta Badii de Sui et Suus ex Valla viginti.
J. — Textus Ascensianus. — Jean Sulpizio. Nicolas Perotti.
C'est en mars 1502 qu'il donna sa première édition de la grammaire
de Jean Sulpizio, avec de nombreuses notes et son textus ascensianus.
Nous avons expliqué plus haut ce qu'était le textus et les raisons qui
l'avaient incité à joindre au texte des grammairiens italiens une gram-
maire écrite en vers latins. Dans cette première édition, le textus n'est
pas encore complet ; il est accompagné de quelques-uns de ses petits
traités et du Carmen juvénile de Sulpizio; le titre porte : Posterior editio
Sulpitiana, par allusion à une édition de cette grammaire antérieure-
ment donnée à Paris, par Jean Petit, en 1495.
Le succès fut tel que dès le mois de novembre 1503 une nouvelle
édition fut nécessaire; Badius se félicite, dans la préface adressée à
Jean Laux (Lauxius), professeur à Arras, du profit que la première
1. II, p. 374.
2. II, pp. 359-375.
3. III, pp. 325.344.
I.
Laurent Valla.
ŒUVRES GRAMMATICALES.
127
édition a rapporté à ses éditeurs. Elle porte au titre : cum textu ascen-
siano recognito et aueto, et fut copiée à Londres, en 1505, par Richard
Pynson.
En avril 1506, nouvelle édition donnée par Badius de la grammaire
de Sulpizio avec le textus très augmenté; le titre énumère les nouveaux
chapitres qui sont accompagnés des vers de Badius, et un avis au lecteur
indique que cette édition peut complètement remplacer le Doctrinal,
qu'elle contient beaucoup de choses de plus, qu'elle est mieux présentée
et d'après de meilleurs auteurs. Une édition sans date donnée à Caen par
Pierre Regnault en est la copie.
Deux ans après, en 1508, quatrième édition donnée par Badius, avec
de nouvelles corrections et de nouvelles augmentations. Elle porte au
titre : Quinta recognitio a/que additio ad Grammaticen Sulpitianam,
cum textu ascensiano in quamplurimis locis> prœsertim de syllabarum
quaniitale, et de figuris y et praceptis orthographiée illustrato, emuncto
atque aucto, nullo prorsus utili detracto. C'est, en effet, la cinquième
forme sous laquelle la grammaire de Sulpizio était publiée à Paris.
Trois réimpressions successives portent encore ce titre de Quinta reco-
gnitio, l'une imprimée par Badius dès le mois de décembre suivant, une
autre imprimée à Paris par Jean Barbier, en 1512, pour Jean Petit, de
Paris, et Wynand de Worde, de Londres et la quatrième aussi à Paris,
par François Regnault, en 15 14.
Badius donna encore, en 1527, une édition de cette grammaire, mais
qui n'a plus le textus ascensianus, elle est intitulée Postrema editio, et
ne contient que des commentaires en prose. La dédicace en est adressée
à deux professeurs anglais, Jean London, d'Oxford, et Edouard More,
de Winchester.
Son commentaire sur le Carmen juvénile de Sulpizio, qu'on trouve
joint à la grammaire, avait déjà paru en 1492 dans ses Sylvœ Morales ;
on en trouve aussi des éditions isolées, dont quelques-unes, imprimées à
Londres, ont pour titre : S tans puer ad mensam K
* *
Simultanément, le textus Ascensianus était imprimé avec la gram-
maire de Nicolas Perotti ; la première édition en fut donnée par Badius
en mars 1504, il la réimprima en juillet 1505, en y ajoutant quelques-
uns de ses petits traités. Ce sont là les deux seules éditions que j'ab
rencontrées émanant de Badius, mais il est probable qu'il en donna
d'autres car le succès du textus Ascensianus ne fut pas moins grand avec
la grammaire de Perotti qu'avec celle de Sulpizio 2 . Les contrefacteurs
1. III, pp. 262-273.
2. III, pp. 138-146.
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128
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
se jetèrent sur elle avec un égal acharnement, et Ton peut citer douze
éditions imprimées à Paris, à Lyon, à Londres, à Caen ou à Limoges,
qui contiennent également le textus Ascensianus. Elles sont écrites dans
la partie bibliographique.
* *
Le textus est moins étendu dans la grammaire de Perotti que dans
celle de Sulpizio, car elle contient moins de chapitres : l'art poétique,
notamment, ne s'y trouve pas; mais il est corrigé sur l'édition de Sul-
pizio de 1502.
Pour donner une idée du textus ascensianus, nous en reproduisons
ici les premiers chapitres, d'après la première édition de Sulpizio, en
indiquant les principales modifications qui se trouvent dans le textus
accompagnant Perotti, et dans celui de la Quinta recognitio de Sulpizio,
où il est très amélioré. Ce sont les chapitres correspondants à ceux du
Doctrinal d'Alexandre de Villedieu que nous avons reproduits plus
haut d'après le texte primitif d'Alexandre et d'après celui des dernières
revisions de Badius en 1524; on pourra comparer avec intérêt ces deux
textes à celui du textus ascensianus.
DE DECLIN ATIONE NOMINUM
De nominativo prima dcclinationis
Quintuplices formas déclinant nomina rite
Quarum prima suis dabit, as, es, ani vel a rectis l.
De genitivo et dativo
JE cum diphthongo patrio damus atque dativo
Sed patrio dédit as, atque ai saepe Vetustas.
Atque per e clausum dabit es patrio quia graecumî.
De accusativo, vocativo et ablativo
A m quartus servat, quem graecus in an quoque format
Dum rectus fit in as vel in a, sed et en facit ex es.
1. Dans Perotti ces deux vers sont remplacés par les suivants :
As, es, a simul e clauduntur nomina prima;,
Suntque hœbrea per am duntaxat in e varianda.
Dans la Quinta recognitio, cette première règle est en trois vers •
Quintuplices formae déclinant nomina recte
Quarum prima suis dabit as, es, am, vel a rectis;
Sunt quoque lecta per e, sed ea inter graeca require.
Dans le texte primitif du Doctrinal, elle est ainsi formulée :
Rectis as, es, a dat declinatio prima,
Atque per am propria qux-dam ponuntur hebrœa
et dans le texte de la dernière édition revisée par Badius, 1524 :
Rectis as, es a dat declinatio prima,
His hebrata per am, ceu graeca per e % superaddam.
2. Ce vers manque dans Sulpizio.
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ŒUVRES GRAMMATICALES
129
A primi quinto dabis, a longum dabo sexto.
Es vult e fieri, quod in a vertere vctusti.
Am duntaxat in e vel non, quia barbara, fiecte 1.
De nominativis et vocativis fluralibus
Recto plurali datur œ diphthongus utrique.
De genitivis
Ast arum patrio, nisi sincopa sit, sociabo
Quae fit légitime deductis compositisque
De dativis et ablativis et accusativis
Is terno et sexto datur, abus habent tamen octo :
Filia, naia, duœ, liberta, equa, mula, dea, ambœ.
Quidam addunt : famulas, dominas, asinas, animasque.
Lectum est et natis. As quarto consociabis 3.
De recto singulari secundœ declinationis
Datque sequens rectis er, ir, ur vel us, umquc latinis,
Eus quoque, sed graecis quibus os simul on sociabis.
De genitivis
/que dabit patrio nostrati 2 namque pelasgo
Praebet eos vel eo ; quae dant us rite notabo.
Nec minor est recto nisi dempseris ii geminato.
Ex ir, ur, eus superet, par semper ab um vel us extet.
Er crescent semper, vel non muta pereunte,
A fero, fer, gero, ger ; Bacchus vel mobile liber,
Crescit Hiberus Hiber cum nato [Celiiber], crescit adulter,
Presbiter atque lacer, socer, interdum quoque dexter,
Mulciberi vel eris poteris superaddere, si vis.
Caetera non crescant, nisi quae patrium per ius dant à.
De dativis et ablativis
O terno et sexto datur, i fit ab us genitivo,
Eus quoque, quando fit es, i terno jungit ut Orfhes.
1. Les trois derniers vers sont remplacés dans Perotti par ceux-ci :
A primi quinto datur, e fit ab es quoque recto,
Sextus in a longum, tamen ex es, e quoque lectum.
2. Dans la Quinta recognitio :
Quae sit prolixis. deductis, compositisque.
3. Dans la Quinta recognitio, les deux derniers vers sont ainsi modifiés :
Quidam addunt : famulas, dominas, asinas, animas et
Servas, cum paribus quae rite per is variemus.
4. Dans la Quinta recognitio:
Caetera non crescant, nisi rite per us patrium dunt.
1. 9
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
De accusativis et vocaiivis
Vm quartus servet, nisi forsan neutra pcr us det,
Eus, ea formabit, vol ut on vel os on generabit,
Par recto quintus, sed s aufcrt saepj pelasgus,
Sic Panthus, Panthu, sic Orpheus dicitur Orpheu.
Us mutatur in e, quae sunt neutralia deme,
In proprio per ius, quia tollit us, i retinemus,
Filius et fili, quod in e flexerc vetusti.
Sed fluinus, populus, lucus, Deus et chorus, agnus
Usurpantur in us, quae rite per e variemus.
De nominativo et vocativo pluralibus
Primo plurali quinto simul * volo jungi
Sed tamen ambo, duo, dum mascula neutraque tollo.
Praeter quae neutris pluralibus a brève cunctis
Primis et quartis et quintis associabis.
De genitivis
Die nisi concisis orum fieri genitivis
Ast ea concides quae post numeralia pones
Aut iis compones, seu nummum mille, duumvir,
Dumque sonus melior, seu dkmm dona piorum.
De dativis
1s terno et sexto datur, ambo, duoq\xe per obus,
t esta lego per tbus y licet orum dent genitivis.
De accusativis
Os quarto dabitur, tamen ambo, duoque notentur
Nam quondam maribus dederant o ceu modo neutris *.
De tertia declinatione
Très sibi vocales (a, e, o) et très vult tertia mutas (c, d,
Très liquidas (7, n, r), s et .v varie vocalibus addens,
i. Dans Perotti, il y a ici une règle de plus :
Nullus et u/Ius, uter, cum natis solus et alttr
Totus et unus adhuc alius quod format alius,
Quis, qui cum natis velut ipse modo variabis
Ut meus et noster prisci dixere fréquenter,
Hinc tribus est quintus per e totus, solus et unus.
Dans la Quinta recognitio, cette règle est ainsi développée :
N ut lus et ut lus, uter, cum natis solus, et al ter
Quod facit alterius, crementa haud tempora duplans
Totus et unus, ad hoc alius quod ducit alius,
Quis, qui componens prudenter et lis fata flectes,
Post quis mamque piam (sine qui) quis pone, putas que,
Kn alius, num, si, ne poscunt quis sibi subdi
Dum vis, cumque, libet, non quis sed qui sibi subdet,
Ilisque incœpta per e, finita per a modo flecte
In quibus est a vel e quibus abstinens, bene disce,
Unusquisque etenim plurali rite carebit,
Quisque auten patrio plurali quisquis habebit.
Qucnquem cum quicquid, quoquo, quoqua >imul apte,
Sed careant quinto, nisi solus et unus.
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ŒUVRES GRAMMATICALES.
»3«
Dogma, cubile, latro, lac et allée testificato
Et David, Bogud atque toral 1, fel, sol, vigil, exul.
Pan, delphin, démon, splen, far, ver, martyr, honor, fur,
Mas, pes, lis, os, mus, aes, laus, et arabs sociemus,
Plebsque, calibs, scobs*, urbs et puis et hyems, animans, flens,
Forte Tyrins et fons et aruns et pars et iners, mors
Tiburs, daps, ceps, slips, ops, stirps, caput atque capax, lex,
Styx, vox, lux, faix, lanx, conjux, arx, /«w.rque movetur3.
Is getaitivus habet, nisi graecus os, usve vel / det,
Ut panos, neri, sed vult varie generari.
A brève curtat atis vel atos, quod proxima graecis,
Sunt quondam primae, per aiumque reperta secundae.
E brève procréât is, sed cape nihil variabis.
O, demptis graecis, productum saepe dat onis.
Femineum do, go, dat inis, quibus addito virgo,
Et cardo, margo, dum mas., et Apollo, Cupido
Turboquc ventus, homo, nunc nemo 4 parcius, ordo.
At caro dat carnis, sed quod dédit en dabit enis.
Nunc Anio, Nerio breviat gentile frequens o.
Compago, ambago dum gis dant ges dabo, non go.
Graeca per o longum dant saepe per us genitivum,
Os quidam adjiciunt, quidam ut nostratia flectunt.
Trisque per o fratres patriumque per as modo pones.
Lac format lactis, sed et allée exit in ecis.
David, Davidis forsan, Bogudisquc Bogud dat.
Datque caput capitis, quae forma datur quoque natis.
L sibi copulat is, sed mel et fel sociant lis,
In solis neutris producitur alis et élis,
Omnibus ac olis, reliquis brève gramma preit lis.
N quoque suscipit is, sed ab en fit inis brève demptis
Ren, splen atque lien, syren, quod et os sibi quaerit,
Ut Pan, et titan, delphinque, sed on dabit ontis
Nonnullis propriis, vélut hujus Demophoontis
Et manet obliquis quanta extitit ultima rectis.
Is pones post ar, sed ris tibi subjiciet far,
Lar proprium Lartis, sed epar brevians a dabit tis 5.
In derivatis neutris producitur aris,
Caetera corripies, nectarque jubarque movens nar.
1. Dans Perotti : thorax.
2. Dans Perotti : calix, scrobs.
3. Dans Perotti : notentur.
4. Dans Perotti :. nemine.
5. Dans Perotti :
Lar proprium Lartis formabit, el e palis epar.
De genitivts
«32
JOSSE BADIUS ASCEXSIUS
Er broviabit cris, ccr mobile vertitur in cris
Et bris dant celeber, imber, cum proie saluber.
Tris faciès ex ter, sed cris faciunt later, ether,
Accipiterque olim scu quae pitcr accipiebant.
/uppiter obliquos Jovis accipit arte negatos,
Ac crater, panther, dant cris, jungc character
Atque stater, scd iter tincris sibi procréât ex ter,
Et longum veris ver format, uti mulieris.
Post ir, or, ur datur is, sed cor sibi consociet
Format oris robur, fémur et jecur, adsit *£«rquc.
Mas., nisi sit rhetor, propriumve, vetusve tenens por.
Fcmina non arbor, commune negans genus omne.
Producunt oris, quod pro rcliquis breviabis
Curtum iris est et uris, sed fur producito furis.
As longum ut nostras facit atis, mas maris optât
Vas neutrum vasis, vas hic vadis, as petit assis.
Propria graeca viris Calcas, Pallasque creabis.
Et Hamas, adamas, elephasque, gigasque per antis.
As brève format ados vel adis, Mea Pallas et Archas,
Et lampas, cyclas, menas, decas, ambrosiasqwe.
Es brève dant et itis maribus quadrantia, sicut
Hic f ornes, termes, palmes cum limite merges
Hic gurges, stipes, vêles, tudes arte satelles
Hic Cespes, Trames, Codes, Poples, simul Hames.
Es brève dant et itis quae sunt communia, sicut
Miles, eques, sospes, pedes, antistes, cornes, hospes,
Aies et a sto stes, ceu prœstes sive superstes.
Pes dat edis sibi cum natis, sed ape s removebis.
A sedeo fit idis communibus, i precunte
Es longum dat etis maribus paries, Ariesque
Et commune teres, seu verbo nata tenente.
E brève sub ' métis, interpres 7 prepes, hebesquv
Cum végète, indigetem junges muliebria quaedam
L r t teges atque seges simul haec abies remorans es
In quies etis habet, communis syllaba pes est.
Es longum se mutât in ts, seu caetera quaevis,
Scd propriis datur i quae lecta per eus ut Achilli,
Tcrnae vel primae sunt quaedam sicut Orontes
Etis et is faciunt l nonnulla, Darhesquc ChremesquQ,
Hermès atque Thaïes potius dant etis, ut Hagnes,
Magnes, cres, locuplesque, lebesquc y quirsque quod olim
Et fecit, uti requies nunc, quod dédit etis.
Hères et mer ces edis, Cercrisque Ceres dat.
Is ttis longum facit, ut monosyllaba, lis, dis
Et glis dans glitis, gliris glissisque movebis
Et vis non crescens, Memphis, Samnisque, quirisque
x. Dans Perotti : Sic simul et faciunt...
ŒUVRES GRAMMATICALES.
133
Quando leguntur in is, longis conjungere possis.
Caetera corripiunt is, nec nostratia crescunt,
Nunc lapis excipitur quod idis facit, adde tricuspis
Ut cuspis, jaspis, cassisque tcgens caput, as fis
Et cafis ac ibis, tamen ibes dicito plures,
Doris, Adonis, item chlamys, Egis, Thebais atque
Ejusdcm formae patronymiçum simul omne,
Crescunt saepe Paris, '/'ygrisqxxe et Thibris, Alexis,
Isis, Anubis, at id recte patrio atque dativo.
Plura dabunt graeci quae saepe per os quoquc legi 1
Quod dédit en dat inis, sed quod dcdit in dabit inis
Sic sanguis, simplex, sic pollis, sardis inis dant
At Salamis Salaminis habet, Symois Symoentis
Quod dédit er dat eris, vomis, pulris, cucumisque
Et cinis, impubis legitur, sed puber eris dat.
Semis dimidium ne flectas, semis ab asse
Formct semissis, Thetidis dum mater Achillis
Vult Thetis, Oceani Thetys vult Thctyos uxor.
Hic os vult oris, sed caetera fiecto per otis
Et quondam commune, nepos, at compos et impos.
Ut potis o breviant, arbos dat orts velut arbor,
Unis Athos ut Athon, custos custodis habebit.
Fac héros, minos, tros graeca per ois et 00s
H os bovis, os oris dat, os ossis, glos quoque gloris.
Us curtum dat oris ncutro, sed eris dabo cunctis
Quae dant dus, lus, nus, ceu pondus, vellus, onusque
Et quae dant verbum per ero vel eror breviatum
Ut vêtus, hulcus, opus, socictur acus quoque ternae.
Sed genitum pignus breviabit oris, facinusque,
His penus et fenus jungam, tempusque lepusque,
At pecus haec pecudts, pecus hoc pecoris sibi jungit.
Intercus dat utis, quod comparât us facit oris
Fous podos in graeco nobis quoque pus podos esto.
Utque Ugur liguris sic et ligus ipse movebis.
Utis ab us longo faciens, in eus removebo
Atque palus udis, monosyllaba formo per uris
Et tellus, sed grus per uis formabitur et sus.
Hoc es vult eris, vult hic près prédis haberc.
Laus, fraus dant audis, sed emaus non flexeris apte.
Post vel p, si subditur s facit ex se
Bis, mis, pisque, sed e si quod fuit ante supremae.
Mox in f mutabis, retrahens monosyllaba, hyems et
Aucupis ex auceps, cipitis faciet capitis ceps.
Post / et » aut r si subditur J faciès tis
Sed glans, et folium /ré?wj et /^«J vermis habent dis.
Participans ab eo simul a queo compositisque
1. Dans Pcrotti : rctldit.
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«34
JOSSE BADIUS ASCEXSIUS
Ambio dempto ab tens genitivo format euntts,
A cor, cors cordts, pens vult a pendere pendis
At ne quid titubes unx non uns, uncta format.
A verbis in go facit x gis, cum ntve demo
t onjunx n removcns, x in cts caetera vertunt.
Seu vocalis erit scu consona littera juncta
Sed nox noctts habet cum proie, senexque senis dat.
At quondam sentcts, sed in *r/i/i.r esto supeUex,
trux si sit frugis, spinx et Jty* #0* facit et gis
Sicque phalanx vertes, vel die plurale phalanges.
Quaedam sicut hylax convertit graecus in actos
Et super x, nisi sint monosyllaba, compositumvc
Ex ipsis e per i mutant quod vult breviari
V ervects demes, lodicts rite notabis,
Nam lodtx, vibix, quae lecta per ex datur icis.
Longaquc vocalis solet esse penultima nostris.
Toile gregis, nects atque précis, nivis adde picisque
Hisque a permete quod de nece, permets adde.
Et senis atque vicis, ducis, et crucis, ac nucis atque
C onjugis atque crucis, laticis quoi in ex quoque lectum est
Masticis et salicis, filicis, stygis addito graecis
Histricis, his socia cum natricc, sardonicisque.
Ac onycis, quia sunt quoque mascula, quae brevianda
Nosco, caltx et eryx, fornixque cilixque remotis
Hinc phénix, sandyx; spadix, bombyxque per icis
bebricis aut si vis bebricis dicere possis.
K. — Antoine Mancinelli.
En 1505, Badius publia l'œuvre grammaticale de Mancinelli, en
trois volumes ; l'ensemble des traités contenus dans cette édition est revu
par lui, mais quelques-uns seulement, comme le Flores vocabulorum, le
Lima in V allant, le Versilogus, contiennent ses notes ; on y trouve
aussi son commentaire familier sur le Catonis carmen de moribus, paru
déjà dans les Sylva Morales de 1492.
Le Varice constructtonis thésaurus, extrait de cette édition, fut aussi
publié seul, plusieurs fois, avec la mention : ab Ascensio recognitus et
distributus. Badius publia plus tard le Sermonum de cas de Mancinelli
qui lui avait été communiqué par le jeune Jean Brouchier, de Troyes,
et son petit traité : Cura parentum in liber os, liber orumque obedieniia
in parentes 1 .
L. — Jean Balbi (Janua). — Ambroise Calepino.
Ayant épuisé la série des grammairiens italiens avec Dati, Valla, Sul-
pizio, Perotti et Mancinelli, il publia, en 1506 et 1509, deux vocabulaires
1. III, pp. 65-71.
ŒUVRES GRAMMATICALES
«35
alors fameux, le Catholicon, de Jean Janua ou Genuensis (Jean Balbi),
de Gênes, et le Dictionarium ou Lexicon d'Ambroise Calepino. La
revision de ces deux vocabulaires représente un travail considérable; le
premier contient 378 feuillets, ou 756 pages, in-folio, à 2 colonnes, le
second 408 feuillets, ou 816 pages, in-folio, également à 2 colonnes.
Il ne s'explique pas catégoriquement sur sa part de collaboration dans
la revision du dictionnaire de Calepino, se contentant d'indiquer vague-
ment : opus subinde auctum ac mille locis emendatum, mais il est plus
explicite pour le Catholicon. D'après les indications portées au titre
et dans la préface adressée à Adam de Kempen, prêtre allemand,
maître ès arts, il y aurait ajouté plus de mille mots, il aurait rétabli
les diphthongues, entièrement modifié l'orthographe, corrigé une multi-
tude detymologies et annoté le tout; ses notes et ses additions sont en
caractères plus fins, pour laisser le texte primitif dans son intégralité.
L'édition en fut partagée entre Petit et Badius, et il semble qu'Adam
de Kempen ait supporté une part des frais. Badius ne réimprima pas
le Catholicon, dont deux réimpressions furent données, d'après son
édition, à Lyon et à Rouen *.
Le Dictionarium de Calepino fut réimprimé deux fois par Badius,
en 15 10 et 15 16, et son édition fut copiée six ou sept fois à Paris. Dans
sa réimpression de 15 16, il se plaint du tort que lui faisaient ces contre-
façons : « ...Oratum faciens lectorem ut signum inspiciat, nam sunt
qui titulum, nomenque Badianum mentiantur, et laborem suffurentur » ;
c'est l'imprimeur Nicolas des Prés qui avait imité son encadrement, dont
la réimpression de 15 14 est ici visée, ce qui ne l'empêcha pas de réim-
primer encore le Dictionarium en 15 18, 1520 et 152 1 *.
En septembre 1508, il publia encore, à l'usage de ses jeunes compa-
triotes, une édition spéciale du traité de la langue latine de Guy Jou-
venneaux (Juvenalis), extrait de Valla et d'Aulu-Gelle. Guy Jouvenneaux
avait mis dans son livre des exemples français, que les jeunes Flamands
auraient mal compris, et qui leur auraient été sans utilité, car ils
avaient plus de facilité pour apprendre le latin que le français; il
traduisit donc les exemples en flamand, tout en conservant le texte
français pour permettre aux jeunes gens d'étudier en même temps cette
langue. Cette édition est dédiée à un professeur flamand, Jean Leupe 3 .
1. II, pp. 525-528.
2. II, pp. 254-258.
3. Jean Leupe, Neoclesiensium ludimagistcr^ devait être professeur dans 1 une
des localités suivantes : Nieuwkerken, Nieuwerkerken ou Nukerke.
M. — Guy Jouvenneaux.
136
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Badius émet le vœu, dans sa préface, que ce livre parviendra aussi à
Gand, chez les élèves de sès anciens maîtres, pour lesquels il prépare
une édition des The mata d'Etienne Fieschi (Fliscus), avec les règles de
syntaxe en flamand. Je ne sais s'il mit cette promesse à exécution, la
syntaxe en flamand de Badius n'est citée nulle part, et si elle a été écrite,
elle doit être aujourd'hui complètement perdue 1 .
Après avoir donné, en 151 1, un gros recueil intitulé : Annotation es
doctorum virorum in grammaticos, oratores, poetas, pfnlosophos, theo-
logos et legcs, Badius commença, en 151 2, à répandre les œuvres d'un
grammairien flamand qui devait acquérir aussi une très grande renom-
mée, Jean Despautère (van Pauteren), de Ninove. Ce furent succes-
sivement : Grammatica prima pars (151 2), S yn taxi s (15 13), Ars epis-
tolica (1513), Isagoge orthograplnœ (15 15), Ars versifica.'oria (15 16),
De figuris (15 19), Rudimenta (1519). Il n'y ajouta aucun commen-
taire, ne se croyant pas en droit, comme il l'explique dans la préface
de l'édition du Doctrinal de 1524, de modifier le texte que Despautère
avait cru devoir publier, bien qu'on y pût relever des imperfections; il
corrigea pourtant la grammaire en 151 7, et la syntaxe en 15 19, il
ajouta à Y Ars versificatoria une Ascensiana isagoge, et écrivit deux pré-
faces, pour la Syntaxe et Y Ars versificatoria. Dans la préface de la
Syntaxe, il fait de Despautère un éloge des plus flatteurs, écrivant aux
habitants de Bergues, qui venaient d'appeler celui-ci à la tête de leur
collège, que ce n'étaient pas eux qui honoraient Despautère, mais Des-
pautère qui les honorait en acceptant de venir instruire leurs enfants.
Despautère considérait d'ailleurs Badius comme un maître; il l'avait
cité comme l'un des trois plus fameux grammairiens de France, après
Guillaume Tardif et Robert Gaguin, dans la préface de la Grammatica
prima pars et avait fait, dans son Ars epistolica^ de larges emprunts,
que nous avons signalés plus haut, au De epistolarum compositione corn-
pendium *.
C'est à peu près là l'ensemble de l'œuvre grammaticale de Badius.
Il faut citer encore, cependant, quelques éditions qu'il publia, mais
auxquelles il n'ajouta pas de notes, se bornant à donner des textes aussi
corrects que possible.
En 15 13, les Grammaticarum institiitionum libri quatuor d'Aide
1. II, pp. 543-545-
2. I, p. no; II, pp. 378-402; III, p. 468.
N. — Jean Despautère.
*
COMMENTAIRES FAMILIERS
»37
Manuce, ad exemplar Aldinum, ab Ascensio cum accentibus gratis res-
titua^ qu'il réimprima en 151 7, et qui furent copiés plusieurs fois à
Paris sur ses éditions 1 .
En 15 15, les Institutiones grammaticœ, de Priscien, avec une préface
à Nicolas Dupuys, dit Bonaspes, de Troyes; il les réimprima sous le
titre de Prisciani opéra, en 1527, d'après l'édition aldine, et écrivit une
nouvelle préface adressée à Jacques Toussain et Pierre Danès 2 .
En 1515 aussi, le de Grammatica de Raphaël Maffei (Volaterranus),
avec une préface à Jacques Toussain, qui en était l'éditeur 3 .
En 15 16, un recueil intitulé Grdmmaîici illustres duodedm conte-
nant des traités de Diomède, A. Rhemnius Palasmo, Asper Junior,
Donat (editio prior, editio posterior et de barbarismo), Servius Hono-
ratus, Servius Grammaticus, Phocas, Casper, Agraetius, Probus Gram-
maticus, Cornélius Frontonius, et un douzième grammairien dont le nom
n'est pas connu ; cette édition fut soignée par Jean Thierry de
Beauvais 4 .
En 1522, les Rudimenta puer or um in artem grammaiicam de Jean
Vaus, avec les interrogations en langue écossaise; il s'excuse, dans la
souscription, des fautes qu'on y pourra rencontrer, car il ne sait pas
l'écossais. Il est probable que ces Rudiments, dont Jean Vaus était
venu lui soumettre le plan ainsi que ses notes sur la première partie du
Doctrinal, sont largement inspirés des traités de grammaire de Badius
et du textus ascensianus. Badius les réimprima en 1531 5 .
En 1524, YOpus de Orthographia, de Jean Arnoullet, professeur à
Nevers, qui lui adressa la préface; il y répondit par une lettre dans
laquelle il explique que son principal souci est de respecter l'orthographe
des auteurs qu'il imprime; il lui arrive ainsi fréquemment de publier
des volumes dans lesquels l'orthographe adoptée n'est pas celle qu'il
enseigne, et il serait imprudent de dire que telle façon d'écrire un mot
est celle qu'il approuve pour la seule raison que ce mot est ainsi écrit
dans un volume sorti de ses presses 6 .
En 1528, les Arles grammaticœ de Diomède et Donat, avec les notes
de Jean Cesarius et les siennes 7 .
D'après Chevillier 8 , il aurait encore publié, en 1517, le Traité des
syllogismes d'Antoine Coronel, Espagnol, volume que je n'ai pas ren-
contré.
1. III, pp. 71-73.
2. III, pp. 194, 19e;.
3. III, p. 386.
4. II, p. 473.
5. III, p. 351.
6. II, p. 50.
7. II, p. 404.
8. Loc. cit., p. 109.
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138
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
* *
Quant à ce qui touche la langue grecque, Badius ne publia rien
d'autre que le petit traité de dictionibus grctcis ex Tortellto, destiné
seulement à permettre aux enfants qui rencontreraient des mots grecs
dans un texte latin, de les lire ou de les transcrire sans difficulté. Il
imprima en 152 1 la grammaire grecque de Théodore Gaza, avec la tra-
duction latine de Jean Vatel en regard, mais il ne mit rien de lui dans
cette édition K
LISTE CHRONOLOGIQUE DES ŒUVRES GRAMMATICALES DE BADIUS
1. — 1500. Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, corrigé. Apex de grœcis
dictionibus ; de recle scribendi ratione traditio ; Regulœ
viginti de accentu ex Prisciano (II, 5-7).
2. — 1501. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati et de François Negri,
commenté (II, 359).
3. — 1501. De linguœ latinœ elegantia de Laurent Valla. Résumés,
commentaire, index (III, 325).
3 bis. — 1502. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, etc., édition aug-
mentée et commentée. Regulœ renustatis per Ascensium
collectœ (II, 360).
4. — 1502. Grammaire de Jean Sulpizio. Textus ascensianus, de regt-
mine dictionum % de carminibus carmina ; Versiculi ascen-
siani in triginta prœcepta elegantiarum Francisci Nigri
(III, 262).
5. — 1502. De epistolarum compositione, avec les Epîtres familières de
Cicéron (II, 328).
6. — 1503. Nouvelle édition revisée de la grammaire de Jean Sulpizio.
Textus ascensianus augmenté (III, 264).
7. — 1504. Grammaire de Nicolas Perotti. Textus ascensianus (III,
138).
8. — 1504. Nouvelle revision du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu
(II, 9)-
9. — 150$. Œuvres d'Antoine Mancinelli, annotées en certaines parties
(m, 65).
10. — 1505- Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, édition revue et plus
complète que les précédentes (II, 364).
11. — 1505. Nouvelle édition révisée de la grammaire de Nicolas Perotti.
Textus ascensianus (III, 139).
12. — 1505. Variœ constructionis thésaurus d'Antoine Mancinelli, corrigé
et revisé (III, 64).
13. — 1506. Nouvelle édition revisée de la grammaire de Jean Sulpizio.
Textus ascensianus (III. 264).
1. II, pp. 462-463.
COMMENTAIRES FAMILIERS
*39
14. — 1506. Publication du Catholicon de Jean Balbi, corrige et aug-
menté. Régula orthographia ab Ascensio (II, 525).
15. — 1506. Nouvelle édition revisée du Doctrinal d'Alexandre de Ville-
dieu. Syntaxis ascensiana (II, 10).
16. — 1508. Nouvelle édition revisée de la grammaire de Jean Sulpizio.
Textus ascensianus (III, 266).
17. — 1508. Eruditio de Guy Jouvenneaux; traduction des exemples fran-
çais en flamand (II, 543).
18. — 1509. Revision du dictionnaire d'Ambroise Calepino (II, 254).
19. — 1510. Nouvelle édition du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu
(II, i7)-
20. — 15 10. Introductio Ascensiana in grammaticen (II, 85).
21. — 15 12. Collectanea in syntaxim Badianam de Liévin vanden Cruyce
(II, 355).
22. — 1513. Institutionum grammattearum libri d'Aide Manuce ab
Ascensio cum accentibus grœcis restituti (III, 71).
23. — 15 13. Ars epistolica de Jean Despautère ex Vato,... Badio et tpso
Ctcerone (II, 382).
24. — 15 16. Nouvelle revision du Dictionnaire d'Ambroise Calepino (II,
256).
25. — 15 16. In versifie ato riant artem isagoge Ascensiana, avec VArs
versificatoria de Jean Despautère (II, 388).
26. — 15 16. Roberti Whittintoni editio secunda... e Prisciano, Sulpitio
et Ascensio (III, 390).
27. — 15 17. Revision de la grammaire de J«an Despautère (II, 379).
28. — 1519. Revision de la syntaxe de Jean Despautère (II, 397).
29. — 1522. Revision des commentaires de Jean Vaus sur la première
partie du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu (II, 18).
30. — 1524. Nouvelle édition du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu.
Rudimenta Ascensiana (II, 20, 21).
31. — 1527. Nouvelle édition de la grammaire de Jean Sulpizio, com-
mentaire en prose remplaçant le textus ascensianus (III,
269).
32. — 1528. Nouvelle édition revisée du de Linguœ latinœ elegantia de
Laurent Valla (III, 489).
33. — ■ 1528. Artes grammaticœ de Diomède et Donat, annotés (II, 404).
34. — Sans date. Ascensius declynsons. Declinationes ascensianœ métro
exametro compositœ (II, 86).
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IL — COMMENTAIRES FAMILIERS.
Les commentaires familiers de Badius représentent, après sa gram-
maire, la partie la plus importante de son œuvre. Ils consistent en un
mélange de règles de grammaire, d'explications techniques, de con-
structions grammaticales et de principes de morale, accompagnant,
presque mot par mot, le texte des principaux classiques latins et des
poètes chrétiens contemporains. Il les avait d'abord dictés à ses élèves,
à Valence ou à Lyon, en leur faisant expliquer les textes, puis il les
avait rédigés, complétés peu à peu et publiés dans le but d'en faire pro-
fiter ceux même qui ne pouvaient assister à ses cours.
Les commentateurs du xvir 9 et du xviir* siècle ont affecté le plus
grand mépris pour ces commentaires, bons tout au plus à être lus par
des enfants. Mais c'est justement là qu'est leur principal mérite.
Si ces savants critiques avaient pris la peine de lire les avant-propos
qui les précèdent, ils auraient constaté que Badius n'avait pas cherché
autre chose, en les composant, que de les mettre à la portée des débu-
tants; il l'a rappelé à satiété, ajoutant même à ses propres commentaires
ceux de Mancinelli, de Britannico, de Murmellio, de Béroalde, de Bap-
tiste Pio ou d'autres savants italiens, destinés à des écoliers plus avancés
dans leurs études, ce qu'il spécifiait dans ses préfaces. Il restait ainsi
fidèle à son plan, qui consistait à rénover l'enseignement du latin, et à
remettre en honneur les classiques oubliés, en s'adressant aux enfants
dès leur entrée à l'école ; il voulait que ceux-ci, à leurs premières leçons,
aient sous les yeux, avec une grammaire impeccable, les textes de la
plus pure latinité ; c'est pourquoi il a fait tant d'efforts pour réunir les
éléments d'une grammaire classique, et il a écrit ces commentaires des-
tinés à rendre immédiatement intelligibles aux écoliers les textes des
classiques latins.
Les glossateurs du xvn e siècle, qui semblent n'avoir cherché qu'à
éblouir par l'étendue de leur érudition, ne pouvaient comprendre le
grand mérite qu'eut Badius de mettre son érudition à la portée des
enfants.
COMMENTAIRES FAMILIERS
141
Cependant, à en croire Antonio Bonciario, alors que, publiés sous le
nom de Badius ils étaient devenus, au xvn e siècle, l'objet de toutes les
railleries, ils étaient encore en honneur sous le nom d'auteurs italiens qui
les avaient simplement traduits et les présentaient comme leur œuvre per-
sonnelle. Je ne peux résister à citer le passage dans lequel cet Antonio
Bonciario, auteur tombé je crois dans le plus profond oubli, nous
apprend ce détail, en portant un jugement plus que sévère sur les com-
mentaires familiers de Badius; on y verra la note générale de ses détrac-
teurs, et la façon dont il était alors traité. J'ai tiré cette citation de la
Vita di Giodoco Badio de Manni 1 ; elle est empruntée à la préface
du premier livre des lettres de Bonciario :
Jodocus Badius Ascensius, homo litteris tinctus, eisque perquam
humilibus ac puerilibus, certe non elegantibus ac liberalibus! quanto est
infra inclytos sive Grammaticos, sive Rhctores, sive Poetas, qui saeculo
suo floruerunt, eruditione^ ingenio, facundia, tanto omnibus celebritatc
ac fama nominis antecellit. Ille, ut scimus, in Oratores, in Historicos,
in Poetas longe clarissimos commentus est illam suam, ut vocant, fami-
liarem cxplanationem, adeo putide, inepte, imperite, adeo interdum
praeter rem, imo et contra rem, ut vel non mediocriter eruditi aequis
oculis aspicere non possint. At enim quia taies, tantosque secutus est
duces, non alienavit a recto itinere que ad Phœbum et Musas vaditur.
Quia vero non vulgares aut gregarios ex numéro antiquorum (etsi nemo
ignobilis inter antiquos) tamen quia ipsos collegii principes delegit,
Maronem, Flaccum, Crispum x Tullium, in quibus explicandis operam
suam si minus docte, saltem candide atque simpliciter collocaret, non
frustratus est expectatione sua, sed illustre ac nobile laboris indusriae-
que suas prœmium tulit aeternam famam. Sapienter si consilio, féliciter si
casu.
Accidit autem huic homini, quod haud scio an alteri de nostratibus,
non modo ut aliorum interpres sed etiam ut primarius auctor consecutus
est dignitatem. Viri, non illi quidem admodum eruditi sed certe Ascensio
meliores, illam ipsam puerilem et vix latinam interpretationem quae ad
Tullium, quae ad Maronem, quae ad Flaccum applicita cst 4 in vulgarem
linguam converterunt, suppresso tamen nomine auctoris, et sunt hodie
aliquo numéro inter pedarios litteratorcs. Spectare hinc licet fortunam
Ascensianam supra homincs sui ordinis ascendentem atque vincentem
omnes, quia licet homo fuerit minime laudabilis, tamen et trahitur ab
aliis, et ipse alios trahit ad laudem. Hoc modo (juvat enim magnifiée
loqui de magno viro) spherarum cœlestium suprema, dum celcrrime ab
ortu Solis in occasum rapitur, contiguum sibi Saturnum licet desidem,
pigrumque, socum rotat in gyrum, et ille alios eodem impetu rapit sub-
jectos orbes. Eant modo qui : hac relicta interpretantium via, ut ignobili,
ut obscura, per aliam ingressu facilem, progressu arduam, egressu
vanam, cum ingenti fastu iter suscipiunt et suis innixi laudationibus,
encomiis, panegyris, frustra in altum repetere, frustra evadere moliuntur.
Hi sunt qui Donati scrupulositatcs non ferunt, qui Servium arguunt
incogitantiae, qui Acroni diem dicunt violatae latinitatis, qui denique
1. Loc. cit., pp. 8-9.
JOSSE BADIUS ASCENSIUh
nunc stolidum, nunc amcntem^ nunc barbarum, semper ridiculum, sem-
per ineptum vocant Ascensium. Il le vero securus famae, certusque poste-
ritatis, gloriosus et vivax, ex alto despicit reprehensores suos, ridetque
improsperam nostri saeculi fœcunditatem lucubrationum quotidie nascen-
tium, quotidie morientium, et se laudat quod in quaerenda nominis aeter-
nitate, bonam, certam, expeditam initio ingressus est viam. Heroes enim
ab illo culti, prensum manibus explicatorem suum atque levatum humo,
primum in arduos famae colles extuicrunt, deinde secum non modo in
societatem sed etiam in contubernium acceperunt.
Manni ne cite pas ce passage de Bonciario sans de vives protesta-
tions contre l'iniquité et la fausseté de son jugement.
Badius ne cherchait pas à donner le change sur la portée de ses
commentaires ; quelques extraits de ses préfaces suffiront pour en four-
nir la preuve. Dans le Boëce il indique qu'il s'adresse aux enfants tout
jeunes, imbecilior a tas :
In qua re potissimum sudavimus ut cum bonis doctrinis atque insti-
tutis etiam bonas litteras imbecilior aetas addiscat (1498).
Dans la préface de Juvénal, il fait remarquer qu'il a joint au sien
le commentaire de Mancinelli, à l'usage des lecteurs plus avancés :
Praeposuimus autem Antonii Mancinelli, viri eruditissimi, commenta-
rios, ut qui majora velint ad manum habeant (1498).
Dans la petite pièce de vers aux apprentis en bel les- lettres, qui
accompagne le Juvénal, il compare ses commentaires à de l'eau et celui
de Mancinelli à du vin :
Dans la préface du de Officiis de Cicéron, il répond aux critiques
qu'on avait sans doute faites de ses précédents commentaires et rappelle
encore une fois qu'il écrit pour les commençants :
...Dum videlicet nasuti homines ridebunt, alii quod nil novi attu-
lerim. alii quod nihil eruditi, alii quod brevior sim, alii quod supersim.
Sed mihi non tam tenera frons est ut aliorum (invidorum dico et ob id
improborum) hominum cornua usque adeo formidem ut a pio honestoque
instituto deterrear. Sequar igitur... tonsilium et authoritatem tuam, ver-
borumque contextum seu, ut dicunt, constructioncm et familiarem, ubi
opus videbitur, explanationem e regione constituam, ut imbecillis adhuc
in literaria militia tyrunculus statim cum textu ordinem et expositionem
ejus conspiciat (1499Ï.
La même remarque se trouve dans la préface de la Parihenice Catha-
tinaria de Baptiste Mantoue :
Nunc vero, nemo tam parum htteratus est dummodo latini sermonis
Bina tuis posui (si nescis) pocula mensis :
Haec praebent liquidum flumen, at illa merum.
COMMENTAIRES FAMILIERS
penitus expers non sit, qui pcr nostram cxplanatiunculam sensa poetae
non utcumque pro captu scilicct quisque suo accipiat. Neque tamen inju-
riam peritioribus factam a nobis arbitror quia quae ipsi etiam cultiora
forsan cxcogitarint, vulgo cxposuerimus et quasi eleusina sacra pros-
tituerimus. Nihil onim hic ost magno et perspicaci, quale tibi, Val lu-
phine, tuique similibus est, ingcnio dignum exposita, protrita atque vul-
gata sunt quae ponimus omnia, sed tamen quae adhuc imbccillulos late-
bant, quorum ignorantiae succurrere nullam invidiam duximus... Neque
vero si nobis interpretandum esset opus aptiora forsan et argutiora
defucrint (1499).
et dans celle de la Parthenice Mariana :
Non etenim profundissima theologorum sensa, non occultissima astro-
logorum judicia, non divina poetarum figmenta, non lepidos sales, non
falsos lepores, non auream ingenii venam, non mellifluum carminis
fluorem, non ingentem sententiarum gravitatem, non honestum rerum
verborumque décorum, non aptissimarum similitudinum copiant, non
mille quas hic praecipuus habet vénères explicare conatus sum, siquidem
quod, nec si velim forsitan, satis potuero, nec si possum voluero. Non
etenim studiosis inventa sua praeripere, aut oscitantibus divinas musas
praestituere satis aequum visum est, at rudibus ordinem cum explana-
tiuncula contexero, quae tandem invidia est? (1499).
J'arrête là ces citations qu'on pourrait multiplier à l'infini.
S'il manque quelquefois de modestie dans ses préfaces, s'il déclare
qu'il eût été capable de faire mieux, neque vero aptiora forsan et argu-
tiora defuerint y on ne peut nier qu'il n'avait pas d'autre prétention dans
ses commentaires que d'écrire pour les débutants, et si Molière, en choi-
sissant le nom de Vadius pour créer le type du pédant que Trissotin
présente en ces deux vers célèbres :
Il a des vieux Autheurs la pleine intelligence,
Et sçait du Grec, Madame, autant qu'Homme de France,
a pu songer à Badius, ce n'est évidemment que sur le souvenir de son
nom, retenu de quelque lecture, et non d'après un jugement personnel.
Combien des détracteurs de ces commentaires familiers, si innocents et
si dépourvus de fracas, auraient été vraiment dignes d'incarner pour
la postérité le type du prétentieux personnage.
Les premiers commentaires familiers parurent dans le recueil des
Sylvœ morales qu'il édita en 1492, à Lyon; les derniers, ceux des Phi-
lippiques de Cicéron, sont de 1529; il mit donc 37 ans à les publier, et
beaucoup d'entre eux ont été corrigés ou complètement remaniés plu-
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H4
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
sieurs fois. Pour donner une idée de ce qu'ils sont, nous reproduisons
ici le début du premier de ces commentaires contenu dans les Sylvœ
morales, celui du Vir bonus ; il ne forme pas moins de 16 pages de petit
texte compact et sans aucun alinéa, pour commenter les 26 vers de Vir-
gile :
Vir bonus et sapiens. — Quisquis, inquit, vir bonus est et sapiens judex
ipse sui, hoc est seipsum judicat. Quisquis autem justé rem quamvis
judicet ipsam justa lance pcnsitet atque disquirat, sanoque judicio sic
oportet. Sed quis mortalium miscrarium suarum pondus recte exami-
nait, nec animos summittcns seu humilem profitebitur ? Ut vero fragi-
litatem nostram conspiciamus, Plinii primo capite VII Naturalis His-
toriœ verba repetere lubeat...
et plus loin :
Vir bonus. — Ut grammaticuli dicunt, Vir notât aetatcm, sexum, vel
proprietatem : iEtatem ut in Bucolicis :
quanta siquidem aetas in homine virilis dicitur. Sexum, ut in secundo
iEneidos :
Proprietatem multiplicem notât, nunc conjugalem, ut apud Comicos :
Mi vir, id est : marite, nunc animi magni signihcationem habet, ut :
Dicitur enim vir cui et virtutes animo, et vires in corporc plurimae sint.
Bonus. — Bonum dicimus, nunc a bonitate formae, ut : bona faciès,
id est formosa, nunc ab utile... etc.
Voici, dans l'ordre chronologique, la série de ses principaux commen-
taires familiers :
Dans les Sylvœ Morales se trouvent des extraits de Virgile, d'Horace,
de Perse, de Juvénal, d'Ennius, de Baptiste de Mantoue. de Jean Sul-
pizio, de Caton le philosophe et d'Alain de Lille. Virgile, Horace,
Perse, Juvénal, Baptiste de Mantoue et Jean Sulpizio ont été plus tard
publiés isolément et dans leur entier par Badius, avec son commentaire
familier; les commentaires des distiques de Caton ont été réimprimés
plusieurs fois, avec les œuvres d'Antoine Mancinelli, en 1505, plus tarrl
à Caen en 1517 et par Badius en 1527 et 1533 ; seuls les commen-
taires sur Ennius et sur les Paraboles d'Alain nont pas été. à ma
Hinc ubi te formata virum jam fecerit aetas,
...Matresque virosque.
Cum locus affuerit, te precor esse virum.
A. — Sylvie morales.
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COMMENTAIRES FAMILIERS
connaissance, imprimés ailleurs que dans ce recueil qui n'a pas eu
de seconde édition. Un savant allemand, Louis Hohenwang, d'Elchin-
gen, annonçait en 1507 1 qu'il se disposait à donner une édition des
Sylvœ Morales de Badius abrégées et mises en ordre alphabétique; il
entendait probablement, par là, faire une sorte de dictionnaire des mots
commentés. Il renonça sans doute à ce projet, car ce dictionnaire ne
semble pas avoir jamais paru.
B. — TÉRENCE.
Après les Sylvœ Morales, Badius publia, en 1493, sa première édition
de Térence; elle ne contient pas encore son commentaire familier, mais
ses notes jointes au commentaire de Guy Jouvenneaux; ce ne fut que
quelques années plus tard qu'il en donna une édition avec le commentaire
familier, écrit, dit-il dans la préface adressée à Hervé Bésin, en vue
d'une traduction française 2 . La première édition que j'en ai vue est de
juin 1502, mais il semble probable qu'il y en eut une antérieure, peut-être
celle de 1500, citée dans la bibliographie de Térence de l'édition de
Lemerre. En tête se trouvent des Prœnotamcnta de Badius en 1 1 feuil-
lets, qui constituent un traité très complet de la comédie. En 1504, il
reprit ce commentaire, le revisa et l'imprima pour trois libraires de Lon-
dres, Wynand de Worde, Michel Morin et Jean Brach. Les notes et le
commentaire de Térence furent de ceux qui obtinrent le plus grand
succès ; on en trouvera 49 éditions citées dans la partie bibliographique,
imprimées à Strasbourg, Paris, Lyon, Venise, Rouen et Caen, Milan,
Toscolano et Cologne, la dernière en 1555. Il est à remarquer que de
toutes ces réimpressions, une seule, celle qu'il donna pour le compte des
libraires de Londres, fut imprimée par lui ; il avait écrit ses notes pour
Trechsel, son premier commentaire pour Simon Vincent, de Lyon, sa
revision pour Wynand de Worde, Michel Morin et Jean Brach, il ne se
croyait pas en droit de les reprendre pour son compte et de tirer profit
pour lui-même du succès considérable que son travail avait obtenu
auprès des professeurs et des étudiants 3 .
Les pranotamenta sont divisés en 26 chapitres : Quid sit poeta et
quanta ejus digrritas; Quotuplicia sitit poetarum scripta; De triplici
carminum stylo et pedum ludentium ornamentis; Descriptiones et
diiferentiœ tragœdiœ et comœdicc ; De origine et invent ione satyrarum
tragœdiarum et comœdiarum; Prœnotamenta ascensiana; De instru-
1. Dans le Manuah Vergilianum, III, p. 365.
2. III, p. 283. Le nom d'Hervé Bésin est ordinairement remplacé, dans les
réimpressions, par celui de l'éditeur qui les faisait imprimer. Je ne connais
aucune traduction française de ces commentaires.
3. III, pp. 279-299, 473.
I. 10
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146
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
mentis et prosceniis dramatum, pracipue comœdiarum; De theatro et
ejus constructionibus; De scenis et prosceniis; De personis et earum
indumentis et coloribus; De prosceniorum ornatu et instructione ; De
ludis romanis et fesùvitatibus in quibus agi consuerunt comœdtœ ; De
speciebus comœdiarum ; De qualitatibus comœdiarum ; De membris
comœdiarum; De partibus comœdiarum et primo de tribus non prin-
cipalibus; De prologis et eorum speciebus; De tribus partibus princi-
palibus in comœdia; De actibus et eorum distincùone in comœdiis;
De decoro et primo per sonar um; De rerum décor 0; De verborum
decoro; De decoro totius operis; De quattuor causis hujus operis; De
l^erentii vita; De forma, operibus et laude 2'erentii.
En 1498, il fit paraître sa première édition du commentaire familier
de Boëce, qui eut aussi une grande faveur auprès du public; j'en cite
plus loin 29 éditions. Le de Consolatione philosophiœ est accompagné
du commentaire attribué à saint Thomas, il y joignit le de Disciplina
scholarium de Boëce, le de Officio discipulorum de Quintilien, également
commenté, et, un peu plus tard, son petit Apex ascensianus de officio
scholastici. Il revisa ce commentaire vers 1502, date probable d'une édi-
tion dont doivent découler celles qui ont été imprimées à partir de 1503 1 .
Le Boëce a été imprimé à Lyon, Caen et Rouen, et Paris. Aucune des
éditions que j'ai vues n'a été faite ni par Badius, ni pour son compte,
probablement pour la même raison que pour le Térence.
En 1498 aussi, il publia le traité de Baptiste de Mantoue de Patientia
aurei libri très, avec son commentaire familier; il avait déjà donné, du
même auteur, le contra impudice scribentes dans ses Sylva Morales. Ce
fut le début des commentaires familiers de presque toute l'œuvre de
Baptiste de Mantoue, qui eut un si grand succès au XVI e siècle, et dont
pendant si longtemps toutes ou presque toutes les éditions contiennent
les commentaires de Badius : le Contra impudice scribentes (16 éditions
de 1499 à 1520), le de Patientia aurei libri très (3 éditions de 1498 à
1507 environ), la Parthenice Catharutaria (10 éditions de 1499 à 1523),
la Parthenice Mariana (10 éditions de 1499 à 1523 environ), le de Cala-
mitatibus temporum (7 éditions de 1499 à 1515 environ), les Bucolica
1. II, pp. 196-216 ; III, p. 395.
C. —
Boëce.
D. — Baptiste de Mantoue.
COMMENTAIRES FAMILIERS
seu Adolescentia in decem œglogas divisa, l'œuvre la plus célèbre de
Baptiste de Mantoue, dont j'ai relevé 44 éditions avec le commentaire
de Badius au xvi e siècle (1502 à 1582), et 9 encore au xvn° siècle,
imprimées à Londres ou à Cambridge de 1627 à 1655, les sex Opuscula
extraits des Sylva (2 éditions, 1503 et 1506), la Parthenice ttriia (6 édi-
tions de 1503 à 1516), les Opuscula moralia (5 éditions de 1503 à 1507,
dont deux, qui ne sont pas imprimées par Badius, ont une faute d'im-
pression qui fait du titre : Opuscula mortalià), le Gœorgius (3 éditions,
1509 et 15 10), le Cœciltœ agon (1509), et Novem opéra moralia (1507).
Il publia en outre, commenté par Jean Vatel (15 17) et peut être aussi
précédemment avec son commentaire, le de Vita beata, et le de Fortuna
F rancis ci Gonzagœ, avec le commentaire de Jean Brouchier, de Troyes.
En 1507-15 10 et 15 13, il donna deux éditions complètes des œuvres de
Baptiste de Mantoue; la première, en six parties in-8°, ordinairement
reliées en 4 volumes, est sans commentaire, sauf pour la cinquième partie
{Gœorgius, Cœcilia, etc.), contenant un commentaire de Geofroy Tory,
qui a échappé aux recherches d'Auguste Bernard. La seconde, en 4 par-
ties reliées en 3 volumes, contient ses commentaires familiers, ainsi que
ceux de Sébastien Murr, ou Morer (Murrho), de Colmar, de Sébastien
Brandt, et d'Augustin Dati. Un assez grand nombre de ces éditions est
imprimé par Badius ; les autres sont imprimées un peu partout, à Paris,
Lyon, Rouen, Caen, Poitiers, Strasbourg, Deventer, Anvers, Tubinge,
Cologne, Haguenau, Leipzig, Londres, Cambridge et Brescia 1 .
E. — Juvénal et Perse.
En décembre 1498 et janvier 1499, parurent successivement les
satires de Juvénal et celles de Perse, avec le commentaire familier,
dont des fragments avaient déjà paru dans les Sylvœ Morales. Elles
furent réimprimées nombre de fois à Lyon, Paris, Milan, Venise, Rouen
et Bâle*. En 1506, Badius reprit les commentaires de Juvénal pour les
mettre plus à la portée des commençants, et les imprima pour trois
libraires de Gand, Jean Meganc, Josse Waterloose et Josse Horenweghe.
La même année il en donna une édition, très abrégée, de format in-8°.
Il avait joint le commentaire d'Antoine Mancinelli au sien, pour les
satires de Juvénal et celui de Jean Britannico pour celles de Perse,
en 1523 il ajouta aux commentaires des satires de Perse ceux de Jean-
Baptiste Plautius, de Jean Murmellio et d'Antoine de Lérija.
1. II, pp. 87-143.
2. Juvénal, II, pp. 535-543 î In > P- 47° (*7 éditions) ; Perse, III, pp. 146-156
(21 éditions).
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148
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
F. — ClCÉRON.
En 1499, il publia le de Officiis, le de Amia/ia, le de Senectute et
le de Paradoxis de Cicéron. Le de Officiis seul est accompagné, dans cette
édition, du commentaire familier, celui des trois autres traités ne parut
que dans les réimpressions données à partir de 1504. On trouvera, dans
la partie bibliographique, toute une série d'éditions de ces commentaires
données à Lyon, Paris, Venise, Poitiers, Toscolano, accompagnées le
plus souvent d'autres commentaires que les siens 1 . Il continua ses com-
mentaires pour Cicéron par celui des Epîtres familières qui parut
en 1502, précédé du petit traité de epistolarum compositionc ; les réim-
pressions s'en succédèrent jusqua la fin du xvi e siècle à Paris, Lyon,
Milan, Cracovie, Strasbourg, Turin, Venise, Vienne et Breseia 2 . Ce furent
ensuite les deux livres à Herennius qu'il commenta en 1508; beaucoup
plus tard, en 1529, il donna les Philippiques avec son commentaire fami-
lier et ceux de Maturanzio, Philippe Béroalde et Georges de Trébizonde,
puis, en 1531, les épîtres à Atticus et à Marcus Brutus, avec ses scholies
et le commentaire de Baptiste Pio 3 . Ses quatre éditions des œuvres de
Cicéron, en 4 volumes, données en 1511, 1521-22, 1527 et 1531, ne con-
tiennent pas de commentaires et toute la série des Orationes qu'il réim-
prima si souvent à partir de 1526 est commentée par François Sylvius
(du Bois).
G. — Horace.
En 1500 parurent les commentaires familiers sur les œuvres d'Ho-
race, dont des fragments avaient aussi paru dans les Sylvce Morales. La
première édition en est extrêmement rare, je n'ai vu que celle de l'Art
poétique, qui est du 15 mai, celle des Epîtres doit être du 15 octobre
et celle des Satires a dû la précéder, car il en est question dans la pré-
face des Epîtres. Us furent revisés par Badius et réunis en 1503 en deux
volumes, mais ils ne parurent sous le titre d Opéra qu'en 1511;
une édition des œuvres, en petit format, avec commentaire réduit,
avait déjà paru en 1505 ou 1506. Les commentaires ont été réimprimés
très souvent, soit en parties séparées, soit avec les œuvres complètes,
à Paris, Caen, Rouen, Venise et Bâle ; la dernière édition citée est
de Venise, 1584 4 .
1. II, pp. 280-295 ; III, p. 468 (35 éditions).
2 II, pp. 328-343 (31 éditions). ... TT
3 Livres à Herennius, II, pp. 209.304 (7 éditions) ; Philippiques, II, pp. 322-
324 (3 éditions) ; épîtres à Atticus, II, pp. 343'344 i 2 éditions).
4. II, pp. 496-517; III, p. 399> 469, 47o. Œuvres, 24 éditions; parties sépa-
rées, 17 éditions.
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COMMENTAIRES FAMILIERS
149
H. ■ — Ovide.
Les éditions originales de ses commentaires sur les œuvres d'Ovide
sont aussi des plus rares. La première édition des Epîtres, avec son
commentaire, citée dans la partie bibliograpHique, porte deux souscrip-
tions du 24 février et du 3 avril 1500, et la préface est datée de Paris,
30 octobre de la même année. Il me paraît évident que ce n'est pas là
l'édition originale, car la préface semble avoir été écrite à Lyon; elle a
sans doute eu comme date primitive le 30 ootobre 1499, et il doit y avoir
une édition correspondante. Le commentaire y est accompagné de ceux
d'Hubert Clerici et d'Antoine Volsci. Pour les Métamorphoses, la pre-
mière édition citée est datée à la souscription du 29 novembre 1501, et
à la préface du 17 juin 1501; elle ne me semble pas non plus être la
première et, en raison des termes de la préface et de l'absence d'indica-
tion du lieu où elle a été écrite, je pense que l'édition originale est du
commencement de l'année 1500. Les épîtres ont été réimprimées jusqu'à
la fin du xvi e siècle, à Lyon, Turin, Venise, Toscolano et Brescia. Je
connais beaucoup moins d'éditions des Métamorphoses, mais beaucoup ont
dû m'échapper, car ce livre est un des plus difficiles à rencontrer; sur les
sept éditions citées, je n'en ai vu que quatre, et sur ces quatre, deux ne
me sont connues que par un seul exemplaire. Le traité in Ibin, avec le
commentaire de Badius, a été réimprimé aussi séparément. Je ne ferai
que rappeler ici les deux éditions des Métamorphoses moralisées, de
Thomas de Galles, ou Walleys, pour lesquelles Badius a écrit une pré-
face et dont j'aurai occasion de parler plus loin *.
I. — Virgile.
Le commentaire familier de Virgile parut la première fois en
1 500-1 501, celui des Bucoliques et des Géorgiques ne porte pas de date,
mais la préface est datée du mois d'avril 1500, celui de l'Enéide est
du I er février 1501, et celui des Opuscules du 15 mars 1501. Il réim-
prima trois fois le Virgile avec son commentaire et ceux de Servius Mau-
rus, d'Antoine Mancinelli et de Donat en 1507, 1512 et 1515; on cite
aussi une édition de 1505, à l'existence de laquelle je ne crois pas.
D'autres réimpressions furent faites à Paris, Toscolano, Lyon et Venise ;
27 éditions en tout sont mentionnées dans la partie bibliographique, parmi
lesquelles une petite édition, sans nom ni date, de format allongé, donnée
par Louis ~Hohenwang, d'Elchingen, qui est attribuée à Gruninger de
Strasbourg, aux environs de l'année 1508 2 . Le commentaire de quelques
1. II, pp. 101-116; III, pp. 470-471. Epitres, 25 éditions; Métamorphoses,
8 éditions ; In Ibin> 3 éditions.
2. III, pp. 356-384, 475-
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
opuscules avait déjà paru dans les Sylva Morales de 1492, nous avons
cité plus haut le début de celui du Vir bonus.
Les opuscules ne contiennent pas, dans ses éditions, les Priapeia qui
sont remplacés par une note annonçant qu'il les a supprimés et qu'on doit
les attribuer à Ovide plutôt qu'à Virgile, mais ils ont été restitués plus
tard par d'autres éditeurs dans des éditions portant son commentaire, et
auxquelles il n'a eu aucune part. C'est ce qui fait que le reproche que
lui adresse Ambroise Firmin-Didot 1 d'avoir placé les Priapeia dans les
éditions destinées aux enfants; est absolument injustifié; l'édition de 1529,
qui est incriminée, a été donnée à Lyon par Jean Crespin, et il ne peut
en être tenu comme responsable.
En mars 1502, il commenta les Expositiones sequenûarum et les
Expositiones hymnorum à l'usage de Salisbury. Ce travail lui avait sans
doute été demandé par les éditeurs anglais avec lesquels il était en rela-
tions commerciales ; la première édition est imprimée par André Bocard
pour Jean Baudoin, Boudins, Baudins ou Boedins, de Londres, qui par-
tagea avec Jean Petit, le 15 mars de la même année, la première édition
de la grammaire de Jean Sulpizio donnée par Badius; de nombreuses
réimpressions en ont été faites pour Wynand de Worde et Julien Notary,
de Londres, et Guerart Wansfort, d'York ; on cite même une édition des
Expositiones hymnorum au nom de Michel Hillenius, d'Anvers 2 . On a
écrit que Badius avait imprimé une série de livres liturgiques pour le
diocèse de Salisbury, mais ce doit être une erreur et je n'ai trouvé rien
d'autre que ces Expositiones.
Pierre Bury, ou de Bur, chanoine d'Amiens, qui compte au nombre
des poètes chrétiens de la fin du XV e siècle, confia à Badius, en 1503, par
l'intermédiaire de Pierre Joulet. le soin de publier un recueil de ses œuvres
ayant pour titre : M oralium carminum îibri novcm ; Badius y ajouta
des notes et des arguments. Peu de mois après cette publication, Bury
étant mort, ses exécuteurs testamentaires, Adrien de Henencourt, Pierre
Dumas et Jean Langlacé 3 , tous trois chanoines d'Amiens, décidèrent de
publier toute son œuvre ; Pierre Jonlet devait en surveiller l'exécu-
1. Histoire de la gravure sur bois, col. 98, note 2.
2. TT. pp. 4.10-437.
3. Joar.nes Lenglacia ; son nom est écrit Langlace ou Langlaei dans un acte
du Minutier publié par M. Coyecque.
J. — Expositiones a l'usage de Salisbury.
K. — Pierre Bury, ou de Bur.
COMMENTAIRES FAMILIERS
tion et Badius devait l'expliquer de son commentaire familier et
l'imprimer. Trois nouveaux volumes ainsi commentés parurent successi-
vement : Pœanes qîdnque festorum divœ Maria Virginis, en 1505, Can-
tica en 1506 et Hymni et Cantica en 1507; il restait encore un volume
à publier qui est annoncé dans la préface des Hymni et Canlica, mais
que je n'ai pas vu et qui n'est mentionné par aucun biographe *. Manni,
pourtant, dont les indications bibliographiques sont bien souvent inexactes,
signale : Pétri Burri miscellanea varia, comme publié par Badius en
1528 ; c'est peut-être là le volume annoncé, dont la date serait proba-
blement mal rapportée et qui pourrait avoir paru en 1508.
Badius a aussi imprimé, en 1505 ou 1506, trois pièces extraites des
Cantica, en une petite plaquette de 6 feuillets 2 destinée à être jointe
à un recueil de poésies chrétiennes intitulé : Car mina pia et religiosa,
dont nous parlerons plus loin.
L. — Philippe Béroalde l'aîné.
Badius imprima et réimprima fréquemment les œuvres de Philippe
Béroalde, l'aîné, pour lequel il avait la plus grande admiration, mais il
n'écrivit de commentaire familier que pour quelques-unes de ses petites
pièces : le Carmen lugubre, les Pœanes de laudibus divœ Virignis, le Viri
prudentis officia, en 1503, et les Epigrammata en 1508, ou peut-être plus
tôt; il y a de ces pièces commentées, surtout du Carmen lugubre, une
quantité de réimpressions. Dans la partie bibliographique, on trouvera
décrites, outre les pièces commentées par Badius et les éditions des
œuvres imprimées par lui, un certain nombre d'autres éditions de Phi-
lippe Béroalde qui ne devraient pas y figurer, car elles ne contiennent
rien de Badius. Je me suis laissé aller à les mentionner parce que les
unes sont de véritables contrefaçons des éditions imprimées par Badius,
et les autres complètent la bibliographie des œuvres de Béroalde en
France 8 .
M. — F. Ottavio (CleopJtilus). — Carmina pia et religiosa.
Au mois de septembre 1503, Badius publia le petit opuscule de
François Ottavio (Cleophilus), de Catu poetarum sans commentaire,
et au mois d'octobre de la même année, il en donnait une nouvelle édi-
tion avec son commentaire familier. Le de Cœtu poetarum fut fréquem-
ment réimprimé, ainsi commenté ; on en trouvera à la bibliographie
1 II, pp. 241-252.
2. III, p. 467.
3. n, pp. 158-186.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
une nouvelle édition de Badius, donnée en 1505 et sept autres éditions
au nom de différents libraires parisiens et de Pierre Regnault, de
Caen 1 . En 1505-1506, Badius donna, sous le titre de Carmina pa et
religiosa, une série de pièces de vers chrétiens de Lactance, de Juven-
cus, de Philippe Béroalde, de Grégoire Tifernas, de saint Damase, de
Raphaël Zovenzoni, de Celius Sedulius et de Pierre Bury 2 ; quelques-
unes sont accompagnées du commentaire familier : le de dominicœ résur-
rections die de Lactance, le de passione dominica et le de resurrectione
de Juvencus, le de die passionis dormtncœ de Béroalde ; il commenta
aussi, en 1508, les Fia N cerna verbis Christi dominici crucifixi bénéficia
sua in nos commemorantis de Lactance. L'idée de la publication de ce
recueil lui fut certainement donnée par le recueil publié en 1 501-1502
par Aide Manuce, à Venise, connu sous le titre de Poetœ christiani
v et ère s ; la composition des Carmina fia et religiosa est à peu près
la même que celle du second volume des Poetœ christiani.
N. — Salluste.
En 1504, il donna le commentaire familier de toute l'œuvre de Sal-
luste; il le fit précéder d'un important traité sur l'art d'écrire l'histoire :
de Historia et eam eoncernentibus, de utïlitate historiée et viginti prœcepta
pro historica lege ac stilo pueris animadvertenda. Ce commentaire eut un
très grand succès, il fut réimprimé jusqu'à la fin du xvr 8 siècle à Paris,
à Lyon, à Venise et à Baie; on en trouvera 25 éditions décrites dans
la partie bibliographique 3 .
O. — Navis Stultifera.
En 1505, Badius se commenta lui-même, en écrivant pour son poème
Navis stultifera, un commentaire familier. Nous reviendrons plus loin
sur la Navis Stultifera, en donnant la liste de ses œuvres morales ; on
y trouvera reproduit le commentaire familier de l'une des pièces, inti-
tulée de Virorum effeminatione 4 . Quant au poème lui-même, nous le
reproduisons dans son entier, mais sans son commentaire, au chapitre
suivant
P. — LUCAIN. — VALÈRE-MAXIME. — SÉNÈQUE.
En 1506, il commenta la Pharsale de Lucain, qu'il édita en joignant
au sien le commentaire de Jean Sulpizio; en 1514, il en donna une nou-
1. Il, pp. 344-347.
2. II, p. 545 ; III, pp. 132, 251, 467.
3. III, pp. 227-242, 472.
4. I, p. 162.
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COMMENTAIRES FAMILIERS
153
velle édition, revue par Gérard de Verceil et contenant en plus le com-
mentaire de Philippe Béroalde et des notes cF Antoine Sabellico, de
Jacques Bolognini et de Baptiste Pio. On en connaît deux réimpressions,
à Lyon en 15 19, et à Milan en 1525. Les commentaires de Badius se
trouvent aussi dans l'édition de la Pharsale donnée par François van
Oudendorp en 1728 1 .
En 15 10, parut sa première édition des commentaires familiers pour
Valère Maxime, publiés avec ceux d'Olivier d'Arzignano. Ils furent réim-
primés jusqua la fin du xvi° siècle; on en trouvera, dans la partie biblio-
graphique, 20 éditions de Paris, de Milan et de Venise, la dernière
de 1598»
En 15 14, ce fut le tour des tragédies de Sénèque, publiées d'après
les revisions d'Erasme, de Gérard de Verceil et de Gilles de Maizières, avec
un triple commentaire de Bernardin Marmitta, de Daniel Cajetan et de
Badius. Une édition de ces tragédies avait été déjà donnée par lui en 15 12,
et partagée avec Pierre Caesaris, de Gand; je ne l'ai pas vue et je ne
crois pas qu'elle contienne le commentaire, elle porte simplement au
titre : diligenter recognitœ 3 .
Q. — QUINTILIEN.
Rémy Ruffus Candidus, précepteur des enfants de Thomas Bohier
maître des requêtes des duchés de Normandie et de Milan, avait annoté
un exemplaire des Oratoriœ institutiones de Quintilien et l'avait confié à
Badius pour l'imprimer, mais au moment où celui-ci se disposait à
en commencer l'impression, le manuscrit lui fut volé. Un personnage
qu'il ne nomme pas — faut-il y voir un éditeur concurrent ? — lui
avait fait demander de le lui prêter, s'engageant, sous la foi du serment,
à le lui rendre trois jours après. Malgré de violentes réclamations, le
manuscrit n'avait pas été rendu. C'est pour remplacer les notes de Rémy
Ruffus Candidus que Badius se mit au travail et publia sa première
édition annotée de Quintilien qui parut en janvier 15 16 ; le texte est
celui de l'édition aldine, modifié d'après un manuscrit que Laurent
Val la avait eu en sa possession, et corrigé par Badius en de nom-
breux passages ; à ses notes sont jointes celles de Raphaël Regio et de
Georges Mérula.
En 1519, il donna une nouvelle édition des Oratoriœ institutiones
complétée par les De clamait on es attribuées à Quintilien, puis les
réimprima avec un commentaire encore augmenté en 1528. Dans cette
dernière édition, il imprima ses commentaires à part, formant deux
1. III, pp. 23-26, 399.
2. III, pp. 316-325.
3. III, pp. 251-254.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
parties de 186 et 126 ff., avec deux préfaces spéciales, et, à part aussi,
celui de Pierre Mosellanus (Pierre Schade). Cest le seul exemple d'un
des commentaires familiers de Badius imprimé isolément pour pouvoir
être joint à toutes les éditions du texte. Il réimprima encore le texte
séparément en 1531 et 1533, mais je ne connais pas d'autre édition des
commentaires seuls 1 .
Badius avait déjà commenté le de Officio discipuîorum de Quin-
tilien, publié avec le Boëce.
Outre ces commentaires familiers, Badius a annoté un certain nombre
d'auteurs, dont on trouvera les noms dans la liste ci-dessous; les notes
les plus importantes sont celles qu'il écrivit pour Aulu-Gelle en 15 17, qu'il
revisa en 1519, 1530 et 1532 2 , et pour Tite Live, qu'il écrivit en 1511
et révisa en 1513 et 1531 ; dans cette dernière édition, il inséra la
Chronologie de Henri Loriti, de Glaris, qu'il avait résumée et mise en
ordre alphabétique ; elle fut depuis reprise, sous cette forme, dans un
certain nombre d'éditions de Tite Live 3 .
LISTE CHRONOLOGIQUE DES OUVRAGES COMMENTÉS
OU ANNOTÉS PAR BADIUS
1. — 1492. Sylvœ Morales, fragments de Virgile, Horace, Perse, Juvé-
nal, Ennius, Baptiste de Mantoue, Jean Sulpizio, Caton
le Moraliste et Alain de Lille. Commentaires familiers
(II, 67).
2. — 1493. Comédies de Térence. Commentaire familier (III, 279).
3. — 1498. De Consolatione philosophiez et de Disciplina scholarium
de Boëce, de Officio discipuîorum de Quintilien. Com-
mentaires familiers (II, 196).
4. — 1498. De Patientia de Baptiste de Mantoue. Commentaire familier
(II, 95)-
5. — 1498. Satires de Juvénal. Commentaire familier (IL 535 ; III.
47°) ■
6. — 1498. Satires de Perse. Commentaire familier (III, 146).
7. — 1409. De officiis de Cicéron. Commentaire familier (IL 280 ; III,
468).
8. — 1499. Parthenice Catharinaria de Baptiste de Mantoue. Commen-
taire familier (II, 97).
9. — 1499. Parthenice Mariana, du même. Commentaire familier (II,
IOï).
10. — 1499- Contra impudice scribentes s du même. Commentaire fami-
lier déjà paru dans les Sylvœ Morales (II, 87).
11. — 1499. De calamitatibus temporum, du même. Commentaire fami-
lier (II, 107)
1. III, pp. 197-207, 471.
2. TI, pp. 463-469, III, p. 460.
3 ITT, pp. TO-20.
COMMENTAIRES FAMILIERS 155
12. — 1499-1500 (?). Œuvres d'Ovide. Commentaire familier (III, 101,
"3> 470).
13. — 1500. Œuvres d'Horace. Commentaire familier (Iï, 496, 499, 500;
III, 469).
14. — 1 500-1 501. Œuvres de Virgile. Commentaire familier (III, 356, 475).
15. — 1502. Revision du commentaire familier des Comédies de Térence
(III, 283).
16. — 1502. Exposiiiones sequentiarum, à l'usage de Salisbury. Com-
mentaire familier (II, 430).
17. — 1502. Expositiones hymnorum, à l'usage de Salisbury. Commen-
taire familier (II, 434).
18. — 1502. Bucolica seu Adolescentia de Baptiste de Mantoue. Com-
mentaire familier (II, 110).
19. — 1502. Revision des commentaires sur Boëce (II, 199).
20. — 1502. Bucoliques de Pétrarque. Commentaire (III, 156).
21. — 1502. Vie de Jésus par Ludolphe .de Saxe. Notes, table, vie de
sainte Anne (III, 29).
22. — 1502. Epîtres familières de Cicéron. Commentaire familier (II,
328).
23. — 1503. Moralia carmina de Pierfe Bury. Commentaire familier (II,
241).
24. — 1503. Sylvarum sex opuscula de Baptiste de Mantoue. Commen-
taire familier (II, 124).
25. — 1503. Parthenice tertia, du même. Commentaire familier (II, 505).
26. — 1503. Revision des commentaires familiers des œuvres d'Horace
(ii, 505).
27. — 1503. Ethiques d'Aristote, publiés par Gilles de Delft. Notes (II,
45)-
28. — 1503. Choix d'opuscules moraux de Baptiste de Mantoue. Com-
mentaire familier (II, 127).
29. — 1503- Carmen lugubre, pœanes, viri prudentis officia de Philippe
Béroalde. Commentaire familier (II, 174).
30. — 1503. De memorabilibus mundi de Solinus. Notes (II, 260).
31. — 1503. De cœtu poetarum de François Ottavio (Cleophilus). Com-
mentaire familier (II, 344).
32. — 1503. Bucoliques de Théocrite. Notes (III, 300).
33- — I 5°3- Bucoliques de Calphurnius. Commentaire, arguments (II,
259).
3_l. — 1503. Epîtres des saints Paul, Jacques, Pierre, Jean et Jude, pu-
bliées par Gilles de Delft. Notes (II, 375).
35. — 1504. De dominicœ resurrectionis die de Lactance. Commentaire
familier (III, 1).
36. — 1504. De amicitia, de senectute, de paradoxis de Cicéron. Com-
mentaire familier (II, 281).
37. — 1504. Œuvres de Salluste. Commentaire familier (III, 227, 472).
38. — 1504. Revision du commentaire familier des Comédies de Térence
(111, 284,473).
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156 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
39. — 1505. Carmina fia et religiosa de Lactance, Juvencus, Philippe
Béroalde. Commentaires familiers (III, 2).
40. — 1505. Faanes quinque festorum divœ Virginis Maria, de Pierre
Bury. Commentaire familier (II, 243).
41. — 1506. Sur la majesté de l'Evangile, de Juvencus. Notes (II, 545).
42. — 1506. Revision du commentaire familier des Satires de Juvénal
(II, 538).
43. — 1506. Cantica de Pierre Bury. Commentaire familier (II, 248).
44- — 1506. Pharsale de Lucain. Commentaire familier (III, 23).
45. — 1507. Hymni et cantica de Pierre Bury. Commentaire familier (II,
250).
46. — 1507. Novem opéra moralia de Baptiste de Mantoue. Commentaire
familier (II, 137).
47- — 1508. Fia nœnia de Lactance. Commentaire familier (III, 2).
48. — 1508. Livres de Cicéron à Herennius. Commentaire familier (II,
299).
49. — 1508. Epigrammata de Philippe Béroalde. Commentaire familier
^ ai, .75).
50. — 1509. Gœorgius de Baptiste de Mantoue. Commentaire familier
(II, 130).
51. — 1509. Cœctliœ agon de Baptiste de Mantoue. Commentaire fami-
lier (II, 132).
52. — 15 10. Valère Maxime. Commentaire familier (III, 316).
53. — 1510. Tite Live. Commentaire (III, 10).
54. — 15 10. Revision des commentaires familiers sur les Epîtres fami-
lières de Cicéron (II, 331).
55. — 15 13. Œuvres de Baptiste de Mantoue. Commentaire familier (II,
m)-
56. — 1513- Revision des commentaires sur Tite-Live (III, 11).
57. — 15 14. Tragédies de Sénèque. Commentaire familier (III, 252).
58. — 15 16. Oratorio* institution es de Quintilien. Commentaire (III, 197,
470".
59. — 15 16. De Asse de Guillaume Budé. Notes (II, 232).
60. — 15 17. Archithrenius. Notes (II, 44).
61. — 1517- Aulu-Gelle. Commentaire (II, 463 ; III, 460).
62. — 1519. Declamationes de Quintilien. Commentaire (III, 198).
63. — 1519- Revision des commentaires sur Aulu-Gelle (II, 46$) •
64. — 1519. Macrobe cura Ascensianorum. Commentaire (III, $4).
65. — 1523. Revision des commentaires familiers sur les Satires de Perse
(HT, i 5 3ï.
66. — 1525. Revision des commentaires sur Macrobe (III, 55).
67. — 1528. Revision des commentaires sur Quintilien (III, 205).
68. — 1529. Philippiques de Cicéron. Commentaire familier (II, 322).
69. — 1530. Revision des commentaires sur Aulu-Gelle (II, 467).
70. — 1531- Revision des commentaires sur Tite-Live (III, 14).
71. — 1531. Lettres de Ciçéron à Pomponius Atticus. Notes (II, 343).
72. — 1532. Revision des commentaires sur Aulu-Gelle (II, 468).
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III. — ŒUVRES DE MORALE ET D'EDUCATION.
En même temps qu'il cherchait à faciliter aux enfants l'étude des
éléments de la langue latine Badius s'efforçait à leur inculquer les prin-
cipes de la morale chrétienne, pour compléter leur première éducation.
C'était là, selon lui, le véritable rôle d'un précepteur, et il aimait à
rappeler cette pensée de Quintilien, que le précepteur tient, auprès d'un
enfant, la place d'un second père, et que tout ce que le père doit espérer
trouver dans son enfant, c'est au précepteur à l'y mettre.
En plusieurs endroits il critique les professeurs de son temps qui
ne se préoccupaient, pour la plupart, que d'enseigner des préceptes de
morale, sans prendre soin d'enseigner en même temps les principes de
littérature; il les qualifie du terme de mépris de prœceptorculi. Aussi
dans ses commentaires familiers, trouve-t-on toujours les préceptes chré-
tiens allant de pair avec les règles de grammaire.
Sous l'influence de l'esprit nouveau, dont il s'était imprégné pendant
son voyage en Italie, il cherchait souvent, hors de toute mesure, à tirer
des textes classiques les éléments de morale chrétienne que leurs auteurs
n'avaient jamais pu songer à y mettre. Rabelais a critiqué cette façon
de faire, en prenant à partie le frère Lubin *, de son vrai nom Thomas
Walleys, qui avait publié les Métamorphoses d'Ovide moralisées et
christianisées. Badius avait donné deux éditions de ces métamorphoses
et les avait fait précéder d'une préface fort élogieuse. Il ne faut pas
oublier que c'était à la même époque que les prédicateurs les plus en
renom, les Pépin et les Berelete, dont Henri Estienne devait plus tard
faire justice, attiraient la foule dans les églises par leurs sermons où le
sacré se mêlait au profane de la façon la plus triviale, et qui nous
semble aujourd'hui la plus irrespectueuse.
A. — SylvjE Morales.
La seconde publication de Badius, faite en 1492, après l'impres-
sion des lettres de Philippe Béroalde, est un recueil de textes clas-
siques qui indique bien la méthode par laquelle il cherchait, dans son
enseignement de la langue latine, à appliquer les textes classiques à l'édu-
1. Prologue du i w livre de Gargantua. Voyez III, p. 117.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
cation morale des enfants. Sous le titre de Sylva morales, il réunit une
série de morceaux choisis de Virgile, Horace, Perse, Juvénal, Ennius,
Baptiste de Mantoue, Caton le philosophe et Alain de Lille, classés
en douze chapitres qui ont pour titre : De vttiis fugiendis; de fragilitate
hominis; de fragilitate rerum; de votis; de amicitia atque urbanitatis
officio; de obseouiis amico prœstando; de oificio parentum in fUios et
de humamtate servanda; de vicio impudice scribentium; de moribus
mensarum; Moralia Catonis; Parabolœ Alani. Un copieux commentaire,
beaucoup plus important que les textes eux-mêmes, tire, comme nous
l'avons expliqué plus haut, les enseignements moraux de ces fragments,
en même temps qu'il indique la construction des phrases et fait com-
prendre les règles de grammaire 1 . Dans la préface, Badius fait une
profession de foi littéraire des plus intéressantes; nous avons déjà eu
l'occasion d'en citer quelques passages.
La petite introduction mise en tête du premier livre, qui contient le
Vir bonus de Virgile, indique assez <bien ce qu'il avait voulu faire en
publiant ce recueil :
Sylvas morales ad optimi maximi redemptoris nostri Jesu Christi
gloriam et honorem, adque juventutis improvidae commoditatcm inter-
pretaturus, a Publio Virgilio Marone, togatorum poetarum facile prin-
cipe, auspicandam duxerim, tum quia ipsius miro dicendi artificio tyro-
num animi imbuendi sunt, tum quia quae ab co assumpsimus opuscula
instituto nostro conducunt maxime.
Instituimus siquidem, majorum exempla secuti, primum more solertis
coloni ex pectoris agro nocentes herbas eruere et deinde sementem vir-
tutis superinjicere. Sic etenim Quintus Horatius Flaccus in sermonibus
suis vitia multa urbanitate castigat, ac deinde in epistolis honestae,
sanctaeque vitae praeceptiones colligit. Idem A in Arte poetica, vitia scri-
bendi reprobat priusquam veras artes accuratius instituit, quia vero nulla
pestis mortalium animis perniciosior quam quae mortalia peccata vocant.
Non ab re quae Maro noster ad ea propulsanda confecerit in médium
proferemus, primumque videbimus quanta arte, quantaque diligentia
superbia vitium, unde vobis prima labes execretur, quantumque vicissim
salubribus cohortationibus ad modestiae caeterarumque virtutum pulchri-
tudinem nos invitât.
Les deux plus importantes œuvres originales de Badius, les Stulti-
ferœ Naves et la Navis Stultifera sont également des traités de morale.
L'une et l'autre sont inspirées du poème de Sébastien Brant, Das Narren
Schyff, traduit en latin par Jacques Locher sous le titre de Stultifera
Navis, en 1497, et la même année en français par Pierre Rivière, sous
le titre de La Nef des Folz du Monde,
x. II, pp. 67.73.
B. — Stultifera Naves.
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ŒUVRES DE MORALE ET D'EDUCATION
La première en date, les Stultiferœ Naves, parut vers 1499. Nous
avons expliqué plus haut 1 comment l'idée lui était venue, lors de son
voyage à Paris en 1497, de composer un petit supplément à l'ouvrage
de Brant, qui serait destiné aux femmes et critiquerait les principaux
défauts féminins. Il avait promis au libraire Angilbert de Marnef de
le lui donner sous peu et dès son retour à Lyon il s'était mis au travail.
La date de la lettre qu'il lui écrivit en lui envoyant son manuscrit, et
qui sert de préface, est le 10 septembre 1498.
C'est un mélange de vers et de prose; le texte proprement dit, écrit
en vers latins, est accompagné de chapitres en prose qui en forment le
développement; il n'avait pas eu le temps de mettre le tout en vers,
comme il se l'était d'abord proposé. L'ouvrage est divisé en six Nefs,
la première traitant du péché d'Eve, les cinq autres des péchés corres-
pondant aux cinq sens. Nous reproduisons plus loin le texte en vers
avec un aperçu des chapitres en prose.
Mais avant de publier le texte original de Badius, ce qu'il ne fit
qu'en 1501, Angilbert de Marnef en avait donné une adaptation en
français, à la demande même de Badius qui désirait que son petit traité,
écrit pour les femmes, pût être lu par elles. Ce fut Jean Droyn, ou
Drouyn, qui se chargea de ce travail ; il venait de publier une para-
phrase en prose française de la traduction en vers faite par Pierre
Rivière de la Stuliifera Navis de Brant. Ce fut également une para-
phrase qu'il fit des Stultiferœ Naves de Badius, ne se servant du texte
que comme .d'un thème sur lequel il broda. Une première partie, écrite
aussi en un mélange de prose et de vers, est la traduction, très amplifiée ;
elle est suivie d'une seconde partie qui est l'œuvre du traducteur seul,
et il se trouve qu'ainsi le travail de Badius est augmenté de plus de
moitié. Le titre est devenu le suivant : « La Nef des Folles selon les
cinq sens de nature, composés selon l'évangile de monseigneur saint
Mathieu des cinq vierges qui ne prindrent point d'uylle pour mectre
en leurs lampes. » Les vers latins de Badius y sont imprimés en man-
chettes.
De cette adaptation française on connaît cinq éditions, deux qui sont
imprimées par Petit Laurens pour Geoffroy de Marnef, s. d., une troi-
sième dont le seul exemplaire connu est incomplet et qui, tel qu'il est,
ne porte ni nom, ni lieu, ni date, une quatrième, de 1501, au nom de
Jean Trepperel, et une réimpression donnée en 1585, à Lyon, par Jean
d'Ogerolles qui réimprima aussi la Nef des F oh de Brant 2. Les frères
de Marnef firent les frais d'une illustration spéciale destinée à ce petit
ouvrage de Badius; elle consiste en six figures allégoriques gravées sur
1. I, p. 13-
2. II, pp. 73-76.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
bois, placées dans la première partie et représentant les six Nefs avec
leurs attributs ; on en trouvera la reproduction, plus loin, avec le texte
latin. La seconde partie contient 1 2 autres figures sur bois, mais qui n'ont
pas été exécutées spécialement, et sont empruntées à l'illustration de la
Stultifera Navis.
Le texte original fut imprimé seul par les frères de Marnef en
février 1501 ; on le trouve ordinairement dans les recueils du temps, relié
à la suite de la Stultifera Navis, il contient les six figures spéciales des
éditions françaises et son titre est en un distique :
Il fut réimprimé deux fois à ma connaissance. L'une de ces deux
réimpressions ne porte ni lieu, ni nom, ni date, mais une marque avec la
légende : Nihil sine causa. 149Q. F. A. de Basilea, qui est attribuée à
Frédéric Alemanus, de Bâle, qui exerçait à Burgos. L'autre réimpres-
sion a été faite à Bâle par Jean Priiss, elle est précédée d'une préface de
Jean Wympfeling, et porte un titre différent : Jodoci Badii Ascettsii
stultiferœ naviculœ seu scaphœ fatuarum mulierum, circa sensus quinque
exteriores fraude navigantium. Stultiferœ naves... Il est probable qu'il
y eut d'autres éditions, aujourd'hui disparues ou qui m'ont échappé ; cette
petite plaquette d'une vingtaine de feuillets avec de jolies illustrations
était vouée à une destruction fatale *.
La Navis Stultifera de Badius ne parut qu'en 1505. C'est une œuvre
beaucoup plus importante et inspirée, comme la précédente, de la Stulti-
fera Navis. On l'a souvent prise pour une nouvelle traduction ou une
adaptation de l'ouvrage de Brant, à cause de son titre qui est très am-
bigu : « Navis Stultifera a Sebastiano Brant primum aedificata, et lepi-
dissimis teutonicse Iinguae rithmis decorata, deinde ab Jacobo Lochero,
philomuso, latinitate donata, et demum ab Jodoco Badio vario carmi-
num génère, non sine eorumdem familiari explanatione. » Il n'y a cepen-
dant de commun avec la Stultifera Navis que les gravures sur bois qui
sont les mêmes et qui ont servi de thème aux 113 petits poèmes latins
qui composent le volume.
Les illustrations, sont à peu près dans le même ordre que dans l'ou-
vrage de Brant, elles correspondent à des chapitres dont le titre est
à peu près identique, mais dont les développements sont différents et
1. Il, pp. 77-80.
« Stultiferœ Naves sensus animosque trahentes
Mortis in exitium. »
C. —
Navis Stultifera.
ŒUVRES DE MORALE ET D'EDUCATION i6r
la moralité souvent tout autre. Pour en donner un exemple et faire
ressortir l'originalité de l'œuvre de Badius, j'ai placé ici un chapitre de
chacun des deux ouvrages. Celui de la Stultifera Navis est tiré de l'édi-
tion donnée par les frères de Marnef en 1497 ; quant au chapitre
de la Navis Stultifera, j'y ai joint le commentaire familier, en prose.
Je n'ai pas cru, dans la réimpression de la Navis Stultifera, donnée
plus loin dans son entier, qu'il fût nécessaire de reproduire ce commen-
taire, il est cependant quelquefois utile à consulter pour comprendre le
sens, souvent assez ambigu, des vers de Badius.
Voici le chapitre de la Stultifera Navis, intitulé : Virorum effemi-
natio :
Quiquis amat ritus proferre et fingere inanes
Instituens populos sic novitate rudes ?
Is mala dat cupidae ludibria multa juventœ.
Tempore quae fuerant ignominiosa vetusto
Atque scelesta nimis, jam nostra aetate probantur
A multis, ritusque novi servantur honore.
Laudis crat quondam barbatos esse parentes
Atque supercilium mento gestare pudico,
Socratis exemplo barbam nutrire solebant
Cultores sophiae, quorum sapicntia mundum
Deseruit, celsas Jovis et conscendit ad arces.
Sed nunc irrepsit morum corrupta libido,
Manavitque nef as et vitae subdolus usus ;
Ecce pudet multos barbam nutrire severam,
Sed vellunt toto excretos de corpore pilos,
Ut servare cutem mollem, corpusque supinum
Possint, et stultum casus ductare per omncs,
Crinibus in nodum contortis more Sycambri
iEthiopiumque micant, crispantes ferre capillos
Fas reputant, nudos fucati et pectoris artus
Pandere, ut ingenuas possint captare puellas,
Colla premunt quidam sertis, et torquibus aureis
Et digitos onerant gemmis, auroque rotundo.
O mores hominum, corrupta o tempora et atra !
Nemo nefas censet vestes gestare plicatas,
Atque habitus curtos nimium, tinctosque colore,
Unde palam apparent genitalia membra, pudore
Dcposito, et nullo conduntur tegminc cluncs.
Quid tunicas memorem varias ? Quid pallia narrem
Fimbria quae croceo vestit circundata lymbo ?
Quidve pedum referam vestitus usque probrosos ?
Moribus Assyrios sequimur, Thurcosquc prophanos,
Et recucitorum pejores ritibus. Eheu
Talia cur pateris pugnax Germania ? Pelle,
Pelle, inquam, ritus média de gente pudendos,
Neve tuam perdas famam. Deus, ultor acerbus,
Nos premet e quorum nascuntur crimina vita.
I. 11
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Le chapitre correspondant de la Navis Stultifera est intitulé : De
virorum efteminatione, ou : De effcminatione pet vestes.
Quid tibi vis, mollis passercule? Feminina quid vult
Figura vultus ? Cur tyara fronti ?
Quid madido spirant opobalsama densiora collo ?
Marem ne factum te pudet, cinede?
Quid tibi vis, inquam, stultissime ? Cur muliebrem
Inducis speciem, nunc pudet esse marem ?
Cur defers pathici spéculum gestamen Othonis ?
Actoris Arunci num spolium esse putas ?
Brachia cum duo sint, manicae cur quattuor extant ?
Cornua cur fronti ? Cur bovis ora pedi ?
Cur vulpina tuo dependet cauda lacerto ?
Cur pluma est capiti ? Num pudet esse hominem ?
Cur, Germane, tuum nudant multicia corpus?
Cur tua tôt tunicis robora, Galle, premis ?
Cur mihi tam variis ut vincas Prothea formis
Et corium et pannum dilacerarc jubés ?
Cur de fungorum nunc te vis stirpe putari
Nunc caput argutum prodis ut acris equi ?
Desine multiplici te monstrum fingere forma
Fluctivagumque animum prodere veste tua.
Le commentaire familier de Badius qui accompagne cette pièce est
le suivant :
Carmen est quale quintum genus apud Flaccum, de quo satis ample
Perottus. Haec tyara, vel hic tyaras, Phrygium cooperimentum capitis.
Opobalsama, succus balsami. Cinedus, pathicus. Vide Juvenalem.
Quod tibi vis, inquam, stultissime, quia simile principium fuit in
superiori carminé, addo : inquam. Quod sero ordo facilis est, exponam
duntaxat vocabula, num in numquid pudet j te esse marem, id est mascu-
lum ; Othonis pathici, id est libidinem more muliebri patientis, est autem
ex Juvenale sumptum, qui dicit satyra secunda :
Ille tenet spéculum pathici gestamen Othonis,
Actoris Arunci spolium, quo se ille videbat
Armatum, cum jam tolli vexilla juberet.
Is autem Otho erat imperator Romanorum qui Galbae successit, homo
mollissimus, corpore vulso, et faciem quotidie rasitare et madido pane
linire suetus, unde et spéculum secum tulit, ut Turnus apud Maronem
dicitur gestasse hastam actoris Arunci spolium ; verba Maronis sunt
li. xii :
Exin, quae mediis ingenti adnixa columnae
/Edibus adstabat, validam vi corripit hastam
Actoris Arunci spolium, quassatquc trementem
Vociferans...
ŒUVRES DE MORALE ET D'EDUCATION 163
Quaero ergo num putes spéculum illud esse spolium actoris Arunci,
fortissimi illius viri, quod est Othonis pathici ? Manicae quattuor, quia
duae dépendent, duae brachia vestiunt, ut quadrupèdes imitentur ; cornua,
quia coopenmenta capitum cornuta habent ; ora bovis pedi, quia
calceamenta gerunt illorum instar ; vulpina cauda, quia pelle vulpina
in versas fimbrias et in dorsum demissas gerunt ; num pudet esse homi-
nem, quia imitaris pecudero, unde potius dico hominem quam virum
licet versus mollior sit ; germane, alemanne ; multicia, mollia indu-
menta, ut qui pellucida totum corpus ostentant ; robora, robusta
membra j de Protheo, vide quartum Georgicorum ; fungus species boleti,
habet caput majus reliquo corpore, unde habentem pileum latissimum
Plautus de génère fungorum vocat.
Ces petits poèmes sont remplis de réminiscences et de vers pri»
dans les poètes classiques ; deux sont empruntés, dans leur entier, à
Virgile, un à Robert Gaguin, quelques autres sont formés d'extraits de
Virgile, d'Horace, de Juvénal, de Perse, d'Ovide, de Baptiste de Man-
toue. Le commentaire familier signale le plus souvent les emprunts, et
renvoie, en outre, à tout instant, aux textes des classiques que Badius
connaissait à fond.
La lecture de la Navis Stultifera offre un intérêt spécial par les
petits tableaux de mœurs qu'elle nous donne, et qui, quoique présentés
sous des couleurs certainement exagérées, sont souvent amusants et
instructifs.
On en connaît six éditions ; quatre ont été imprimées à Paris pour
les frères de Marnef, dont trois sont partagées avec Badius, deux ont
été données à Bâle par Nicolas Lamparter, et une à Caen par Michel
Angier
* *
Badius indiquait souvent au titre ou dans les liminaires des ouvrages
destinés à la jeunesse que ces volumes ne contenaient rien qui pût
empêcher de les mettre entre les mains des enfants ou de les faire lire
à des jeunes filles. Sur le titre des Proverbes français de Jean de la
Véprie, mis en latin par Jean Gilles, l'indication est ainsi formulée :
Haec impune legent pueri, innuptaeque puellae,
Nam Venus in toto non erit ulla libro.
On trouve une autre formule au titre de la Navis Stultifera :
Nec quicquam obscaenum, nec olenti fornice dignum
Nec fidei invisum nostra carina tenet,
Carminé sed vario mores induco venustos
Expellens casto turpia verba modo,
1. 11, pp. 81-85.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
et dans la pièce placée au verso du titre du même volume :
Proinde puer nostras aude spectare carinas
Stultiferas...
Et pourtant dans les ouvrages ainsi présentés, comme aussi quelque-
fois dans les commentaires familiers, combien y a-t-il de passages que
nous ne voudrions pas voir tomber sous les yeux des jeunes gens, et à
plus forte raison des jeunes filles. La conception de renseignement moral
était tout autre alors qu'aujourd'hui. Là où nous nous efforçons de
cacher le vice et de protéger la jeunesse de sa souillure en le lui lais-
sant ignorer le plus longtemps possible, on se plaisait, au temps de
Badius, à l'étaler dans toute son horreur, pour le mieux faire détester
et en inspirer le dégoût. La méthode employée dans nos écoles pour
combattre l'alcoolisme en plaçant sous les yeux des enfants des tableaux
qui leur montrent les funestes effets de l'alcool, était employée alors
pour les détourner des plus viles passions.
Qui s'attendrait à trouver dans la Navis Stultifcra, après l'avertis-
sement du titre, après le Proindc, puer, nostras aude spectare carinas,
des chapitres tels que ceux qui traitent de fallacis muliebris vitandis,
de stultitia impudicarum custodia, de lenocinii stultitia, et bien d'autres
encore? On a même vu, dans le commentaire donné plus haut du cha-
pitre de virorum efj e mutation e , que Badius y insistait sur la significa-
tion des termes que les enfants auraient pu ne pas comprendre, ren-
voyant à Juvénal pour l'explication des mots cinedus pat /ne us, et ajou-
tant un peu plus loin : « Id est libidinem more muliebri patientis ».
Et pourtant le commentaire familier et les nombreuses réimpressions
de l'ouvrage indiquent bien qu'il était adopté dans les écoles et qu'on y
faisait épeler le latin aux plus jeunes enfants.
Les Stultiferœ Naves, écrits pour les femmes, contiennent égale-
ment des passages qui ne semblent pas à l'usage de la jeunesse, cepen-
dant Jacques Wympfeling, en donnant à Bâle une réimpression en 1502,
engage les enfants à les lire « ut a teneris annis in vos irrepat sagax
sensuum custodita ».
Dans les classiques, d'ailleurs, les passages scabreux ne sont pas
dissimulés et ils sont souvent aggravés par le commentaire. Il y a cepen-
dant exception pour les Priapeia que Badius a supprimés des Opuscules
de Virgile.
A côté de cela, toujours dans la Navis Stultifcra, on rencontre ce
passage emprunté à la xiv e Satire de Juvénal, où il est recommandé
de ne rien faire ou de ne rien dire devant les enfants qui puisse leur
révéler le mal :
Nil dictu fœdum, visuque haec limina tangat
Intra quae puer est, procul hinc, procul inde puellae
ŒUVRES DE MORALE ET D'EDUCATION
165
Lenonum et cantus pernoctantis parasiti.
Maxima debetur pucro reverentia. Si quid
Turpe paras, nec tu pueri contempseris annos.
Sed peccaturo obsistat tibi parvulus infans.
Nous devons mentionner également, parmi les ouvrages d'enseigne-
ment de Badius, cette petite pièce dé vers si souvent réimprimée sous
le titre d'Apex ascensianus de officio scholastici, inspirée de Boëce et de
Quintilien :
APEX ASCENSIANUS DE OFFICIO SCHOLASTICI
Nec satis est mundum comemque accedcre mensam
Ni probus in cunctis conspiciare locis.
Proinde puer qualem satagis deducere vitam
Te perquam paucis admonuisse velim :
Manc experrectus, quas condit optimus auctor
Christus, eas réfères supplice mente preces.
Deinde salutatum properabis utrumque parentem
Et cuicunque tuae cura salutis erit.
Tum quemcunque vides venerandum religione,
Sanguine, canicie, moribus, officio,
Huic, si forte sedes, properes assurgere, si stas
Aut transis, retegens tempora, flecte genu.
Tum praeceptoris tibi patris amore colendi,
Auribus atque oculis, menteque verba cape.
Quse si forte minus intellecta reliquit,
A condiscipulis sunt repetenda tuis,
Intellecta autem, ne mox neglecta queraris,
Inscribes nitido saepe lcgenda libro.
Tandem ubi doctus eris, reliquum est bene vivere curet,
Ignarisque tibi cognita praecipias.
Sulpizio avait traité le même sujet en ces termes :
Quos decet in mensa mores servare docemus
Virtuti ut studeas litterulisque simul ;
Quae prius admoneo, miti, puer, indole serva,
Praeque tuis oculis haec mea jussa tene :
Sit sine labe. toga, et faciès sit lauta, manusque
Stiria nec naso pendeat ulla tuo
Et nihil emineant, et sint sine sordibus ungues.
Sit coma, sit turpi calceus absque luto,
Linguaque non rigeat, careant rubigine dentés,
Atque palam pudeat te fricuisse caput
Exprimere et pulices, scabiemque urgere nocentem
Ne te sordidulum qui videt ista vocet.
Seu spuis aut mungis nares mutasve, mémento
Post tua concussum vertere terga caput,
Mucorem haud tangas digitis, sputumve résorbas ;
Panniculo nasum mungere nempe decet.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Et met are cave quin ara in terga reflectat,
Stringe os et crepitum coge tenere nates.
Mundiciciaeque tibi plaoeant medio quoque cultu
Utere, ne turpis vel videarc levis,
Nec maledicta refer, nec promas turpia dictu
Et stomachosa quidem dicere turpe tibi.
Moribus urbaais curato praeditus esse
Parce guise turpi, luxuriamque fuge.
Badius imprima un certain nombre de traités de morale et de philo-
sophie qu'il choisissait avec soin et faisait précéder de préfaces. Il faut
citer entre autres le recueil qu'il publia en 1520 sous le titre : Allegoria-
rum moraUumque sententiarum in utrumque divinœ legis instrumentum
(excepto duntaxat psalterio, in quod seorsum tnolimur opus) abs triginta
prœclaris et religione et doctrina vins ; il le composa lui-même d'extraits
empruntés à trente théologiens dont on trouvera les noms à la collation
du volume 1 . Je n'ai pas vu le recueil analogue qu'il avait l'intention
de publier pour les Psaumes. On trouvera aussi, parmi les titres des
ouvrages qu'il publia avec ses commentaires familiers, des petits traités
de morale chrétienne, spécialement choisis pour servir de lecture à des
enfants, tels que les Carmina pia et religiosa.
1. II, p. 25.
IV. — ŒUVRES POETIQUES
Badius était considéré par ses contemporains comme l'un des meil-
leurs poètes latins de son temps. Son bagage poétique est assez considé-
rable, surtout pour les premières années de sa carrière.
Les deux poèmes cités par Trithème, Contra VincenHum et Psalterium
deiparœ Virginis Mariée, semblent aujourd'hui perdus. Nous ne connais-
sons, en dehors d'eux, qu'un seul ouvrage écrit entièrement en vers, les
Stultiferœ Naves (1505), et un ouvrage écrit partie en vers et partie en
prose, la Navis Stultifera (1497 ou 1498) ; nous avons déjà eu occasion
d'en parler et nous reproduisons plus loin les deux poèmes dans leur
entier. Toutes les autres œuvres poétiques de Badius sont des pièces
volantes, écrites pour orner les ouvrages qu'il publiait, car on ne peut
considérer que comme de la versification la série des opuscules gramma-
ticaux et le textus ascensianus qui sont en vers.
Les plus importantes de ces pièces sont, par ordre chronologique, le
de prœstantia Gallorum et auctoris, écrit pour le de Origine Francorum
de Robert Gaguin (1497), le de Insignibus Franciœ et le de operis hujus
acccssione, pour une nouvelle édition de cet ouvrage donnée en 1501, le
de Annunciatione dominica, en 44 vers hexamètres, que l'on rencontre
dans les Pœanes de Pierre Bury (1505), YEpithalamion Ascensianum,
en 23 distiques, inséré dans le Cantica Canticorum publié par Jacques
Perez de Valentia (1505), et dont le sujet est r Annonciation ; il faut citer
aussi 22 petites pièces de 1 distique chacune, recommandant aux enfants
l'étude des Copia vcrborum et rerum d'Erasme (1512), jeu d'esprit dont
on trouve de nombreux exemples chez les poètes du xvi e siècle, consistant
à reproduire la même idée, d'une façon différente, un nombre de fois
infini.
On trouvera toutes ces petites pièces reproduites avec la collation
des volumes qui les contiennent. Il y a lieu d'y ajouter une épigramme
sur Hermolao Barbaro, qui est citée par Robert Gaguin, et qui doit
avoir été faite entre juillet 1493, date de ^ a mort de Barbaro, et octobre
1493, date de la Iettre de Gaguin, et l'épitaphe d'Adrien de Budt.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
LISTE CHRONOLOGIQUE DES ŒUVRES POÉTIQUES DE BADIUS
1. — Vers 1489. Contra Vincentium, poème.
2. — Vers 1490. Fsalterium deiparœ Virginis Mariœ, poème en vers
saphiques.
3. — 1492. 10 distiques et épigramme de 4 distiques aux lecteurs, pour
les Orationes de Philippe Béroalde (II, 160).
4. — 1492. 8 distiques dans les Sylvœ Morales (II, 73).
5. — 1494. 16 vers aux lecteurs pour les Sermons de carême de Léonard
d'Udine (III, 310).
6. — 1494. Exhortation aux jeunes gens pour l'étude des belles-lettres,
16 distiques. Feuillet volant joint au Dialogus de Guil-
laume de Ockam (III, 88).
7. — 1495. 2 distiques au titre des Sermons de carême de Jean Gritsch
(II, 481).
8. — 1495- Souscription en 3 vers pour les Sermons du propre des
Saints de Léonard d'Udine (III, 312).
9. — 1495. Epigramme de 4 distiques au lecteur, dans VOfus nona-
ginta dierum de Guillaume de Ockam (III, 89).
10. — 1495. 19 distiques au lecteur pour les Annotations sur le livre des
Sentences par Guillaume de Ockam (III, 400).
11. — 1497- t> e firœstantia Gallorum et auctoris, 40 vers, pour le De
origine et gestis Franc orutn de Robert Gaguin (II, 447).
12. — 1497. 2 distiques adressés à Marc Alexandrei, de Bénévent, pour
le traité de Robert Holkot sur les livres des Sentences
(II, 492).
13. — 1497- 5 distiques au titre le VOpus quœstionum de saint Augustin
(11,54).
14. — 1497. Epigramme de 11 distiques dans le de Vita Ludovici M or-
bioli de Baptiste de Mantoue (II, 93).
15. — 1497. 2 distiques pour les Questions de Pierre Tartaret (III, 275).
16. — 1498. Stultiferœ naves (I, 197 ; II, 77).
17. — 1498. Ad litterariœ militiœ tyrunculum, 9 distiques, pour les Sa-
tires de Juvénaî (II, 537).
18. — 1499. 7 vers au titre des Satires de Perse (III, 146).
19. — 1500. Arguments en vers pour les Epîtres d'Horace (II, 502).
20. — 1501. De insignibus Franciœ, 31 vers pour le de Origine et gestis
Franc orutn de Robert Gaguin (II, 449).
21. — 1501. De oferis ejus accessione, 8 distiques pour le même ouvrage
(11,450).
22. — 1502 Arguments en vers pour les Bucoliques de Pétrarque (III,
157).
23. — 1502. Deux pièces de 2 distiques au lecteur, et de sancta Anna>
2 distiques, dans la vie de Jésus-Christ par Ludolphe de
Saxe (III, 29-31).
24. — 1502. Deux pièces de 5 et 6 distiques pour les Opuscules de saint
Augustin (II, 56, 58).
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ŒUVRES POETIQUES
25. — 1503. Trois pièces de 2, 1 et 2 distiques pour les Œuvres d'Horace
(H, 507, 508).
26. — 1503. 3 distiques au lecteur pour les Epîtres de Filelfo (III, 159).
27. — 1503. 2 distiques au lecteur pour les Bucoliques de Théocrite
(III,3oo).
28. — 1503. Arguments en vers pour les Bucoliques de Calphurnius
(II, 259)-
29. — 1503. 2 distiques adressés à l'imprimeur Ulrich Gering dans les
Epîtres des saints Paul, Jacques, Pierre, Jean et Jude,
publiées par Gilles de Delft (II, 375).
30. — 1504. 3 distiques à la jeunesse studieuse de Grande-Bretagne, pour
les Comédies de Térence (III, 285).
31. — 1504. 4 distiques à la jeunesse studieuse, 2 distiques au lecteur et
15 vers : Gratiœ Ascensianœ pour le Doctrinal d'Alexandre
de Villedieu (II, 16).
32. — 1504. 6 distiques adressés à Aymon de Montfaucon, évêque de
Lausanne, pour les Questions morales de Pierre Tar-
taret (III, 277).
33- — 1505. 10 distiques adressés à Christophe Fisscher, pour les Notes
de Laurent Valla sur la traduction latine du Nouveau
Testament (III 345).
34. — 1505. Epigramme en 7 distiques pour les Regulœ elegantiarum
d'Augustin Dati (II, 363).
35. — 1505. Epigramme en 4 distiques pour la Grammaire de Nicolas
Perotti (III, 139).
36. — 1505. 2 distiques au lecteur pour VOratio ele gantissima de Michel
Riccio (III, 210).
37. — 1505. Navis stultifera (l x 221 ; II, 82).
38. — 1505. 3 distiques au lecteur, 6 distiques à Jacques Lefebvre
d'Etaples pour les Opuscules de Plutarque (III, 171,
172).
39. — 1505. De annunciatione dominica, 44 vers, dans les Pœanes quinque
festorum divœ Virginis Mariœ de Pierre Bury (II, 246).
40. — 1505. 2 distiques à l'acheteur pour le Thésaurus d'Antoine Manci-
nelli (III, 64).
41. — 1506. 3 distiques aux Muses pour la Grammaire de Jean Sulpizio
(III, 266).
42. — 1506. Epigramme de 3 distiques pour le Dictionnaire de Jean
Balbi (Janua) (II, 256).
43. — 1506. Epigramme en trois distiques pour les Legatinœ de Jean
Acton (II, 52).
44. — 1506. 4 vers pour l'Hécube et l'Iphigénie d'Euripide (II, 428).
45. — 1506. 6 distiques adressés à Jean Bibaut pour les Cantica de
Pierre Bury (II, 250).
46. — 1506. 3 distiques adressés à Thomas More pour les Opuscules de
Lucien (III, 27).
47. — 1507. 2 distiques pour l'Epître de saint Paul aux Romains, traduite
en vers par Gilles de Delft (II, 376).
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170 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
48. — 1507. 15 vers à Nicolas Darques dans les Hymni et Cantica de
Pierre Bury (II, 252).
49. — 1507. Epigramme de 8 distiques pour le de Re gibus christianis de
Michel Riccio (III, 211).
50. — 1507. 4 distiques au lecteur pour les .Œuvres de Virgile (III, 365).
51. — 1507. 9 distiques à Germain de Ganay pour les Novent opéra mo-
ralia de Baptiste de Mantoue (II, 137).
52. — 1507. Epithalamion Ascenstanum, 23 distiques, dans le Cantique
des Cantiques publié par Jacques Pcrez de Valentia (III,
125).
53. — 1507. 2 distiques pour les Opuscules de Michel Anglicus (II, 35).
54. — 1508. 3 distiques pour le de Triplici disciplina de Symphorien
Champicr (II, 268).
55. — 1508. 4 distiques adressés à Germain de Ganay pour le de Honesta
disciplina de Pierre Crinito (II, 350).
56. — 1508. 6 distiques adressés à Yves Cavellat pour l'Histoire des deux
Bretagne s de Geoffroy de Monmouth (II, 461).
57. — 1508. 9 distiques adressés à Jean Leupe, et 3 distiques au livre
pour YEruditio de Guy Jouvenneaux (II, 544, 545).
58. — 1508. 4 distiques pour le traité sur les livres des Sentences par
Durand de Saint-Pourçain (II, 411).
59. — 1509- 2 distiques pour le de Regia in Genuenses Victoria de Fauste
Andrelini (II, 29).
60. — 1509. 9 distiques adressés au cardinal Georges d'Amboise pour le
Gœorgius de Baptiste de Mantoue (II, 29).
61. — 1509. 1 distique pour le Dialogue sur le Purgatoire du frère
Alphonse Ricius (III, 216).
62. — 1509. 1 distique pour le de Latin œ ttnguœ elcgantia de Laurent
Valla (III, 329).
63. — 15 10. 4 distiques au titre de Rosetum exercitiorum spiritualium
et sacrarum meditationum de Jean Mauburne (III, 81).
64. — 151 1. Epigramme de 4 distiques à Guillaume Petit pour les
œuvres de saint Hilaire (II, 491).
65. — 151 1. 2 distiques et 1 distique adressés à Pauteur pour la vie de
saint Liévin de Gilles Houkaert (II, 519).
66. — 151 1. 2 distiques pour la Chimœra de Guillaume de Mare (III, 74).
67. — 151 1. Acrostiche au titre de Complementum (II, 531).
68. — 1512. Exhortatio Badiana ad lectorem juvenilem ) 5 vers pour sa
Syntaxe publiée par Liévin vanden Cruyce (Crucius)
(II, 356).
69. — 1512. 2 distiques au titre du Traité sur la peste de Liévin Ooster-
Iync (Austricus) (II, 66).
70. — 15 12. 2 distiques adressés à Jean Brouchier pour le de t ortuna
F rancis ci Gonzagœ de Baptiste de Mantoue (II, 133).
71. — 15 13. 4 distiques ad novellam pubent pour lès livres d'Amour de
Remacle de Florennes (Arduenna) (II, 45).
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ŒUVRES POETIQUES
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92.
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93.
1521.
94.
1522.
95-
1526.
1 distique au titre du Codex vesperiarum de Marc de Grand
Val (II, 474).
Quatre pièces de 6, 5, 3 et 1 distique pour les œuvres de
Baptiste de Mantoue (II, 139, 140).
8 distiques adressés à François Deloynes pour le poème de
Lucrèce (III, 28).
4 distiques au lecteur pour la Rosa Gallica de Symphorien
Champier (II, 271).
Epigramme de 9 distiques au lecteur pour VArbor scientiœ
de Raymond Lulle (III, 44).
1 distique pour l'Explication du premier chapitre de l'Evan-
gile de saint Luc par Claude de Seyssel (III, 258).
8 vers sur un poème de Guillaume Dupuys consacré à la
mémoire de Jean Dubois (III, 197).
4 distiques pour les œuvres de Quintilien (III, 198).
2 distiques pour la Symphonia Platonis cum Aristotele...
de Symphorien Champier (II, 275).
2 distiques au lecteur pour le Quadrupertitum in opposi-
tiones... de Robert Caubraith (II, 267).
2 distiques au lecteur pour le traité de Jean Major sur le
quatrième livre des Sentences (III, 61).
2 distiques au titre des Proverbia de Raymond Lulle (III,
48).
2 distiques au lecteur pour les Sermons de saint Augustin
(II, 62).
1 distique pour Apulée (II, 43).
2 distiques au titre de Vlntroductio ad foreuses causas de
Jean Gentil (II, 470).
2 vers au titre du traité de Pierre Richard sur le martyre de
saint Pierre apôtre (III, 213).
2 distiques pour le Militia Francorum d? Jean Pyrrhus
d'Angleberme (II, 34).
6 distiques au titre du Recueil de Proverbes français de
Jean de la Véprie (II, 1).
3 distiques en l'honneur de Jacques Boullenc pour sa thèse
sur la peine de mort (II, 219).
4 distiques pour VEnchiridion sacerdotale de Jean Mare
(III, 77).
4 distiques adressés à Claude Budin Vulto et à François
du Prat pour la lettre de Claude Budin à Fauste Andre-
lini (II, 241).
2 distiques adressés à Jacques V, roi d'Ecosse, pour l'His-
toire de la Grande-Bretagne de Jean Major (III, 62).
22 petites pièces de 1 distique pour le Copia rerum et ver-
borum d'Erasme (II, 423).
11 distiques pour les œuvres de Hugues de Saint-Victor (II,
522).
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172
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
96. — 1527. 8 distiques adressés à Jacques V, roi d'Ecosse, pour l'His-
toire d'Ecosse de Jean Boethius (II, 196).
97. — 1528. 3 distiques pour le traité sur la saignée dans le traitement
de la pleurésie par André Thurinus (II, 306).
98. — Vers 1508. 3 distiques à Josse Haller pour les Métamorphoses
d'Ovide (III, 471).
99. — Vers 1528. 1 distique à la souscription des Lettres de Fauste
Andrelini commentées par Jean d'Abres (II, 29).
100. — Vers 1528. 6 vers à Antoine du Prat pour le Fratum de Pierre
Rosset (III, 221).
101. — ( ?) 3 distiques à la jeunesse studieuse pour la Grammaire de
Christian Massé (III, 80).
102. — 1493. Epigramme sur Ermolao Barbaro citée par Robert
Gaguin.
103. — Epitaphe d'Adrien de Budt citée par M. Thuasne, d'après
Charles de Visch.
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V. — HISTOIRE
Parmi les nombreux historiens anciens ou modernes qu'a publiés
Badius, deux seulement, Salluste et Valère Maxime, sont accompagnés
de son commentaire familier. Il écrivit pour Salluste un petit traité :
De historia et eam concernentibus, qui contient, après un préambule,
trois chapitres : De Historia et Annalibus, de utilitate Historiœ et :
Viginti frœcefta fro historica lege ac pueris animadvertenda ; on le
retrouve dans toutes les éditions contenant son commentaire 1 :
DE HISTORIA ET ANNALIBUS
Historiam (ut legitur apud Aulum Gellium, lib. V, cap. xviii) ab
Annalibus quidam differre eo putant quia cum utrunque sit rerum fac-
tarum narratio, earum tamen proprie rerum sic Historia, quibus rcbus
gcrendis fuerit is qui narrât. Eamque esse opinionem quorundam, Valc-
rius Flaccus refert in lib. de verborum significatu iiij. Ac se quidem
dubitare super eadem re dicit, posse autem videri putat non nihil
rationis in ea opinione, quia historia grœce significat rerum cognitioncm
prœsentium. Sed nos audere soliti sumus Annales omnino id esse quod
Historiœ sint t Historias non omnino esse quod Annales sint. Ita Historias
quidem aiunt rerum gestarum, vel expositionem, vel demonstrafionem,
vcl quo alio nomine id dicendum est. Annales vero esse cum res gestœ
plurium annorum obstrvato cujusque anni ordine deinceps componuntur.
Cum vero non per annos, sed per dies singulos res gestœ scribuntur, ea
historia graeco vocabulo ècpyj jxepiç , ephimeris, id est diarium, dicitu,
cujus latinum interpretamentum scriptum est in lib. Sempronii Asellio-
nis i. In quo libro plura verba adscripsimus ut simul ibidem quid ipsc
inter res gestas et Annales esse dixerit ostenderemus...
DE UTILITATE HISTORIEE
Utilitas autem historiœ ex hac ejusdem descriptione haberi potest :
Historia testis est temporum, lux veritatis, vitœ magistra, memoria
prœses, et vetustatis nuncia. Cœterum ut Livius in prœfatione prima
dicit : Hoc illud est prœcipue in cognitione rerum salubre ac frugiferum.
Omnis re exempli documenta in illustri posita monumento intueri, unde
tibi tuœ rei publicœ quod imiterc cupias, unde fœdum inceptu, fœdumquc
i. III, pp. 227-242.
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'74
JOSSE BADIUS ASCENS1US
exitu quod vites. Quocirca, et Cicero : Nihil, inquit, earum rerum scire
quae antequam na^ceris factae sint, id est esse puerum. Cognoscere vero
res gestas memoriae veteris, ordinem tenere antiquitatis exemplorumque
omnium habere notitiam Deorum et in primis utile est, ut enim senibus
multarum rerum experientia major est cognitio et auctoritas quam juve-
nibus, sic legenti historiam non unius vitae, sed omnium saeculorum
gesta patere possunt, ut pulchrum est, inquit Diodorus, ex aliorum
erratis, id est melius instituere vitam nostram. Quamobrem Demetrius
Phalereus Ptolemaeum regem subinde admonebat ut libros lectitaret,
quoniam quae amici non audent principibus demonstrare, ea omnia in
libris scripta reperiuntur. Adde quod orator nullus evasit bonus, histo-
riarum ignarus. Nam, ut Quintilianus ait : Uistoria alere potest ora-
tionem molli quodam, ac jucundo succo. Sed haec hactenus. Nunc ad
tertium.
VIGINTI PILECEPTA PRO HISTOR1CA LEGE AC PUERIS AN1MADVERTENDA
Prima historiae lex est : Ne quid aut falsi dicere, aut veri (quod qui-
dem scitu dignum sit) supprimere in alicujus odium, aut gratiam audeat.
Débet enim esse vera et syncera in qua re cum omnes Latini laudem
meruerint, Salustius noster palmarium obtinuit, qui usque adeo veritatis
fuit amator, ut ne summum quidem adversarium falsa narratione laedere,
nihilque quod exploratum non haberet palam asserere ausum sit, ut
indicio Tarquinii luce clarius patebit.
Secunda est : Ne ordine perverso aut praepostero quid recitet, ut
enim quidque primum gestum est, ita primum narrabitur. Neque pro-
lepsim aut praesumptionem rerum diligens historiograpfaus ex aliéna
praesertim persona usurpaverit...
Tertia est : Ne quid repugnans, aut implicans, seu falsitatis se mutuo
coarguens asserat. Nam si mendacem decet esse memorem, si deprehendi
non vult, quanto magis historiographum cui ne dubium quidem asse-
rendum est ?...
Quarta est : Ne quid superfiuum aut imminutum contineat historia.
Superfluum autem continere videatur si altius quam opus sit exordium
repetierit, si digressiones ad rem nihil facientes induxerit. Si non solum
multa paucis, sed omnino pauca dicere contenderit. In qua re Salustius
excelluit.
Quinta est : Aptam tamen digressionem ad institutum facientem et
decentem exornationem non nimis fucatam, nec affectatam historia non
vitiaverit, imo concionibus, orationibus, consiliis, cohortationibus, aper-
tionibus fraudum et stratagematum, locupletari et dicendi flosculis stylo
historico aptis decorari optarit. Et haec quînque praecepta encomium et
rerum farragînem respiciunt.
Sexta est : In concionibus et caeteris orationibus habenda est dicentium
ratio ut docto di versus sermo, et illiterato minus cultus detur, utque
viro acri et stenuo non languida detur oratio, nec inerti aut molli, acris,
neve praeter aetatis aut status décorum aut urgeat, aut deprimatur sermo.
Septima est : Ex verbis absolutis et nimium vetustis multumque
affectatis non affectabit historicus multae lectionisj aut scientiae aucupium,
nec diligentia juncturae, aut compositionis stylum obscurabit.
Octava : Historia sic erit brevis, ut in brevitate ipsa apte delectet,
plene doceat, sensimque et acriter quantum opus fuerit moveat. In qua
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HISTOIRE
175
re est praecipua Salustio nostro laus cui cum nihil demi, sicut et Virgilio
nihil addi possit, sic tamen brevis est ut minime sit obscurus...
Nona est : Ut stylus sit uniformis atque sui similis,
sic tamen ut interloquentium server ur décorum. Nam aliud servandum
ubi perpetuo loquitur historicus, aliud ubi introductas ab eo personae.
Décima lex est : Sic erit compositio historica numerosa ut non cen-
seatur metrica, nec versum constituât, quanquam Livius ab exametri
capite, auctore Fabio, exorsus est...
Undecima lex est : Imperfectis, infinitis pro indicativis fréquenter
utetur in rerum narratione historicus, in qua re Salustius noster est
ïrequentissimus.
Duodecima lex est : Multa infinita ad unum finitum semel positum
referet historiographus. Pulchrum autem est infinita activa? vocis sic
subjungere ut : postque cœpere urbes atque nationes subigere, libidinem
dominandi causam bêlli haberc, maximam gloriam in maximo imperio
putare, etc.
Decimatertia est : Accusativos pluralis tertiae declinationis in is, aut
in eis diphthongon, quoties genitivus erit in ium } pulchre usurpaverit
historicus...
Decimaquarta lex est : Tametsi more oratoris partem et proprietatem
cum adjectivo laudis vel vituperii venuste ponit utrunque in ablativo,
tamen toti et subjecto conformare poterit, posita parte aut proprietate
nihilominus in ablativo...
Decimaquinta : Secundam personam vcrbi etiam singularem pro
qualîbet fréquenter ponet in narrando...
Decimasexta est : Prcprietatem rei seu abstracta adjectivorum potius
in dativo quam per emphasim in eodem casu posuerit...
Decimaseptima : Deerunt in oratione saepe verba et nomina, sed quae
intellectu sint facilia, praesertim ad loquelam spectantia aut generalita-
tem importantia, ut : gero, facio, dico, loquor, etc.
Decimaoctava lex : Quoties relativum ponitur inter duo substantiva,
quorum sequens est alicui rei proprium pulchre conformatur sequenti,
ut : est locus in carcere quod appellatur Tullianum...
Undevigesima lex : Gcrundis nomina pro gerundiis venuste usur-
pantur, ut : magis dandis quam accepiendis beneficiis amicitias parabant.
Vigesima lex est : Quaecunque venustatis praecepta oratori dantur,
historiographo servanda sunt.
Il faut citer aussi, parmi les œuvres de Badius concernant l'his-
toire ancienne, un travail très considérable qu'il entreprit pom sa
quatrième édition annotée de Tite Live, la rédaction de la Chronologia
sive temporum supputalio d'Henri Loriti, de Glaris (Henricus Gla-
reanus), en ordre alphabétique. La Chronologia a été adoptée, sous
cette forme, dans de nombreuses éditions 1 .
Enfin Badius doit être considéré lui-même comme historien pour la
vie de Thomas a Campis qu'il mit en tête de l'édition de ses œuvres
1. III, pp. 14-20.
Primum ne medio, médium ne discrepet imo,
i;6
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
imprimée en 1526 *. Elle est tirée de documents originaux et est divisée
en 12 chapitres dont voici les titres :
De nominis boni bono prœsagio ;
De notnine authoris et ejus etymo ac interpretamento ;
De quatuor egregiis unde Plato diis grattas egit donis, et de totidem
in Malleolum collatis eulogiis ;
De magnitudine beneficii quod inter christianos pios natus et educatus
De paupertatis excellentia et ejus amore a Thoma nostro ex paren-
tibus imbibito ;
De modestiœ et humilitatis laude ;
De patientiœ laude ;
De Gcrardo Magno coinstitutore clcricorum regularium qui fratres
dicuntur ;
De corundem régula et in cre mentis ;
De Thomœ ad eos accessu et perspccta in eis religione ;
De exhortatione Thomœ ad religionem canonicam divi Auguslini per
Florentium ;
De ejus professione et reliqua vita.
Elle contient, au chapitre VIII, l'histoire de la fondation des clercs
de la Vie Commune par Gérard Groot (Gerardus Magnus) et son
successeur Florent (Radewyn) de Leerdam. A cette occasion, Badius
rappelle que c'est dans le collège que les clercs de la Vie Commune pos-
sédaient à Gand qu'il a été élevé, et que ceux des détails qu'il donne
qui n'ont pas été puisés dans les œuvres de Thomas a Campis lui ont
été fournis de vive voix par ses professeurs, qui en avaient conservé
la tradition :
...Primum itaque quam videor operaeprecium facturus, aut certe
benivolentiae meae obtemperaturus, si paucis praescripsero sodalitium ac
sanctam congregationem clericorum regularium quos peculîari nunc
Fratres vccant nomine, eorumque institutores et instîtuta ut partim ex
Thomœ Malleoli monumentis collegi, partimque aut puer ipse vidi, aut
ex optimis praeceptoribus meis accepi Gandavi insigni Flandriae oppido,
in domo fratrum divi Hicronymi, id more lubens, tametsi parergon
aggrcdior. . .
... Nostra autem tempestate, ut ipse vidi, quamplurimi e domo Gan-
davensi ingressi sunt cœnubia Minoritarum regulam sancti Francisci
osbcrvantium et praedicatorum et cannelitarum, qui duo il lie antiquas
et merito laudatas habent congregationes. Nam a pueritia mea vidi eos
in ordinis sui observatione et sanctitatis splendore suavissimum ad
populi aedificationem odorcm Christo offerentes...
2. II, pp. 260-262.
est ;
HISTOIRE
177
Badius a aussi fait précéder les œuvres des principaux auteurs clas-
siques qu'il a publiés d'un petit résumé de leur vie. Voici comme exemple
la vie de Juvénal :
Decii Junii Juvenalis vita satis intégra fide a Probo narratur, nec
quicquam explorati posteriores habuere, praetcrquam quid ex ejus aut
contemporaneorum scriptis elicere potuerunt. Non enim verisimile est
quod a Domitiano exilium missus mox interierit quamquidem ipse Do-
mitiani caedem in fine quartae satyrae non dubie ponit. Nec ob id mili-
tiam laudat, imo si quis satyram ultimam intra cutem perspiciat,
licentiam militum potius damnet. Fuisse Aquinatem probat illud
Umbritii ad ipsum loquentis (satyra tertia) :
Bonum virum fuisse ostendit Martialis qui cum malos acerbe carpat,
ipsum sibi amicum fatetur :
Quid non audetur a Quintiliano eruditus, et ideo non expresso,
nomine ab eo laudatus. Acron ipsi palmarium in satyris scribentis tribuit
dicens : « Nisi Juvenalis scripsisset, Horatio nemo essct mclius ».
Scripsit satyras sexdecimas, quas in libros dividere nec Calderino, nec
aliis peritis placuit.
JUVENALIS VITA PER ASCENSIUM
Roma tuo refici properantem reddet Aqumo.
Cum Juvenale meo quae tu committere tentas.
1. u
VI — THEOLOGIE
Bien que Trithème Tait cité dans son traité de scriptoribus ecclesias-
iicis, Badius n'a, à proprement parler, écrit aucun ouvrage de théologie
ou de polémique religieuse, mais il en a publié beaucoup, quelques-uns
annotés ou précédés d'importantes préfaces. Dans deux d'entre eux,
cependant, il a mis quelque chose de plus : dans la Vie de Jésus-Christ
de Ludolphe de Saxe, il a inséré, en 1 502, une vie de sainte Anne, qu'il
a tirée de celle qu'avait publiée, en allemand, un frère chartreux du nom
de Dorlandus, et il écrivit une vie de Thomas a Kempis dont nous
avons parlé plus haut.
Nous avons indiqué la série des ouvrages théologiques qu'il publia
chez Trechsel, à Lyon ; les plus importants de ceux qu'il donna à Paris
sont les œuvres de saint Bruno, de Durand de Saint-Pourçain, de Jacques
Perez de Valentia, de Thomas de Vio, de Thomas Walden, d'Origène,
une série d'ouvrages sur les livres des sentences d'Adrien Boejens
(Adrien IV), Jean Major, Robert Holkott, Guillaume de Rubio, etc.,
différents traités de Jérôme Savonarole, et toute une série d'opuscules,
quelques-uns de petit format, qui provenaient des bibliothèques des char-
treux ou de l'abbaye de Saint- Victor; il faut mentionner encore le recueil,
si rare aujourd'hui, de Y Enchiridion parum mentium, en six parties, qui
commence par la règle de saint Benoît. Il publia aussi des sermonnaires
inédits recueillis avec le plus grand soin, comme ceux de saint Bonaven-
ture, saint Antoine de Padoue, Philippe de Grève, Pierre Covasrubias,
etc.
VIL — PREFACES
Les préfaces que Badius mit en tête des volumes qu'il publia cons-
tituent une des parties les plus intéressantes de son œuvre, et c'est à
leur étude que Ton pourrait arriver à le bien connaître.
Comme elles sont dispersées un peu partout, je les ai toutes réim-
primées dans la partie bibliographique, avec la description de la pre-
mière édition les contenant 1 , à l'exception d'une seule que je n'ai
jamais rencontrée 2 . Il eût été peut-être plus intéressant de les réunir
et d'en faire un recueil ô!Epistolœ et oraiiones^ à la mode du temps ;
mais comme une grande partie de leur contenu concerne les éditions
mêmes pour lesquelles elles sont écrites, indiquent les sources, les noms
des collaborateurs et des éditeurs, je n'ai pas cru devoir les en séparer.
On y trouvera beaucoup de redites, beaucoup d'idées identiques déve-
loppées sous des formes différentes; il n'y a pas lieu de s'en étonner.
Elles ont été écrites de 1492 à 1534, c'est-à-dire pendant une période de
42 ans, et il est évident que Badius ne pouvait avoir conservé le sou-
venir exact de tout ce qu'il avait écrit ; d'ailleurs, pourquoi n'aurait-il
pas répété en tête d'un volume, une idée déjà formulée dans la préface
d'une édition antérieure dont les exemplaires étaient épuisés. Les bons
conseils gagnent à être répétés à satiété.
Parmi ces préfaces, on en peut distinguer de plusieurs catégories.
Les unes ne sont que des dédicaces officielles à de grands personnages
dont l'influence ou les subsides n'étaient point à dédaigner. C'était une
façon de faire sa cour aux grands de la terre, qui, si elle était d'usage
commun, presque nécessaire, au xv e et au xvi 6 siècle, n'est pas encore
tombée en désuétude. De ces préfaces-là, adressées surtout à deliautes
autorités ecclésiastiques, aux familles Du Prat ou Briçpnnet, à Budé,
à Guillaume Petit, le confesseur du roi, à Louis Ruzé, le dispensateur
des privilèges et des permis d'imprimer, il n ? y a généralement que peu
de choses à retenir ; à côté des éloges dithyrambiques et des compa-
raisons mythologiques, il ne reste que quelques mots concernant les
éditions présentées ; de plus, comme elles visent des personnages dont
l'histoire est parfaitement connue, les renseignements qu'elles peuvent
contenir sur eux ne nous apprennent rien de marquant.
1. Sauf une reproduite au Supplément (Homère, 1510, III, p. 397) et trois
aux Addenda (Horace, 1505 ou 1506, Quintilien, 1516, et Valla, 1528, III,
PP. 469, 47i et 474).
2. Préface adressée en 1500 à Laurent Bureau pour les Satires d'Horace.
i8o
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Il en est autrement des préfaces adressées à ses contemporains,
simples prêtres, littérateurs, professeurs, pédagogues. Dans celles-là on
peut puiser sur le compte de leurs destinataires des détails biogra-
phiques intéressants, et on peut faire une large moisson de documents
pour l'histoire littéraire de son temps. Tous ces correspondants sont des
humanistes et il en est beaucoup dont le nom est oublié ; il serait inté-
ressant de les faire revivre, et de rechercher le rôle qu'ils ont joué dans
la renaissance des lettres.
Lorsqu'il était lui-même professeur, il s'adressa souvent à ses élèves,
plus tard, aux élèves des précepteurs qui étaient ses amis, ou, d'une
façon générale à la jeunesse des écoles et aux étudiants. Dans presque
toutes les préfaces écrites pour les enfants, il y a une large part sur
le respect qu'ils doivent à leurs parents, dont il retrace souvent l'his-
toire ; quand il s'adresse aux étudiants c'est quelquefois sur un ton
sévère qui ne serait guère de mise aujourd'hui dans des préfaces. Il va
jusqu'à les menacer de ne plus rien écrire pour eux s'ils achètent leurs
livres chez des éditeurs concurrents.
Souvent les préfaces sont adressées à des éditeurs ou à des impri-
meurs, pour lesquels il travaillait, comme Jean Petit, Jean Alexandre, les
frères Marnef, Claude Chevallon, André Bocard, de Paris, Etienne Guey-
nard, Simon Vincent, de Lyon, Antoine Koberger, de Nuremberg, etc. Il
arrivait alors que dans les réimpressions ou les contrefaçons de ces
éditions, d'autres éditeurs remplaçaient par leur propre nom celui de
leur confrère pour lequel la préface avait été écrite ; c'est ainsi que
Wolfgang Hopyl s'attribua le pompeux éloge que Badius avait fait
d'André Bocard dans le Provinciale seu Constitution es Anglice de Guil-
laume Lyndwood ; il en fut de même de la part de nombreux éditeurs
lyonnais.
Il ne parle malheureusement presque jamais de lui-même, excepté
pour indiquer la part personnelle qu'il a prise dans certaines éditions.
Dans ces occasions, il ne se refuse pas les éloges qu'il était habitué à
prodiguer aux autres. Faut-il lui en faire un grief ? C'était le ton ordi-
naire des préfaces, et la modestie — s'il avait pensé à l'y introduire — y
aurait fait mauvaise figure.
« Caeterum, ne contra caeterorum qui aliquid edunt institutum ac
morem, ipse in hac trutina opus meum elevem paucis... », dit-il dans la
préface des Stultiferœ Naves. D'ailleurs il ne manquait pas de citer
ceux qui avaient collaboré à ses volumes et, dans toutes les éditions
données chez Trechsel, il s'effaça complètement devant lui.
Il y a quelquefois, dans ses préfaces, une note toute spéciale qu'on
n'est guère habitué à trouver là, il donne son opinion si sincère sur
l'auteur ou la valeur du livre présenté qu'il va jusqu'à le déclarer
mauvais. Dans son édition d'Alexandre de Villedieu de 1501, il con-
PREFACES
181
fesse que le livre qu'il publie est détestable, qu'il a cédé en l'imprimant
à de pressantes sollicitations, et que s'il ne tenait qu'à lui, tous les
exemplaires de cet ouvrage devraient être détruits. Il n'hésite pas non
plus à attirer l'attention sur les erreurs ou les fautes d'une édition pré-
cédemment donnée par lui, ce qui lui permet de dire souvent beaucoup
de mal des éditions de ses confrères.
La lecture de ses préfaces est donc intéressante à bien des points d
vue. On l'y voit, cédant aux usages du temps et encensant les grands
de la terre, parlant avec autorité aux étudiants, causant familièrement
avec ses amis ; on y trouve des renseignements sur ses collaborateurs,
sur les éditeurs des volumes publiés, sur les manuscrits ou les sources
d'où ils ont été tirés. Leur publication, avec quelques éclaircissements
sur les œuvres elles-mêmes et sur les personnes citées aurait un grand
intérêt.
Voici la liste complète des préfaces que j'ai relevées, et reproduites,
dans la partie bibliographique ; je l'ai fait suivre de la liste de ses
avertissements aux lecteurs.
LISTE CHRONOLOGIQUE DES PRÉFACES ÉCRITES PAR BADIUS
1. — 1492. A Laurent Bureau, carme, provincial de Narbonne. Ora-
tiones de Philippe Béroalde (II, 159).
2. — 1492. A Pierre et Jacques de Semur, occupant des fonctions
ecclésiastiques importantes à Lyon. Sylva Morales (II,
68).
3. — 1492. A Clément d'Aurillac, son élève. Sylva Morales (II, 70).
4. — 1492. A Humbert Fournier et François Paschet, ses élèves. Sylvœ
Morales (II, 71).
5. — 1492. A Pierre Guillaume, de Chaumont, son élève. Sylvœ Morales
(II )7 2)-
6. — 1493- Aux lecteurs. Comédies de Térence (III, 280).
7. — 1494. A Guillaume Totani, de Pordre des frères prêcheurs. Ser-
mons de Carême de Léonard d'Udine (III, 310).
8. — 1494. A Jean Trithème, bénédictin, abbé de Spanheim. Dialogue
de Guillaume de Ockam (III, 86).
9. — 1495. Au même. Questions sur les livres des sentences de Guil-
laume de Ockam. (III, 90).
10. — 1496. A Jean Genati, de Lyon, bachelier en théologie. Ser-
mons du propre du temps de Léonard d'Udine (III, 313).
11. — 1496. A Louis Pot, évêque de Tournai Somme de Jean de Tor-
quemada (III, 308).
12. — 1496. A Marc Alexandrei, de Bénévent, célestin, professeur de
belles-lettres. Sur le pouvoir du souverain Pontife, de
Guillaume de Ockam (III, 92).
13. — 1496. Au même. Traités de Richard Fitz-Gérald et Roger Chonnoe
pour et contre les frères mendiants (III, 214).
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182 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
14. — 1497- A Angilbert et Jean de Marnef, libraires parisiens. Ques-
tions de Pierre Tartaret sur les six livres des Ethiques
d'Aristote (III, 275).
15. — 1497. A Marc Alexandrei, de Bénévent. Traité sur les quatre
livres des sentences, par Robert Holkot (II, 492).
16. — 1497. A Pierre Gérard, professeur de théologie, prieur des Augus-
tins de Paris. Ofus quœsttonum de saint Augustin (II,
54).
17. — 1498. A Etienne Gueynard, libraire de Lyon. De consolatione
fhilosofhiœ de Boëce (II, 197).
18. — 1498. A Laurent Bureau et Arnold de Bost, carmes. De fatientia
de Baptiste de Mantoue (II, 95).
19. — 1498. A Angilbert de Marnef, libraire à Paris. Stultifera naves
(II, 78).
20. — 1498. A Henri Valluphinus, recteur de collège, à Lyon. Satires
de Juvénal (II, 536).
21. — 1499. A Liévin Maurus, professeur à Gand, et Guillaume De
Rijcke (Dives), professeur à Bourges. Satires de Perse
(III, 146).
22. — 1499. A Antoine Koberger, libraire de Nuremberg. Recueil de
lettres d'hommes illustres extrait des œuvres d'Ange Poli-
ziano (III, 181).
23. — 1499. A Etienne Gueynard, libraire de Lyon. Les Offices de Cicé-
ron (II, 280).
24. — 1499' A Jean Genati, de Lyon, professeur de théologie. Ser-
mons de Jean Gorin de San Geminiano (III, 243).
25. — 1499. A Henri Valluphinus, recteur de collège, à Lyon. Parthe-
nice Catharinaria de Baptiste de Mantoue (II, 98).
26. — 1499. A Laurent Bureau, carme, provincial de Narbonne, évêque
de Sisteron, confesseur du roi. Parhenice Mariana de
Baptiste de Mantoue (II, 102).
27. — 1499. A Nicolas « a Quercu » (de la Chesnaye ?) littérateur.
Contra impudice scribentcs de Baptiste de Mantoue
(II, 86).
28. — 1499. Au frère Jean Briselot, bachelier et candidat à la licence en
théologie. De calatnitatibus temporum, de Baptiste de
Mantoue (II, 107).
29. — 1500. A Anselme de Brieure ou de Brievere, docteur in utroque.
Bucoliques et Géorgiques de Virgile (III, 358).
30. — 1500. A Charles de Villeneuve, Antoine de la Porte, Clément
Mulat, Antoine Tolédon et Jacques Phénol, ses élèves
de Lyon. Art poétique d'Horace (II, 497).
3ï. — ,500. A Laurent Bureau. Satires d'Horace. (Je n'ai pas vu cette
préface et n'ai pu la reproduire.)
32. — 1500. Aux frères Hiéronymites de la Vie Commune, de Gand, ses
anciens maîtres. Epîtres d'Horace (II, 500).
33. — 1500. A Humbert Fournier, son élève de Lyon. Epîtres d'Ovide
(III, 101).
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1500. A Gilles Ghijs et André de Terrebourg, recteurs du col-
lège de la Vie Commune, de Gand. Doctrinal
d'Alexandre de Villedieu (II, 6).
1501. A Jean de Thalaru et Antoine Dars, chanoine de Saint-
Jean, de Lyon, ses élèves de Lyon. Troisième partie du
Doctrinal d'Alexandre de Villedieu (II, 8).
1501. Au jeune Louis de Flandre. Enéide de Virgile (III, 360).
1501. Aux jeunes gens studieux. Regulœ elegantiarum d'Augus-
tin Dati (II, 359).
1501. Aux jeunes Ladislas et Clément Alexandre, fils de Jean
Alexandre, libraire à Angers, Jean de Coblencz et Jean
Petit, fils de Jean de Coblencz et de Jean Petit, libraires
à Paris. Opuscules de Virgile (III, 363).
1501. Au clergé de la Grande-Bretagne. Provinciale de Guillaume
Lyndwood (III, 50).
1501. A la jeunesse studieuse. De linguœ latinœ elegantia de
Laurent Valla (III, 326).
1501. A Jacques Huguetan, libraire de Lyon. Métamorphoses
d'Ovide (III, 114).
1501. A Laurent Bureau, évêque de Sisteron, confesseur du roi.
Traité de l'amour des livres de Richard de Bury (II, 253).
1502. A la jeunesse studieuse. Regulœ elegantiarum d'Augustin
Dati (II, 360).
1502. A la jeunesse anglaise. Expositiones sequentiarum, à l'usage
de Salisbury (II, 430).
1502. Aux jeunes gens de la Grande-Bretagne. Expositiones hym~
norum à l'usage de Salisbury (II, 434).
1502. A la jeunesse des étudiants en belles-lettres. Grammaire
de Jean Sulpizio (II, 263).
1502. A Ladislas et Clément Alexandre, fils de Jean Alexandre,
libraire à Angers. Bucolica de Baptiste de Mantoue (II,
110).
1502. Au frère Jacques Kcimolain 1 de Gand. Bucoliques de Pé-
trarque (III, 156).
1502. A Pierre Rostan, docteur in utroque, écuyer du primat de
Lyon. Vie de Jésus-Christ de Ludolphe de Saxe (III, 30).
1502. Au jeune Baudoin de Grutere, fils de Philippe de Grutere,
de Gand. Epîtres familières de Cicéron (II, 328).
1502. A Anselme de Brievere, docteur in utroque. Opuscules de
saint Augustin, i re partie (II, 58).
1502. A Jean Alexandre, libraire à Angers. Opuscules de saint
Augustin, 2 e partie (II, 58).
1502. A Hervé Bésin, maître-ès-arts. Comédies de Térence (III,
283).
1503. A Pierre Gallicus (François?) recteur du collège du
Saint-Sauveur, à Bruges. Sex ojruscula de Baptiste de
Mantoue (II, 124).
184 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
55- — i5°3- A Jea n Petit, fils de Jean Petit, libraire à Paris. Parthenice
tertia de Baptiste de Mantoue (II, 125).
56. — 1503. A François de Rohan, archevêque de Lyon. Œuvres
d'Horace (II, 506).
57. — 1503. A Charles de Villeneuve, Antoine de la Porte, Clément Mu-
lat, Antoine Tolédon et Jacques Phénol, ses élèves de
Lyon. Art poétique d'Horace. Préface différente de celle
qui leur est déjà adressée en 1500 pour PArt poétique
(11,507).
58. — 1503. A Jean Petit, son compère, libraire à Paris. Opuscula mora-
lia de Baptiste de Mantoue (II, 128).
59. — 1503. A Corneille et Pierre d'Axel (Axellenses), chartreux. Car-
men lugubre de Philippe Béroalde (II, 174).
60. — 1503. A Jean vander Zikkele (de Falce), de Gand, maître-ès-
arts. De memorabilibus munit de Solinus (III, 260).
61. — 1503. A Simon Vincent, libraire à Lyon. De duflici -philosofhia
de Boëce (II, 200).
62. — 1503. A David Laux (Lauxius), recteur du collège d'Arras. Epitres
de François Filelfo (III, 159).
63. — 1503. A Faust Andrelini, poète. De cœtu poetarum de François
Ottavio (Cleophilus) (II, 345).
64. — 1503. A David Laux (Lauxius), recteur du collège d'Arras. Gram-
maire de Jean Sulpizio (III, 266).
65. — 1503. A Pierre Megang, consanguineus suus germanus. Buco-
liques de Calphurnius (II, 259).
66. — 1503. A Louis Pinelle, grand chancelier de l'Université de Paris.
Epîtres de saint Paul, saint Jacques, saint Pierre, saint
Jean et saint Jude (II, 376).
67. — 1503. A Pierre Joulet (Juvenilis), maître-ès-arts. Moralia carmina
de Pierre Bury (II, 242).
68. — 1504. Aux jeunes Jacques et Bertrand Picard, fils de Jacques
Picard, secrétaire et avocat du roi. Grammaire de Nico-
las Perotti (III, 138).
69. — 1504. A tous ceux qui étudient l'Ecriture sainte. De dominicœ
resurrectionis die de Lactance (III, 1).
70. — 1504. A Aymon de Montfaucon, évêcue de Lausanne. Questions
morales de Pierre Tartaret (III, 277).
71. — 1504. Modification de la préface adressée en 1499 à Etienne Guey-
nard pour le De Officiis de Cicéron (II, 282).
72. — 1504. A François de Rohan, archevêque de Lyon, primat des
Gaules. Œuvres de Salluste (III, 228).
73. — 1505. A ceux qui étudient la grammaire. Œuvres d'Antoine Man-
cinelli (III, 66).
74. — 1505. A Didier Erasme, de Rotterdam. Notes de Laurent Valla sur
la traduction latine du Nouveau-Testament (III, 344).
75. — 1505. A la jeunesse studieuse. Grammaire de Nicolas Perotti (III,
140).
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76. — 1504. Au jeune Baudoin de Grutere, fils de Philippe de Grutere,
de Gand. Discours de François Filelfo (III, 160).
77. — 1505. A Adrien de Henencourt, doyen du chapitre d'Amiens.
Pœanes quinque festorunt divœ Virginis Mariœ de Pierre
Bury (II, 244)-
78. — 1505. Au jeune Lucas Ritter. Satires de Juvénal (II, 539).
79. — 1506. A Henri Valluphinus, recteur de collège à Lyon, chanoine
de saint Nicaise. Satires de Juvénal (II, 538). Préface
différente de celle à lui adressée en 1498 pour les Satires
de Juvénal.
80. — 1506. A Adam de Kempen, allemand, prêtre, maître-ès-arts. Catho-
licon de Jean Balbi (Janua ou Genuensis) (II, 525).
81. — 1506. Aux savants professeurs de belles-lettres. Doctrinal
d'Alexandre de Villedieu (II, 12).
82. — 1506. A Jean Bibaut, recteur du collège de Narbonne, à Paris.
Epîtres de Jean Fernand (II, 438).
83. — 1506. A William Watham. archevêque de Cantorbéry, primat de
l'église et chancelier du royaume d'Angleterre. Consti-
tutiones légitima de Jean Acton (de Athon) (II, 52).
84. — 1506. A Augustin Seraptus, prêtre. Pharsale de Lucain (III, 23).
85. — 1506. A Jean Foucauld, abbé de Clairvaux. Psaumes de David
publiés par Jacques Perez de Valencia (III, 123).
86. — 1506. A Pierre Dumas, prévôt du chapitre d'Amiens. Cantica
de Pierre Bury (II, 248).
86 bis. — 1506. Au jeune Josse Haller. Œuvres d'Horace (III, 469).
87. — 1507. A Germain de Ganay, conseiller du roi. Novem opéra ntora-
lia de Baptiste de Mantoue (II, 138).
88. — 1507. A Mathurin de Cangey, de Tordre de Saint-Bernard. Can-
tique des Cantiques publiés par Jacques Perez de Valen-
tia (III, 124).
89. — 1507. A Jean Langlacé, chanoine d'Amiens. Hymni et cantica
de Pierre Bury (II, 251).
90. — 1508. A Nicolas Chappusot. De libris lectitandis de saint Basile-
le-Grand (II, 145).
91. — 1508. A Germain de Ganay. De honesta disciplina de Pierre Cn-
nito (II, 351).
92. — 1508. Au jeune Wolfard Largovirgius, vulgo de Breerae. Livres à
Herennius de Cicéron (II, 300).
93- — '5°8. A Jean Leupe, professeur, Eruditio de Guy Jouvenneaux,
avec les exemples traduits en flamand par Badius
(II, 544).
94. — 1508. A Gilles van Eckhaute (de Quernoligno), de Gand. Œuvres
de Salluste (III, 231).
95. — 1509. A Jean de la Véprie, religieux à Clairvaux. Métamorphoses
d'Ovide moralisées par Thomas de Galles (III, 117).
96. — 1509. A Pierre Vincka, prêtre, maître-ès-arts, notaire apostolique.
Dialectique de Laurent Valla (III, 345).
97. — 1509. Au jeune Antoine Cope, Anglais. Geargius de Baptiste de
Mantoue ( II, 131).
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186 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
98. 1509. A Jean Happay, Anglais, prêtre, professeur à Boston. Cœcu
lia agon de Baptiste de Mantoue (II, 132).
99. 1509. A Guillaume Petit, de Tordre des frères prêcheurs, inqui-
siteur général de la foi, confesseur du roi. Rapsodiœ
d'Antoine Sabellico ( III, 223).
100. — 1509. Modification de la préface adressée à Pierre Rostan pour
la Vie de Jésus-Christ de Ludolphe de Saxe (III, 33).
101. — 1510. A Germain de Ganay. Valère Maxime (III, 317).
102. — 15 10. A Jacques Lefebvre d'Etaples, philosophe, son compère.
Fragments de PIliade d'Homère traduits par Nicolas
délia Valle (III, 397).
io 3- — i5 10 - A Guillaume Briçonnet. Hégésippe (II, 486).
104. — 1510. A Beatus Rhenanus. Hégésippe (II, 487).
105. — 15 10. A Jean Saulay, chanoine de Paris. Rosetum de Jean Mau-
burne (III, 81).
106. — 15 10. A Guillaume Huet, bachelier en théologie, de Pordre des
frères prêcheurs. Proverbes de Salomon expliqués par
Robert Holkot ou Thomas de Galles (II, 494).
io 7- — i5 IO « A Toussaint Muscet, chanoine de Lille, ancien professeur
Introductio Ascensiana in Grammaticen (II, 86).
108. — 151 1. A Georges de Halewijn (Aloinus). Tite Live (III, 10).
109- ~ Ï5 11 - Aux P^es hiéronymites de la Vie Commune, de Gand.
Jesuis de Jérôme délia Valle (III, 348).
110. — 1511. A Claude Chevaîîon, libraire à Paris. Pomponius Laetus et
Fenestella (III, 193).
ni. — 151 1. A Guillaume Petit, de Pordre des frères prêcheurs, inqui-
siteur général de la foi, confesseur du roi. Epîtres du
pape Léon X (III, 7).
112. — 1511. Au jeune Jean Brouchier, de Troyes, étrdiant en belles-
lettres. Sertnonum decas d'Antoine Mancinelli (III, 70).
113. — 1511. A Gilles Turrarius, prêtre. Epîtres familières de Cicéron
(H, 330.
114- — 1 51 1. A Michel Humelberg. Annotationes in grammaticos, etc.
(II, 3«>-
115- — '5 11 - A Jean du Moulin, son compère, chanoine de Tournai.
Commentaria urbana de Raphaël Maffei, de Volterra
(111,385).
116. — 1511. A André Bocard, imprimeur et libraire à Paris. Comple-
mentum (II, 531).
117. — 151 1. A Guillaume Budé. Opéra rhetorica, oratorio et forensia
de Cicéron (II, 297).
118. — 15 11. A Jean Barthold, ou Berthold, d'Aubervilliers. professeur
de médecine à Paris. Opéra philos ophica de Cicéron (II,
278).
119. — 151 t. A Antoine Colve fClava}, jurisconsulte. Vie de saint Lié-
vin de Gilles Houkaert (II, 518).
120. — 15 12. A Nicolas Bérauld, d'Orléans, jurisconsulte. Œuvres
d'Ange Poliziano (III, 188).
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PREFACES
187
121. — 15 12. A Guillaume Petit, professeur de théologie, confesseur du
roi. Antiquitates varia de Jean Nanni (II, 36).
122. — 1512. Au même. De voluftate ac vero bono de Laurent Valla
(III, 347).
I2 3- — 1512. Au même. Tome IV des œuvres d'Origène (III, 96).
124. — 1512. Au même. Œuvres de saint Grégoire de Tours et d'Adon,
évêque de Vienne (II, 478).
125. — 1512. Au jeune Louis de Berquin. Œuvres d'Ange Poliziano (III,
189).
126. — 15 13. A Pierre Mansus, prêtre. Directorium concubinariorum
(H, 405).
127. — 15 13. A Pierre Gilles, d'Anvers, professeur de droit. Thucydide
(III, 303).
128. — 15 13. A Germain de Ganay, évêque de Chartres. Œuvres de
Baptiste de Mantoue (II, 142).
129. — 1513. A Baudoin Braets, prêtre, professeur de droit pontifical.
Œuvres de Baptiste de Mantoue (II, 142).
130. — 15 13. A tous ceux qui apprécient la littérature châtiée. Ausone
(II, 64).
131. — 15 13. Aux lecteurs curieux du droit impérial. Digestum vêtus de
Justinien (II, 533).
132. — 15 13. A la municipalité et aux habitants de Berghes-Saint-Win-
nock. Syntaxe de Jean Despautère (II, 395).
133. — 15 13. Modification de la préface adressée à Georges de Halewijn
en 151 1 pour Tite Live (III, 12).
134. — 1 513. A Beatus Rhenanus, de Schlettstadt. Traités de saint Gré-
goire de Nysse, saint Grégoire de Naziance et saint
Basile-le-Grand (II, 477).
135. — 15 14. A Lago Wrne, évêque élu de l'église de Roskilde. His-
toire de Danemark de Saxo Grammaticus (III, 249).
136. — 15 14. A Louis Pinelle, évêque de Meaux. Pharsale de Lucain
(111,24).
137. — 15 14. A Marc Dandolo, ambassadeur de la République de Ve-
nise. Prœconium sanctissimœ crucis, de Marc Dandalo
ou Dandolo (II, 358).
138. — 15 14. A Guillaume Petit, de Tordre des frères prêcheurs, pro-
fesseur de théologie et confesseur du roi. De regum...
Francorum origine gestisque, du moine Aimoin (II, 38).
139. — 15 14. Au même. Histoire des Lombards de Paul Diacre (III,
120).
140. — 15 14. Au même. Histoire de Liutprand ou Luitprand (III, 9).
141. — 15 14. Au même. De deliciis sensibilibus Paradisi de Barthélémy
Rimbertini et de quatuor instinctibus d'Henri de Fir-
mara (III, 217).
142. — 15 14. A Jean de la Lande, du diocèse de Nantes, fils de Guil-
laume de la Lande, jadis procurateur général de Bre-
tagne. Tragédies de Sénèque (III, 252).
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i88
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
143. — 15 14. A Jean Le Maire de Belges, historien. Turchicœ sjturcitiœ
de Richardus ou Ricoldus (III, 215).
144. — 1514. A Jérôme Alexandre. Vies de Plutarque. (III, 176).
145- — 15 15. A Nicolas du Puys, dit Bonaspes, de Troyes. Institutiones
grammatica de Priscien (III, 194).
146. — 15 15. A François de Melun, évêque d'Arras. Liber epistolarum
de saint Augustin (II, 61).
i47- — 151 5- A Jacques Toussain. De grammatica de Raphaël Maffei,
de Volterra (III, 387).
148. — 1515. A Christian Pedersen, maître-ès-aits de l'Université de Paris,
chanoine de Lund. Parabolœ de Pierre Lolle (III, 6).
149. — 15 16. A Guillaume Petit, confesseur du roi, professeur de théo-
logie, de Tordre des frères prêcheurs. Epîtres et poèmes
de saint Paulin, évêque de Noie (III, 119).
150. — 15 16. Aux jeunes Antoine Bohier, trésorier des finances royales
et François Bohier, prévôt du chapitre de Chartres,
son frère, fils de Thomas Bohier, maître des requêtes de
Normandie et Milanais. Quintilien (IIl, 470-
151. — 1516. A Jacques Dassonneville, carme, professeur de théolo-
gie. Questions sur le quatrième livre des sentences,
d'Adrien Boejens (Adrien VI) (II, 482).
152. — 15 16. A Jean Fernand. bénédictin. Confabulationes monasticœ
de Charles Fernand (II, 442).
153. — 1516. A Pierre Gilles. Parabolœ d'Erasme (II, 425).
154. — 15 16. A Bernard Lavinetha, professeur de théologie. Metafhysica
nova de Raymond Lulle (III, 47).
*55- — 1517. A Esprit Roter, de Toulouse, dominicain. Eruditorium
confessorum de Jérôme Savonarole (III, 247).
156. — 15 17. A Rémy Ruffus Candidus, d'Aquitaine, professeur de
belles-lettres et de droit. Antigua lectiones de Louis
Ricchieri (Rhodigïnus) (III, 209).
157. — 1517. A Jean de la Véprie, abbé de Clairvaux. Architkrenhts
(11,44).
158. — 15 17. A Louis de Berquin. Aulu-Gelle (II, 464).
159. — 15 17. A François de Halewîjn, évêque d'Amiens. Recueil des
lettres d'hommes illustres par Ange Poliziano (III, 183).
160. — 1518. A Michel Boudet, évêque de Langres. Œuvres de Platon
(III, 168).
161. — 15 18. A Antoine du Bois (Sylvester). Questions de Jean Buridan
sur la Métaphysique d'Aristote (II, 48).
1Ô2. — 1518. Au frère Etienne Nobileau, prieur du monastère des frères
mineurs de Tours. Serpens antiquus (III, 256).
163. — 15 19. A Nicolas Dorierny, chancelier de l'Académie de Paris.
Proverbes de Jean Gilles (II, 2).
164. — 15 19. Au cardinal Louis de Bourbon. C ontemplatio melliflua de
Martin des Maîtres (III, 57).
165. — 15 19. A Jean Divry, de Beauvais, professeur de médecine. Scri-
nium medicinœ de Jean Divry (II, 407).
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PREFACES 189
166. — 1519. A Louis Ruzé, préfet civil. Quintilien (III, 199).
167. — 15 19. Modification de la préface adressée à Louis de Berquin
pour Aulu-Gelle en 15 17 (II, 465).
168. — 1519. A Jean Mare, évêque de Condom. Enchiridion sacerdotale
de Jean Mare (III, 77).
169. — 1519. A Louis Ruzé, préfet civil. Œuvres d'Ange Poliziano (III,
190).
17°- — I 5 2 °- A Michel Boudet, évêque de Langres. AUegoria mora-
lesque sententiœ (II, 25).
171. — 1520. A Louis de Flandre, aux magistrats et au peuple de Gand.
Summœ quœstionum d'Henri Goethals (II, 472).
172. — 1520. A Guillaume Lclièvre, d' A vallon. Ars memorativa de
Guillaume Lelièvre (III, 8).
f 73- — I 5 2 °- A Bernardin de Pinereuil, de l'ordre des frères mineurs,
ministre de la province de Touraine, confesseur de la
reine-mère. Sermons dominicaux de saint Antoine de
Padoue (II, 40).
174. — 1520. A Etienne Poncher A archevêque de Sens. Œuvres de
saint Basile-le-Grand (II, 146).
175. — 1520. A Claude Chambon, de Tordre des frères mineurs, ministre
de la province de France, professeur de théologie. Deca-
logi de François de Maronis (III, 78).
176. — 1521. A Edmond (du Puys), abbé de Clairvaux. Cantique des
cantiques commentés par Thomas de Citeaux et Jean
Halgrin (III, 302).
177. — 1521. A Louis Ruzé, préfet civil. Opuscules de Plutarque (III,
174).
178. — 1521. A Guillaume Bibaut, chartreux, provincial de Hollande.
Remédia contra amorem illicitum (III, 209).
179. — 1521. A Jean Fisscher, évêque de Rochester. Tome II des œuvres
de saint Béda-le-Vénérable (II, 148).
180. — 1521. A Bernardin de Pinereuil, de l'ordre des frères mineurs,
ministre de la province de Touraine, confesseur de la
reine-mère. Sermons du propre du temps de saint Bona-
venture (II, 217).
181. — 1521. Au même. Sermons du propre des Saints de saint Antoine
de Padoue (II, 42).
182. — 1522. Au jeune Dreux Budé, fils de Guillaume Budé. Orationes
de Cicéron (II, 307).
183. — 1522. A Guillaume du Maine, précepteur des enfants de Guil-
laume Budé. Opéra epistolica de Cicéron (II, 326).
184. — 1522. A Thomas du Prat, évêque de Clermont. Tome III des
œuvres de saint Béda-le-Vénérable (II, 151).
185. — 1522. Aux étudiants de l'Académie d'Aberdeen. Première partie
du Doctrinal d'Alexandre de Villedieu publiée par Jean
Vaus (II, 19).
186. — 1522. A Antoine du Prat, grand chancelier. Paulus, de Pierre
Rosset (III, 219).
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199
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
187. — 1527. A Jean Gilles, de Noyers, prêtre. Distiques de Caton (II,
265).
188. — 1523. À Jean Ribaut, abbé de Beaumont. Sermons de Philippe de
Grève (II, 480).
189. — 1523. A Jean de Lyon. Satires de Perse (III, 153).
190. — 1523. A toutes les âmes pieuses et vraiment chrétiennes. Œuvres
de Thomas à Campis (II, 261).
191. — 1523. A Jean Bulut, professeur de grammaire au collège de
Navarre. Doctrinal d'Alexandre de Villedieu (II, 21).
192. — 1524. A Jean Arnoullet, de Nevers, professeur de belles-lettres
et de droit. De orthographia de Jean Arnoullet (II, 51).
193. — 1524. A Laurent Alleman, évêquc de Grenoble. Œuvres de
saint Bruno (II, 227).
194. — 1524. A la jeunesse studieuse. Doctrinal d'Alexandre de Ville-
dieu (II, 22).
195. — 1524. A Louis Lasserre, curé de Saint-Benoît-le-bien-Tourné,
proviseur du collège de Navarre. Doctrinal d'Alexandre
de Villedieu (II, 22).
196. — 1524, A Guillaume Bibaut, prieur de la Grande-Chartreuse.
Cantique des cantiques commentés par Jean Pic (III,
164).
197. — 1524. Au jeune Louis Allegrin. Justin, Florus et Sextus Ruffus
(II, 534).
198. — 1525. Au jeune Charles de Gueldre. Macrobe (III, 55).
199. — 1526. A Jacques Toussain et Jean Gya. Latinœ Linguœ floscult
de Jacques Toussain et Jean Gya (II, 238).
200. — 1526. A Jean Bordier, abbé de Saint- Victor. Tome III des
œuvres d'Hugues de Saint- Victor (II, 522).
201. — 1527. Modification de la préface adressée à Jean Gilles, de
Noyers, pour les distiques de Caton en 1523 (II, 266).
202. — 1527. A Jacques Toussain et Pierre Danès. Œuvres de Priscien
(ni, 195).
203. — 1527. A Jean London, professeur à Oxford, et à Edouard Mau-
rus, professeur à Winchester. Grammaire de Jean Sul-
pizio (III, 270).
204. — 1528. A Désiré Abrianus, de Metz, son compère et son hôte.
Quintilien (III, 201).
205. — 1528. Au même. Commentaires de Badius sur les Institutions
oratoires de Quintilien (III, 205).
206. — 1528. Au jeune Antoine du Prat, fils du grand chancelier. Com-
mentaires de Badius sur les Declamationes de Quintilien
(III, 206).
207. — 1528. Au cardinal Antoine du Prat, archevêque de Sens, chance-
lier de France. Hérodote (II, 489).
208. — 1528. A Guillaume du Prat, archidiacre de Rouen. De latina
linguœ elegantia de Laurent Val la (III, 336).
209. — 1528. Au jeune Jean de la Forest, secrétaire d Antoine du Prat,
archevêque de Sens. Thucydide (III, 305).
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PREFACES
210. — 1528. Au cardinal Gabriel de Gramont. In Benedictum Moran-
dum et Barptolomœum Facium de Laurent Valla.
(III, 474).
211. — 1529. Au lecteur pieux et candide. Ad Erastnum responsio d'Al-
bert Pio, prince de Carpi (III, 166).
212. — 1529. Au lecteur pieux. Encomium trium Mariarum de Jean Ber-
taud (II, 192).
213. — 1529. Au lecteur pieux et studieux. Encomium trium Mariarum
de Jean Bertaud (II, 190).
214. — 1529. Aux admirateurs du style de Cicéron. Philippiques de Cicé-
ron (II, 323).
215. — 1530. A ceux qui étudient les belles-lettres. Aulu-Gelle (II, 467).
216. — 1530. Modification de la préface adressée en 15 11 à Georges de
Halewijn, déjà modifiée en 1513, pour Tite Live (III,
H).
217. — 1531. Aux étudiants en belles-lettres. Epîtres à Atticus de Cicé-
ron (II, 343).
218. — 1531- Au lecteur pieux et vraiment chrétien. In locos Erasmi
lucubrationum retactandos, d'Albert Pio, prince de Carpi
(III, 167).
219. — 1531. Modification de la préface adressée en 1522 à Dreux Budé
pour les Orationes de Cicéron (II X 308J.
220. — 1532. A Jean Amelius, prêtre. Vies de Plutarque (III, 179).
221. — 1532. Au pape Clément VII. Tome I er du Doctrinal de la foi de
Thomas Walden (III, 389).
222. — 1532. Au lecteur studieux. Pro Roscio de Cicéron (II, 321).
223. — 1532. A Robert Ceneau, évêque d'Avranches. Psaumes de David
publiés par Thomas de Vio (III, 354).
224. — 1532. Au lecteur candide. Modification de la préface adressée en
1530 à ceux qui étudient les belles-lettres, pour Aulu-
Gelle (II, 468).
225. — 1534- A François, Charles, Christophe, Claude et Louis de Cha-
lançon. De Inventione de Cicéron (II, 303).
226. — Sans date (1528 ?). A Thomas du Prat, évêque de Clermont, Pra-
tum de Pierre Rosset (III, 221).
LISTE CHRONOLOGIQUE DES AVIS AU LECTEUR
227. — 1499. Comédies de Térence (différent de la préface aux lecteurs
de 1493) (HI, 282).
22 8. — 1503. M or alia carmina de Baptiste de Mantoue (II, 243).
229. — 1504. Grammaire de Nicolas Perotti (III, 139).
230. — 1505. Régula ele gantiarum d'Augustin Dati (II, 364).
231. — 1506. Cantica de Pierre Bury (II, 250).
232. — 1506. Grammaire de Jean Sulpizio (III, 266).
233. — 1506. Opuscules de Lucien (III, 27).
234. — 1507. Cantique des cantiques publié par Jacques Perez de
Valentia (III, 124).
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
235. — 1508. Histoire des deux Bretagnes de Geoffroy de Monmouth
(II, 462).
236. — 1508. Premières notes de Guillaume Budé sur les Pandectes de
Justinien (II, 229).
237. — 1508. Livres de Cicéron à Herennius (II, 300).
238. — 1509. Psaumes de David et Cantique des cantiques publiés par
Jacques Perez de Valentia (III, 127).
239. — 15 16. Ars Versificatoria de Jean Despautère (II, 390).
240. — 1516. De Asse de Guillaume Budé (II, 233).
241. — 1521. Sermons du propre des Saints de saint Bonaventure (II,
218).
242. — 1526. Traité de saint Jean Chrysostôme (II, 529).
PRÉFACES ET AVIS DONT LES DATES ONT ÉTÉ MODIFIÉES
DANS CERTAINES ÉDITIONS
1418. A Henri Valluphinus. Satires de Juvénal, voir 1498.
1489. A Etienne Gueynard. Offices de Cicéron, voir 1499.
1501. A Guillaume Totani. Sermons de carême de Léonard d'Udinc,
voir 1494.
1501. A Henri Valluphinus. Satires de Juvénal, voir 1498.
1503. A la jeunesse studieuse. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati,
voir 1502.
1504. À Etienne Gueynard. Boëce, voir 1503.
1504. A Jean de Thalaru et Antoine Dars. Doctrinal d'Alexandre de
Villedieu, voir 1501.
1504. A Jacques Huguetan. Métamorphoses d'Ovide, voir 1501.
1505. A la jeunesse studieuse. De linguœ latinœ elegantia de Laurent
Valla, voir 1501.
1505. A la jeunesse studieuse. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati,
voir 1502.
1506. Avis au lecteur. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, voir 1505.
1506. Au clergé de la Grande-Bretagne. Provinciale de Guillaume
Lyndwood, voir 1501.
1506. A David Laux. Grammaire de Sulpizio, voir 1503.
1507. A Anselme de Brieure. Virgile, voir 1501.
1507. A Louis de Flandre. Virgile, voir 1501.
1507. A Simon Vincent. Offices de Cicéron, préface adressée en 1499 à
Etienne Gueynard, modifiée en 1504, voir 1504.
1507. A Pierre Rostan. Vie de Jésus-Christ par Ludolphe de Saxe,
voir 1502.
1507. A Jacques et Bertrand Picard. Grammaire de Perotti, voir 1504.
(508. Avis au lecteur. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, voir 1505.
1509. A Jean Huguetan. Boëce, préface adressée en 1503 à Simon Vin-
cent, voir 1503.
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PREFACES
193
1509. A Martin Bouillon. Boëce, préface adressée en 1503 à Simon
Vincent, voir 1503.
1509. A Poncet Le Preux. Offices de Cicéron, préface adressée en 1499
à Etienne Gueynard, modifiée en 1504, voir 1504.
1509. A Fauste Andrelini. De cœtu foetarum de Cleofilo, voir 1503.
1509. A Jacques Huguetan. Comédies de Térence, préface adressée en
1502 à Hervé Bésin, voir 1502.
1509. A la jeunesse studieuse. De linguœ latinœ elegontia de Laurent
Vafla, voir 1501
15 10. A David Laux. Grammaire de Sulpizio, voir 1503.
15 10. Aux savants professeurs de belles-lettres. Doctrinal d'Alexandre
de Villedieu, voir 1506.
15 10. Avis au lecteur. Regulœ eleganiiarum d'Augustin Dati, voir 1505.
151 1. A Pierre Mareschal et Barnabé Chaussard. Boëce, préface adressée
en 1503 à Simon Vincent, voir 1503.
1511. A François de Rohan. Horace, voir 1503.
151 1. A Charles de Villeneuve, Antoine de La Porte, Clément Mulat,
Antoine Tolédon et Jacques Phénol. Horace, voir 1503.
15 1 1 . A Jacques et Bertrand Picard. Grammaire de Perotti, voir 1504.
15 11. A la jeunesse studieuse. De linguœ latinœ elegantia de Laurent
Valla, voir 1501.
15 12. A. Anselme de Brieure. Virgile, voir 1501.
1512. A Louis de Flandre. Virgile, voir 1501.
1514. Aux frères hiéionymites de la Vie Commune de Gand. fesuis de
Jérôme délia Valle, voir 151 1.
1515. A Pierre Mareschal et Barnabé Chaussard. Comédies de Térence,
préface adressée en 1502 à Hervé Bésin, voir 1502.
15 15. A Simon Vincent, même préface, voir 1502.
15 15. A Jean de Clauso, même préface, voir 1502.
15 15. A Constantin Fradin, même préface, voir 1502.
15 15. A Anselme de Brieure. Virgile, voir 1501.
1515. Avis au lecteur. Regulœ eleganiiarum d'Augustin Dati, voir 1505.
15 16. A Pierre Rostan. Vie de Jésus-Christ par Ludolphe de Saxe,
voir 1502.
15 18. A Jean Foucaud. Psaumes de David publiés par Jacques Perez de
Valentia, voir 1506.
1519. A François de Rohan. Œuvres d'Horace, voir 1503.
1520. A Pierre Rostan. Vie de Jésus-Christ par Ludolphe de Saxe,
voir 1502.
1 52 1 . A Poncet I,e Preux. Offices de Cicéron, préface adressée en 1499
à Etienne Gueynard, modifiée en 1504, voir 1504.
1522. A Germain de Ganay. Valère Maxime, voir 15 10.
1522. A Simon Vincent. Comédies de Térence, préface adressée en 1502
à Hervé Bésin, voir 1502..
1522. A Michel Boudet. Platon, voir 1518.
L 13
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I94 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
1522. A Pierre Rostan. Vie de Jésus-Christ par Ludolphe de Saxe,
voir 1502.
1523. A Guillaume Lelièvre. Ars metnorativa de Guillaume Lelièvre,
voir 1520.
1524. A Louis de Berquin. Aulu-Gelle, préface de 15 17, modifiée en
15 19, voir 1519.
1526. A Louis Lasserre. Doctrinal d'Alexandre de Villedieu, voir 1523.
1527. A Guillaume Budé. Opéra rhetorica, oratoria et forensia de Cicé-
ron, voir 151 1.
1528. A Bernardin de Pinereuil. Sermons dominicaux de saint Antoine
de Padoue, voir 1520.
1531. Avis au lecteur. Regulœ elegantiarum d'Augustin Dati, voir 1505.
1533. A Georges de Halewijn. Tite Live, préface de 151 1, modifiée en
15*3 e t i53°j voir l 53 0 -
1533. A Michel Boudet. Œuvres de Platon, voir 15 18.
1599. A Liévin Maurus et Guillaume De Rijke. Satires de Perse,
voir 1499.
Date supprimée. A Etienne Gueynard. Boëce, préface adressée en 1503
à Simon Vincent, voir 1503.
Date supprimée. A Fauste Andrelini. Cleofilo, voir 1503.
Date supprimée. A la jeunesse studieuse. Regulœ elegantiarum d'Au-
gustin Dati, voir 1502.
Date supprimée. Aux jeunes gens studieux. Regulœ elegantiarum d'Au-
gustin Dati, voir 1501.
Date supprimée. A Pierre Rostan. Vie de Jésus-Christ par Ludolphe de
Saxe, voir 1502.
Date supprimée. A Jérôme Aleandre. Vie de Plutarque, voir 15 14.
Date supprimée. A Aymon de Montfaucon. Questions morales de Pierre
Tartaret, voir 1504.
Date supprimée. A la jeunesse studieuse. De latinœ linguœ elegantia de
Laurent Valla, voir 1501.
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CHAPITRE IV
STULTIFERjE naves
NAVIS STULTIFERA
Nous donnons, dans ce chapitre, la reproduction des deux princi-
pales œuvres originales de Badius, les Stultiferœ Naves (voir ci-dessus,
p. 158) et la Navis Stultifera (p. 160).
Les Stultiferœ Naves sont reproduites d'après l'édition originale du
texte latin, donnée à Paris par les frères de Marnef 1 et imprimée par
Thielmann Kerver le 20 février 1501 (n. st.) ; nous n'avons pas trans-
crit, dans leur entier, les chapitres écrits en prose, dont la lecture est
souvent peu attrayante, nous contentant d'en indiquer le début et la
fin, mais nous avons reproduit intégralement la préface, VExplanaûo y
les chapitres en vers et les pièces finales. On trouvera à la suite un
aperçu de la traduction française publiée par Jean Drouyn deux ou
trois ans avant l'original latin, sous le titre : La Nef des folles selon
les cinq sens de nature*...
Dans la Navis Stultifera, nous n'avons donné également que le texte
lui-même, qui est en vers, sans reproduire le commentaire familier, en
prose 3 Nous avons suivi le texte des quatre éditions données à Paris
par les frères de Marnef en 1505, ^07, 1513 et 1515 4 , en indiquant
1. II, pp. 77 et ss.
2. II, pp. 73 et ss.
3. Le commentaire familier de l'un des chapitres est reproduit ci-dessus, I,
p. 162.
4. II, pp. 81 et ss.
*
196
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
les principales variantes. L'édition de 1507 a été revisée par Badius, et
doit être préférée à celle de 1505 en plusieurs passages; l'édition de
15 13 en est la copie, mais très incorrecte et contenant beaucoup de
fautes; quant à l'édition de 1515 elle est copiée sur celle de 1505.
Les titres des chapitres n'étant pas toujours identiques dans les
quatre éditions ou dans leurs tables, nous en avons indiqué les variantes,
en italiques. A la fin, nous avons donné la table de concordance des
figures avec les chapitres du Navis Stultorum de Sébastien Brant,
d'après l'édition donnée par les frères de Marnef le 8 mars 1499» n. st.
Ces figures, une pour chaque chapitre, n'ayant pas été spécialement
gravées pour les poèmes de Badius, nous n'avons pas cru nécessaire de
les reproduire comme celles des Stultiferœ Naves ; quelques-unes ont
été données en fac-similé par Claudin dans le tome II de Y Histoire de
l'Imprimerie (pages 228 à 230).
STULTIFER^ NAVES
Stulrifa-çnauesf^
Morris in exta'um:
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ï9 8
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
IN STULTIFERAS NAVES PRiEFATIO
JODOCI BADII ASCENSII
IN STULTIFERiE ADDITAMENTUM DE QUINQUE VIRGINIBUS
AD ANGELBERTUM DE MARNEF CUI HANC OPELLAM NAVAVIT,
PRAEFATIO
Si iEsopus ille e Phrygia (ut Aulus Gellius inquit) fabulator haud
immerito sapiens aestimatus est quoniam quae utilia monitu suasuque
essent non imperiose praecepit et censuit, ut philosophis mos est, sed
festivos delectabilesque apologos commentas, res salubriter ac prospi-
cienter animadversas in mentes animosque hominum, cum audiendi
quadam illecebra, induit ; si, inquam, ille sapienter instituisse compro-
batur, non inferior debebitur gloria, neque minor gratia Sebastiano
Brant, alemanno, viro perquam anxie docto, quippe et legum et litte-
rarum bonarum peritissimo, qui faceta jucundaque commentatione
fatuos ac stultos, quorum infinitus est numerus, ita erudit et castigat,
ut salibus ejus atque festivlssimo sermone illecti, non prius in se animad-
vertere eum sentiant quam (ut de Flacco dicitur) admissus circum prae-
cordia ludat, eosque resipiscentes (siquidem sese curabiles exhibeant)
in prudentium sententiam concedere cogat
Quam ob rem tu quoque, Angelberte de Marnef, virorum optime,
merito laudandus videris qui ad illius inventum apicem hune apponere
curasti; laudatior forsitan futurus si id muneris a doctiore minusque
occupato viro quam nos sumus effl agitasses. Caeterum ne contra caetero-
rum qui aliquid edunt institutum ac morem ipse in hac trutina opus
meum elevem paucis quae tuo monitu effecerim habeto. Cum animadver-
terem primam mortalibus labem potius ex muliebri quam ex virili
fluxisse stultitia, sapientissimos ac maximos quosque et robustissimos
viros ut protoplastum, Sansonem, David, Salmonem, eadem irrititos
corruisse, nihil sine muliebri sexu plene voluptuosum ac delectabile
epicureis visum, dominum quoque Deum dixisse : « Non est bonum
hominem esse solum ; faciamus eî adjutorium simile sibi 1 ; constitui
navi stultorum stultarum quoque appellere naviculam, exiguo quidem
corpusculo, sed ingentissima (si non fallor) capacitate, quippe in
qua humana fere locanda est stultitia. Omnis enim secordia, ignavia,
fatuitas, stultitia, furor et dementia ex eo potissimum nascitur, quia
sensus rationi perverso dominantur ordine, de quibus haud absurde
dictum putes Davidicum illud : « Si mei non fuerint dominât!, tune
immaculatus ero. » Qua de causa ad stultiferam navem, in qua prima
parens Eva navarcha dicta est, quinque scaphae singulae a singulis mulie-
STULTIFERiE NAVES
199
ribus fatuis appellentur, de quibus in parabola de virginibus ait Domi-
nus : « Quinque autem erant fatuae. » Nam per fatuas illas quinque
quae acœptis lampadibus (ut dicitur Matth. xxv) non sumpserunt oleum
secum, non impertinenter accepere possumus quinque sensus exteriores
qui mundanis rébus dediti in vasis animi nihil olei, id est salutiferae
prudentiae reponunt. « Quoniam (inquit Johannes Canonicae suae primae
capite secundo) omne quod est in mundo concupiscentia carnis est, et
concupiscentia oculorum et superbia vit», quae non est ex pâtre (scilicet
Deo) sed ex mundo est. Et mundus transit, et concupiscentia ejus. »
Unde Ecclesiastes capite primo sic exclamât : « Vanitas vanitatum
et omnia vanitas. » Navis igitur hase prima fatuorum f atuarumque
omnium est receptaculum in quam prima parens nostra prima ingressa
est, quinque sensibus morigerando in peccatum lapsa, quae quia (ut cre-
ditur) resipuit, dehortatur progeniem suam sensuum illecebris acquies-
cere. Ille vero contra in scaphas suas omne mortalium genus allicere
conabuntur suavia praesentis vitae pollicitaturae oblectamenta. Quae prius-
quam enumerabuntur de singulis sensibus eorumque abusionibus pro
temporis pœnuria dicturi sumus pedestri oratione ut qui ab utriusque
sexus fatuis facile capi desideramus. Rem igitur ingredior. Vale.
200
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
STULTORUM SENSUUM NAVIS
IN EXITIUM TENDENS
STULTIFER^E NAVIS EXPLANATIO
Prima igitur, mortales, fatua fuit nimirum prima parens Eva,
omnium insipientium genitrix, quae quinque sensibus peccati labem,
stultitiaeque fomitem concepit :
Auditu, quo fidem habuit adversario suo dicenti : « Nequaquam
moriemini, et eritis sicut Dii, scientes bonum et malum. »
Visu, quo vidit quod bonum esset lignum ad vescendum, et pul-
chrum oculis, aspectuque delectabile.
Tactu, quo tulit de fructu illius.
Olfaclu, quia vidit quod esset suave ad vescendum, quam suavi-
tatem non tam visu quam olfactu tune intelligere potuit, nondum enim
gustaverat.
Gustu autem, quia comedit deditque viro suo qui comedit; quo
quidem comedente, nata est omnis stultitiae orjgo.
Hinc nos, miseri mortales, segritudinibus, morti, laboribus, anxieta-
tibus, fami, situ, aestui, algori, omnibus denique et animae et corporis
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STULTIFEIUE NAVES
201
pestïbus obnoxii sumus; hinc errores, hinc ignavia, hinc mortalitas et
omnia mortalitatis mala, hinc alii avaricia stulti, alii luxuria, alii ambi-
tione, alii crapula, alii desidia, alii invidia, alii ira, hinc denique quique
suos patimur mânes, hinc nullus sine crimine vivit. Nullus expers mise-
riae, de qua sic Plinius, lib. vii, cap. i :
« Cura omnia exequi humanus nequeat animus, principium jure
tribuetur homini Cujus causa videtur cuncta alia genuisse natura, magna
et saeva mercede, contra tanta sua munera, ut non sit satis aestimare
parensne melior an tristior noverca fuerit. Ante omnia unum animan-
tium cunctorum alienis velat opibus; caeteris varia tegumenta tribuit,
testas, coria, spinas > villos, setas, pilos, plumam, pennas, squamàs,
vellera, truncos etiam arboresque cortice interdum gemino a frigoribus
et caloribus tutata est ; hominem tantum nudum et in nuda humo natali
die abjicit ad vagitus statim et ploratum, solumque tôt animalium ad
lachrimas, et has protinus in vitae principio. At, Hercule! risus praecôx
illi et celerrimus? Ante quadragesimam diem nulli datur. Ab hoc
lucis rudimento*, quod ne feras quidem inter nos genitas, vincula exci-
piunt et omnium membrorum nexus, atque infeliciter natùm jacet mani-
bus pedibûsque devinctis, flens, animal caeteris imperaturum, et a sup-
pliciis vîtam auspicatur, unam tantum ob culpam quia natum est
« Heu dementia ab iis initiis existimantium ad superbiam se genitos !
Prima robbris spes, primumque temporis munus quadrupedi similem
facit. Quando homini incessus? Quando vox? Quando firmum cibis os?
Quandiu palpitans vertex, sumrne inter cuncta animalia imbecillitatis
indicium? Jam'morbi tôt, atque medicinae tôt contra mala excogitatae, et
quoque subinde novitatibus victae. Caetera sentire naturam suam, àlia
pernicitatem usurpare, alia praepetes volatus, alia vires, alia nare;
hominem scire nichil permisit sine doctrina, non fari, non ingredi, non
vesci, breviterque non aliud naturae sponte quam flere!
« Ttaque multi extitere qui non nasci optimum censerent, aut quam
ocissime aboleri. Uni animantium luxus est datus, uni luxuria et quidem
innumerabilibus modis ac per singula membra, uni ambitio, uni avaritia,
uni immensa vivendi cupido, uni supertitîo, uni sepulturae cura, atque
etiam post mortem defuturae. Nulli vita fragilior, nulli rerum omnium
libido major, nulli pavor confusior, nulli rabies acrior. Denique caetera
animantia in suo génère probe degunt, congregari vîdemus et stare
contra dissimilia. Leonum feritas inter se non dimicat, serpentum mor-
sus non petit serpentes, nec maris quidem belluae ac pisces, nisi in diversa
gênera saeviunt. At, hercule, nonne homini ex homme plurima sunt
mala? »
Haec ibi. Item ejusdem libri, cap. vii :
« Miseret atque etiam pudet aestimantem quam sit frivola anima-
lium superbissimorum origo, cum plerumque ab ortus causa fiât odor
302
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
lucernarum extinetu. His principiis nascuntur tyranni, carnifex his
animus. Tu qui corporis viribus fidis, tu qui fortunae munera amplexaris,
et te ne alumnum quidem ejus existimas, sed partum, tu cujus semper
in Victoria mens, tu qui te Deum credis, aliquo successu tumens, tanti
tamen perire potuisti, atque etiam hodie minons potes; quantulo ser-
pentis ictus dente, aut etiam, ut Anacreon poeta, acino uvae passae, ut
Fabius senator praetor, in lactis haustu uno pilo strangulatus. Is demum
profecto vitam aequa lance pensitabit qui semper fragilitatis humanae
memor fuerit. »
Haec Plinius, ad quae multa sacras scripturae afFerre possem, ut illud
Job, xiii : « Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur
multis miseriis... » et caetera. Sed quis non vidit humanas miserias, quis
non dédit illius primas stultitiae pœnas? Atque utinam non tam fré-
quentes illius viveremus sequaces, summum profecto amentias indicium !
Si etenim viam cujus exitium nescias neque periculum feceris, ingredi
stultum est, quasnam dementia erit eam ingredi, in qua ingredientes nisi
revertantur scimus omnes ad interitum tendere. Scimus autem omnes quia
qui sensualitatis viam, brevem quidem voluptatem hic habituri, nec
meram tamen, sed multis calamitatibus atque amaritudinibus immixtam,
ad interitum tendant, contraque qui per baptismalem innocentiam aut
per secundam post naufragium tabulam, pœnitentiam dico, arduam
virtutis viam ascendunt, salutis aeternae portum contingant. Unde dicit
Marcus Cato in oratione ad milites Numantiae habita, ut récitât Aulus
Gellius, lib. xvi, cap. i : « Cogîtate cum animis vestris si quid vos per
laborem recte feceritis, labor ille a vobis cito recedet, bene factum a
vobis, dum vivetis non abscedet, sed si qua per voluptatem nequiter fece-
ritis. voluptas cito abîbit, nequiter factum illud apud vos semper ma-
nebit.i. » et caetera.
Fu^iamus ergo stultitiam et audiamus pumam parentem ita queri-
tantem
EV.E PROTHOPL A STJE AD CUNCTOS MORTALES ELEGIA
Discite, mortales, miserae lamenta parentis
Et procul a nostro vertite vela rate.
Tlla ego quae fueram nulli subjecta minae,
Nec visura malum, nec subitura necem,
Quae genîtura viro pulchram sine crimine prolem,
Inque puerperio laeta futura meo,
Quaeque îmmortales fueram visura nepotes
In paradisiacis laudere colliculis,
Mox rapienda, Deo sic imperitante, per alta
Sidera in aetheream glorificata domum.
STULTIFERiE NAVES
*>3
Il la, inquam, ut vetitum malis assumera pomum
Ausa fui, longum tollor in exilium.
Prima etenim dubiae damnosa pericula navis
Stultorum ingredior, stultitiaeque parens,
Nam quia divinam petii, stultissima, mentem,
Destinor exitio posteritasque mea.
Immensos subigor pariens tolerare dolores,
Nec cum virgineo gignere honore datur.
Heu mihi fallaci quae œssi, credula, viprae,
Frenaque non posui sensibus ipsa meis.
Nuda, per ignotas cogor tranare procellas,
Nescia quem portum, quemve habitura modum.
Namque supercilio si me Deus ipse tremendo
Condemnare velit, commerui interitum.
Sed ventura meae virgo est haud conscia culpae
Contritura tuum, perfide vipra, caput.
Quae quia supremo gnatum est peritura Tonanti
Commoda justitiae vincet origine»,
Nam neque peccato quondam maculabitur ullo
Nec deerit quaevis gratia Verbiparae.
Currite festino felicia saecula cursu,
Ut novus in terris conspiciatur Adam.
Interea jugi pulchram certamine palmam
Contra stultiferas quasso referte scaphas.
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204
JOSSE BAD1US ASCENS1US
PRIMiE SCAPH^E STULTIFERiE, QVJE PER VISUM STULTUM
AD INTERITUM DUCIT, EXPLANATIO
Primo loco de visu ejusque stultitia dicere constitui, quia is cum
sit subtilissiraus et minimum materialis ad divinum officium proxime
accedere faciat, quod Graeci omnia videre et contemplari ex eo putantur
voluisse, quia apud eos Deus ipse Theon, quasi contemplator et omnium
inspector appellatur. Theoreo enim contemplor, et theorema, sive theo-
ria, contemplatio dicitur. Is autem est de quo Genesis primo scriptum
est : « Vidit Deus cuncta quae fecerat, et erant valde bona ». Verum
tamen cum ipse omnia videat, invisibilis tamen est, oculo quidem mor-
tali, nisi quantum ipse sese visibilem praebeat, cujus quidem visio
visique consummata fruitio, summum illud bonum, quae beatitudo dicitur,
non immerito nuncupatur. De qua divinus apostolus...
...Sed audiamus celeusma, id est invitationem ejus nauticam.
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STULTIFERiE NAVES
CELEUSMA VISIONIS FATUiE SCAPHjE PRIMEE NAVARCHiE
Quid tantum stupida trahitis pigra otia mente?
Idaliae cives, en Cytherea vocat?
Nunc florent sylvae, nunc formosissimus annus,
Omnia nunc genio praesto vacare suo.
Gratia cum nymphis, geminisque sororibus audet
Consociato viris ducere nuda choros
Cypria bistonio Venus optât bracchia Marti
Tendere, dum quaestus fert Philomela suos.
Collige, virgo, rosas dum flos novus et nova pubes,
Et memor esto aevum sic properare tuum.
Jam subrepet iners aetas, nec amare licebit
Nec gaudere bonis mors dabit attalicis.
Quid similem flavo crinem tam comperis auro
Quando aderit vetulae sordida canities?
An juvenum teneris nihil est vincere lacertis
Cui Venus et Veneris cura Cupido favet ?
Eya âge, rumpe moras, implent dum carbasa venti
Atque secunda suas Nereis addit opes.
Ad Veneris campos teneris ubi pulchra puellis
Corpora junguntur, nostra carina vehit.
Illic Pasiphae tauro oblectatur amato,
Atque Semiramidem concomitatur equus,
Illic quaeque suo secura potitur amore
Nec sentit tacito tempus abire pede,
Illic blandus amor, mollisque protervia cunctis
Et vultus quales ardeat Hippolytus,
Forma quibus ceris non est imitabilis ullis,
Non phuco aut arti, non medicaminibus,
Nil sandix roseo, nihil hic cerussa nitenti
Conférât, hic siquidem nascitur omnis honos.
Purpureas qui forte rosas et lilia justis
Mensura, numéro, pondère, miscuerit,
Cunctaque calluerit, quae Zeusis novit ad artem
Commoda, nativum vix simularet opus.
Ergo petos oculos ad dulcia munera flecte
Dumque vocant venti, scande, puella, scapham,
Non procul est portus, triduo permixta choreis
Aurea sidereis corpora conspicies.
20Ô
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
SCAPHA AUDITIONIS FATUjE AD NAVEM
STULTIFERAM PERVEHENS
DE AUDITU EJUSQUE STULTIS
Nunc de auditu e jusque stultis michi sermo habendus est, eu jus
secundum visum haud dubie et vires et munera sunt, magna etenim
pars beatitudinis, qui status omnium bonorum aggregatione perfectus
a Boetio describitur, in auditu consistit. Qui etenim oculos a vanitatibus
avertentes caste vixerunt, non solum visionem singularem habebunt,
verumetiam cantabunt quasi canticum novum quod dicere aliorum nemo
poterit, neque minus de auditu ejusque objecto, quam de visu addubi-
taverunt philosophi. Unde Aulus Gellius dicto lib. V, cap. xv : « Vêtus
atque perpétua quaestio inter nobilissimos philosophorum agitata est,
corpus ne sit vox an asomatum id est incorporeum ». Corpus autem
est aut efficiens aut patiens...
...Innumeri autem sunt qui musicis instruments, aut vocis lenocinio,
aut amatoriis canticis in scapham stultorum stultarumque pervecti ad
inferna deducti sunt, quam ut vitemus, audiamus navarchse celeusma :
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STULTIFER.E NAVES
207
CELEUSMA AUDITIONIS STULTiE AD AUDITUS OBLECTAMENTA
MORTALES INVITANTIS
Quatenus aonios modulos fugietis amusi,
Surdidulique viri?
Ecce vocant Zephyri sub amsena vireta sororum
Pieriumque latus,
Murmure jucundo résonant ubi saxa peresa
Fluctibus assiduis
Et volucres pictae repetunt per gramina notos
Ingenuosque modos,
Quos nequeant Thamyras et Methymneus Arion
iEquiparare Cheli,
Cedat Thraicius nativis cantibus Orpheus
Pindaricaeque lyrae,
Cedat et Amphion Dirceus, œdat Olympus,
Cedat et ipse Linus,
Et cum Terpandro œdat Crinitus Ioppas
Terpsicorique fides.
Et Timotei œdant et blanda Chironis
Barbita nubigenae,
Cedat et Archadicus deus, et Patareus Apollo
Thespiadumque chorus,
Et lyrici cuncti cédant, et mascula Sappho
Quicquid et artis erit
Cedat et ^Eolides quantumvis doctus, in arma
^Ere ciere viros.
Nam canit hic toto mundo gaudente Silenus
Parthenopeque nova.
Cantat et ipse sua Triton sub littore concha
^Eolidae interitum.
Hic moribundus Holor, querulaequë canunt Philomelaé ' * '
Discipulasque docent.
Hic immortalem perducunt gaudia vitam
Consona carminibus.
Proinde, viri suaves, blandumque genus mulieres,
Hue properate citi.
Cras si cum Zephiris non dissonet unda secundis
Carbasa strinxerimus.
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2o8 JOSSE BADIUS ASCENS1US
SCAPHA OLFACTIONIS STULTjE
Sensus quidem olfaciendi non minus quam audiendi mirabilis est
cum itidem dubitare liceat quid sit quod ab floribus caeterisque rébus
odoriferis ad organum perfunditur. Caeterum cum ejusmodi inquisitio
parum utilitatis afferat, tantummodo recitavero quae Aulus Gellius, libro
XIX, cap. il, de hoc et de caeteris sensibus scripsit, et sunt hase :
« Quinque sunt hominum sensus per quos voluptas animo aut corpori
quaeri videtur... »
...Taies sunt impii qui dicunt Sap. ii : « Venite fruamur bonis
quae sunt, et utamur creatura tanquam in juventute celeriter vino pre-
cioso et unguentis nos impleamus, et non praetereat nos flos temporis.
Coronemus nos rosis antequam marcescant, et nullum pratum sit quod
non pertranseat luxuria nostra », et caetera. Homines fatuos et fatuas
advocat navarcha hoc celeusmate :
CELEUSMA OLFACTIONIS YATVM
Accéléra te viri, suavi dum spiritus aura
Vos invitât, agros visere odoriferos,
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STULT I F ER^E NAVES
209
In quibus ambrosiae redolentia nascitur omnis
Mellifluusque liquor, nectariusque fluit.
Quicquid ab Assyreis, de nigris quicquid ab Indis
Vectat ad augustas pharmacopola domos,
Cinnoma quod spirant, quod olet Cinireia myrrha,
Et quod odorus Arabs, coriciumque crocum,
Succina quod fragrant manibus tractata, quod omne
Unguentum, et fracto fusa falerna cado,
Balsama quod spirant, redolent quod florea rura
Quod citrum et violae, purpureaeque rosae.
Hoc ager hic nullo producit sponte serente
Hocque ad ventantes indigetesque beat.
Ergo citi nostram, mortales, scandite navem,
Hoc vento opta ta cras potiemur humo.
I. 14
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2io JOSSE BAD1US ASCENS1US
SCAPHA GUSTATIONIS STULTiE
De gustu jara ex Aulo Gellio audivimus quod est magis corporalis
quam caeteri jam dicti sensus, immo etiam magis necessarius ad conser-
vationem naturae, nullum enim animal gustu ac tactu carere potest, aliter
enim faciliter incurreret a ut nutrimentum nocivum aut objectum laesi-
vum. Universalis est ergo in animantibus gustus, multoque omnium
uberrima ejus stultitia. Ideoque tota philosophia sobrietatem prœdicat,
hinc illud tritum et vulgare, sed non contemnendum dictum...
...Neque vero tantummodo divites in hac scapha sunt, sed plurimi
pauperum qui quod sex diebus operando sudore multo conquisiverint,
septimo absumunt. Quinetiam sunt qui, ut dicit Juvenalis, una come-
dunt patrimonia mensa. Hos autem omnes vocat stulta gustatio, hoc
celeusmate fere Beroaldino dicens :
CELEUSMA GUSTATJONIS FATUiE
Pigra gulae, proceres, ô Sardanapalia proies.
Corpora de somno jam relevare decet.
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STULTIFERiE NAVES
211
Ecce vocant molles régna ad lsetissima venti
In quibus irritant fercula mille gulam.
Luculli cœnas sileat, patinasque Vitelli
Necnon Antoni prandia prisca fides.
Fercula pontificum nemo, aut epulas Saliorum
Jactet, et Al ban as, caesariasque dapes.
Jam patina JEsopi cedat, jam luxus Apici,
Et Tholomeorum prodiga luxuries.
Jam sua Campani taceant convivia, pœnus
Quae sensit pœnis perniciosa suis.
Nec Medi jactent reges, Siculique tyranni
Vana quaesitos ambitione cibos.
Omnia jam cédant convivia, prandia, cœnœ,
Quae célébrant vates, famaque cantat anus.
Fercula sunt regum, sunt hic jentacula divum,
Hic sapiunt nectar, pocula et ambrosiam,
Hic nitida, hic dubia est, hic est lautissima cœna,
Omnibus absque ullo parta labore gulis.
Juppiter huic epulo si forte vocatus adesset
Diceret : « In cœlis talia non habeo! »
Ergo quid astatis stupidi? Penetrate phaselum,
Ecce aderunt horis régna beata tribus.
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212 JOSSE BADIUS ASCENSIUS
SEQUITUR SCAPHA CONTACTIONS FATUjE
Quintus et ultimus sensuum est tactus, omnibus animalibus commu-
nis et per omnia fere membra diffusus, qui tanto periculosior est quanto
major in eo voluptas. Extrema enim linea amoris in eo consumatur.
Sunt autum secundum Donatum quinque lineae amoris quae hoc versi-
culo continentur :
Visus, colloquium, convictus, basia, factum.
Prima igitur linea amare est visu connivere, arridere, petos oculos
injicere et tacite consentire quae multis sine reliquis datur. Secunda
facta potestate et inventa oportunitate, colloqui, polliceri, blandiri,
desideria animi aperire. Tertia comessare, compotare, et in secreto con-
vivere. Quarta quae oritur ex talibus est basia et lasciva oscula dare.
Quinta est coire. In prima potissimum peccat visus, in secunda auditus,
in tertia gustus, in quarta olfactus, in quinta tactus. Sunt ergo conca-
tenatas hujusmodi sensationes quae omnes ad venerem excitant, et prae-
cipue quae ad gustum spectat, crapula et ebrietas. Unde Virgilius in
epigrammate quod explanare pollicitus sum :
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STULTIFERjE naves
213
Nec Veneris nec tu vini capieris amore
Uno namque modo vina venusque nocent.
Haec ille. Quibus innuit veneris et vini utilem, immo necessarium
esse usum, vini ad restinctionem sitis et venerem ad propagationem
prolis, sed utriusque abusum esse in multis nocium et magnae discor-
dige ac cœdis causam...
...Audiamus ergo, sed non sequamur, sequens celeusma :
CELEUSMA STULTjE CONTACTIONIS
Mollis adesto, cohors, Veneris gratissima cura
Idalios luœs, templaque visa Paphi,
Aima Venus teneram dabit illic cuique puellam
Atque adventanti basia melliflua
Qualia lascivo dédit oscula saepe Tonanti
Dardanius phrygia raptus ab arce puer,
Qualia formosae Veneri formosus Adonis,
Qualia pastori Tyndaris Iliaco,
Qualia Taenarides tribuit puer oscula Phœbo,
Amphitrionidse qualia pulcher Hylas
Qualia purpureae quae conspicit omnia lunae
Latmius insomnis contulis Endimion,
Talia mille vins roseis dabit oscula labris
Cypria virginibus mille Cupido dabit.
Post quae dulcis erit placidissima linea amoris
Continuata modis insatiabilibus
Ergo vocata meam petito mea cura Phaselum
Quique etenim horis Cypria régna dabo.
214
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
JODOCI BADII ASCENSII A STULTIFERA NAVI AD QUAM PER
CARNIS ILLECEBRAS APPELLIMUR AVOCATIO.
Facile cuivis, promptumque est stultarum sensation um illecebras ver-
bis (ut satyricus inquit^ Herculis invadere, inque turpes mores acrius des-
puere, ac voluptatem beluinam detestari quippe qui nihil honore dignum
habent, sed nescio quae sit hujus pestis inescatio, quse etiam détestantes
in fraudem illicere, illectosque irretire solet Proinde conduxerit atque
utile fuerit forsan etiam scientes, et (quod potius est) memores (habet
enim vim suam alieni oris objurgatio) monuisse ut istis mollibus corpo-
rum palpitationibus atque impetiginibus, non dico frenum quo conti-
neantur aut cohibeantur, cum id difficillimum sit, ponant, sed antido-
tum quo penitus arceantur, aut rastros quibus eradiœntur penitus,
injiciant. Ad quam rem cum difficillima sit, duplici vi nobis conniten-
dum est, divina videlicet atque humana. Divina quidem ea de qua
Jacobus apostolus canonicae apostolicae suae, cap. i, attestatur quod :
« Omne datum optimum et omne donum perfectum, desursum est des-
cendens a pâtre luminum », abs quo cum satyrico orandum est ut sit
« mens sana in corpore sano », atque illud Davidicum : « Cor mundum
créa in me Deus, et spiritum rectum innova in visceribus meis. Libéra
me de sanguinibus Deus, Deus salutis meae ». et quod sacrosancta
canit Ecclesia : « Ure igne sancti spiritus renés nostros et cor nostrum,
Domine, ut tibi casto corpore serviamus et mundo corpore placeamus. »
Et sexcenta id genus alia. Sumendum praetera est castitatis, conti-
nentiae, mundicise tam animae quam corporis, ad hoc omnis honestatis
et probitatis exemplum a sole institise et virginei partus proie Christo
Jesu Domino nostro, de quo vere dicitur : « Quia peccatum non habuit
nec inventus est dolus in ore ejus. » Humana vero, qua visu oblectan-
tium viscosis illectionibus, auditu demulcentium penetrativis irreptio-
nibus, olfactu tentantium attractivis tentiginibus, gustu inescantium
delicatis liguritionibus, et tactu palpitantium molliculîs pruriginibus,
ne illa queamur neve rumpamur objicem ponemus. is autem praecipuus
est ocii et cessationis evitatio, labor, cura, sollicitudo, parcimonia,
sobrietas, vestitus simplicitas citra immundiciam, atque id genus alia
quae Juvenalis, satyra vi, docet îuxuriae ex pultrida et castitatis con-
servatia his verbis :
Praestabat castas humilis fortuna latinas
Quondam, nec vitiis contingi parva sinebat
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STULTIFERjE naves
Tecta labor, somnique brèves, et vellere tusco
Vexatae, duraeque manus, ac proximus urbi
Hannibal, et stantes collina in turre mariti.
Nunc patimur longae pacis mala, saevior armis
Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem.
Nullum crimen abest, facinusque libidinis, ex quo
Paupertas romana périt
Haec ille. Ad quem quamplurima et sacrarum et ethnicarum litte-
rarum testimonia acœdere possent, inque voluptatum detestationem
illud Horatianum :
Sperne voluptatum nocet empta dolore voluptas.
Nulla enim est carnalium voluptatum quam non et misera indigentia
praecesserit, et amara pœnitentia sequatur. Nulla siquidem est in cibis
voluptas, nisi famenti qui nisi mensuram servaverit et se oppleverit
praesentes pœnas dabit inflationibus et futuras multis aegritudinibus,
quae res de coîtu quoque post quem omnis anima contristatur, deque
caeteris sensationum importunis aut nimiis effectibus declarari posset,
sed ne in manifestis laborem, et ut nostris versiculis opusculum claudam
hos habeto :
JODOCI BADII ASCENSII A VOLUPTATUM ILLECEBRIS
STULTORUMQUE SENSUUM OBLECTAMENTIS
DEHORTATIO
Discite, mortales aegri, quibus anxia cordi est
Vita, sedetque malis multis innixa voluptas,
Quam subito et furtim veniat nova régna petendi,
Insperata dies qua cogimur ora tueri
Judicis horrendi, mentis condigna daturi
Praemia pro factis, abs quo nec provocat ullus,
Nec semel appensae mutare examina librae
Aut differre valet, siquidem tune clausa merendî
Peccandique via est, et stat sententia semper.
Heu fatuas linguas, dementia pectora, stultas
Delirasque manus, quas propter pauca caduci
Tentamenta boni caelestem perditis aulam,
^Eternoque bono praefertis dulcia vitae.
O curve in terras animae, et caslestium inanes,
Quid juvat illecebris mentes evolvere carnis,
Quid fugitiva juvant fallacis gaudia sensus,
Quid fucatus honos, quid adultéra forma, quid aurc
Intertexta chlamys, quid cyclas choa, quid aulae
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2l6
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Conditio attalicae, quid veri vera propinant
Forma boni, formosa Venus, Venerisque sodales?
Ahl fluxa incautas captant dulcedine mentes!
Quid citharae crepitus, quid mollis risus et oris
Carmina lascivi, quid verba salesque juvabunt,
Qui strepitu horrifico sub Tartara dira trahentur?
Quid juvat unguenti preciosa spiritus illum
Cujus tetra putri commissa cadavera terrae
Ad grave sulphurei miserunt virus A verni,
Ah! nunquam redituram animam, nec odore juvandarn?
Quid gula dulce parit, quse mentem effeminat, atque
Corporis enarvat vires, et ventris obesî
Dirum pondus habet, quid, Tantale, quid, reprobate
Dives, in inferno mensarum gloria prodest?
Ah ! miser a labris fulgentia flumina captas
Tantale, tu guttam exoraveris unquam
Dulcis aquae precibus lachrymisque, ô lurco, prophanis.
Quid pecuina lues, tactus prurigo nefandi,
Quid Veneris plausus, lasciva quid oscula prosunt
Quos aeterna premunt diris tormenta flagellis?
Quosque cremat jugis flammis crepitantibus ignis?
Ah! nimis id verum est non posse ad gaudia quemquam
Per jocunda vehi, stricta est quae ducit ad aulam
Semita caelestem, quo nos perducere cunctos
Dignetur, proprio qui callem sanguine primus
Imbuit, et regni patefecit clausa paterni
Atria, prsesancta natus de Virgine Christus.
Haec sunt quae ad Navim stultiferam accedere posse putavi, quaeque
subito calore ex variis collegi. ne forte quis furti accuset si aliorum
fragmenta hic compererit. Nullum enim est dictum quod non dictum
prius. Praeterea haec ea intentione conscripsi ut in vernaculam gallis
linguam verterentur; si tamen sub hac quoque forma imprimenda
putabis, non damnavero sententiam tuam, Angelberte optime, verum
optavero ut ad limam nostram remittantur ut castigatiora emitti possent,
verum quia tibi deditum hoc quicquid est muneris, utcumque feceris
subscripsero. Vale. Ex Lugduno, anno 1498. quarto idus septembris.
Amen.
Finis.
PERORATIO
STULTIFERiE NAVES
217
Voici le début de la traduction française faite par Jean Droyn, qui
permettra de se rendre compte des amplifications du traducteur.
VEpistre du Translateur et VExcusation de {Acteur aux auditeurs qui
la précèdent, sont reproduits au tome II, pages 74 et 75.
LA PREMIERE NEF DES FOLLES ET PREMIEREMENT
D'EVE NOSTRE PREMIERE MERE
La première folle je suis
Qui dois sur toutes dominer,
En ceste Nef je me déduis
Voulant bas et haut gouverner.
Je sçay sur toutes discerner,
Je congnois masts, cordes et voilles.
Venez, folles, sans séjourner,
Venez compter de vos nouvelles,
Venez, dames et demoiselles,
Venez cy devant cheminer;
Amenez vos filles pucelles,
Point ne les veux habandonner.
Du tout ne veux détenniner
De les mener en plusieurs lieux
Passer le temps et esbanoyer
En jardins plaisans et joyeux,
Là où sont chants harmonieux
Aussi doux que voix angéliques.
Jamais fols ne deviennent vieux
S'ils entendent bien les practiques.
LA DECLARATION DE LA NEF
Entre toutes les femmes mortelles, Eve, nostre première mère, a esté
la plus folle, et mère de toutes les foliies. Car elle conceut en son couraige
par les cinq sens de nature tous nourrissemens de follie. Elle adjousta
foy au diable d'enfer qui lui dist... etc.
O folles femmes misérables
Escoutez les gémissemens
De Eve qui sont lamentables
Que vous orrez présentement.
Eve folle, premièrement
J'ay pesché trop par mes cinq sens.
Retenez donc notoirement
Que péché abuse les gens.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Eve suis mère des humains.
Criant à tous mes vrays enfans
En leur priant et soir et mains
Que leurs vies soient bien usans
Pour mes enfans et mes subjects.
Alors fuz très mal conseillée,
Piteux furent tous mes regrets
Quand me veis ainsi habillée,
Polluée, triste et souillée
Fus de péché, donc ne suis digne
Estre de Dieu illuminée
Ne invocquer grâce divine.
Souvent je frappe ma poictrine
Pour tous mes péchés misérables
Qui sont convertis en ruine
Et en peines intollérables.
J'ay des douleurs intollérables
A enfanter, chascun le sçait,
Et des misères tant grevables
Pour mon péché qui est infaict.
Las! bien dois maudire ce faict
Quand je creus si tost le serpent,
Meschante en suis en effaict
Quand par moy tant de mal despent.
En un clin d'oeil le mal surprent
Et met à mort le plus fort homme
A tout chascun ainsi on prent.
Las ! C'est pour manger d'une pomme !
En mes sens pour toute somme
Forfeis par grande détraction.
Eve fuz folle, ainsi me nomme,
Se fut par fatigation.
Trouver ne puis occasion
D'arriver à ferme et bon port.
Entendez, folles, ma raison
Le cœur de l'homme péché mort
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STULTIFEILE NAVES
219
Se Dieu ne me donne confort
Selon le péché que j'ay faict,
Preste suis de recevoir mort
Bien l'ay gaigné par mon forfait.
J'ay espérance en effaict
Qu'une Vierge pure viendra
Qui effacera mon meffaict,
Laquelle Jésus concepvra
Qui ce serpent cy destruira
Par son joyeux advénement,
Les portes des enfers rompra
Pour faire nostre sauvement.
Les utilitéz proprement
De la justice originalle
Sans nul péché sera vrayment
L'enfant de mère virginalle.
Natif de maison royalle,
Cest enfant jamais n'aura fin,
Sa vie sera éternelle
Sans commencement et sans fin.
Cestuy est le roy et dauphin
Qui donrra grâce, je vous promets,
Aux pécheurs qui, de cœur enclin,
Le voudront servir par tous metz.
Cest un Adam doux en ses faits,
Bienheureux est qui le verra,
Venez, folles, approchez vous près,
C'est celuy qui nous sauvera
Mieux que moy, et considérans
Que sans péché créée fuz
Et sans mal avoir en nul temps
L'homme n'est jamais sans abus.
De terre vins et issy nus
Jamais je ne devois mourir
Et tous mes enfants au surplus
Devois avoir sans mal souffrir.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Se bien je me voulus offrir
A Dieu que en avoit le pouvoir.
Par quoi nous convint tous mourir
Douleur et peine recevoir.
De ce monde translatée
Je devois estre en paradis,
Folle que je fus et hébétée,
Hélas, aux humains je le dis.
Ce fut quand la pomme je vis,
Dont je mangeay, qui cher nous couste,
Je puis dire à mon advis :
Tel a beaux yeux qui ne voit goutte.
Par la pomme, somme toute
Fuz envoyée en damnation
Par Marie fuz absoute
Et mise hors de perdition.
Entrée suis par ambition
En ceste nef je vous promets
Et dis par bonne intention :
Ce morceau fut un mauvais metz.
Il vous faut faire la bataille
Contre la nef présentement
En frappant d'estoc et de taille
Et la fendre incontinent
Puis la palme joyeusement
De victoire vous porterez
En paradis finablement
Quand follie délaisserez.
NAVIS STULTIFERA
A DOMINO SEBASTIANO BRANT PRIMUM jEDIFICATA
ET LEPIDISSIMIS LINGILE RITHMIS DECORATA,
DEINDE
AB JACOBO LOCHERO, PHILOMUSO,
LATIN ITATE DON ATA,
ET DEMUM AB JODOCO BADIO ASCENSIO
VARIO CARMINUM GENERE,
NON SINE EORUNDEM FAMILIARI EXPLANATIONE
ILLUSTRATA.
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NAVIS STULT1FERA
NAVIS STULTIFERA AD LECTOREM
Quanquam stultiferae mihi vox est indita navi,
Sana tamen, tuto 1 , mens mea vela leget.
Non etenim doceo quemquam insanire, sed hortor
Et moneo insanum naviget anticyram.
Multa probatorum porto documenta virorum
Et levibus praesens mentibus antidothum.
Nec quicquam obscœnum, nec olenti fornice dignum,
Nec fidei invisum nostra carina tenet.
Carminé sed vario mores induco venustos
Expellens casto turpia verba modo.
JODOCI BADII IN STULTIFERAS NAVES PR^ECENTUS
Stultorum numerus, quoniam infinitus habetur,
Ignotumque potest nemo cavere malum,
Constitui varias stultorum prodere formas
Et levibus praesens moribis antidotum.
Multa supercilio praescribam jussa severo,
Sed lepido evellam dia venena joco.
Proinde, puer, nostras aude spectare carinas
Stultiferas, sed quae stulta cavere docent,
Nec senior nostris a navibus ora movebit :
Inveniet recipi quo queat ipse loco.
Littora jam vario procurva celeusmate strident
Et stulti peperant undique multimodi.
Sed ne forte morer longe praefamine quemque
Appello ripis littoribusque ratem.
l S°7> 151 3 : tute.
NAVIS STULTIFERA
DE INUTILITATE VARIORUM LIBORUM. TITULUS I
Qui libros tyriis vestit honoribus
Et blattas abigit pulverulentulas,
Nec discens animum litterulis colit,
Mercatur nimia stultitiam stipe.
AUTHOR
Quid te, insane, juvat stipare Platona Menandro,
Et jus caesarium subdere canonico?
Quid vel Aristotelem, vel grandia theologiae
Verba polis opibus sordibus ipse tuis?
STULTUS
Sat sapio, inquis, et est mihi bibliotheca parata
Qualis niliacis regrbus ante fuit.
Si romana minus praesto est vernacula lingua
Qua tono, vix tantum stentora posse putes.
AUTHOR
O stolide atque expers veri, si forte medelam
Stultitiae expectans pharmaca nostra cape,
Ne te multarum disturbet corpora 1 rerum
Excole te paucis utilibusque libris.
DE INIQUIS JUDICIBUS. TITULUS II
In suara quisquis redigit crumenam
Civium causas, simili statera
Phas, nephas pensans, agere in lebetem
Dicitur aprum.
Pessima stultiferae fex et sentina carinae,
Patres conscripti, qui rem cumulatis iniquo
Judicio, quae vos poterit curare medela?
Vos etenim scitis (vel vos nescire negatis)
Quid phas atque nephas, propria dum sponte ruatis
Praevisum in baratrum, praesenti munere tracti.
O curvae in terras animas et cœlestium inanes,
Si nihil hinc dabitur, migrantibus in regionem
Pour copia, corrigé dans les éditions de 1507 et 1513.
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Extremam, praeter virtutum prsemia, ferre,
Quid struitis céleri linquendum tempore pondus
Auri atque argenti? Terrae est quod terra creavit.
Discite justitiara moniti quae ducit ad astra.
DE AVARORUM VESANIA. T1TULUS III
Qui sudore parit bona,
Nec partis nitido gaudet in ocyo,
Multis ille malis sibi
Conservât cumulum stultitiae malae.
« Danda est hellebori multo pars maxima avaris ;
Nescio an anticyram ratio illis destinet omnem 1 »
(Nam peccans maie avet, neque quicquam stultius illis).
Diis inimice senex, custodis ne tibi desit,
Quid juvat immensum te argenti pondus et auri
Furtim defossa timidum deponere terra?
Quo tibi vis auri? Congestis undique saccis
Indormis, inhians, et tanquam parcere sacris
Cogeris, aut pictis tanquam gaudere tabellis.
Nescis quo valeat nummus, quem praebeat usum?
Panis ematur, holus, vini sextarius, adde
Quis humana sibi doleat natura negatis.
DE VIRORUM EFFEMINATIONE. TITULUS IV
(De effeminationc per vestes.)
Quid tibi vis mollis passercule ? Feminina quid vult
Figura vultus ? Cur tyara fronti ?
Quid madido spirant opobalsama densiora collo?
Marem ne factum te pudet, cinede ?
Quid tibi vis, inquam, stultissime? Cur muliebrem
Inducis speciem, nunc pudet esse marem?
Cur defers pathici spéculum gestamen Othonis?
Actoris Arunci num spolium esse putas?
Brachia cum duo sint, manicae cur quattuor extant?
Cornua cur fronti? Cur bovis ora pedi?
Cur vulpina tuo dependet cauda lacerto?
Cur pluma est capiti? Num pudet esse hominem?
Horace, Satire III, livre II.
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NAVIS STULTIFERA
Cur, Germane, tuum nudant multicia corpus ?
Cur tua tôt tunicis robora, Galle, premis ?
Cur mihi tam variis ut vincas Prothea formis
Et corium et pannum dilaoerare jubés?
Cur de fungorum nunc te vis stirpe putari
Nunc caput argutum prodis ut acris equi 1 ?
Desine multiplici te monstrum fingere forma
Fluctivagumque animum prodere veste tua.
DE ANTIQUIS FATUIS. TITULUS V
(De annosis fatuis.)
Pes alter tumulo jam mihi figitur
Et corpus gelido sanguine contremit,
Sensus deficiunt me,
Sed mens stulta manet mihi.
En ego delirus, capularis, terga recurvus,
Obrepens quadrupes gemino incumbens scipioni
Cui pes in tumulum jampridem figitur alter,
Lumina cui geminas ostentant aegra lucemas,
Cui nares stillant, oculi rient, tactus oberrat,
Aures surdescunt, sapiens sed lingua palato
Régnât adhuc hudo, cui lurida pro cute pellis
Corrugat facdem, cui plurima tussis anhelum
Carnificat pectus, cui surgere muto récusât,
Cui tantum in linguam virtus est fusa dicacem,
Quod facere haud valeo, facinus fecisse pudendum
Exulto, facile est consueta relinquere nulli.
Proinde puer teneram virtutibus imbue vitam.
DE STULTA IN LIBEROS INDULGENTIA. TITULUS VI
Rides, insipiens, si tua pignora
Post ludum vetitum se gîadiis petunt,
Et nescis jugulum quod subito tuum
Iisdem mox gladiis petent.
Ecce vides ludum non pulchrum ludere natos,
Mox quoque. districtis mucronibus, insidiantes
Alterum in alterius jugulum, rides, subitoque
Dissiliunt fatuo praecordia larga cachinno.
1507 : ut acer equius (pour equus?).
1. 15
22Ô
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Scilioet egregios, bellatoresque superbos
Mox evasuros, gaudes, verum toga nondum
Festinis dabitur, jugulum quando ense paternum
Invadent stricto, prohibe mala tanta, monemus
Dum datur et facili curvetur virgula flexu;
Percute mature rigidis tua pignora virgis :
Non faciès istis letalia vulnera telis.
Ast animam illorum propriamque exemeris orco.
DE PROCURATORIBUS RIXARUM. TITULUS VII
(De Procuratore iitium.)
Linguam causidici, dum vendunt aère loquacem
Atque cient lites onerosas
Partibus ambabus perspecta fraude premuntur
Ut sub binis grana molaribus.
Provoco saepe malum, litemque inflammo sopitam,
Nam possum unanimes armare in praelia fratres,
Atque odiis versare domos, possum horrida bella
Excitare levi, dum reges tracto 1 , susurro
His ultro assentor, quamvis nil stultius extet,
Il lis ad verso r, vel cum verissima dicunt,
Consilium pravum do consultoribus, et cum
Corruerint largo saliunt praecordia risu.
Sed velut immensum qui torsit in aera saxum
Nec caput insulsum veniente retraxit ab ictu
Mole sua opprirriitur, propria sic angor ab arte,
Nec possum a simili stuîtos avertere casu.
DE BONI CONSILII CONTEMPTORIBUS. TITULUS VIII
Consilii probati
Spretor est stulti similis, qui properans arando
Invia saxa sulcat
Et bonas terras inaratas stolidus relinquit.
Invia cur sulcas et inhospita littora, stulte?
Hue ades, hic fructum spondet opima seges.
Quo periture ruis? Placita est via forte sub ipsa
Fronte, sed interitum calce datura gravem.
Hue stolide, inquam, adsis? Ridesne salubria verba?
Ah ! démens quantus jam mihi risus eris !
i. 1507 : flecto.
NAVIS STULTIFERA
227
Nunc rides rectos qui monstrant indice calles,
Sed mox aeterno flebis in exilio.
Si via virtutis dextrum petit ardua callem,
Difficilemque aditum monstrat ab initio,
At requiem praebet fessis in vertice summo
Cum via sub baratri ducat amœna lacum.
DE CORRUPTIS MORIBUS DIVITUM ET NOBILIUM.
TITULUS IX
(De corruptis divitibus.)
Heu quam difficile est pravos evellere mores
Mentibus ortorum claris natalibus, atque
Perspicuis opibus, siquidem sibi saeva libido
Cuncta licere putat. Pars ampla veste, quaternis
Quae sat erat miseris, délassant mol Ha membra,
Pars digitos gemmis onerant, pars colla cathenis
(Ne torques dicam) nectunt gestamine furum,
Pars facibus solem conantur ab orbe fugare,
Pars noctem insomnem meretricis ad ostia ducunt,
Pars inhiant ludis vetitis, pars potibus amplis.
Nemo studet sophiae, nec moribus ullus honestds.
Sicque insigne trahit stultorum ignara juventus,
Terrenis contenta bonis vel perniciosis *.
Vita igitur levium consortia prava potentum.
DE INSOLENTIBUS POTENTIBUS ET AMICORUM VIOLATORIBUS
(De atnicorum offensoribus insolentibus . )
Quisquis insolentior
Furore raptus impio, nephandam
Incutit manum bonis,
Gravem a videntibus petit ruinam.
Si Dea caeca tibi subjecit régna, virosque
Quos régis hos homines non pecus esse puta,
1. Ce vers ne figure pas dans les éditions de 1505 et 1515.
Novis et amplis vestibus indico
Mentis stuporem, stultiti® trahens
Insigne gestamen, sonora
Tympana, cum auriculis aselli.
TITULUS X
228
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Nec miti saevam populo distringe securim,
iEra nec a miseris grandia posce casis,
Nam quicumque bono colaphum malus incutit ulli,
Omnibus ille bonis invidiosus erit.
At metus insidiis subjectus, pessimus aegre
Est vitae ciistos, nec sinit esse diu;
Proinde puer fldos vitae probitate sodales
Quique colant dominum sponte fideque para.
Effice praeclarae pretio virtutis amicos,
Qualis tam raros Graecia concélébrât.
Sunt qui pneuma sacrum cornigero singula principi
Dictavisse putant verba, nec hinc demere litteram
Audent vel minimam; stultitiam quorum ego maximam
Sic taxo ut vetulae quae superos narrât et inferos.
Esse aliquos mânes et subterranea régna,
Et Contum et Stygio ranas in gurgite nigras,
Atque una transire vadum tôt milia cymba,
Nec pueri çredunt, nisi qui nondum aere lavantur.
Quis superos vidit, cui sunt cœlestia régna
Pervia? Qui Genesis cunctorum cognita Mosi?
Num Deus ut miseros aeternus torreat ignis
Protulit infernum? Num cœlo ut terrea donet
Corpora dejecit cœlestia numina? Numquid
Is superis labor est? Credat Judaeus Apella,
Non ego, namque Deos didici securum agere aevum.
Attamen insanum pecus et mens luminis expers
iEternos ignés post fata fatebere sero.
DE IMPROVIDIS ET INCONSIDERATIS. TITULUS XII
(De improvidis emptoribus.)
Neque sellam, nec calcar, neque frenum
Coemens, hoc maie natum pecus emi.
Igitur nunc sine freno et sine sella
Equitans, excutior non sine risu.
Accipe, gens amens, pecorisque simillima tardi,
Cui modo supremi restât imago boni,
DE INCREDULIS. TITULUS XI
(De scriptura sacra irrisoribus.)
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NAVIS STULTIFERA
229
Accipe quae moneam, nec te te nosse gravare,
Utilius siquidem nil didicisse potes.
Die tibi cur ratio datur, et mens aetheris alti
Et quaecumque poli vis tenet ampla capax?
Numquid quo vivas pecus expers mentis in horam,
Et nil venturi per modo facta videns ?
Hei mihi! quam turpe est post tristes dicere casus,
Non sum equidem fieri talia posse ratus.
Consilium fero, post factum queritur, at qui
Providus est fugitat quam cadat ante malum.
DE STULTORUM AMATORUM CALAMITATE. TITULUS XIII
(De stultorum amatorum jugo.)
Ah! Venus ad nutum trahis omnia numina tecum,
Terrigenumque genus,
Juppiter extimuit, Phaebusque Cupidinis arcus,
Quis modo tutus erit?
« Omne adeo genus in terris, hominunque, ferarumque
Et genus aequoreum, pecudes, pictaeque volucres,
In f urias ignemque ruunt : amor omnibus idem 1 . »
Saevus amor dôçuit natorum sanguine matrem
Commaculare manus, Venus improba Pergama vertit,
Quid memorem Phedram, quid Phillida, Pesiphaenque ?
Quidve Semiramidem, Messalinamque potentem?
Quid dicam sacro delendos igne Gomorrae,
Et Sodomae similes ? Pudeat meminisse pudenda,
Forsitan et noceat, sed amator comicus inquit :
« Quidnam igitur faciam ? Ne nunc cum accersor, et ultro
Supplicat accedam 2 , » sed mox îupa dévorât agnum.
PECCANTIBUS SUPER MISERICORDIA DEI. TITULUS XIV
Aves suesque laeta quando tempora
Parente dante maxîmo
Agunt, nec ulla postmodum timent mala,
Quis hoc idem neget mihi?
Virgile, Gèorgtqucs % livre III.
Perse, Satire V.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Ergo ne divinae bonitatis abutere dono,
Stulte, nec Astream sedes habitare supremas
Credis, et horrendi non linquere judicis ora?
Esto, Dei cunctos miseratio temperet actus.
Sitque Dei proprium misereri et parcere semper?
Ergone sacrilegos sine vindice riseris ausus?
An quis te nondum prostravit fulmine judex
Idcirco stolidam praebet tibi vellere barbam?
Ut sit lenta, tamen œrte magna ira Deorum est.
Suppliciique moram compensant pondère tardam.
Nec tibi supremae veniam promiseris horae,
Quae si contritis datur, at contritio paucis.
DE IMPROVIDE INCIPIENTIBUS. TITULUS XV
Qui ccepit sedes maximas, habens casam
In loculis minimam, movet viatori
Fabrisque risum, distrahens comam suam,
Consulat ergo numéros onus parans ferre.
Si quam turpe foret cœpto desistere victum
Mortales justa pendere lance velint,
Non tôt in excelsis opéra interrupta videres
Urbibus, et mestos aufugere artifices.
Sed non parva mali, nec causa est unica tanti
Cuique suus furor est et sua cuique lues,
Hune spes quod posita est alieno fallit in aere,
Huncque quod in seipso; nec putat esse Deum *.
Sic Babilonis opes, sic mœnia Laomedcntis,
Sic régna Assyriae, sic periere Numae.
Prudens aere suo, praepenso et praeside Christo,
Se dignas aedes aedificare potest.
DE EPULONIBUS ET BIBULIS. TITULUS XVI
(De gulosis,)
« Quid melius turdo? Vulva quid suavius ampla 2 ? »
Apro quid implet integro gratius ingluviem?
Quidve abigit tristes sine Bacchi munere curas?
Siccemus ergo singuli pocula terna meri.
1. 1507 : Huncque quod in illo ipso, cum neget esse Deum.
2. Ilcrace, Epîtres, livre I, ad Vallam.
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I i
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NAVIS STULTIFERA
Ecce gulae proceres, Epicuri de grege porci,
Qui numéros tantum et fruges consumere nati
Sponsi Penelopes, nebulones, Alcinoique,
In cute curanda plus aequo operata juventus,
Squales calices haustu siccare parati,
« Potores bibuli média de nocte phalerni 1 » .
Ex quis summa boni est uncta vixisse patella.
Urgerent satyram describere vel cluvienum,
Nam pluris Catii faciunt quam dogmata Pauli.
Fecundi leporis sapiens sectatibur armos,
Gens pecuina 2 necas jdivinae particulam auras 3 .
DE DIVITIARUM SOLLICITUDINE VITANDA. TITULUS XVII
Tu tibi divitias stolidissime congeris amplas,
Negasque micam pauperi,
Advenit ecce dies qua, saevis ignibus ardens,
Rogabis atque guttulam.
Jure iterum nimiae taxantur opes, etiamsi
Non jsint injusta conditione satae.
Dummodo sollicito nimium cumulantur amore
Aut inspectantur laetius axe poli.
Dives in inferno, quem novimus esse sepultum,
Non cumulasse gémit, sed renuisse dare.
Si tamen a nostris quem pœnitet haec didicisse
Audiat altisono quae canit ore Maro :
« Aude hospes contemnere opes, et te quoque dignum
Finge Deo 4 », quo non dignus amator opum.
Nam qui divitiis soli incubuere reperds
Sternum expectant sub Styge supplicium.
SERVIRE DUOBUS DOMINIS. TITULUS XVIII
(De duobus in se contrariis servientibus.)
Qui cupit adversis dominis servire duobus,
Bonaque utrisque sperat his fide obsequi,
Insanit, seu qui lepores diversa petentes
Simul sub arcta vult fugare vincula,
i. Horace, Epîtres, livre I, ad Lolîium.
2 - 1513. 1515 : pecunia.
3. 1505 : ame.
4. Virgile, Enéide, livre VIII.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Quandoquidem servire Deo mortalibus aegris
Expedit, et nulli dominis servire duobus
Adversis datur (ut Deus est et Mammon avarus)
Cur stolidi fluxis inhiatis rébus iniqui
Principis, et dominum cœlestis linquitis aulae?
O felix mortale genus, si semper haberet
iEternum prae mente bonum, finemque timeret!
Nunc dominantur opes et opum furiosa libido
Cuncta audet, « quid non raortalia pectora cogis
Auri sacra famés? 1 » Hic prodidit aère magistrum,
Vendidit hic auro patriam, doniinumque potentem
Imposuit, fixit leges precio atque refixit.
DE GARRULITATE LINGUARUM. TITULUS XIX
Linguam dicacem qui potest suis labris
Vinctam tenere, ut nemini malum afferat,
Vicit labores Herculis, sed obstrepens
Ut pica nidum se loquax vir indicat.
Qui geminis linguam claustris vincere loquacem
Noverit, is vires vincerit Herculeas.
Nam quaecumque ferae Libyae déserta pererrant
Subjectas nostro novimus imperio,
Sed fera lingua, velut caprificus, clausa teneri
Ore nequit fatui dentibus atque labris.
Virtutem primam esse puta compescere linguam
(Magnus in exiguo codice doctor ait)
Nam nulli tacuisse nocet, nocet esse locutum,
Et quandoque nocet omnia vera loqui.
Vis sapiens dici? Digito compesœ labellum.
Vivere vis insons? Os bene claude tuum.
DE INVENTA NON REDDENTIBUS. TITULUS XX
Qui proprium inventi dominum se judicat auri,
Celans ne vero* restituatur hero
Jure potest dici tentor seu fur alieni
Et laqueis genii stringitur usque mali.
Astraeam rediisse putes et régna bifrontis
Falsiferique senis, propria si forte videres.
1. Virgile, Enéide, livre III.
2. 1507 : proprio.
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NAVIS STULTIFERA
?33
Contentes homines videas in aratra secures,
In falcem gladios fabrili vertier arte.
Nunc malesuada famés et dira sitis potiundi
Omnia subvertit divina humanaque jura;
Jam nulla injusta est possessio, si modo verus
Non occlamat herus, si quos offenderis usquam
Thesauros, trépidas furtimque sub horrea portas,
Risurus modico, fleturus tempore magno.
Redde igitur domino quod forte inveneris; hune si
Nescis, doctores cui tradas consule justos.
DE BENE DOCENTIBUS ET MALE VIVENTIBUS. TITULUS XXI
Qui bona rite docet sed maie vivit,
Est stulti similis, cui bona nota est
Semita quam monstrat, sed miser haeret
Sordibus obscœnis, invia sectans.
« Ultra Sauromatas fugere hinc libet et glacialem
Oceanum, quotiens aliquid de moribus audent
Qui Curios simulant et Bacchanalia vivunt 1 »
« Fronti nulla fides, quis enim non vicus abundat
Tristibus obscœnis? Castigas turpia cum sis
Inter socraticos notissima fossa cinaedos 2 »
« Loripedem rectus derideat, iEthiopem albus 3 »
Turpe est doctori si culpa redarguit ipsum
Accusans alios vacuus culpat sit eadem
Et crebro inspiciat quae prodit mantica tergo,
Ut trabe de proprio subtracta lumine, vellat
Ex oculo fratris festucam, et se quoque curet.
DE SAPIENTLE PR^ECEPTIS AUDIENDIS. TITULUS XXII
Si quem discussa liquerunt nocte tenebra
Luminibusque prior rediit vigor,
Audiat etheriae sapientia verba Minervœ
Quae didicitque capax, faciat bonus.
1. Juvénal. Satire II.
2. Ibid.
3. Ibid.
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234
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
« Discite et, ô miseri, causas cognoscite rerum.
Quid sumus aut quidnam victuri gignimur, ordo
Quis datus aut metse, quam mollis flexus, et unde,
Quis modus argento, quid fas optare, quid asper
Utile nummus habet, patriae charisque propinquis
Quantum elargiri deceat, quem te Deus esse
Jussit, et humana qua parte locatus es in re.
Disce, neque invideas, quod multa fidelia putet
In locuplete penu * » Sapientia vincit et aurum
Et gemmas, per quam reges regno potiuntur,
Nil deest optandum si cui sapientia praesens 2 ,
Nil habet optandum si cui sapientia défit
DE FORTUNE CONFIDENTIBUS. TITULUS XXIII
Hue omnes pariter venite, capti
Fortunae laqueis, videte 3 casum
Confidentis heri domus superbae
Qui sperans requiem gémit ruinam.
Heu fortuna, quis est Deus in nos saevior ac tu
Quœ régis instabili gaudia nostra manu?
Sospes eram et felix, et scrinia divitis auri
Plena reservabant tecta superba mihi.
Nil unquam adversi perpessus, régna Tonanris
Vix mutavissem conditione mea.
Denique contempsi cœlestia numina, prœ me
Sic dicens : Animae, nunc epulare, meae,
Est mihi perspicuis * fundata pecunia villis,
Horrea turgescunt, luxuriatque pecus.
Ecce manus domini nunc flammis discutit aedes
Horreaque, at dira meque meosque lue.
Quocirca rébus dum fors bîanditur iniquis
Noveris interitus accelerare tuos.
DE INUTILIBUS CURIS VITANDIS. TITULUS XXIV
Qui stelliferum viri'bus axem
Terrasque omnes ferre laboro,
1. Perse. Satire III.
2. 1507 : proesto est.
3. 1507 : videre.
4. 1507 : niarmoreis.
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Divos superos atque profundos
Haud me nosœns noscere euro.
O curas hominum, o quantum est in rébus inane!
Nosse volunt stulti quid agant super aethera divi,
Quid dis, quid mânes, quid Juppiter egerit ante 1
Quam faceret mundum. vel cur non ante crearit,
Tempore quo claudent supremum sidera cursum,
Vel cur non plures cœlorum fecerit orbes,
An plures mundos alio sub sole repertos
Credendum, vel quo dicantur pâtre creati
Trans zonam exustam quicumque colunt regionem.
Idque genus multas satagunt inquirere nugas 2
Extra se positas et supra, cum tamen extet
Hic nihil utilius quam semet noscere quemquam,
Atque ad mensuram sapere et quae scire tenetur.
DE MUTUO SPE DILATIONIS ACCEPTANTIBUS. TITULUS XXV
(De mutuo accipientibus ob dilationem.)
Quisquis débita contrahit
Acceptans sibi mutuo
Ac si terminus ab lupo
Absumatur iners périt.
Quisquis pluris émit quam vendat, et ampla reponit
Fenora, quod longum censet abesse diem,
Errât et ignavo dum dormit débita crescunt.
At dilata dies nil nisi damna refert.
Nam quicumque frequens rem quaerit mutuo habere
Aut probum aut damnum quaeritat ipse sibi.
Pauperies cornes est alieni jugiter aeris
Nec libertatem qui capit aéra tenet.
Nec reor hune sanum qui stulto plurima crédit
Qui non solvendo spondet opima lucra.
Sed quae de domini manibus suscepimus omnes
Tempora cum justo sunt referenda lucro.
DE STULTIS MORTALIUM VOTIS ET PRECIBUS. TITULUS XXVI
Da magne divum, si pios audis, pater
Ut fiât aurum quicquid attingam mihi,
1. 1507 : quidnam Deus egerit ante.
2. 1507 : nubes. s
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JOSSE BADIUS ASCEKSIUS
Midas id amens a deo non dextero
Est assecutus, ac péri vit mox famé.
Quis poterit stultis temeraria pellere vota,
Qui nocitura togis nocitura precantur in armis,
« Nil ergo optabunt homines ? Si consilium vis
Permittes ipsis expendere numinibus, quid
Conveniat nobis, rebusque sit utile nostris.
Nam pro jucundis aptissima quaeque dabunt Dii,
Charior est illis homo quam sibi, nos animorum
Impulsu, et caeca magnaque cupidine ducti,
Conjugium petimus, partumque uxoris, at illis
Notum qui pueri qualisque futura sit uxor.
Ut tamen et poscas aliquid, voveasque sacellis,
Orandum est ut sit mens sana in corpore sano ;
Fortem posce animum mortis terrore carentem 1 . »
DE INUTILIBUS STUDIIS VITANDIS. TITULUS XXVII
Nubibus atris
Condita nullum
Rite valebit,
Non licitorum est
Mens fatuorum
Cemere lumen,
Hinc studiorum
Perdita curis.
« Omnibus in terris, quae sunt a Gadibus usque
Auroram 2 , » pauci rite sequenda petunt ;
Pars arti vetitae studet, et pars astrologiae,
Pars cantilenis lusibus atque jocis,
Plurima pars veneri, rarissima quaeque minervae
Quae doœat mores aut pia facta sequi;
Innumeros scholicis videas incumbere nugis
Et semper logicis concrepitare sonis.
Arguo sic contra, verum est vel mentior, ergo
Dum sortes currit, disputât usque Plato.
Disce, miser, sophiam, quae scandât sydera tecum
Qua tibi, quaque tuis imperitare queas.
Juvénal, Satire X.
Ibid.
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DE TEMERE FACTA DEI CORRIPIENTIBUS. TITULUS XXVIII
(De temere facta Dei arguentibus.)
Is Phoebo faculis vult daie lumina
Qui virtute juvare
Crédit posse sua, qui facit omnia
Per se cuncta gubernans.
Cur scrutaris, iners, cœlestia numina, vermis?
Num facibus properas modicis intendere Phœbi
Lumina, num speras superum te posse juvare
Rectorem nervis aut viribus omnipotentem
Quo sine, nil factum nec quicquam possumus omnes,
Quo sine, nec minimum cœli consisteret qrdo?
Desine cœlestes mortali examine vires
Pendere, ne nimio sub melle resultet amaror,
Desine scrutari rabioso murmure cœlos
Nam majestatem quisquis scrutatur, ab ejus
Splendore opprimitur sine te, qui cuncta creavit,
Te sine quo placitum est moderamine cuncta gubernet.
DE ALIOS PERPERAM JUDICANTIBUS. TITULUS XXIX
Quam temere in nosmet legem sancimus iniquam
Dum juvat injusta pendere lance pios.
Si justus moritur, vel justi proximus haeres
Expendisse scelus jure putamus eos.
Si quo sit melior, patitur tormenta probatus
Reprobus invisum duxerit esse Deo
Scandentemque polos in tristia Tartara mitti
Judicet, in fauces cum premat ipse pedem.
Si tua quisque videns oculis mala lippus inunctis
Perspicit alterius, ceu Jovis aies onus.
Qui volet ergo Deo, ceu débet credere nunquam
Ne juste 1 pereat, censor amarus erit.
1. 1507 : mcrito.
Judicans fratrem trutina maligna,
Sese justificans modo,
Judiciis speret reprobandus iram
Sol us qui videt omnia.
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
DE PLURALITATE ECCLESIASTICORUM ONERUM VITANDA.
TITULUS XXX
Quisquis volet perenni
Fungi munere, majus
Perferre quam valebit
Vitet sumere pondus.
Quid maie sane premis sub iniquo fasce miscellum
Quadrupedem, defessa labant sub pondère crura,
Ettamen imponis majora gravamina dorso.
Forte tui similem maie natum credis asellum,
Qui cum vix minimi depleres justa saœlli
Munera ter geminis praetendis tempora vittis
Nectere, et ad summum suspiras culmen honorum.
An, miser, ignoras oneris plus quam sit honoris
Esse sub egregio vel summo pontificatu!
Quem quicumque petit sanctum desiderat idem
(Ut vult Paulus) opus, sed si Pater ipse talentum
Quod dédit exquiret cum fenore, consule vires.
DE DIFFERENTIBUS BENE FACERE CUM STATIM POSSUNT.
TITULUS XXXI
(De percrastinantibus et perendinantibus.)
Corvo didici recinente
Cras, cras, bona nunc peragenda
Differre, necis properantis
Securus, at urgeor amens.
Inspice, mortalis, quam fluxa, caducaque vita est :
Qui flos mane fuit, vespere pulvis erit.
Inspice, nec differ converti ad cunctipotentem
Nam subito in reprobos illius ira venit.
« Cras hoc fiet, idem cras net, quid quasi magnum
Nempe diem donas *. » Quando erit ista dies ?
« Jam cras hesternum consumpsimus, ecce aliud cras
Egerit hos annos 2 . » Cras hodie esse nequit.
Si tu hodie audieris Domini vocem, cave dicas,
Corde obdurato : Cras sequar, haud hodie.
1. Perse, Satire V.
2. Ibid.
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Quis scdt an adjiciant hodiernae crastina suramae
Tempora, quae id possunt numina sola poli?
DE STULTA IMPUDICARUM CUSTODIA. TITULUS XXXII
(De stulta uxorum observation*.)
Quid frustra observas uxorem, insane, pudicam?
Ipsa sui custos erit et tutela pudoris.
Quid stolide observas uxoris iter maie castse ?
Nititur in vetitum natura fere mulierum,
Et custoditum, quia suavius esse putatur,
Si nulli placuit, jam custodita placebit
« Audio quid veteres olim moneatis amici :
Pone seram, cohibe; sed quis custodiet ipsoe
Custodes ? Cauta est, et ab illis incipit uxor 1 . »
« Il la jubet sumpto juvenem properare cucullo
Si nihil est, servis incurritur, abstuleris spem
Servomm, veniet conductus aquarius* » usquam.
DE LENOCII STULTITIA. TITULUS XXXIII
Quicumque stertit nare pervigili miser,
Mœchive tractât pocula,
Se non videre quod videt simulans, mero
Illectus est stultissimus.
Pro sœlus invisum superis et morte piandum
Lenonem uxoris saecula nostra ferunt.
Plurimus est hodie doctus spectare lacunar
Mœchus in uxoris dum jacit ora sinum.
Doctus et ad calicem vigilanti stertere naso
Conjugis in gremium dum jacit ille manum.
Frustra hodie clament : Ubi nunc lex Julia, dormis?
Qui vivunt stupris conjugis usque suae.
1. Juvénal, Satire VI.
2. Ibid.
Stultus observans iter impudicae
Conjugis, servat pulices sub alto
Sole, vel mundat laterem, vel implet
Urceo parvo puteum capacem.
240
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
An dubitas cupiant hi gnatas prostituisse
Quarum dissimulant matris adulteria?
Expulit ille 1 stuprum Lucretia passa tyrannos.
In thalamum moechos nunc vir ob aéra vocat.
STULTITIAM ESSE STULTORUM GAUDIUM. TITULUS XXXIV
(De stultitia stultorum gaudio.)
Cœlum, non aniraum, mutant qui trans mare currunt;
Raro redibit holor qui nidum deserit anser.
DE IMPATIENTIBUS ET IMPROVIDIS iEGRIS. TITULUS XXXV
Principes obsta sero medicina paratur
Cum mala per longas convaluere moras.
DE NIMIS CITO IRASCENT1BUS. TITULUS XXXVI
(De viris nimium eito irascentibus.)
Quicumque impatiens furentis irœ
In sua damna mit, facitque
Quae non facta velit, sues sequatur,
Scandât et arcadicum jumentum 2 .
Quo ruis? Ah, démens, cur dorsum obtundis aselli?
Expecta uxorem, scandere œrtat idem.
Quo ruis, inquam, amens? Quo me rapit ira, furorque,
Siste gradum ac audi. Sum nimis impatiens
Attamen haec audi, mala sint quae audire récuses.
Audio, die paucis, dum pecus ango pigrum
1. 1507 : urbe.
2. 1507 : caballum.
Quisque sui similem quia colit,
Delitiœ mihi sunt st repère aves
Immodice solitae, mare frequens
Atque solum petii, scio nihil.
Quisquis medentis impotens opem fugit
Et tegit insulso peotore vulnus hians,
Modo nec ortis obviât doloribus,
Jure sibi sero pharmaca poscit iners.
NAVIS STULTIFERA
241
Ira furor brevis est, animum rege, qui nisi paret
Imperat, hune frenis, hune ratione preme,
Impedit ira animum ne possit cernere 1 verum
Qufle populum ac urbes saepe date exitio.
Femina rixetur, canis improba concitet iram;
Candida pax homines, trux decet ira feras.
DE FORTUNE MUTABILITATE. TITULUS XXXVII
Omnes hominum genus in terris
Simili surgit ab ortu,
Sed dea caeca procurans hos,
Scandere dejicit illos.
Scande, caballe, rotam, dominabere tempore parvo,
Nec poterunt vires, nec opes defendere sedenl,
Archadicumque pecus, si forsan scandis eodem,
Et fortuna favet, modicum quoque Stabis in arce.
Scandât iners monstrum cui nec fortuna benigna,
Nec probitas favet aut virtus, mox decidet amens.
Saepe etenim primo aspirât fortuna labori,
Sed nihil invitis fas quemque fidere divis.
Quocirca sapiens rerum accumulabit acervos
In qua nil juris fors obtinet improba, et illi
Ostendet médium si contradixerit unguem.
Nullum numen habes si sit prudentia, sed te
Nos facimus fortuna deam, cœloque locamus.
DE APERTIS INSIDIIS. TITULUS XXXVIII
Pedicas apertas nectens
Laqueosque visos apro,
Avibusque rete nudum
Stolidas sequatur praedas.
Retia qui volucri tendit manifesta videnti
Est similis stulti qui fallere tentât aperte.
QUI ALIENIS PERICULIS ADMONERI NOLUNT. TITULUS XXXIX
(De aliéna pericula non attendentibus.)
Heuheu, quae miseros tramite devio
Abducit ignorantia?
1. 1507 : dicerc.
I. 16
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JOSSE BAD1US ASCENSIUS
Qui cernunt alios praecipitem dare
Casum nec évitant malum.
Félix quem faciunt aliéna pericula cautum;
In dorsum lapsi corruit insipiens.
DE NIMIUM CURANTIBUS DETRACTIONES HOMINUM.
TITULUS XL
Instruo campanam vulpino pene sonoram
Et latum multa saccum distendo farina,
Attentans populi perfringere murmur et ora
Instabilis vulgi, de me mala multa loquentis.
Cum recte vivas, ne cures verba malorum;
Arbitrii nostri non est quid quisque loquatur,
Nec decet a vulgo merœdem exposcere recte
Facti, si expectas a judice praemia summo.
Sed quod praescriptum est, sic lux tua luceat, ut sint
Qui facti authorem laudent patrem omnipotentem,
Deque bono curam sapiens vult nomine haberi.
Atque Augustinus, decus haud imitabile, cuiquam
Vita vult sancta nobis opus esse saluti,
Nomine sed claro, comiti, socio, atque sodali.
Cum vita intégra nomen servabis honestum,
Non tamen ob famam vitabis recte operari.
DE ABSTRAHENTIBUS A BONO. TITULUS XLI
Consilium ab justis probus expetit,
Consulta prudentum insequens.
Improbus in festis jaculis probum
Sectatur, a bono abstrahens.
Fili, sis sapiens, dictis 1 parens sapientuin
Quamvis te saxis turba prophana petat,
Stat justis merces aeterna corona, Deusque
Se dabit iis legem qui tenuere suam.
Impia turba suam sibi partem députât istis
In mundi gazis lucifugisque bonis;
i. 1505 : doctis, corrigé à l'errata ; 1507, 1513 : dictis, 1515 : doctis.
(De detractionum meticulosis. )
NAVIS STULTIFERA
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Opprimit ergo inopem justum, viduas, veteranos,
Nil reputans frontem caniciemque senum;
Prosequiturque dolo justum, mala tanta vetantem,
Dissimilemque sui mens mala ferre nequit.
Si necat insontem gens caeca, sed omnia œrnens
Merœdem facti reddit utrique Deus.
Noli igitur pia facta malis avertere curis,
Sed tu, quando datur, fac operare bonum.
DE VIAM FELICITATIS CONTEMNENTIBUS TITULUS XLII
Patenti via traho quadrigas
Peragrans florida prata,
Fertur ad malum parare longum
Modicum laeta voluptaa
« Littera Pythagorae discrimine secta bicomi
Humanae vitae speciem praeferre videtur,
Nam via virtutis dextrum pedit ardua callem,
Difficilemque aditum primum spectantibus offert,
Sed requiem praebet fessis in vertice summo.
Molle ostendit iter, via lata, sed ultima meta
Praecipitat captos, volvitque per ardua saxa.
Quisquis enim duros casus virtutis amore
Vicerit, ille sibi laudemque decusque parabit,
At qui desidiam, luxumque sequetur inertem,
Dum fugit oppositos incauta mente labores,
Turpis, inopsque simul, miserabile transigit sevum *. »
DE STULTIS RERUM ^STIMATORIBUS. TITULUS XLIII
Qui pluris dubium facit venenum
Praesentis vit», quam bona certa poli,
Is stultus, trutinam regens iniquam,
Judicio injusto taxât utrumque bonum.
Elevât in tmtina stultus caelestia œnsor
Et terrena facit sidère lance sua.
Scilicet in manibus pluris sit passer aduncis
Quam quae Strimonio grus venit acta lacu.
Virgile. Littera Pythagora.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
0 curvae in terras animae et caelestium inanes
Quas capit illecebris tam brevis hora suis !
Transibit mundus, transibunt gaudia mundi,
Transibit pariter quicquid in orbe viret.
Stat semper caelum, stant semper gaudia caeli
Is quibus aeterni spes manet aima boni.
Spernite delitias tam fluxas, linquite terrae
Quae terrena, domum quaerite perpetuam.
DE MANIFESTA PERICULA NON VITANTIBUS. TITULUS XLIIII
Qui vitare negat manifesta pericula démens.
Si veluti merulis intentus decidit auceps
In puteum foveamque, licet succurrite longum
Clamet : Io cives ! non sit qui tollere curet.
Si curet, quis opem ferre et dimittere funem
Qui scis an prudens hue se dejecerit, atque
Servari nolit dicam, Siculique poetae
Narrabo interitum : Deus immortalis haberi
Dum cupit Empedocles, ardentem fervidus Aitnajn
Insfluit, sit jus liceatque perire volenti;
Invitum qui servat idem facit occidenti.
Nec semel hoc fecit, nec si retractus erit jam
Fiet homo et ponet famosae mortis amorem.
DE REI DIVINiE OBTURBATORIBUS. TITULUS XLV
Cum faciam superis libamina, sint procul susurri,
Nec crépitent avium nolae mihi, nec canum latratus,
Nec faciant crepidae murmur grave, nec negociator,
Subdola nec meretrix commercia factitet sacello.
Dicite turgentes génère et natalibus altis,
Majorum haud proprio munere conspicui,
Non vitans discrimem apertum,
Ceu qui se demisit in ^Etnam.
Sive in terrae jecit hiatum,
Is stultorum est nave vehendus.
NAVIS STULTIFERA
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Cur sic turbatis domini clangoribus aedem,
Qui sonitu vacuam vultis habere domum?
Cur fertis crepitum nolarum, aviumque screatum
Pugnantumque sonos in pia templa canum?
Aut cur, rostratis 1 pedibus, cum pulvere murmur
Tollitis ad sacri flaminis auriculas?
Cur lascivarum quaestus auditis ineptos,
Quidve prophana sacris aedibus accipitis ?
Sanctitudo domum Domini decet 2 , haecque dicata
Votis et precibus, res vetat illicitas.
DE MALIS EXEMPLIS PUERO NON DANDIS. TITULUS XLVI
Post casum tabulae, si mota lite parentes
Urceoios, puero conspiciente, ruunt,
Illius elata jactabitur amphora dextra,
Qua jugulum patris mox petet aère carens.
« Si damnosa senem juvat alea, ludit et haeres
Bullatus, parvoque eadem movet arma fritillo 3 . »
« Abstineas igitur damnis hujusce, etenim vel
Una potens ratio est, ne crimina nostra sequantur
Ex nobis geniti, quoniam dociles imitandis
Turpibus, ac pravis omnes sumus 4 » hac ratione.
« Nil dictu fœdum, visuque hase limina tangat
Intra quae puer est, procul hinc, procul inde puellae
Lenonum et cantus pernoctantis parasiti.
Maxima debetur puero reverentia, Si quid
Turpe paras, nec tu pueri contempseris annos,
Sed peccaturo obsistat tibi parvulus infans 5 . »
DE FALLACIIS MULIERIBUS VITANDIS. TITULUS XLVII
Ut bos suppositos ultro 6 petit hostia cultros,
Lascivusque trucis lanii salit agnus in ulnas,
1. 1505 : rostratos.
2. 1507 : Omnia sancta décent œdem Domini.
3. Juvénal. Satire XIV.
4. Ibid.
5 . Ibid.
6. 1507 : ultra.
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JOSSE BAD1US ASCENSIUS
Atque sub abscondas pedicas volât aies ob escam,
Sic ruit insipiens meretrids ad oscula pubes.
Fili, fac vites alienigenae ac peregrinae
Blanditias veneris, si tibi chara salus.
E spécula vidi juvenem vicos obeuntem
Per quos insontum currere turba solet
Lascivamque simul, dubia jam nocte, vagantis
Thaida conspexi ferre sub ora gradum,
Complexumque tenens mi sérum : fracto, inquit, ocello
Quae pro te vovi deis, mea vita, dedi,
Extruxi thalamum, fragrat mihi suave cubile.
Dum vir abest nostris perfruere huberibus.
Ille lupam captus sequitur, lanium velut agnus,
Ignorans animae structa pericla suœ.
DE SECRETA SUA REVELANTIBUS. TITULUS XLVIII.
Ut Samson vafrae credens arcana puellœ
Vertice detonso robora nulla tulit,
Sic sua qui credunt cuiquam sécréta tacenda
Mox agitant curis tempora plena malis.
Secretum mentis tu nunquam pande maritae,
Quodque velis tacitum cave cuiquam dixeris ipse,
Nam tua si nequeas reticenda tacere, quid optes
Qui sine jactura manifestent posse silere?
Non potuit tonsor Midae sécréta tacere
Sed tulit ad cannas, cannaeque tulere sub auras.
- Si Samson sedem virtutis conticuisset
Non exsecatus sublato crine molares 1
Versasset, nec Achab spoliasset vite Nabothum
Cum vita, si non uxorem consuluisset.
Nec terra Oicliden vivum armatumque vorasset
Si sua celasset tristissima fata Eriphylen.
DE OB DIVITIAS VETULAM DUCENTIBUS. TITULUS XLIX
Quisquis ob sera domum vetulam sibi ducit ineptam,
Hinc requiem sperans, et parti gaudia victus,
1. 151 5 : morales.
11 1 1
NAVIS STULTIFERA
Errât ut arvinam qui in podice quaerit aselli.
Nam litem et curas, ut stercora œlligit ille.
Quisquis rugosam vetulam sibi ducit ob aéra,
Ducitur a nummis conditione gravi,
Nam libertatis mox totum perdit is assem
Atque voluptatis vix tenet unciolam.
« Intolerabilius nihil est quam fœmina dives *. »
Inque aurem ob dotem dormit utramque suam.
Nul la fere causa est in qua non fœmina litem
Moverit, ut tecto pellat et urbe virum.
« Malo Venusinam quam te, Cornelia mater
Gracchorum*, » fastum non quaero ferre tuum.
Ergo parem ducam quae me colat et vereatur,
Aut celebs castum semper habebo thorum.
DE MALO INVIDLE EX VERGILIO. TITULUS L.
« Livor tabificum malis venenum
Intactis vorat ossibus medullas
Et totum bibit artubus cruorem
Quod quisquis furit invidetque sorti
(Ut débet) sibi pœna semper ipse est,
Testatur gemitu graves dolores,
Suspirat, gémit, incutitque dentés,
Sudat frigidus intuens quod odit,
Effundit mala lingua virus atrum,
Palor terribilis gênas colorât,
Infœlix macies renudat ossa,
Non lux, non cibus est suavis illi,
Non potus juvat aut sapor lyei,
Nec si pocula Juppiter propinet
Atque haec porrigat et munistret Hebe,
Aut tradat Ganymedes ipse nectar,
Non somnum capit aut quiescit unquam,
Torquet viscera cornifex cruentus,
Vesanos tacitus movet furores.
Intentans animo faces Erynnis 3 . »
1. Juvénal, Satire VI.
2. Ibid.
3. Virgile. De livore.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
DE NOLENTIBUS CORRIGI. TITULUS LI
Qui defendere delictum quam vertere mavult
Quamvis sit monitus, venia caret, ut citharedus
Ridetur chorda qui semper oberrat eadem
Et meliora suis intentus plectra repellit.
Stultorum (numerus quorum infinitus habetur)
Pessimus est, sapiens qui sibi visus, iners,
Non etenim cuiquam crédit bona rite monenti,
Sed sibi consuetam prestrepit usque notam ;
Nec citharam tangit, nec barbiton, atque sonora
Plectra, sed inflato concitat utre sonum ;
Dulcius hoc nihil est, nihil est concinnius illi ;
A quo si revocas, jurgia saeva movet.
Taies heretici 1 sunt, et qui prava suorum
Authorum verbis sensa tuenda putant.
Est etenim tepidus nulla revocabilis arte,
At fervens bonus est, frigidus esse potest
DE STULTIS PRiESCIENTIiE DEI CENSORIBUS. TITULUS LU
Omnia si certo volvuntur cardine fata
Nec novit falli qui videt illa Deus,
Si me damnandum praescivit, damner oportet,
S in scit salvandum, me sine salvus ero.
Sic reputans cesso, veluti volet auca sub ora
Assa, sed ut cancer spes mihi vana meat
Hei mihi, quid damnant mortales numina caeli,
Esse aiunt etenim per nos mala, cum tamen ipsis.
Vecordi praeter fatum sint mente dolores 1 .
Libéra sunt cuivis arbitria, nec Deus illa
Cogit, at optatum qui vult attingere portum
Utitur aut ventis (si dat Deus ipse) secundis,
Aut contra adversos, obluctans arte, lacertis,
Incumbit validis, et remis flamina vincit.
Ni tibi defueris non deerit gratia divum.
Qui condit fatum médium, quoque condit ad ipsum.
1. 1507 : scismatici.
2. D'après Aulu-Gelle, livre VI, chap. 1 et 2.
NAVIS STULTIFERA
249
Non est cessandum, nec frustra vota, precesque
Fuderis, ut medicam non frustra oraveris artem.
DE CHOREARUM ET SALTATIONUM MALIS. TITULUS LUI
« Chironomon Ledam molli saltante Batillo
Tuscia vesicae non imperat, Appula gannit.
Sicut in amplexu, subitum et miserabile longum
Attendit Thymele, Thymele tune rustica discit *. »
Quis mala qui peperit démens saltatio cuncta
Supputet, aut elegis explicet exiguis?
Nullo majorem fadunt discrimine mores
Jacturam ingenui turpibus atque choris.
Nam quid contractus, quid lubrica suavia dicam,
Quid digitos nequam? quid sine fronte jocos?
Composito extinctis Paphia suadente lucernis
Quam tenuit comitem turpis amator init.
Conflatum ex auro vitulum Judaeus adorans
Et circumsaltans haec mala progenuit;
Hune maie sana cohors sequitur, cum tempore festo
Sanctius in glebas presset aratra graves.
DE PERICULIS NOCTURNIS STULTORUM. TITULUS LIIII
Respice, stulte, nigrae diversa pericula noctis.
Quod spacium testis sublimibus, unde cerebrum
Testa ferit, quotiens rimosa et curta fenestris
Vasa cadant in te, possis ignavus haberi
Et subiti casus improvidus, ad coenam si
Intestatus eas. Adeo tôt fata, quot illa
Nocte patent vigiles, te praetereunte fenestrae,
Ergo optes, votumque feras miserabile tecum,
Ut sint contentae patulas effundere pelves,
Nec tamen hoc tantum metuas, nam qui spoliet te
x. Juvénal, Satire VI.
Stulta nec fatum metui juventus
Nec minas cseli, modo cantet amens,
Metuo longas pereunte noctes,
Lydia dormis?
250
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Non deerit clausis domibus, postquam omnis ubique
Fixa catenatae siluit compago tabernae.
Interdum et ferro subitus grassator agit rem
Dum tu intempesta cantas sub nocte puellas.
DE IIS QUI PROPRIA NEGLIGUNT ET ALIENA CURANT.
TITULUS LV
(De suis neglectis aliéna curantibus.)
Stultus ad alterius praeceps incendia fertur,
Neglectisque suis sedat flammas aliénas.
Vir prudens fratri sic consulit atque propinquis,
Ut sibi prospiciat sibi proximus est quia quisque 1 -
Cur villas alterius restinguis fontibus ignem,
Ecce tuas aedes dévorât ignis edax?
Cumque tui sitiant rapidis sub solibus agri,
Cur stolide alterius prata rigare paras?
Si sapis atque tuis rébus maie consulis ipse,
Te nolim rébus consuluisse meis.
Si « tua res agitur paries dum proximus ardet 2 »,
Cujus res agitur dum tua tecta crêpant ?
Ipse tuis rébus bene consule, deinde alienis ;
Utilîs est nulli qui sibi adesse nequit.
Dulce quidem est curis alienum avertere casum,
Sed stultum est proprium non fugitare malum.
DE INGRATORUM TURPITUDINE. TITULUS LVI
Quem saepe ingratum cognovit, multa precantem
Rusticus hune colapho, vir gravis ore fugat.
Ingrato nulla est, partho censore, putanda
Turpior, atque probo res minus apta viro.
Fertilium similes grati vivamus agrorum
Et quae contulerint in nos referamus amicis
Longe plura bonis, nam gratitudine mentis 3
Dignius ingenuo nihil est, neque pluris habendum.
Hase siquidem fidos parit et conservât amicos,
1. 1507 : Ut sibi prospiciat quia proximus est sibi quisque.
2. Horace, Epîtres, livre I, ad Lollium.
3. 1507 : memori nam reddere mente.
NAVIS STULTIFERA
251
Haec facdt officiis multos certare priores,
Haec fontes aperit bonitatis, et omnia pandit
Scrinia, nec dignos permittit rébus egere.
Omnia quse videas ingrato pectore 1 verti,
Nec tantum gratis in te collata repones.
Verum etiam miseris mercedem ac justa laboris
Praemia persolves ubi transiit hora diei.
Nec maneat tecum sub crastina tempora merces,
Nam nescds an sit tibi crastina lux oritura.
DE PROPRI.E SAPIENTLE CONFIDENTIBUS. TITULUS LVII
(De propria sapientia initcntibus.)
Dulce modo stulto est quod coxerit ipse polenta,
Nec videt in speculo quod se sit pulchrius ipso.
Qui sibi displiceat vix est reperibilis usquam
Cum tamen in proprio videat facto bene nemo.
Stulte, putas nihil esse bonum nisi coxeris ipse.
Ah quantis curis mens tibi turget iners 1
Cur tibi, stulte, places sine rivali speculans te
Ut f onnosa putat pignora bubo sua ?
Silicet ad nutum quod cœperis omne geretur,
Nec propriis sensis incubuisse gemes.
Fonte sui vitreo periit Narcissus amore,
Ut nimis alta petens Icams arte sua.
Et Salomoniades juvenum consulta secutus
Cum propriis populum perdidit innumerum,
Ergo tuae inniti caveas prudentise oportet,
Si rerum laetos quaeris habere modos,
UT OMNIS POTENTATUS BREVIS VITA. TITULUS LVIII
Ecce iterum ad partes mihi sunt fera monstra vocanda
Quae saeva exercent caedibus imperia.
Nec superos metuunt, nec proxima fata verentur
Dum teneant dubiae scamna suprema rotae.
Multos « praecipiat subjecta potentia magnae
Invldiae, mergit longa atque insignis honorum
1. 151 5 : ingratitudine.
(De brevitaie potentatum. )
252
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Pagina, descendunt statuae, restemque sequuntur.
Ipsas deinde rotas bigarum, impacta securis
Cedit, et immeritis franguntur crura caballis.
Jam stridunt ignés, jam follibus atque caminis
Ardet adorafum 1 » populo et caput arte superbum.
« Quid Crassos, quid Pompeios evertit, et illum
Ad sua qui domitos deduxit flagra quintes?
Summus nempe locus nulla non arte petitus,
Magnaque numinibus vota exaudita malignis.
Ad generum Cereris sine caede et sanguine pauci
Descendunt reges, et sicca morte tyranni*. »
DE IMPROBE MENDICANTIBUS. TITULUS LIX
Potibus atque cibis et cantibus atque sopori
Interdum et veneri juvat indulgere procaci.
Cum nihil esse putent homines alimenta ministrant
Parta suis manibus, partumque laboribus assem
Ignavo impendunt, hisque artibus imbuo natos.
Fraudibus atque dolis mendica propago malignis
Dedita, stultiferis poteris considère transtris,
Scilicet invalidos mentitur vir piger artus
Et vinosa pigrum conjunx comitatur asellum,
Cui cophini pueris délassant terga cibisque
Nec natos alio cupiunt incedere calle.
Sicque stipem miseris dignam furantur egenis
Atque dies peragunt crassos, nec numina curant,
Nec curare Deum credunt mortalia quemque
Sed sero noscent reddenda talenta peracti
Temporis, atque cibi, cum robore dissimulato.
Cui des ergo vide, ne reddas deteriorem.
DE POTENTIA STULTITIjE. TITULUS LX
Praecipites vigilate sophi, tentoria fixit
Maxima stultitiae conciliata manus.
En tenet imperio reges, populosque superbo;
Actum est de vobis si semel ingruerit.
Stultitias proceres hydrino sanguine gliscunt
At verus sophiae nullus amator adest.
1. Juvénal, Satire VI.
2. Ibid.
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NAVIS STULTIFERA
253
Plurima terrifico tonat insipientia bombo
Quo trépidant cseli, praeœps cadit aère summo
Aies, et in ulla perstant animantia terra;
Juppiter ille, patrem qui vi meristique subegit,
Quique gyganteos fregit virtutibus ausus,
Attonitus tanto (quamquam tonat ipse) tumultu,
Concilium divum vocat in penetralia caeli;
Et procul, ô superi, quae nunc (ait) aethera virtus
Proteget ? Haud uno bellum 1 renovatur ab hoste,
Infinita manus bellum exitiale Minervae,
Quam cerebro effudi, parât ; huic succurrite, divi,
Stultitiaeque minas paribus contundite telis.
DE INDOCTORUM MEDICORUM TEMER1TATE. TITULUS LXI
(De imperitorum mcdicorum terne ri taie.)
Frontem de rébus clames merito periisse
Si minus expertus medicus dare pharmaca mandat
^Egrotis, tamen hase multos vesania tangit 2
Qui vix cal lentes medicae primordia curae
Quando impune datur, sine fronte necant patientes.
Quam vis supremi descendat cardîne cœli,
Nataque supremo sit medicina pâtre,
Et quamvis multo sit dignus honore peritus
Antistes Phœbi, dummodo fraude vacet,
Attamen innumeros nutrit medicina nephandos
Et reprobos stultis qui nihil artis habent.
Nilque tenent frontis, tantundem et cordis, at oris
Et linguœ, quantum sat tibi Stentor erat.
Ergo interficiunt populariter hune simul illum,
Idque impune putant se quoque ferre Deo.
Stulte, quot 3 occidis culpa, vel nescius artis
Tôt cogère Deo pendere supplicia.
DE IRA MULIEBR1. TITULUS LXII
Scande repens asinum mulier furiosa pigellum
Aut testudineo j)ergere disce gradu.
1. 1507 : bello.
2. 1507 : vexât.
3. 1507 : quod.
2 54
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Tu siquidem multo graviori parcita bili 1
Exuperas subiti bella minasque viri.
Quis tecum incolumi poterit residere cerebro ?
Hircanam lacères bile turaente feram.
DE NOLENTIBUS INTELLIGERE JOCUM. TITULUS LXI1I
Qui stultum irritât, puerumve laœssit ad iram,
Et tolerare nequit verbera, verba, jocos,
Sed mit ad capulum prœceps, is stultior illis.
CallettSB 2 turpi mox cornes ire parât.
DE GEOMETRARUM CURIOSITATE. TITULUS LXIV
« Te maris et terra numeroque carentis arenae
Mensorem cohibent Archyta,
Pulveris exigui prope littus parva Matinum
Munera, nec quicquam tibi prodest
Aerias tentasse domos, animoque rotundum
Decurrisse polum morituro 3 . »
Despiciam qui scit quanto sublimior Athlas
Omnibus in Libya sit montibus, hic tamen idem
Ignorât quantum f errata distet ab arca
Sacculus ; e caelo descendit gnothi seauton
Figendum et memori tractandum pectore, sive
Conjugium quœras, seu sacra in parte sacerdos
Esse velis, qui sis, ad quid valeas, simul et quœ
Sit mensura tuae virtutis ad illa gerenda.
Stultum est conari quod non possis adipisci
Et quod quam minimum tibi prosit si sit adeptum.
Non quaeret judex an terrae noveris orbem
Sed cum lege sua num te cognoveris ipse.
DE STULTIS ASTROLOGIS. TITULUS LXV
Si qua voles sortis praenoscere damna futur»
Et vitare malum, sol tibi signa dabit.
1. 1507 : percita bile.
2. Caillette : « Calleta notus est fatuus omnibus parrhisianis pueris ludibrio
multos annos habitus, est autem immundus, inde turpem voco. » (Commentaire.)
3. Horace, Ode XXVIII, livre II.
NAVIS STULTIFERA
2 55
Sed tibi, stulte, tui cur non dédit ille furoris
Signa, aut si dederit, cur mala tanta subis?
Nondum grammaticae calles primordia, et audes
Vim cœli radio supposuisse tuo.
Aspice « plus etenim fati valet ora benigni
Quam si te Veneris commendet epistola Marti 1 »
Si bel lare bono vis omine « distat enim quae
Sidéra te excipiant modo primos incipientem
iEdere vagitus, et adhuc a matre rubentem* »
Aspice nascenti quae constellatio fluxit,
Nec nisi caelorum faciès tibi jusserit, ullam
Indueris vestem, sed nec curtaveris unguem.
« Sic tibi, stulte, jugum nulli tolerabile servo
Inducis furiis et demone captus iniquo.
Libéra non poterunt arbitria cogère cœli
Namque homo si fuerit sapiens dominabitur astris,
Astra quidem alliciunt parentia corpora, verum
Non cogunt animos, nec eis assurgere fas est 3 . »
DE OBSTINATIS STULTIS. TITULUS LXVI
Marsia conatus Phcebum superare canendo
Persolvit méritas pro tanto crimine pœnas,
Excoriatus enim subi tas est versus in undas
Se tamen a Phœbo victum negat usque fateri,
Concentumque lyrae mentitur murmure rauco.
Fœtibus abreptis sgevge consultius ursae
Quam confidenti possis occurrere stulto.
Nil intentatum linquit temerarius ausu
Sacrilego princeps, qui parvo crevit ab ortu.
Jura negat sibi nata, nihil non arrogat armis.
Nemo potest plagis errorem demere stulto.
Lucifer errati pœnas dabit usque nephandi
Non tamen errorem supplex velit ipse fateri
Antiochus cœdis 4 percussus viscera plagis
Dira quidem agnovit, ceu primus semine natus
1. Juvénal. Satire XVI.
2. Juvénal. Satire VII.
3. Manilius. Asironomtcon, livre III.
4. 1507 : fedis.
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256
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Crimina, sed frustra cœlo mox supplicat expes.
Magnum est spe veniae culpam deplangere vitœ i .
DE L2EDENTIBUS PACIFICOS. TITULUS LXVII
Qui ferit insontem, quantumvis pacis amicum,
Vindictam expectet, si quidem ne laedere pergat.
Expedit et stulto petulanti obsistere voto
Et lateri junctus vibrare mucro vetat ensem.
Stulte, quid imbelles tanquam leo, despicis agnos,
Nam qua vi pollet, laesa resistit ovis.
Mus modicus magno magna est formido elephanto 2 , et
A cane non magno saspe tenetur aper.
Esto nil valeant in te mortalia bella
Attamen et speres bella movere Deum.
Dictator tabulam qui fixit Sylla nephandam
Non proscribendis vermibus esca fuit,
Haerodes simili sensit sua funera fato
Visceraque Anthîochus putruit astra férus.
Nil impune feres, praesens vindicta Tonanti est,
Quae dilata parum foenora magna petet
DE PIGRIS AC DESIDIOSIS. TITULUS LXVIII
Desidiose, vides angusto calle molesta
Formicas humeris pondéra ferre suis,
Sollicitasque vides sollerter mellificantes
(Frigore ne pereant) dum favet aestus apes,
Attamen ignavus per messem stertis ut ursus
Sucturus digitos fauce famente gelu.
« Parvula, quae exemplo est magni formica laboris,
Ore trahit quodcumque potest atque addit aoervo,
Quem struit haud ignara ac non incauta futuri ;
Quae, simul inversum contristat aquarius annum,
Non usquam prorepit, et illis utitur ante
Quaesitis patiens 3 . » Segnem crudelis egestas
1. 1507 : Magnum est cum venia; spe culpam plangere vitae.
2. 1507 : Exiguus magno mus est formido elephanto.
3. Horace, Satire I, livre I.
NAVIS STULTIFERA
Opprimit, hune homines odio superique sequuntur.
Torpenti similem fuco, cui spicula surgunt
Horrida, distentumque favis consumit edendo
Semen apum, piger ipse sedet vitaque laborem.
Tu modo curam operi quantum potes adjice, frater,
Sic pecus augetur, sic et granaria crescent.
DE LITIGIOSIS ET CONTENTIOSIS. TITULUS LXIX
Hei mihi, quam furit is qui litem exercet iniquam
Claudere confidens lumina justitiœ,
Et vi, sive dolo, precibus, nummis vel amicis
Judicis examen quo volet attrahere.
Quisquis enim causam défendit quam scit iniquam
Rem ssepe, ast animam perdit ubique suam.
Quisquis in alterius confidens simplicitate,
Sive suis opibus contendere certat inique,
Is démens animam cara mercede redemptam
Producit vili, nihil est in lite salutis
Si pax esse queat, fiatque injuria nulli.
Tollite turgentes rabioso murmure saccos,
Nec date judicibus cum nummis atque precatu
Infelicem animam, non est contendere veri
Christicolae, eu jus dux et mitissimus author
Pallia qui tulerit tunicam permittere suasit
Detraxisse priusquam litem foveris ullam.
Quam tamen ipse putas justam defendere causam
Phas et jura sinunt, sed si non rite putasti
Judicium ipse viri noli damnare verendi.
DE TURPILOQUIS FATUIS. TITULUS LXX
Plus gaudet cœno sus quam de fonte sereno
Et turpis tetro mens quam sermone modesto.
Caste puer, turpes sermones linque virosque,
Corrumpit mores etenim mala lingua pudicos.
Quin adeo plus sermo nocet quam vita pudenda,
Illum etenim plures, hanc pauci noscere sueti.
« Sunt quibus eloquii datur aurea vena poetae
Sed cadit in sordes inficiturque 1 luto,
1507 : efficiturque.
I. 17
2 5 8
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Nain Cypriae curas et olentia gaudia ponunt,
Claraque tam fœdo mergitur unda lacu,
Vita decet sacros et pagina casta poetas,
Castus enim vatum spiritus atque sacer.
Hoc decus, hoc animis carmen cœlestibus aptum,
Rébus in immundis' degenerare nephas 1 . »
Nec phas eloquium quo nos praestamus amusis
Et pecori fœdis dedecorare modis.
Sus immunda luto se oblectet, et auca palude,
Virque probus casto gaudeat eloquio.
Nec lepidum esse putet scurrilia verba loquentem
Nec comem obscenis qui dat operta notis.
DE CLERICIS INEPTIS. TITULUS LXXI
Pro superumque hominumque fidem, quaenam dementia vexât
Cleros, stultitia (ne dicam crimine) summum
Quaerit quisque locum, mulos curare periti
Aut scortum ductare domum, donati munere pingui 8
Mox redeunt, animas jussi curare misellas.
DE SE JACTANTIBUS. TITULUS LXXII
Quis me nobilior? Quis me consultior usquam?
Quis tôt res gessit? Quis tôt civilia novit?
Stemmata quis tôt habet? Quis tôt scripta atque clientes?
Nec te laudaris, nec te culpaveris ipse,
Hoc faciunt stulti, quos gloria vexât inanis.
DE STULTIS LUDO INTENTIS. TITULUS LXXIII
Pone merum et talus, pereant qui crastina curant
Alea, discernât quis modo dives erit.
Egregie pransi, melius cœnavimus 3 , ohe
Quid praeter ludum restât? arnica nihil.
Sic preciosa nimis traducis tempora, quae mox
Merceris proprio sanguine lapsa, lubens.
1. Baptiste de Mantoue, Contra impudice scribaitcs.
2. Vers de 14 pieds ainsi corrigé en 1507 :
Aut scortum ductare domum, sic numere (pour munere) lœti.
3. 1507 : cœnabimus.
NAVIS STULTIFERA
259
Sperne lucrum, vexât mentes vesana libido.
Fraude carete graves ignari crédite doctis
Lusuri nummos, animos quoque ponere debent.
Irasci memini victos, placet optime frater,
Ludant secure quibus est ses semper in arca,
Si quis habet nummos veniens, exibit inanis.
Lusori cupido semper gravis exitus instat.
Sancta probis pax est, irasci desine victus,
Nullus ubique potest felici ludere dextra.
Initio furiis ego sum tribus addita quarta.
Plecte truces animos ut vere ludere possis.
Ponas mature bellum precor, iraque cesset.
DE VOLUNTARIIS STULTORUM PRESSURIS. TITULUS LXXIIII
(De spontaneis stuîtorum fressuris.)
Qui suo ductu, proprioque marte
Res gerit cunctas renuens doceri
Atque jutari, riimis ingravantem
Sentit asellum.
Qui se sponte sua per aperta pericula mittunt
Auriti pecoris sub pede saepe jacent.
Hei nnihi ! quanta trbi cumulât mala stultus et excors
Quot pecora Arcadiae sub sua terga vocat ?
Hïc gaudet lepido quod filia computatore
Quot sibi delegit mater inepta procos,
Ille videns natum jurantem sancta deosque,
Hic ait : aerumnas supprimet haerculeas.
At mox ante diem patrios conjurât in annos
Et soror abjecta matre lupanar init.
Ast alius lites redimit multo aère molestas,
Cui mox cum causa rem periisse dolet.
Et quoque qui tumidum replens abdomine ventrem
Mox refugit stomachi pondéra ferre sui.
Quisque suos patitur mânes, patitur sua quisque
Detrimenta, asinos fen sibi quisque suos.
DE INIQUIS MILITIBUS ET SCRIBIS. TITULUS LXXV
Quo fugiet tandem sine vi, sine fraude colonus ?
Nam vi grassatur nullo sub vindice miles,
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Fraudibus ignarum spoliât nunc, scriba patroni
Mentitus partes? Disœt vi et fraudibus uti,
Sicque astrea iterum cogetur in astra migrare.
Tu ferrum de flammas, miles vesane, minaris,
At tibi cum gladio flamma perennis adest.
Quid facias quaeris ? Lex est praescripta roganti
Militi ab agnifero vasta per antra duce.
Concutias nullum, fiatque calumnia nulli,
Et stipe contentus sis simul aère tuo.
At tu, scriba nocens, qui dextram vendis et ora
Atque animam lucro, quae tibi pœna satis?
Nunc, insane, voras viduas, simul atque pupillos,
Et primum in cœnis exigis accubitum,
At venit hora repens qua carceris infimus atri
Injusti quaestus damna cruenta lues.
Quaeris quid facias, quod nosti, quodque docere
Ipse soles alios effice, salvus eris.
DE STULTIS ET INFIDIS PROMIS ET COCIS. TITULUS LXXVI
Promi, pincernae, fartores 1 et catiani
Discipuli necnon falso epicure tui
Cauponum famuli, parasiti, aulaeque catelli
Jamdudum expectat vos mea cymba capax.
At qui stultiferas fugitis decorare carinas ?
Vah, tandem video, vos tenet ipsa gula.
Non soli proceres nunc bacchanalia vivunt,
Nec soli grassantur heri, dominique potentes,
Verum etiam immundae cirumittunt furta culinae
Atque penu famuli famulaeque illis sociatae,
Hic dum dormit herus furatur vina lagenis,
Illa affert lardum quod sustulit. ille sodales
Convocat ad praedam, nec défit qui ferat aucam
Subtractam domino, panem fert Davus herilem
Enophorum teuto repletum fonte falerno.
Pythias emuncto lucrat simone talentum
Sic vicinus habet caupo meliora falerna 2 ,
. 15 13 : fatores.
. 1507 : calena.
NAVIS STULTIFERA
261
Quanti sunt profert, sic vivitur absque timoré
Extremum risus tamen occupât illico luctus.
DE RUSTICORUM AMBITIONE. TITULUS LXXVII
Rustica simplicitas et nulla fraude colonus
Dicitur astream detinuisse diu.
At nunc nobilium plumis ornatus et astu
Sinonem ac Itachum 1 , vinceret insidiis
Pro farre atque fabis saccum fallacibus armis
Opplet, et ornatum corripit inde ducum.
« O fortunatos nimium sua si bona norint
Agricolas, quibus ipsa procul discordibus armis
Fundit humo facilem victum justissima tel lus.
Si non ingentem foribus domus alta superbis
Mane salutantem totis vomit aedibus undam,
Nec varios inhiant pulchra testudine postes,
Illusasque auro vestes, ephyreaque sera,
Alba nec assyrio fucatur lana veneno-
At secura quies, et nescia fallere vita 2 , »
« Et patiens operum parvoque assueta juventus 3 »
Adsunt Ris, « sanctique patres, extrema per illos
Justitia excedens terris vestigia fecit 4 . »
Sic tibi, docte, tuo visum est maro tempore, verum
Fraus, dolus, ambitio nostro placuere colono.
DE PAUPERTATIS CONTEMPTORIBUS. TITULUS LXXVIII
(De pauperlatis eontctnptu.)
Percutite in faciem, colaphos impellite tergo
Dum teneam loculos, omnia perpetiar.
Praeter pauperiem niil intollerabile cuiquam
Quam nummos oculos perdere praestiterit.
Haud facile emergunt quorum virtutibus obstat
Res angusta domi, nec magis ampla seges.
1. 1507 : At nunc nobilium plumis atque Sinonen.
Ac Itachum instructus vinceret insidiis.
2. Virgile. Gcorgiques, livre II.
3. Tbid.
4. Ibid.
2Ô2
JOSSE BAD1US ASCENSIUS
Solus ludibrio est qui nil habet, at maie sane
Omnia qui fecit suasit habere nihil.
« Infantem nudum cum te natura creavit
Paupertatis onus patienter ferre mémento 1 . »
Quod si pertuleris censebis « munera nondum
Intellecta Deum 2 , » nec frustra protulit arcas.
« Aude, hospes, contemnere opes, et te quoque dignum
Finge Deo 8 , » rerum quo non est dignus amator.
Mens alia est nostris quos dant mala tempora stulris.
Hos solos aiunt sapere et « bene vivere, quorum
Conspicitur nitidis fundata pecunia villis 4 . »
a Et genus et mores regina pecunia donat 5 . »
« Quantum quisque sua nummorum spectat in arca 6 , »
Tantum habet et fidei, « siquidem dat œnsus honores 7 , »
Census amicicias, paupertas gaudia cœli.
DE NON PERSEVERANTIBUS IN BONO OPERE. TITULUS LXXIX
Munere dignus.
Quœlibet expectat virtus sua praemia, verum
Aufert propositam constantia sola coronam.
Inœpisse nihil si non perfecerit affert
Artifici laudis, nil profuit ante fuisse
Discipulum domini Judœ qui tradidit ipsum,
Nil pietas diro prodest simulata Neroni,
Alque parum confert incepta astrea P y lato,
Nilque Palestine prodest lex prisca colonis
Namque electa prius gens est abjecta, pudendo
Quod Dominum cœli confixit perfida ligno.
Multi antichristi jam multo tempore nati
Recte inceperunt, sed perficere haud voluerunt ;
1. Caton. Distiques, livre I, précepte 21.
2. Lucain.
3. Virgile. Enéide, livre VIII.
4. Horace. Epîtres, livre I, ad Vallam
5. Horace. Epîtres, livre I, ad Numicium.
6. Juvénal.
7. Ovide.
Quisquis inceptum pigritans honestum
Deserit munus, vel aratra duoens
Spectat aversus, nequit esse summo
NAVIS STULTIFERA
Sola igitur palmam confert œnstantia veram
Proinde bene inceptum constanter perfice munus.
DE MORTIS NEGLECTU. TITULUS LXXX
Qui non ante mon didicit quam sit moriendum,
Huic visa est tristis mors et amara nimis.
Certum est cuique mori : nihil est incertius hora.
Sed sapiens vivit qua velit arte mori.
Vive memor leti dum res est laeta, repente
Ut fur nocturnus mors properare solet.
Nec tibi promittas valido juvenique senectam
Nam cadit ante diem plurima turba suam.
Quandoquidem stultum est multa anxietate timere
Quod vitare nequis, dixitque haud futilis author :
« Fortem posce animum mortis terrore carentem
Qui spacium vit» extremum inter munera ponat
Naturae 1 , » doctusque dédit sic ante poeta :
« Félix qui potuit rerum cognoscere causas
Atque metus omnis et inexorabile fatum
Subjecit pedibus ; strepitumque Acherontis avarié »
Si nihil est in morte mali quae rite parata est
Judice me, insanit tam qui mortem nimis horret
Quam qui contemnit, nihil ergo migrare verebor,
At migrare malus, cur nitar vivere justus.
DE NUNCIO PRUDENTI ET IMPRUDENTI. TITULUS LXXXI
Nuncius imprudens vino se ingurgitât acri
Et quae fert prodit, nec cito pergit iter.
Prudens est, verax, tacitus, celer atque fidelis,
Sobrius et cautus, nil nisi jussa loquens.
Ergo potest vecors stultorum ascendere navem
Ut cito stultigenum littus adiré queat.
DE CONTEMPTORE DEI. TITULUS LXXXII
Quid facis, ah démens ! si lenta est ira Tonantis
Nec subito dirum punivit fulmine crimen,
Juvénal, Satire X.
Virgile, Géorgiques^ livre II.
JOSSE BADIUS ASCENS1US
Iccirco stolidam praebet tibi vellere barbam ?
Ignovisse putas ? et nullo vindice speras
Tantum ferre scelus ? vecors si non resipiscis
Quae dilata diu, geminas parit ultio pœnas.
DE BLASPHEMANTIBUS JURANDO. TITTJLUS LXXXIII
Quera petis telo triplici, sceleste ?
Nonne supremi genitura Tonantis ?
Quid mali fecit ? Vitio quid illi
Das maie grate ?
An quia humanam miserans ruinam
Induit carnem moriturus, idque
Exprobras illi per amara passi
Pro scelus horrendum blasphéma tricuspide telo
Gens humana petit genitum Patris altitonantis
Atque illi exprobrat quia nostros induit artus,
Languoresque tulit nostros miseratus ab alto
Casum infeliœm quo primus œrruit Adam.
Quid blasphemae, Dei juras per vulnera mortem,
Et caput, et ventrum, seu 1 sacri sanguinis undam ?
Non sint ista Deo, nisi sit miserata labores
Vera Dei soboles nostros, humanaque membra
Induerit caste de puro sanguine matris,
Hoc est ergo illi quod das, maie grate, pudori ?
Desine sacrilegis iterum crucifigere labris
Virgineum partum, pœnamque horresœ propinquam
DE FLAGELLA DEI STULTE MIRANTIBUS. TITULUS LXXXIV-
(De flagella Dei stulte stupentibus.)
Miratur stolidus dum conspicit aethere missa
Tanta flagella Dei, nunc ranas, nuncque locustas,
Nunc vim fulgetrae, nunc grandinis impetuosae,
Nunc mala dira famis, contagiaque improba pestis,
Detestata piis nunc matribus horrida bel la,
Nec causas horum vitat peccata malorum.
i. 1507 : vel.
Vulnera jurans.
NAVIS STULTIFERA
Stulte, flagella videns cœlo demissa supremo
Miraris tanti quœ sit origo mali ?
Si nescis, sceleris pro mensura modus esse
Plagarum débet sic modérante Deo.
Tantum autem sceleris committitur ut neque Moses
Nec Samuel possit flectere tela Dei,
Non quia dilectos negat exaudire precantes,
Sed quia peccatis gens studet usque suis ;
Cesset peccatum, cessabit et ira Tonantis
Quae datur ut praesens criminis antidothum.
Nam plagae ad Dominum nos cogunt saepe reverti
Et reserant letis lumina clausa bonis.
DE STULTA PERMUTATIONE. TITULUS LXXXV
(De stulta rerum fermutatione. — De stultis permutationibus. )
Da puer plectrum, facilesque musas,
Et dabo pulchrum Phaleris caballum
Quem scio pluris merito aestimandum,
Doque minons.
Qui videt utilius sumens sibi détériora
Absit ei radius, luminis absque mora.
Pro superi quantum mortalis friget egestas
Quantum avet a vero degenerare bono ?
Ut jugulent homines surgunt de nocte latrones
Ut sese servet surgere nemo parât.
Multi animam lucro stabilem vendunt fugitivo
Plusque voluptatem quam bona summa colunt.
Nemo maris furias prolato exhorruit auro,
At multi fugiunt sydera danda bonis.
Nemo putat venerem partam vel sanguine amaram,
Astra sed ob modicum tristia censet onus.
Sic omnes errant quibus abdunt sydera lucem,
Difficile est homini noscere vera bona.
DE PARENTUM INDULGENTIA ET LIBERORUM MALITIA.
TITULUS LXXXVI
(De parentum indulgentia in itberos.)
Stulte senex, natis plenis fers sera crumenis,
Qui tibi mendico colaphos et verbera nudo,
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Probraque mox réfèrent, noli indulgere malignis.
Magna patrum pravos facit indulgentia natos.
Ut docet annosus fractis cervicifous Heli.
Ah, genus ingratum, superisque invisa propago
Siccine muni fî eu m pellitis ambo patrem ?
Has illi grates, haec praemia digna refertis
Qui vos progenuit, pavit et excoluit ?
Audetisne patrem colaphis propellere vestrum ?
Aut canos trucibus cernere luminibus ?
Audetisne patri mendico alimenta negare
Qui vobis sudans cara alimenta dédit ?
Audetisne patrem verbis explodere diris
Qui vobis blando tôt dédit ore jocos ?
Desinite, insani, divinam arcessere virgam
Praestiterit multo verbera ferre patris.
Et si longaevi clarique hic vivere vultis
Afficite, ut Dominus jussit, honore patrem.
DE GARRULITATE CHORI. TITULUS LXXXVII
Esseda ferrato vix tanta tonitrua cantho
Acta pavimento vel super aéra citant,
Nec concussa crêpant valido tam carbasa vento
Quod maie compositi murmura rauca chori.
Tollite sacrato mundana négocia templo
Tollite divinis verba prophana locis.
DE SINGULARITATE IMPROBANDA. TITULUS LXXXVIII
Sunt qui se solos saepe arbitrantur abunde
Et primum ostendant si contra dixeris unguem,
Quos merito poteris censere supertitiosos
Aut quod mensuram non servant, immoderatos.
Vir sapiens, nisi sit speciali praeditus arte,
Nil praeter reliquos studeat fecisse probatos.
DE SUPERBIA PRiECIPUE MUL1EBRI. TITULUS LXXXIX
Luciferi fastus detraxit ab aethere secum
In Stygias tenebras agmina spirituum.
NAVIS STULTIFERA
Quo mulier vultu fucoque instructa superbo
Humanas animas destinât innumeras
Nullaque spiritui tam sunt praesentia vafro
Retia, quam vultus fœmineique doli.
Proinde puer, summae si qua est tibi cura salutis,
Effuge comptarum lumina, verba, manus.
Quo te sectabor, damnosa superbia, versu ?
Omnia sunt cunctis, te duce, nata mala,
Lucifer in tenebras per te ruit sethere sumrao
Et paradisiaco primus ab orbe Pater.
Per te se vidit pecudem babilonius auctor
Et fenum, tanquam bos foret, edit iners.
Te stimulante, suum quoniam jussit numerare
David rex populum perdidit innocuum.
Singula cur secter ? Virtutem polluis omnem
Cum sis innumeri fons et origo mali,
Sed quanquam sexu nunc régnas in muliebri
Olim contrivit virgo modesta caput.
DE USURARIIS ET FŒNERATORIBUS. TITULUS XC
Publica pernicies et gens invisa Tonanti
Mutuat ut sortem lucraque magna petat 1
Absque labore suo, nummo nummum pariente
Et te rem, dives protinus efficitur.
Nil jus canonicum nihil obstat sanctio Christi
Quin animam placito vendat et astra lucro.
Plurimus exnimio studio sit stultus et astu.
Interque astutos stultissimus insipientes
Est qui pro lucro duntaxat mutuat amplo.
Nam sibi dum sapiens rebusque videtur honustus
Infelix prava délirât mente, miserque
Accumulât sero quse flebit fenora luctu.
Et procedit eo dementiae, ut omnia praeter
Quae frumenta domi conservât, perdita leto
Conspiceret vultu, quo pluris vendat egenti.
Nil timet ille hymbres, nec casum grandinis horret
Nec rigidam glaciem, nec solis cauma, nec aestura
Dummodo salva suis conspexerit omnia cellis.
1507 : ferat.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
DE OPTANTIBUS OB DIVITIAS MORTEM ALTERIUS. TITULUS XCI
In mortem alterius spem tu tibi ponere noli
Nec (mortem aversam citius quo portet) asellum
Armabis ferro, Deus irrita vota retardât.
Ex studio nimium subito sit nemo beatus
Nam cum laetitia venit expectatio justo
Et périt injustis spes impia concita votis.
Ut properare cito possessio possit asello
Per mortem invalidi, quam vehit ille, senis
Currere ferrato quoniam properantius illum
Calce puto, ferro munio et aère pedem.
Nec tantum annosi fatum praetendo potentis
Verumetiam pueri, si modo febris adest.
Et precor, o superi, pareat quem proximus haeres
Impello febri nam tremit illi mala.
Acri bibe tumet, stomachum tussis quatit aegrum,
Nec latet in fragili corpore certa salus,
Quid dubitem ? Nerio, si tertia ducitur uxor,
Desperem infantem ducere posse semel ?
Talia jactantem spes sultum nutrit inanis
Qui nescit fatum tam properare suum.
DE NON OBSERVANTIBUS DIES FESTOS. TITULUS XCII
Lure sacra requiescat humus, requiescat arator
Et grave suspenso vomere cesset opus.
Omnia sint operata Deo, non audeat ulla
Lanificam pensis imposuisse manum.
Dicamus bona verba venit natalis ad aras
Quisquis ades, lingua vir mulierque fave.
Urantur pia tura foris 2 , urantur odores
i. 1505, 1513 : theda.
a. 1507 : focis, 1513 : fossis.
Simias rheda 1 vehis is patenti,
Quaeritans victum miserum pudendo
Ludicro, quisquis violât sacrorum
Festa dierum.
NAVIS STULT1FEKA
2
Quos tenera terra divite mittit Arabs.
Obscœnos procul esse volo, discedat ab ans
Cui tulit hesterna gaudia nocte venus.
Casta placent superis, pura cum veste venite
Et manibus puris sumite fontis aquam.
Ebrius atque vorax lucro, mercator avarus
Atque petulca venus distet ab aede sacra.
Nec michi cessator placeat qui dormiat usque,
Nam peragenda bono sunt pia facta die.
DE HIS QUI CUM TRISTITIA LARGIUNTUR. TITULUS XCIII
(De iis qui cum tristitia largiuntur. )
« Cuncta manus avidas fugiunt haeredis, amico
Quae dederis animo 1 . »
At mihi quae tristi dederis munuscula vultu
Tu tibi perdideris.
Diligit omnipotens hylarem Deus ipse datorem
Luctificumque fugit.
S tu lté, quid invita profers mihi munera dextra,
Affectum plus quam munera dantis amo.
Si dare via Domino munuscula grata supremo
Et te non dederis, munera perdideris,
Respexisse ad Abel et ad ejus munera fertur
Ut dona ob dantem complacuisse scias.
Dives enim Dominus nostri non indigus auri
Accipit ut dantem pluribus accumulet.
Da cito, da laete, da recte, daque facete,
Da tua, da digno, da tribuenda Deo.
Da nichil exprobans, da nil ex munere captans
Sit merces Dominus 2 si dare grata cupis.
DE SEGNI OCYO TORPENTIBUS TITULUS XCIV
Spargo soporiferum pingui tellure papaver
Quod sibi torpentum plurima turba leget.
Rarus enim vigili tractât peragenda labore
Sed jacet in toto plurimus orbe piger.
1. Horace, Ode VII, livre IV.
2. 1507 : Sitque Deus finis.
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS
An te focum stertit, traheret dum pensa Neera,
Nec facit officium Pithias ulla suum.
Ocia letifero nimium perfusa sopore
Fregerunt urbes, populos, romanaque régna,
« Praestabat castas humilis fortuna Latinas
Quondam, nec vitiis contingi parva sinebant
Tecta, labor, somnique brèves, et vellere tusco,
Vexatas, duraeque manus, ac proximus urbi
Annibal, et stantes collina in turre mariti.
Post passi 1 longae pacis mala, saevior 2 armis
Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem 8 . »
« Prima peregrinos obscœna pecunia mores
Intulit, et turpi fregerunt saecula luxu
Divitiae molles 4 , • et pulsu ocia curis,
Ocia si tollas periere Cupidinis arcu.
DE EXTRANEIS ET INFIDELIBUS STULTIS. TITULUS XCV
Hactenus stultos monui fidèles
Ut fide salva, fugiant iniquos
Et levis mores gemuitque tanto
Pondère cymba ;
Nunc opus pistri céleri, vel ampla
Quam gyas egit validus, chimaera
Si velim infidos simul atque spurcos
Pro superi, quanta est stultorum copia mundo.
Jure quidem stultos duxeris innumeros,
Namque paganorum, turcharumque improba turba
Non recipit sanum nec sine labe virum,
Impia fallacis gens castra secuta magistri,
Defecit verum non sine fraude Deum
Pinguia terrarum comedunt, spectantque procacis
Illecebras carnis summa futura bona.
Quocirca stricto frangunt sibi guttura fune
Ut cito speratum dantur habere bonum.
1. 1513 : pasci.
2. 1505, 1515 : senior.
3 Juvénal, Satire VI.
4. Ibid.
Prendere turchas.
NAVIS STULTIFERA
27
Vitant vina palam, ceu vesci carne suilla,
Contra naturam stupra nephanda probant.
Quid multata vero quia lumine declinarunt
Equum est in tenebris usque manere suis.
DE REIPUBLICiE CHRISTIAN^ INTERITU. TITULUS XCVI
Num Diis aequales tangit vesania mentes
Aut quidnam fidei patitur respublica tanta
Detrimenta sacra? ? Férus hostis ad ostia tendit
Jam tyberina viam, virque est qui Marte résistât
Aut studio, aut opibus, verum ne carbasa navis
Stultiferi scandam, digitis compesco labellum.
DE SAPIENTLE MONITIS. TITULUS XCVII
Discite, mortales, sophise praecepta supernœ,
Magna, loquar, parvis advigilate modis.
Gens indocta Deum placito venerare timoré,
Mandata observans ejus et imperii;
Vos, proceres summi, subjectis noscite cœlo
Doctrina atque armis protegitote bonos.
DE ASSENTATORUM ADMISSORIBUS ET DE ASSENTATORIBUS IPSIS
TITULUS XCVIII
(De assentatione.)
Rhebus 1 ut ignavo neget a sessore agitari
Cui maie si palpare recalcitrat undique tutus.
Sic vir palpones sapiens fugitatque gnatones
Nam falso auscultans famulos pravos habet omnes.
Perdita divitibus gens assentatur ineptis
Et palpât plumis, muneribusque ferum.
Praeditus at virtute recalcitrat undique tutus
Nec verbis blandis arrigit auriculas.
Saepe igitur falsus delator crimina flevit
In sua cbnversum tergora ferre gradum.
1. c Rhebus est nomen equi ipsius Mezentii, apud Maronem, lib. X. »
(Commentaire.)
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JOSSE BADIUS ASCENS1US
Quam Mardocheo delator struxerat Aman
Pertulit, Assuero rege jubente, crucem.
Vixque ferox Siculi faber inventorque juvenci :
Da, praecor, ingenio munera digna meo
Dixerat, et Phalaris : Pene, mirande repertor,
Ipse tuum praesens imbue (dixit) opus.
Tristia caesorum qui fata tulere virorum
David rex meritam jussit obire necem.
DE FACILE CREDENTIBUS. TIÏULUS XCIX
Vir sapiens patulas stulto non arriget aures,
Percuntatorem fugiet, nam garrulus idem est.
Praecipue uxori non credet multa querenti;
De servo aut nato, qua re periisset Ioseph
Castus, ut Hyppolitus, nisi maximus aetheris author
Prospexisset ei, melius quam rector aquarum
Theside misero, ceciditque misserrimus Adam
Credulus uxori, sic lapsus Achab, periitque
Perfidus Herodes, at contra credula Nesso
Dejanyra mit, sed quid per singula curram?
Omnes consilio justi capiuntur iniquo
Quod nisi crediderint justum nunquam sequerentur.
DE NAVIGANTIUM TEMERITATE. TITULUS C
Turbida commotis fore ventis aequora novi
Me tamen in pelagus traxit avaricia,
Nunc pœnas pendens diis surdis vota precesque
Effundo, et subitam posco misellus opem.
Posco, sed irridet Neptunus verba precantis;
Justum est discrimen : qui petit inveniat.
« Illi robur et ses triplex
Circum pectus erat, qui fragilem truci
Qui cito crédit levibus susurris
Non vacat culpa, quia enim malorum
Vis régnât, licet haud probata
Credere nulla.
Commisit pelago ratem
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NAVIS STULTIFERA
273
Primus nec timuit prœcipitem Aphiicum
Deœrtantem Aquilonibus *. »
« Necquicquam Deus abscidit
Prudens Oceano dissociabili
Terras si tamen impie
Non tangenda rates transiliunt vada.
Audax omnia perpeti,
Gens humana ruit per vetitura nef as 2 . »
« Nil mortalibus ardunm est.
Cœlum ipsum petimus stultitia neque
Per nostrum patimur scelus.
Iracunda Jovem ponere fulmina 3 . »
DE VERITATEM NON TACENDAM TACENTIBUS. TITULUS CI
Cum mihi divini sit declamatio verbi
Injuncta officio, plurima dissimulo.
Hic etenim colaphis vel stricto territet ense,
Iile neget mensis pinguibus accipere.
Sic taceo verum quod non est rite tacendum,
Navem stultiferam meque, meisque replens.
« Vir bonus et sapiens audebit dicere : Pentheu
Rector Thebarum, quid me perferre patique
Indignum coges? Adimam bona. Nempe pecus, rem,
Lectos, argentum? Tollas licet. Et manicis et
Compedibus saevo te sub custode tenebo.
Ipse Deus, simul atque volam, me solvet. Opinor
Hoc sentit : moriar, mors ultima linea rerum est 4 . »
Quidam notus homo cum propter libéra verba
Submergendum undis censeret rex metuendus,
Die, ait hoc régi, per aquas maturius altos
Advehar in cœlos, per equos ac ipse volantes
Summum etenim scelus est vitam praeponere vero.
DE ANTICHRISTI PRjECURSORIBUS. TITULUS Cil
Scylla antichristi ventis agitata superbis
Naufragium ut fecit perdidit innumeros,
1. Horace, Ode III, livre I.
2. Zbid.
3. Ibid.
4. Horace, Epîtres, livre I, ad Quintium.
(De non tacenda taetntibus.)
J. iS
JOSSE BADIUS ASCENSIUS
Is tamen inverso residens super ardua fundo
Concitat in Pétri bella superba scapham,
Auxilioque ruunt monstro plures perituro,
Hic dona expectans, il le flagella timens,
Hi sunt qui Christi mentiti relligionem
In segetem veram semina falsa serunt.
Quique aliter sacras leges et scripta probata
Quam sacer edocuit spiritus, accipiunt.
Haeresibus variis qui scindunt dogmata sana
Seque aiunt solos omnia perspicere,
Unus erat vero praecussor, praecoque Christo,
Pseudo sunt multi, ceu mala plura bonis.
DE FALSARIIS RERUM OMNIUM. TITULUS CIII
(De falsariis rerum ehalchimistis.)
OBJECTIO
Fraus nimis nota est tua, chalchimista,
Nilque sufflando poteris lucrari.
RESPONSIO
Calce corrumpam laticem lyei
Et pice caeram
Quos arabs mollis legit hinc odores
Arte miscebo, crocheumque florem
Carne defecti vitians caballi
Plura lucrabor.
Dicite dégénères hominum generatio pravata,
Cur tantum properatis opes cumulare caducas
Artibus ut falsis sincera Dei vitietis
Munera, num rerum species mutare potestis?
Quid srbi fornaces, quid vult sibi fistula longa?
Quid fucatorum distentus saccus odorum?
Ipse Deus veras sine fuco donat abunde
Tôt rerum species, nec miscet musta vetustis.
Vos falsis veros rébus vitiatis odores,
Vos res fucatas atque incrustamine tectas
Venditis ut veras, et firmo robore fultas.
Tollite tôt phucos non vult tectoria verum.
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NAVIS STULT1FERA
275
DE MALIGNIS BONOS A VERO OPERE RETRAHENTIBUS.
TITULUS CIIII
(De malignis qui a bono retrahunt.)
Perfidis stultis simul et malignis
Non sat est recti nihil auspicari,
Sed bonos pulchro retrahunt ab orsu
Voce nephanda.
Cur colas, aiunt, superos superbos?
Cur domos sensu repères carentes?
Cur cibum frangas stolidis egenis
Quid tibi vis démens? Cur templa caduca fréquentas?
Cur tua jejuna marcescunt viscera fauce ?
Quidve tibi gratas res impertiris egenis
Turpibus, ignavis et nullo munere dignis?
Quid superos fatua puisas praece, si quid agendum
Constituere, tuo sine munere perficietur.
« Indulge genio, tantisper dulcia carpe
Dum vivis, cinis et mânes et fabula fies
Vive memor lasti, fugit hora, hoc quod loquor inde est 1 . »
Jejunent quibus est solido de marmore vertex
Sanctorum statuae, sic nequam consulit, at tu
Vir bone, spiritui ne credas protinus omni.
DE BONORUM OPERUM NEGLIGENTIA. TITULUS CV
Ne mares solos fatuos putares
Virgines censet fatuas redemptor
Lampades secum vacuas tulisse
Nec sibi notas.
Non tamen sexus minus hic virilis
Carpitur, stultae siquidem puellae
Quinque sunt sensus, oleumque mentis
Quaeritis, ah f atuae ! tantum sine lumine sponsum ?
Janua claudetur, nec vos agnoverit ille.
Sumite lampadibus, dum tempus habetis, olivae
1. Perse. Satire V.
Indigus ipse?
Lumen opusque.
JOSSE BADIUS ASCENS1US
Paciferae fructus oleura ne, forte, vocatis
Nocte intempesta sine lumine sit migrandum (sic)»
Ah, misera fatuae! Quae vos dementia cœpit
Si vos inveniat vel tune sine lumine sponsus
(Quando impertiri nemo volet) illius aula
Exclus» in tenebras mox detrudemini opacas
Nunquam visurae sponsi faciem peramœnam,
Sed nigra tetrorum consortia daemoniorum
Neglectique olei pœnam exiget ignis et umbra
Morsus et horribilis vermis qui non morietur.
DE VIA FELICITATIS NEGLECTA STULTIS. TITULUS CVI
Quando votorum non est mensura malorum
Cogor ea ad partes saepe vocare meas.
Hic insanus opes summum putat esse bonorum,
Ille voluptates carnis et illecebras,
Hic magnum imperium vel honores ordine gestos
Ille venustatem, robur et eloquium.
Sic via stultorum fervet pede trita frequenti
Et friget veri semita recta boni.
Ast via felicis quae ducit ad atria vitae
Ardua et angusta et primo conamine dura.
Non ostentat opes largas, non sanguine parta
Imperia insontum, non fasces atque secures,
Non formam fragilem, fugitivaque robora carnis,
Ndh os facundum, non fauces suave canentes,
Non veneris curas, nec (ut aiunt) dulcia furta,
Non longam aetatem, non conjugis ora salacis,
Non sobolem multam, non denique quicquid iniquis
Et stolidis aeque ac justis contingere posset.
Sed requiem laetam fessis in vertice summo,
^Eternumque bonum (quod mens humana nequiret
Obsita mortali cognoscere corpore) praebet.
DE OBLOQUENTIBUS BENE OPERANTI. TITULUS CVII
Alligans feli crothalum sonorum.
Illa, ne mures capiat, procurât.
Os duos inter jaciens molossos,
Arcet utrumque.
NAVIS STULTIFERA
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Obloquens facHs merito probandis
Qui prius sulci fuerant feraces
Efficit surdos, nihil indè fructus
Ipse habitums 1 .
Invidus alterius rébus marcescit opimis
Et crebro illius benefacto obmurmurat amens.
Sic fusum nardum Judas damnavit avarus,
Jacturam censens opus immortalis honoris.
Et nos virtutes ipsas invertimus atque
Synœrum cupimus vas incrustare, probus quis
Nobiscum vivit, multum demissus homo, illi
Tardo cognomen pingui damus, hic fugit omnes
Insidias, nullique malo latus obdit apertum
Cum genus hoc inter vitae versetur, ubi acris
Invidia, atque vigent ubi crimina, pro bene sano
Ac non incauto fictum astutumque vocamus.
DE COMESSANTIUM OBSCŒNITATE. TITULUS CVIII
Potorum nimios nuper damnavimus haustus
Et manduconum ridimus ingluviem.
Nunc lubet obscœnos ipsorum carpere mores
Infâmes risus, verboque turpisona,
Hic spuit, et mingit, vomit, ingerit, egerit una,
Ille canit nugas, ille pudenda refert
Eheu ! quam fcedo célébrât convivia luxu
Dedita turba gulae ? « Quid enim venus ebria curât ?
Inguinis et capitis quae sint discrimina nescit
Grandia quae mediis jam noctibus ostrea mordet
Cum perfusa mero spumant unguenta falerno,
Cum bibitur concha, cum jam vertigine tectum
Ambulat, et geminis exurgit mensa lucernis 2 . »
« Hic nullus verbis pudor, aut reverentia mensae 3 , »
Hic éructât onus stomachi, vel pocula frangit
Vel spuit in mensas, « vitrio bibit ille priapo 4 , »
Ille volens lepidus, nimiumque facetus haberi
1. 1505, 151 5 : habitaturus.
2. Juvénal, Satire VI.
3. Juvénal, Satire II.
4. Ibid.
(De guïosorum obscœnitatc.)
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JOSSE BADIUS ASCENS1US
Fabellas récitât grave olenti forniœ dignas.
Nullus agit grates superis, quos quisque laœssit.
DE STULTITIA MUNDI. TITULUS CIX
« Jamne igitur laudas, quod de sapientibus alter
Ridebat, quotiens a limine moverat unum
Protuleratque pedem, flebat contrarius alter.
Sed facilis cuivis rigidi censura cachinni
Mirandum est unde ille oculis suffecerit humor.
Perpetuo risu pulmonem agitare solebat
Democritus 1 , » cernens fieri nihil ordine certo,
Nilque ex officio, personisque undique falsis
Larvisque occurrens, ob quemvis risit et inquit :
Nil tibi concessit ratio, digitum exere, peccas.
Ecquid tam parvum est, sed nullo thure litabis
Haereat in stultis brevis, ut semuncia recti
Haec miscere nefas, flevit contrarius alter
Conspectans horr.inem labi sic, inque maligno
Esse fere positum sub multo crimine mundum.
Pone igitur larvas ne semper rideat ille,
Pone et peccatum ne semper lachrimet alter.
DE BONOS PERSEQUENTIBUS. TITULUS CX
Trudit in obscurura saccum grassator iniquus
Innocuum justumque virum, sed libérât illum
Tandem conscindens saccum moderator Olympi.
Ne paveas igitur subito terrore malorum
Nam Dominus lateri justi conjunctus eundem
Servat, perpétua ne ploret compede vinctus.
Audite, electi Christi, et spes discite vestras
Verbera si fertis saevo feriente tyranno
Opprobrio linguae si vos ferit impius author
Si spoliât raptor, si fallit callidus emptor,
Venditor aut fallax, si legum interpres iniquu?
Si judex falsus, si mendax testis, et hostis
Improbus expilat, quam vos sciât esse fidèles
\. Juvénal, Satire X.
NAVlS STULTIFEKA
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Christi discipulos, imbelles, pacis amicos,
Atque ea pro Christi suffertis nomine laeti,
Gaudentes simul exultantes vivite, namque
Magna est in cœlis merœdis copia vobis,
Et manet acre malum sine fine laborque tyrannos.
DE VOLUPTATIS CUM VIRTUTE CONTENTIONE. TITULUS CXI
Blanda curarum domitrix, libido,
Risus applausus, jocus, immodestus
Lusus, aspectus petulans, vagantis
Suavia linguae.
Lineae quintae Venus et Cupido
Cum rosis vernis species odorum
Plectra cum nimis, mea sunt, sed illa
Atropos occat.
Cura, paupertas, labor, abstinensque
Vita jocundis, licitisque sœpe
Corporis rectrix, animique cultrix
Aspera vestis.
Carduus spinis iter hoc molestis
Obsidens inter scopulos acutos
Sunt mei regni simul et beat»
Janua vit».
Talia cum virtus réticente libidine fata est
Versanti Alcide tacito sub corde, viarum
Utram sectetur num, quam peritura voluptas
Monstret in exitium per inania gaudia vitae,
An quam ardens virtus ad summa pallatia cœli
Dicitur bis verbis damnasse libidinis ausum :
Tu ne scelesta jubés placidis imbuta venenis
Dulcia sectari multum adducentia luctus?
Ergo ne pro fragili, perdam caelestia (quae non
Sunt peritura) bono? Persuade talia stultis
Nam volo virtutem sectari, ejusque coronam.
Prsestat enim modico coelum sudore mereri,
Quam vel prolixo dulcore in Tartara trudi.
VOLUPTAS
VIRTUS
28o
JOSSE BADIUS ASCENS1US
DE FATUO MUNDANO. TITULUS CXII
Dum me cura tenet sublimia forte petendi,
Et vigil expecto det mihi digna labor,
Destituit fortuna pedem, nixumque fefellit,
Nec potuit lapsus pes retinere gradum,
Et qui prensus erat non parvo robore ramus,
Praecipitem efFractus rettulit ecce solo.
Cura, fides, probitas (fueris nisi praeditus astu
Et vafro ingenio) parvi putata jaœnt 1 .
DE SOCIETATE FATUORUM. TITULUS ULTIMUS
Impia multijugi deducunt gaudia stulti
Gaudentes sociis et multitudine cœtus 2 ,
Non minus arsuri quam si tantum ardeat unus.
Sed jam vela legam, si cujus mentio nusquam est
Se dolet excludi, properet, sat erit locus illi 3.
JODOCI BADII ASCENSII IN OPERIS HUJUS COMPOSITIONEM AC
FINEM EPIGRAMMA EXTEMPORANEUM
Remigio fragili pelagus dum metior ingens,
Auriculas vellens inquit Apollo meas :
« Col lige vela, Badi, sat erat tibi sensa poetœ
Nosse, nec in tumidos carbasa ferre sinus.
Perge, si mavis, tibi ne consortia desint,
Stuliferam in classem fac cornes, insilias. »
Dixit, et aspiciens instare pericula novi
Et lasso ad portum rémige flecto viam.
At quisquis ridet faciles humilesque camœnas
Ferto magis cultas, aut tolerato meas.
Haec habui, lector candide, in Stultiferam Navem properanti calore
afFerenda, quae si minus demorsos sapiunt ungues, noris curando stulto
cui fatua duntaxat sapiunt esse decocta. Sunt erratula... Haec et id
genus forte alia minuscula errata ne te offendant moneo, lector. Vale.
1. « Est carmen domini Roberti Gaguini fe. re. erdinis sanctœ Trinitatis gene-
ralis. » (Commentaire.)
2. 1507 : Gaudentes sociis multis, numeroque labantum.
3. 1507 : Superest locus illi.
TABLEAU DE CONCORDANCE DES FIGURES
DANS LA
" NAVIS STULTIFERA " et la " NAVIS STULTORUM "
NAVIS STULTIFERA
(éditions de Paris, i5o5, iboj, i5i3
et i5ia)
Titre. — Navis Stultorum
Verso du titre
Chap. i. — De inutilitate Tariorum
librorum
2. — De iniquis judicibus
3. — De avarorum vesania
4. — De virorum effeminatione. . .
5. — De antiquis fatuis
6. — De stulta in libcros indulgen-
tia
7. — De procuratoribus rixarum. .
8. — De boni consilii contemptori-
bus
9. — De corraptis moribus divitum
et nobilium
10. — De insolentibus petentibus et
amicorum violatoribus. . . .
11. — De incredulis
12. — De improvidis et inconsideratis.
13. — De stultorum amatorum cala-
mitatc.
14. — De peccantibus super miseri-
cordia Dei
15. — De improvide incipientibus. .
16. — De epulonibus et bibulis. . .
17. — De divitiarum sollicitudine
vitanda
18. — Servire duobus dominis. . . .
19. — De garrulitate linguarum. . .
20. — De inventa non reddentibus. .
21. — De bene docentibus et maie
viventibus
22. — De sapientiae praeceptia audien-
dis
NAVIS STULTORUM
(édition de 1499, n. st)
Titre.
Socialis navis mechanicorum. . f* 136
Inutilitas librorum. 11
Judicis officium. 12
Avaritia. 13
Virorum effeminatio 14
De antiquis fatuis 15
De eruditione puerorum. 16
Procuratores rixarum 18
Spernere consilia salubrin. ... 19
De corruptis moribus. ...... 20
Violare amicos ... 21
Scripturae contemptus. 22
Non providere futura. ...... 23
Calamitas amatorum. ....... 24
Peccare super misericordia Dei." 25
Incipere et non prius providere. 26
De epulonibus 27
Divitiarum sollicitudo 28
Servire duobus 29
Garrula lingua 30
Invenire et non reddere. ... 31
Medice cura teipsum 32
Sapientiae prœcepta 33
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2 82 JOSSE BADIU
NAVIS STULTIFERA
23. — De fortunae confidentibus. . .
24. — De inutilibus curis vitandis. .
25. — De mutuo spe dilationis accep-
tantibus
26. — De stultis mortalium votis et
precibus.
27. — De inutilibus studiis vitandis.
28. — De temere facta Dei arguen-
tibus
29. — De alios perperam judicanti-
bus
30. — De pluralitate ecclesiasticorum
onerum vitanda
31. — De differentibus bene facere
i cum statim possunt. . .' . .
32. — De stulta impudicarum eus-
todia
33. — De lenocii stultitia
34. — Stultitiam esse stultorum gau-
dium
35. — De impatientibus et improvi-
dis œgris
36. — De nimis çito irascentibus. . .
37. — De fortunae mutabilitate. . . .
38. — De apertis insidiis
39. — Qui alienis periculis admoneri
nolunt
40. — De nimium curantibus detrac-
tiones bominum. ......
41. — De abstrahentibus a bono. .
42. — De viam felicitatis contemnen-
tibus .
43. — De stultis rerum sestimatori-
bus
44. — De manifesta pericula non
vitantibus
45. — De rei divinae obturbatoribus.
46. — De malis exemplis puero non
dandis
,47. — De fallaciis mulieribus vitan-
dis
48. — De sécréta sua revelantibus. .
49. — De ob divitias vetulam ducen-
tibus
50. — De malo invidiae ex Vergilio.
51. — De nolentibus corrigi
52. — De stultis praescientiae Dei cen-
soribus. .
53. — De chorearum et saltationum
malis
54. — De periculis nocturnis stulto-
rum
55. — De iis qui propria negligunt
et aliéna curant
56. — De ingratorum turpitudine. .
57. — De propriae sapientiae confi-
dentibus
> ASCENSIUS
NAVIS STULTORUM
Fortunae vanitas 34
Cura inutilis 35
Mutuum accipere 36
Quid orandum 37
Inutile studium 38
Corripere facta Dei. ..... . . . . - 39
Judicare alios 40
Beneficiorum pluralitas 41
Différons benefacere. . 42
Observare mulieres 43
Lenocinii fatuitas 44
Stulticia gaudium stultorum. . . 45
Patiens impatiens 48
Irasci sine causa 46
Fortunae mutabilitas. . . 47
Aperte insidias ponere 49
Alienis periculis fieri sapientem. . 50
Nil curare detractiones hominum. 51
Abstrahere a bono 52
De via felicitatis 56
Transitoria praeferre aeternis. ... 53
De protervo ac spontaneo peri-
culo 55
De honestare ecclesias 54
Mala exempla parentum 57
Voluptatis incommoda 58
Sécréta tacenda 59
Nubere propter divitias 60
Invidiae proprium 61
Non velle corrigi 62
Praescientia Dei 65
Choreœ fatuitas 69
Nocte ludere in plateis 70
Negligere propria 66
De ingratis 67
Sapientiœ proprine confidere. . . 68
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NAVIS STULflFERA 283
NAVIS STULTIFERA NAVIS STULTORUM
58. — Ut omnis potentatus brcvis
vita Potentatus sœculi finis 64
59. — De improbe mendicantibus. . Mendicantes improbi . 71
60. — De potentia stultitiœ. .... Potentia fatuitatis 74
61. — De indoctorum medicorum
temeritate Medicus indoctus 63
62. — De ira muliebri . Ira muliebris 72
63. — De nolentibus intelligere jo-
cum Jocum non intelligere 78
64. — De geometrarum curiositate. . Mathematicae superstitio 76
65. — De stultis astrologis Astrologiae vanitas 75
66. — De obstinatis stultis. ..... Non velle stultitiam propriam re-
cognoscere 77
67. — De laedentibus pacificos. . . . Multos laedere 79
68. — De pigris ac desidiosis Pigritiae fatuitas 80
69. — De litigiosis et contentiosis. . De rixosis 81
70. — De turpiloquis fatuis De rurpiloquio stultorum 82
71. — De cîericis ineptis Omnes modo cupiunt clericari. . 83
72. — De se jactantibus Se jactare 84
73. — De stultis ludo intentis. . . . Ludo intenti 85
74. — De voluntariis stultorum pres-
suris Multae fatuorum pressuras. ... 86
75. — De iniquis militibus et scribis. De scribis et equitibus. ..... 87
76. — De stultis et infidis promis et
cocis Coqui et cellarii 89
77. — De rusticorum ambitione. . . Rusticorum ambitio 90
78. — De paupertatis contemptoribus.
79. — De non perseverantibus in Paupertatis contemptus 91
bono opère Non perse verare in bono 93
80. — De mortis neglectu. Mortis neglectus 94
81. — De nuncio prudenti et impru-
denti Nuncius inutilis 88
82. — De contemptore Dei Contemnere Deum 96
83. — De blasphemantibus jurande. Contra blasphematores 97
84. — De flagella Dei stulte miran-
tibus. Flagella Dei 98
85. — De stulta permutatione Fatua permutatio 99
86. — De parentum indulgentia et
liberorum malitia. ..... Honorare parentes 100
87. — De garrulitate chori Gamilitas chori 101
88. — De singularitate improbantia. Singularitas
89. — De superbia praecipue mulie-
bri Superbia 102
90. — De usurariis et fœneratoribus. Usurarii 103
91. — De optantibus ob divitias mor-
tem alterius Optare aliorum mortem 104
92. — De non observantibus dies
festos. Non observare dies festos. .... 105
93 — De his qui cum tristitia lar-
giuntur Cum tristi vultu donare. ..... 106
94» — De segni ocyo torpentibus. . . Accidia 107
95- — De extraneis et infidelibus
stultis De extraneis fatuis 108
9*>. — De relpubMcse christianae inte-
ritu De reipublicae christianae interitu. 109
97- — De sapientiae monitis Sapientia 127
— De assentatorum admissoribus
et de assentatoribus ipsis. . De assentatoribus. .... 113
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284
JOSSE BAD1US ASCENS1US
NAVIS STULTIFERA NAVIS STULTORUM
99. — De facile credentibus Facile credere. . 114
100. — De navigantium temeritate. . Periculum non vitare 122
101. — De veritatem non tacendam
tacentibus. Tacere veritatem 118
102. — De antichristi praecursoribus. De antichristo 116
103. — De falsariis rerum omnium. . De falsariis rerum omnium. . . 115
104. — De malignis bonos a vero opère
retrahentibus Retrahere a bono 119
105. — De bonorum operum negligen-
tia Bonorum operum negligentia. . . 120
106. — De via felicitatis neglecta stul-
tis De via felicitatis 121
107. — De obloquentibus bene ope-
ranti. Obloqui bene operantibus. . . . 123
108. — De comessantium obscœnitate. De epulonibus 27
109. — De stultitia mundi De larvatis fatuis 125
110. — De bonos persequentibus. . . Bonorum hominum persecutio. . 128
xn. — De voluptatis cum virtute con-
tentione. Concertatio virtutis cum voluptate. 129
112. — De fatuo mundano Fatuus mundanus 156
113. — De societate fatuorum Societas fatuorum. . 133
ERRATA ET ADDENDA
Titulus XI. — Les quatre vers : En aliquos à îavantur sont tirés de Juvénal,
Satire II.
Titulus XLIX. — Le vers : Nulla fere causa... est emprunté à Juvénal,
Satire VI.
Titulus LVIII. — Notes 1 et 2, lisez : Satire X.
Titulus LXIV. — Les six vers : Despiàam à Conjugium sont tirés de Juvénal,
Satire XI.
Titulus LXXIX, vers 11, lisez : Atque.
Titulus LXXXIII, vers 14, lisez : Quid, blasphème, Dei... ; vers 18 : castae.
Titulus XCVIII, vers 14, lisez : precor.
Titulus XCIX, vers n, lisez : Thesidœ.
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APPENDICES
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NOTICES DE JEAN TRITHÈME SUR BADIUS
Jodocus Badius Gandensis, natione teutonicus, vir in saecularibus
litteris eruditissimus, et divinarum scripturarum non ignarus, philo-
sophus, rhetor et poeta clarissimus, ingenio exœllens et disertus eloquio,
qui olim Ferrariae Baptistam Guarinum litteras graecas docentem audivit,
et in ea quoque scientia doctus evasit, Lugdunum modo eruditione sua
exornat, poetas legit publiée et privatim, plures magnatum filios ins-
truens. Scripsit carminé et prosa multa praeclara opuscula, de quibus
extant subjeeta :
Opus metricum insigne contra vitia quod praenotavit : Sylvam
moralem, li. i.
Contra Vincentium quoque li. i.
De grammatica quoque, li. i.
Epigrammata plura, li. i.
Epistolae varias,
Et alia complura.
Vivit usque hodie annos natus duos et triginta, multa et varia com-
ponens, sub Maximiliano inclyto rege, anno domini Mill. CCCCXCIII.
Indictione xii.
Liber de Scriftoribus Ecclesiasticis (i494), f OB 1 36-137.
Jodocus Badius Ascensius, oriundus ex Gandavo, homo in seculari-
bus litteris eruditissimus, et divinarum scripturarum non ignarus, philo-
sophus, rhetor et poeta doctissimus, ingenio excellens et disertus eloquio,
Vincenti infœlix quae te de...
Psalterium Mariae, sapphicis, li. i.
Quam chorus vatum ve...
288
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
qui olim Ferrari» Baptistam Guarinum litteras graecas doœntem audivit,
et in ea quoque lingua peritus evasit. Scripsit carminé et prosa multa
praeclara volumina, quibus nomen suum et memoriam posteris commen-
davit. De his extant subjecta :
Contra Vincencium de Novo Castro, liber unus.
De grammatica, lib. i.
Psalterium beat» Mariae semper Virginis, carminé saphico, lib. i.
Comportavit ex diversis auctoribus volumen insigne de viciis et virtu-
tibus, quod suis commentariis ornare enucleans Silvas morales praeno-
tavit, lib. xii.
Epigrammaton quoque et diversi generis carminum, lib. i.
Epistolas etiam tam ad me quam ad alios ornatissimas métro et
prosa pene innumeras edidit.
Alia quoque nonnulla scripsisse dicitur, quae ad manus nostras minime
venerunt. Vivit adhuc Lugdunum, Galliarum urbem, sua eruditione
illustrans, et varia scribit. Annos habens aetatis xxxiij, sub Maximiliano
imperatore, anno domini quo hase scribimus millesimo cccc.xcv, indic-
tione xiii.
Cathalogus illustrium virorum Germaniam suis tngeniis et lucubra-
tionibus omnifariam exornantium... (1495), f° 68*
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CORRESPONDANCE DE BADIUS
ET DE SES CONTEMPORAINS
Robert Gaguin a Arnold de Bost. Paris, janvier 1489. — Lettre
reproduite en partie dans la Bibliographie, t. II, p. 456.
Roberti Gaguini epistolœ, 1498 et édit. L. Thuasne.
Robert Gaguin à Arnold de Bost. Paris, 7 octobre 1493. —
« ...Ejus (Hermolai Barbari) praeclaras dotes brevi epigrammate
Badius tuus complexus est... »
Ibid.
Robert Gaguin à Laurent Bureau. Paris, 19 décembre 1496. —
« ...Sed scribere te sic intelligo ob Compendium quod de Francomm
annalibus a me nuper editum legisti; nec arbitror te secus ac sentis
scribere. Religiose enim est gravitatis a blandiciis et palpationibus esse
alienum. Conscius tamen sum quantulum temporis in ea re consumpsi.
Egrotabam profecto et fraudanti morbi gratia, noctu maxime, cum
quieti non daretur locus, feci ex longa historiarum série epithoma,
cui ita evenit ut impressorem sinistro sidere adiret, maie de litteris
merentem, et sui quidem commodi famaeque apprime incurium, cujus
utinam ignorantiae nulla me portio attingeret. Esset enim opus suis
membris atque intersectionibus multo distinctissimum : Sed quando-
quidem emissum est nulla meo honori via consuli quam altéra impres-
sione potest. Quamobrem ab integro recognitum meum laborem, et non
inutilibus appendicibus ampliatum, Lugdunensi impressori (Jodoco
Badio hortante) commisi. Itaque ex ipsius eruditione atque diligentia
spem capio impressurae melioris... »
Ibid.
Roger de Venray à Arnold de Bost, 1496. — « ...Optime Bosti,
epistolas meas distribue, si tibi placet, unicuique suam, scilicet Joanni
Bruxelle, Joanni Fernando, Roberto Gaguino, Jodoco Badio, et con-
I. 19
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290
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
signa eas, vel potius tuis epistolis concludito quibus me tam doctis
vocis comraendabis. »
Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 618 contenant deux copies de cette
lettre; voyez L. Thuasne, toc. cit., II, p. 44.
Robert Gaguin à Arnold de Bosl. Paris, 11 août 1497. • — « ...Dedi
ad Badium de nostris historiis litteras ut aliquot michi volumina mittere
festinet, quanquam id difficillimum est, tum quia nemo nisi nundinis
exactis ad nos vector commigrabit, tum quia pestilens aer Lugdunum
infestât. »
Roberti Gaguini epistola, 1498 et édit. L. Thuasne.
Robert Gaguin à Badius. s. d. (5 octobre 1497). — Reproduite
plus loin, t. II, p. 457.
lbid.
Robert Gaguin à Badius. 14 avril 1498. — Reproduite plus loin,
t. II, p. 458.
Robert Gaguin à Durand Gertier, 18 juillet 1498. — Voir plus loin,
t. II, p. 456.
Guillaume Bibaut à Badius, 1499. — Voir plus loin, t. II, p. 108.
Valerand de Varannes, 1503. — Voir plus loin, t. II, p. 243.
Jean Cornicius au lecteur, 1505. — Voir plus loin, t. II, p. 247.
Valerand de Varannes à Badius, 1508. — Voir plus loin, t. II, p. 401.
Yves Cavellat à Badius, 1508. — Voir plus loin, t. II, p. 461.
Beatus Rhenanus à l'homas Vogler. Schlettstadt, 9 juin 1510. —
« ...Caeterum Matthias noster Schurerius, cum hic nuper in aedibus meis
Jiicobi Fabri, Fortunati, Badii Ascensii et Druini, doctissimorum viro-
rum ad me litteras legisset, in bibliotheca mea venatus est... »
Adalbert Horawitz et Karl Hartfelder. Briejwechsel des Beatus Rhe-
nanus, 1886.
Erasme à Ammonio. Cambridge, 5 octobre 151 1. — « Malo quodam
genio meo non licuit tecum, cum isthic adessem proxime, congredi, mi
Andréa, nam cum primum advenirem, nihil minus suspicabar, quam te
etiamnum apud Moram agere, praesertim cum Jodocus bibliopola 1 mihi
confirmasset te jam in collegio divi Thomae versari. . »
Erasmi Opéra, Leyde, 1703-1706.
1. Nichols, The Epistles of Erasmus, 1904, pense qu'il s'agit ici de Badius et
croit que celui-ci fit, vers c-tte époque, un séjour à Londres.
APPENDICES.
291
Charles de Bouvellcs à Badins, 5 décembre 1511. - Voir plus loin,
t. II. p. 221.
Beatus Rhenanus à Jacques Lefebvrc d'Etaples, Baie, i er mars 15 12.
— «... Neque desunt apud nos viri detersa barbarie omnem Latinorum
splendorem complectentes. Habet enim inferior Germania Erasmum
Roterodamum... Habet item Jodocum Badium Ascensium, mihi sum-
mum amicum, et Hermannum Buschium Monasteriensem, Moguntia
Theodericum Gresemundum, Alsatia Jacobum Vimphelingium, Jodocum
Gallum et F. Conradum Pellicanum Ru'beaquenses, et Sebastianum
Brantum, Basilea Guilielmum Copum et Amorbachios... »
Ad. Horawitz et K. Hartfeldcr, îoc. cit.
Badins à Erasme. Paris, 12 mai 151 2. -— « Pertulit ad nos fideliter
Mauricius tuus compluria et bella et emuncta spectatae lucubrationis tuae
opuscula cum literis tuis suavissimis, hoc uno tamen subamaris quod
quanti mihi redimenda essent non indicarent; eo siquidem nomine me
penitus suspensum tenent. Nam neque teterrimam ingrati hominis notam
ob lucellum incurrere velim, neque ut commode magno mercer patienter
aemuli, qui jam praelum parant quo a me excusa reponant. Adde quod
justa fuerit aemulatio. Nam si EncMridion impressero, Theodoricum 1
offendero iic laesero, si Moriam, Gromontium, si Caesariano praelo im-
pressa, Caesarem ; ita ut catera quoque imprimere possint. Prasterea
quas maxime expetissem, si tempore allatae fuissent, Senecae Tragœdias
impressit nuper Joannes Parvus, et bibliopola quidam 2 nostras etiam
praelo nostro curavit imprimendas ad exemplarium istud Florentinum,
utinam sic recognitum. Est tamen j>ergrata mihi lucubratio tua. Nam si
meliuscule confidere rébus licebit, etiam mihi cum Tragœdiis tuis
brevi imprimam, una cum expositiunculis nostris, saltem in Senecae.
« De Ad agit s autem tuis longe nobis major spes est, et minor esset
invidia. Nam omnes sciunt ea mihi recepta ; ubi tamen audient needum
parata, vereor ad Aldinum exemplar propediem impressum iri. Impri-
muntur autem in Alemannia, si Michael Hummelbergus mihi vera
scripsit; imprimenturque, ut me vereri dixi, hic, neque deterrere amplius
valebo. Quod si anno superiori impressa fuissent, jam fere distracta
essent; et si modo imprimentur etiam minus castigate, tamen melioribus
lucrum praeripient.
« Hieronymi quoque epistolae, quotquot hactenus impressae fuerunt,
divenditae sunt ; quam ob rem, quod famam dissémina vi me abs te exem-
1. Thierry Martens, d'Alost, libraire-imprimeur à Tournai.
2. Pierre Caesaris (de Keysere), de Gand (III, p. 251). L'édition des tragédies
de Sénèque faite sur la revision d'Erasme fut imprimée par Badius en 1514
(III, p. 252).
292
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
plar castigatius expectare, vereor ut possim impressionem diffère, ubi
intelligent me nihil adhuc habere. Et rêvera nullum scio opus mihi
accommodatius aut tua professione (si recte sentio) dignius istis epis-
tolis. Proinde si qua fieri posset, velim ad natalem divi Baptistae saltem
partem habere, ut auspicari possim. Tune enîm absolventur mihi tria
praela, quorum una Copia tua primum occupabo et reliqua, si adessent,
epistolis tuis.
« Caeterum ut paucis quid pretii mecum ipse constituerim explicem,
de Adagiis, si recte memini, ad xv fl. convenimus. Habes x; reponam v
et tris pro exemplario. Libenter pro recognitione epistolarum D. Hie-
ronymi alteros quindecim fl. rescribam, et totidem pro nunc missis.
Hui, diœs, perexiguum pretium ! Nulla, f ateor, mercede possem aequare
ingenium, industriam, doctrinam, laboresque tuos; verum plucherrima
primum dii moresque dabunt isti. Meritus es optime de literis humanis
tam graecis quam latinis; mereberis hoc pacto de divinis, sanctîsque,
juvabisque Badiolum tuum, cui multa proies et praeter laborem cotti-
dianum nullum emolumentum est. Agedum, dulce praesidium nostrum,
Erasme. Rescribe aut cum Francisco Coloniensi 1 aut cum Joanne
Confluentino bibliopolis, qui istic nunc agunt et propediem hue venturi
sunt, bonam voluntatem tuam. Neque opus est selectum propterea mittere
nuntium.
« Quantum ad libros emundos attinet, Joanni Petro nihil adhuc
Lugduni allatum est Siquid habuerit a te petitum aut tua lectione
me censore dignum, Adversam, sive Handwerpiam, mittetur vel tuto,
rébus ut nunc stantibus. Dedi Mauricio tuo in viaticum duos francos.
« Sed heus, si conditionem propositam accipies, ubi voles pecunia
numerabitur, custodiamque missos libros praeter Copiant quam hoc natali
divi Baptistae premam, quemadmodum de ea convenimus, donec certior
voluntatis tuae fiam. Vale.
« Pridie Ascensionis dominicae. Pariss. 15 12.
« Imprimam, Deo secundante, qua facie monuisti et quibus cha-
racteribus omnia, etiamsi omnes mihi adversarios constituam. »
« Doctissimo et cum primis honorando oratori et theologo Erasmo
Roterodamo. »
Cette lettre, conservée en autographe à la Bibl. de Bâle, a été
publiée par P. -S. Allen, Opus epistolarum Erasmi Roter odami, t. I,
1906 ; nous en donnons ici le fac-similé.
1. D'après P. -S. Allen, il s'agit ici de François Berckman ou Werckmann, de
Cologne, libraire à Anvers. Est-ce le même que François Viremandus, colporteur
en Angleterre, dont nous avons trouvé le nom dans la lettre de Badius à Noël
Vale.
Béda? (II, p. 155.)
APPENDICES. 293
Erasme à André Ammonio, datée de Cambridge, 21 décembre 15 10,
dans Opéra Erasmi, Leyde, 17 03- 17 06, t. III, p. 105, et du 10 avril
151 1 par Nichols, mais le contexte semble indiquer qu'elle est postérieure
à la lettre ci-dessus. — Le passage concernant Badius est reproduit plus
loin, t. II, p. 416.
Jean Brouclùer à Badius, 13 juillet 151 2. — Voir plus loin, t. II,
P- *33-
Licvin vanden Cruyce à Badius, 15 12. — Voir plus loin, t. II, p. 355.
Guillaume Rapalius à Badius, 1512. — Voir plus loin, t. II, p. 439.
Guillaume de Mara à Badius, 1513. — Voir plus loin, t. III, p. 76.
Gervais Amœnus à Robert de Keysere, 1513. — - Voir plus loin, t. III,
P- 3i5-
Christian Pedersen à La go Wrtie, 14 mars 15 14. — Voir plus loin,
t. III, p. 250.
. Erasme à Pierre Gilles, 15 14. — Le passage concernant Badii.s est
reproduit plus loin, t. II, p. 424.
Erasmi Opéra.
Erasme à André Ammonio. Douvres, 10 avril 1 515. — « ... Hac de
re tuas litteras expectabo, quas ad Jodocum Badium mittes... »
ïbid.
Badius à Erasme. Paris, 20 août 15 15. — Reproduite plus loin,
t. II, p. 417.
lbid.
Nicolas du Puys, dit Bonaspes, à Badius, 15 15. — Voir plus loin,
t. III, p. 218.
Badius à Erasme. Paris, 6 juillet 15 16. — Reproduite plus loin,
t. II, p. 425.
Erasmi Opéra.
Badius à Erasme. Paris, 29 septembre 15 16. — Reproduite plus loin,
t. II. p. 426.
lbid.
Guillaume Budé à Erasme, 27 octobre 15 16. — « ...Eo die quo haec
scripsi post meridiem, Ascensius Badius deducendos ad me curavit
nobiles duos viros, alterum Neapolitanum, alterum Hispanum, quorum
nomina si tenerem huic epistolœ inseruissem; ii, amore litterarum ducti
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294
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
ad me se venisse aiebant, fama (quantulacunque est) nominis nostri
excitati. His litteras ad te daturum me spopondi, dicebant enim te videre,
ut ex iis intell exi... »
Jean Thierry à Badius, 15 16. — Voir plus loin, t. II, p. 474.
Antoine Bohier à Antoine du Prat, 15 16. — Voir plus loin, t. II,
P- 4i3-
Erasme à Badius. Louvain, 17 avril 15 17. — « Utinam, mi Badi,
fuisset tibi copia formularum graecanicarum ! Nunc capitis periculo
Basileam adiré cogor, neque enim edi potest Novum Testamentum nisi
coram adsim. Scribunt ad me optimi fratres Amorbachii Joannem cogno-
mento Parvum nescio quid minari sese excussurum opéra Hieronymi,
contempto summi Pontificis interdicto, imo neglecta omni humanitate ;
videat etiam atque etiam ne dum aliis studio nocere parât sibi ipsi
noxam accersat. Non dubito quin tibi sit cum homine familiaritas : oro
ut a tam inhumano facto coerceas. Cura ut Budseus et Faber suas reci-
piant litteras. »
Erasmi Opéra.
Charles Ofhuys à Erasme. Paris, 30 octobre 15 17. — « ... Interea
scripsit Faber enarrationem [in Paulum], quam plerisque locis uti juste
sic item amice carpis, ut ne Stapulensis ipse vel tantillum refragetur. Id
quod a paucis diebus Badius noster, dum una jentaculum faceremus,
fideliter retulit... »
Erasme à Thomas Lupset, 1517. — « ...Scripsi Badio ut te moneret
curares Galenum a Linacro versum ad me mittendum, non dono, sed »re
meo redimendum... »
Erasme à Jean Ruser. Bâle, 15 17. — « ...Postremo cum typographi
ferme sint inter se xepa^etç vix fieri potest, ut si obsequar uni, quin
alterum offendam : id quod usu venit in rursus excudenda Copia, nam
annos aliquot mihi succensuerat Badius, priusquam ofFensionis causam
possem olfacere. Quanquam illius indignatio, ut est vir optimus, citra
omnem amarulentiam, aut etiam simultatem consistit. Aufer vero mihi
ista verba ne eum ex albo tuorum expungas amicorum. Tum ego non
inhumanissimus modo sim, verumetiam ingratissimus si patiar Schure-
rium expungi amicorum catalogo... »
Ibtd.
Ibid.
Ibid.
Ibid.
APPENDICES.
295
Erasme à Badius. Louvain, 16 janvier 151 8. — Reproduite plus
loin, t. II, p, 426.
Beatus Rhenanus à Bruno Amer bac h. Bâle, 18 mars 15 18. ■ —
« Egebat Frobenius Eutropio, quem Lutetiae Badius excudit. Rogo
moneas illum ut emat... »
Ad. Horawitz et K. Hartfeldcr, loc. cit.
Conrad M ut h à Beatus Rhenanus. Gotha, n août (15 18). —
« ...Valde me delectat Suetonius tuus. Vellem eodem modo publicaretur
Quintilianus, submoto Badio et Regio... »
Pierre Gilles à Erasme. Anvers, 19 juin 15 19. — « Badius fuit
apud nos; viximus genialiter. Super Fabro Stapulensi facta est men-
tio in convivij, A œnitet se unquam Erasmum irritasse, nec responsurus
est nisi ad calendas graecas. Paulus iEmilius reliquos historiarum sua-
rum libros formulis excudendos Badio tradidit. Intelligo item Budaeum
epistolas colligere... »
Erasmi Opéra.
Guillaume Budé à Nicolas Bérault, 24 février (1520). — « ...Quod
de Frobenio et Badio scribis, tecum coram statuam... Diligo jam Badium
de typis graecis ab eo e Germania curatis, qui si in eo génère operam
nobis suam probaverit et industriam, nitar pro virili parte comminisci
quod eo pertineat... »
G. Budœi epistdœ.
Gérard Columelle à Adrien Gemellus, 29 mai 1521. — Voir plus
loin, t. III, p. 121.
Erasme à Polydore Vergile. Louvain, 23 décembre 152 1. — « ...Jam
vero quod scribis me praeter multitudinem nihil addidisse, non satis
intelligo quid sibi velit. In prima editione enumerabantur adagia ferme
octingenta, cum tu citra ducenta consisteres, nec unquam auxi munita
illa collectanea nisi semel, anno 1506, cum Lutetiae adornarem iter in
ltaliam, nam ad preces amici Badii, parantis rursus edere, adjeci
proveriola plus minus viginti, idque ex acervo multorum quem para-
Veram in Venetam editionem... »
Erasmi Opéra.
Frère Christian à Badius, 1521. — Voir plus loin, t. II, p. 156.
Robert Gray à la jeunesse studieuse. 1522. — Voir plus loin, t. II.
p. 19.
Ibiâ.
Ibid.
296
JOSSE BADIUS ASCENS1US.
Gêrauld Durand à Badius, 1523. — Voir plus loin, t. II, p. 412.
Jean Arnoullet à Badius, 1524. — Voir plus loin, t. II, p. 50.
Michel Hummelberg à Beatus Rhenanus. Ravenspurg, 13 janvier
1526. — « ...Scio alicubi vetustum Solini exemplar, licet non usque
quaque emendotum, multis tamen locis emendatius expressis ab Ascensio
exemplis... »
Ad. Horawitz et K. Hartfelder, loe. cit.
Erasme à Jacques Toussain. Bâle, 16 mai 1526. — « ...Salute mihi
Brixium, Beraldum et Franciscum Sylvium, Cyprianum et Badium... »
Erasmi Opéra.
Badius à Noël Béda y 1526. — Voir plus loin, t. II, p. 155.
Germain Brice à Erasme, 12 août 1528. — «... Talis est Gallis suis
Budaeus, qualis Germanis suis Erasmus ; quo major indignatio nostro-
rum omnium animos subit, quod hac in opinione, justa de causa, quum
sint, existiment illum abs te non tantum Badio collatum, sed et postpo-
situm. Scio Badium non esse prorsus &jj.ou<jov. Verum qualis qualis est,
talem se certe hominibus nostris hactenus probavit ut quoties de doctis
sermo inter doctos incidit, de Badio plane oOôsiç )^yoç. Illi, quod
non inficiaris, quaestus tantum, non eloquentia scopus est...
« ...Equidem quod tu mihi videaris ad collationem eam, qua de
agitur, paulo inconsideratius descendisse, optarim vel existimationis
meae detrimento aliquo redemptum esse, te, vel Budaei nomen in Cice-
roniano tuo prorsus suppressisse vel de Budaeo seorsum, quid sentires,
enunciasse, vel eundem cum alio quovis potius quam cum Badio
commisisse, ea enim una commissura adeo nostris omnibus invidiosa
est, ut multorum tibi benevolorum animos a tui studio abalienarit, ob
id quod existimant Budaeum cum Badio commissum perinde esse, ac si
quis Achillem cum Thersite committeret. Tamen illi de Budaeo, talem
item de Badio opinionem unanimes imbibere, quum tamen Budaeus ipse
mihi visus sit totam hanc fabulam, quum de ea primum inter nos
seimo incidisset, susque deque ferre; ea est enim tum prudentia, tum
animi magnitudine praeditus Budaeus ut sua omnia ad conscientiam, non
ad ostentationem référât, studiorumque suorum, non ex illius, vel illius
sermone mercedem, sed ex ipsismet studiis petat... »
Epistolœ duœ. Germant Brixii altéra, altéra Erasmi Roter odami qua
calumniam a suo Ciceroniano depellit. quam illi a quibusdam intentari
ex Brixii liieris intellexit, quasi scilicet Badium Budœo, loco quodam,
quod ad eloquenùam aitinei, scrio prœtulerit. Paris, C. Wechel, 1 528. —
Erasmi Opéra.
APPENDICES.
297
Gervais Warin à Erasme. Bâle, 16 août 1528. — «... Miram conci-
tasti tragœdiam, quod Badium ad Ciceronis phrasim Budaeo propius
accedere scripseris. Habet hic Budaeus suos, qui te epigrammatis lacé-
rant. Verum non sunt digni Caesaris ira... Budaeus habet sub praelo
Ascensiano librum cui titulus, ut intellexi : De pofrietatibus fhrasis
grœcanieœ et phrasis latinœ. Rumor est in eo libello tui fieri mentio-
nem... »
Jos. Fôrstermann et Otto Gtinther. Briefe an Desiderius Erasntus.
Leipzig, 1904.
Erasme à Louis Vives. Bâle, 2 septembre 1528. — « ... Tamen
fremunt, ut narrant, omnes Budaici, quod illum cum Badio contulerim,
cum non in alio contulerim, quam in eo quod ibi contemnendum doceo,
et quod ingénue contemnit Budaeus ipse... »
Erasmi Opéra.
Erasme à Germain Brice, 6 septembre 1528. — « ...Verum illud
praedicant crimen esse nulla purgatione diluendum, quod Budaeum cum
Badio contulerim. Primum illic non jugatim commemorantur erudito-
rum nomina, quemadmodum Quintilianus Graecos cum Latinis committit,
sed juxta regiones. Budaeus autem et Badius fors simul occurrebant,
quoniam uterque Gai lus, uterque vivit Lutetiae. Nisi forsitan hoc quoque
putant non ferendum, si in eodem catalogo recenseantur Budaeus et
Badius... Confero, sed qua tandem in re? Num in majorum imaginibus,
num in opibus, num in dignitate, num in eruditione aut eloquentia ?
Nequaquam. Tantum in cute biacteaque Ciceronianae phrasaeos, quam
ingénue negligit Budaeus, et ibi ex professo negligendam doceo,
et a summis probatissimisque scriptoribus nelgectam fuisse demonstro.
Nec aliter confero Budaeum cum Badio quam Leonardum Àretinum
contuli cum Quintiliano, Philelphum cum Plinio. Sed anteponis,
inquiunt, propemodum Badium. Nimirum in eo praefero in quo praefe-
rendus est, in quamlibet praelatus nihil officit gloriae Budaicae. Si qui-
dem hoc illic agitur, celeberrimos quosque scriptores fuisse. Ciceroni
dissimiles. Proinde quo magis antecellit eruditione facundiaque
Budaeus, quoque longiore intervallo à tergo relinquitur Badius, hoc
exemplum est aptius ad id, quod illic molior... Àlius succinit : Plus
favet Me -pari. Hoc dictum mihi profecto nequaquam contumeliosum
esse duco, sed haud scio an Badius aequo animo laturus sit Erasmum
sibi aequari. Aliis liberum erit de Badio judicare quod volunt, ego semper
illum habui in eorum numéro quorum nec eruditionem, nec ingenium, nec
studiorum suppeditasset. Verum haec mihi dicuntur extra causam. Mea
collatio, ut Budaeo est honorifica, ita nihil detrahit Badio. Contuli Bu-
daeum cum Badio, quid si Budaei lagenam cum Badii lagena contulis-
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298
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
sem? Clamarent laesam Budaici nominis majestatem. Neque enim haec
collatio magis Budaei gloriam laedit quam si lagenam lagenae compa-
rassem... »
« ...Aliis liberum erit de Badio judicare quod volunt, ego semper
illuni habui in eorum numéro quorum nec eruditionem ; nec ingenium, nec
eloquentiam possis œntemnere, tametsi non dissimulo illum longe
majorem fuisse futurum, si fortuna benignior otium ac tranquillitatem
studiorum suppeditasset... »
Epistola dua>, Germant Brixii altéra, altéra Erasmi Roteradami... —
Erasmi Opéra.
Erasme à Hcrmann comte de Nuenar (de Nova Aquila). Baie, 1528.
— « ...Et tamen si verus est rumor, sic fremunt amici Budaei, quasi in
cineres patris ac matris illius imminxerim. Clamant : ô Caelum ! ô Terra !
Budaeum cum Badio! Clamant me invidere gloriae Budaei, meque multis
epigrammatis dilacerant...
« Causa delata est et ad régis cognitionem. Volenti cognoscere dis
sidii causam, dictum est Budaeum me taxasse in loco quodam, eo me
ofFensum quaesisse vindictam, eumque cum Badio contulisse. Video
talem tumultum oriturum in studiis, qualem videmus in religione... »
Erasme à Germain Brice. Fribourg-en-Brisgau, 5 septembre 1530.
— « ...Illud tamen ingénue fateor, me a Gallorum ingeniis plusculum
expectasse gravitatis et candoris quam ibi declararunt qui, ob Budaeum
et Badium eadem charta nominatos, tantas excitarint turbas, ut ejus
vere *ouvtxoO Oopuêou rubor, veluti tinnientibus Dodonaeis lebetibus,
per utranque Germaniam, per Brabantiam, per Italiam, denique in
ipsam regiam dimanarit. Scilicet hoc erat regia cognitione dignum,
Budaeum esse collatum cum Badio...
« ...Rumor hic sparserat Badium fato defunctum, Fabrum exustum,
utrumque vanum esse gaudeo... »
Erasme à Baptiste Egnaiio. Fribourg-en-Brisgau, 1530. — «... Galli
quidam maledicis versiculis nomen meum proscindunt, quod in eadem
charta nominarim Budaeum et Badium, nec aliter indignantur quam si
illi minxerim in faciem... »
Beatus Rhenanus à Jean Hervage. Schlettstadt, 27 août 1531. —
« ... Nam alioquin insigniter eruditorum nullus erat Lutetiae. qui Mi-
Ibid.
Ibid.
Ibid.
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APPENDICES.
299
chaelem [Hummelbergium] non diligeret. In primis Jacobus Faber
Stapulensis..., Jodocus Clichtoveus, theologus, Jodocus Badius Ascen-
sius, P. Fortunatus, et similes... »
Ad. Horawitz et K. Hartfeldcr, loc. cit.
Claude de Seyssel à Pierre Gryphus. — Voir plus loin, t. III,
P- 2 59-
Badius à Jacques de Meyer. — Voir plus loin, t. III, p. 83.
PIÈCES D'ARCHIVES RELATIVES A BADIUS
ET A SA FAMILLE
I. — Contrat de mariage de Perrette Badius
avec Robert Estienne.
ç juillet 1 526.
Furent présens en leurs personnages honnorable homme M 6 Josse
Badius, marchant imprimeur libraire, bourgeois de Paris, en son nom,
stipullant en ceste partie pour Perrette, fille de luy et de Hottelye, sa
femme, d'une part, et Robert Estienne, aussi imprimeur et libraire à
l'auctorité de Simon de Colines, dudit estât, et M e Gilles Nepveu, procu-
reur au Chastelet et bailliage de Paris à ce présens, qui ont esté ses
tuteurs et curateurs, d'autre part; lesquelles parties de leurs bons
grez, etc., confessent avoir faiz, feirent et font entre eulx et l'un d'eulx
avec l'aultre les traictié, accordz, douaire, promesses, apointement et
autres choses qui s'ensuyvent, pour raison du mariage qui, par le plaisir
de Notre Seigneur, sera faict et solempnisé en saincte Eglise desdicts
Robert Estienne et Perrette; c'est assavoir ledit Badius avoir promis et
promect donner et bailler ladite Perrette, sa fille, par loy et nom de
mariage, se Dieu et nostre mère saincte Eglise s'i accordent, audit
Estienne, qui icelle a aussi promis, sera tenu et promect prendre en sa
femme et espouze le plus brief que faire se pourra, et advisé sera entre
eulx, leurs parens et amys ; en contemplation, faveur et advancement
duquel mariage, et pour à icelluy preneur ledit Badius a promis, sera
tenu, promect et gaige baillier et paier ausditz mariez futurs la somme
de mil livres tournois en ceste manière, assavoir est six cens livres tour-
nois en deniers contans le jour de leurs espousailles, deux cens livres
3° 2
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
tournois en volumes de livres de sortes et impression dudit Badius, telz
que ledit Estienne vouldra esHre et choisir, et au pris des marchans, et
les aultres deux cens livres tournois en habillemens pour l'usage de ladite
Perrette selon son estât ; et, partant, ledit Estienne doua et doue ladite
Perrette sa femme future de douaire coustumier, pour icelluy avoir et
prandre si tost, etc., et dedans la première année dudit mariage et après
la consommation d'icelluy, mil livres tournoiz de telz biens qui seront
trouvez estre communs entre eulx au jour du trespas, et selon la prisée
qui en sera faicte d'iceulx biens par l'inventaire qui s'en fera, etc., obli-
geant, etc., y renonçant, etc. Faict et passé l'an mil cinq cens vingt six,
le lundi ix juillet.
[Au dos :] Ledit Robert Estienne confesse avoir receu dudit M e Josse
Badius, à ce présent, la somme de mil livres tournoiz, qui lui avoient et
ont esté promis, etc. 1 .
Minutier de M e Vassal, notaire à Paris, liasse 8. Publié en extrait
par M. Coyecque dans le Bulletin de la Société de V Histoire de Paris et
V Ile-de-France y 1894, pp. 43 et 44, et in extenso par M. Stein dans les
Mémoires de la même Société {Documents inédits sur les Estienne,
t. XXII, 1895).
II. — Contrat passé entre Jacques Colin et Badius, pour la
vente et l'impression du thucydide et du dlodore de
Sicile.
28 mars 1528.
Furent presens en leurs personnes honnorable homme et saige maistre
Nicole Berault, advocat en la court [de] parlement, ou nom et comme
procureur de noble homme et saige maistre Jacques Colin, secrétaire de
la Chambre du Roy noestre sire, souffisamment fondé de procuration,
desquelles la teneur ensuit et est telle :
Noble homme et saige, etc..
oud. nom, dune part;
et honnorable homme maistre Josse Badius, marchant libraire juré
1. Le nom de Badius se trouve encore mentionné dans quelques actes du
Minutier publié par M. Coyecque : Inventaire d'Yvonnet Simon, libraire et
relieur, de la fin de l'année 1519, reconnaissance de Badius à Yvon Amer,
breton, d'un dépôt de 19 1. 10 s. t. (n e 106) ; Inventaire après décès de Pierre
Barthomier, écuyer, sieur d'Olivet et d'Antoinette de Gannay, sa femme, recon-
naissance de Badius à Germain Rouzé ou Roze, libraire, de 30 1. t. au profit
d'Antoinette de Gannay, avril 1522 (n° 261) ; en décembre 1522 il figure en qua-
lité de paroissien de Saint-Benoît-le-bien-Toumé, à l'acceptation d'un legs fait
par Antoinette de Gannay (n° 340).
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APPENDICES.
303
en l'Université, et imprimeur de livres, bourgeois de Paris, pour luy et
en son nom, d'autre part ;
disais lesd. parties et mesmement led. Badius, que despieca led.
Colin luy avoit faict imprimer douze cens vingt cinq volumes d'un livre
appellé Thuciàides, pour l'impression et papier desquelz douze cens ung
quarteron led. Colin devoit payer led. Badieus selon le pris convenu
entre eulx, duquel pris n'en auroit led. Colin faict aucun payement ne
solucîon aud. Badius, à tout le moins bien peu, tellement qu'il auroit
achevé de imprimer lad. quantité de livres sans en avoir entier payement
dud. Colin, à cause de quoy estoit deue aud. Badius grosse somme de
deniers pour lad. impression et papier; et que, pour avoir payement
d'icelle, auroit led. Badius mis en vente par le commandement dud.
Colin lesd livres ; desquelz il ne povoit avoir délivrance ne débit, atendu
le hault pris à quoy ilz estoient, mais que neantmoins il en avoit venduz
aucuns, tellement que de lad. somme à luy deue, tant pour lad. impres-
sion et papier que pour deux feuillez dud. livres qui ont esté refaictes
et pour l'escripture d'une copie de correcta de ung livre appelé Diodore,
pour laquelle il a desbourcé unze livres treize solz tournois, luy est
encore deue la somme de deux cens vingt livres tournois; de laquelle
somme de deux cens vingt livres tournois led. Badius entendoit avoir
payement et en estre payé dud. Colin, parce que au moyen du hault pris
à quoy led. Colin avoit commendé vendre lesd. livres led. Badius eust
esté longtemps à en estre remboursé, qui seroit au grant dommaige
d'icelluy Badius, ainsi que led. Badius luy avoit faict dire et remonstrer ;
et aussi que le voulloir et intention dud. Colin estoit faire imprimer cy
après, l'un après l'autre, led. livre de Diodore Secule, avec les livres de
V Histoire ecclesiasticque et Justin ; et que préalablement que iceulx
commencer à imprimer, il voulloit estre payé de lad. somme de deux
cens vingt livres tournois restant comme dit est;
finablement led. Berault, oud. nom, et Badius, pour obvier aud. dom-
maige et perte d'icelluy Badius, et aflîn qu'il puisse estre plus tost
ermboursé d'icelle somme de deux cens vingt livres tournois, confessent
avoir faict entre eulx les accords, convenances, promesses, obligacions et
aultres choses qui s'ensuivent, c'est assavoir led. maistre Nicole Berault,
oud. nom, avoir voulu, consenty et accordé, permis et permect aud.
Badius qu'il puisse et luy loyse doresnavant vendre, débiter et ademerer
chascun livre dud. Thucydides pour vingt solz tournois pour la reste
ensemble mil cent vingt neuf livres, pour le[s] deniers qui viendront de
la vente d'iceulx, estre par led. Badius receuz, tant pour le payement
desd. deux cens vingt livres ournois que pour et sur l'impression desd.
livres de Diodore Sicule, Y Histoire ecclésiastique et Justin, que led.
Colin veult et entend faire imprimer cy après, comme dict est; lesquelz
304
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
touteffoys led. Badius ne sera tenu commencer à imprimer sy non et
jusques à ce qu'il soit entièrement payé et rembourser desd. deux cens
vingt livres tournois, aud. pris de vingt solz tournois pour chascun livre ;
et sy tost qu'il en sera remboursé, sera tenu commencer à imprimer ung
des autres livres dessud., comme ledit Thucidides, au mesme nombre,
papier, lettre et volume et autant de feuilles que contient led. Thuci-
dides, qui est de cent quarante neuf feuilles chascun livre, pour dix
solz tournois chascun volume, pour impression et papier, duquel pris il
en sera payé sur led. Thucidides ; et ne sera tenu led. Badius com-
mencer à imprimer ung autre livre que préalablement il ne soyt payé
et satisfaict de celluy qu'il aura imprimé, sur lesd. Thucidides, qui pour
ce faire luy demeurent entre ses mains ; et sy tost qu'il en sera payé, sera
tenu led. Badius en commencer à imprimer ung autre sur lesd. mil cent
vingt neuf livres de Thucidides restans desd. douze cens ung quarte-
rons, sy tant ilz y peuvent fournir; pour lesquelz livres dessusd. imprimer
sera tenu led. Colin fournir des coppies correctes à ses despens; et sy
il en voulloit faire faire et imprimer en perchemyn, il sera tenu fournir
le parchemyn nécessaire à sesd. despens, sans ce que led. Badius soit
tenu le fournir ; et pour scavoir par led. Colin si lesd. Thucidides four-
niront à lad. impression desd. livres, sera tenu led. Badius sans fraulde
ne malice luy monstrer le nombre de ceulx qu'il aura venduz et débitez;
car ainsi, etc., promettant, etc., obligeant chascun endroy soy ésd.
noms, etc., renonçant, etc.
Faict doubles le samedi xxviii 6 jour de mars l'an mil cinq cens vingt
sept, avant Pasques.
Publié in extenso par M. Coyecque dans la Bibliothèque de VÊcole
des Chartes, 1894, pp. 509 et ss.
III. — Titre nouvel pour la maison de la Salamandre,
rue Saint-Jacques.
Titre nouvel passé pour la maison de la Salamandre, rue Saint-
Jacques, située entre l'image Saint-Nicolas et les Quatre Fils-Hémon,
par les héritiers de maître Josse Badius, en son vivant marchand libraire :
Jean de Roigny, libraire, Jérôme Aleaume, bonnetier, Robert Estienne
et Michel de Vascosan, libraires, tous quatre ses gendres, Roigny et
Estienne agissant aussi comme tuteurs de ses enfants mineurs. Jean de
Roigny a déclaré que la maison a été mise en vente et adjugée aux
religieux de Fromont.
Archives Nationales, Qi 10992^ fol. 112 v°.
17-iç mars 153Q.
APPENDICES.
305
IV. — Tuition a Jacques et Pierre de Vascosan.
23 novembre 1552,
Nomination de Jean de Roigny comme subrogé tuteur à Jacques et
Pierre, enfants de Michel de Vascosan et de feue Catherine Ba-
dieulx (sic). Le conseil de famille est composé de leur père, de maître
Fédéric Morel, beau-frère, Jean de Roigny, Denys de Sauve, Jacques
du Puys, oncles maternels, Guillaume Merlin et Jean Foucher, voisins.
Archives Nationales, Y 5249, f° 231 v°.
V. — Succession de Robert Estienne.
30 octobre 155Q
Spectables Jean Calvin et Jean Maccard, ministres du sainct Evan-
gile, à Genève, spectable Germain Colladon et Laurent de Normandie,
docteur ès droits, honorable Conrad Badius, oncle maternel des enfants
de Robert Estienne, et curateur de François Estienne, rendent une sen-
tence arbitrale relative à la succession de Robert Estienne.
Arch. des notaires de Genève, minutes Ragueau, vol. III,
fol. 242-267.
Publié par M. Stein, loc. cit.
VI. — Requête par Michel de Vascosan pour obtenir la restitution
de livres saisis sur Marguerite Vaillant.
30 janvier 1563.
Michel Vascosan, libraire, curateur de Baptiste Dupuys, fils mineur
de feue Catherine (sic ) Badius et de Jacques Dupuys, libraire, et Mar-
guerite Vaillant, âgée de 17 à 18 ans, femme légitime dudit Jacques
Dupuys...
Archives Nationales. X1A. 1604, fol. 235.
VII-VIII. — Oppositions mises par les créanciers
de Charles Estienne sur une maison et un clos lui appartenant.
7 novembre 1564,
Robert, François et Charles Estienne, frères, enfants de feu Robert
Estienne et de Perrette Badde, sa femme, pour leur compte de tutelle.
Archives Nationales, Y 3461, fol. 315 v°.
I. 20
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306
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
ç mars 1565.
Jean Anastaze et Jeanne Estienne, sa femme, Etienne Anastaze et
Catherine Estienne, sa femme, héritiers de Perrette Bade, jadis femme
de feu Robert Estienne, pour leur compte de tutelle.
Archives Nationales, Y 3463, fol. 129.
Jean Anastaze, faiseur de taffetas et velous, Etienne Anastaze, maître
imprimeur, frères, bourgeois de Genève, mariés à Jeanne et Catherine
Estienne, François Estienne, maître-imprimeur, bourgeois de Genève,
marié à Blanche de Corquilleret, vendent pour 1 000 livres tournois à
Robert Estienne, imprimeur du roi, leur frère, leur part dans la succes-
sion de leur mère, Perrette Badius, femme de Robert Estienne, impri-
meur du roi.
Archives Nationales, Y 105, f° 82 v°.
Publié par M. Stein, loc. cit.
Arrêt de la Cour de Parlement obligeant Michel Vascosan à déli-
vrer à Robert Estienne, imprimeur du roi, Jean et Etienne Anastaze, à
cause de Jeanne et Catherine Estienne, leurs femmes, les meubles, tanc
presses, caractères que marchandise de livres et autres délaissés de la
succession de Perrette Bade, leur mère, détenus par ledit Michel Vas-
cosan, leur oncle.
Archives Nationales, X1A. 161 1, fol. 291 v°.
Publié in extenso par M. Stein, loc. cit.
XI. — Reconnaissance de la propriété de trois maisons
par Michel de Vascosan.
...Et sur lesdits biens tant dudit Vascosan et Catherine Bade, sa
femme, que de Denis Desauves, marchand apothicaire et espicier, et
Marie Bade, sa femme...
Bon Pichon et Vicaire, Documents -pour servir à l'histoire des libraires
de Paris, 1895, p. 108.
IX-X. — Succession de Perrette Badius.
5 février 1564.
25 janvier 1565.
26 juillet 156g.
APPENDICES.
307
XII. — Supplique de Fédéric Morel relative a la maison
des Trois-Bourses, rue Saint-Jacques.
Supplient humblement Fédéric Morel, imprimeur ordinaire du Roy,
et Jehanne Vascosan, sa femme, fille et héritière de feu Michel Vascosan,
marchant libraire et imprimeur juré en l'Université de Paris, et de feue
Catherine Bade, femme en premières noces dudh Vascosan...
Archives Nationales, Ql 1133IB.
Publié in extenso par M. J. Dumoulin, Vie et œuvres de Fédéric
Morel, 1901, pp. 155-156.
XIII. — Reconnaissance de la propriété de trois maisons
par Fédéric Morel.
...Sur ces héritages qui ont appartenu à défunt honorable homme
Michel de Vascosan,... et autres biens qui ont aussi appartenu tant audit
feu Vascosan qu'à Catherine Bade, jadis sa femme, et à Denis de Sauves,
marchand apothicaire, et Marie Bade, sa femme...
Archives de Brûlé, notaire.
Bon Pichon et Vicaire, loc. cit., p. 169.
17 mat 1577.
30 juillet 1580.
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ÉPITAPHES DE BADIUS
I. — Epitaphe de Badius, de Michel de Vascosan
ET DE FÉDÉRIC I er MOREL.
gravée sur leur tombe à t église Saint-Benoît.
Viator qui bonas artes piasque amas,
Siste. Hic quiescunt subter illustres viri.
Jacet Jodocus hic Badius Ascensius
Candore notus scriptor et scientia.
Gêner Jodoci Vascosanus prope situs est
Dcxtossimorum tôt parens voluminum,
Socer Morelli Régis olim interpretis :
Musarum alumni quae gemunt hic conditum
Fœdusque Federici ademptum sibi dolent
Très cippus unus hic tegit cum uxoribuù
Lectissimis et liberorum liberis.
Hos Christus olim dormientes suscitet
Ad concinendum Trinitati almae melos.
Federicus Morellus Paris, professor et interpres regius; Federici
Morelli nobilis génère Campani, regii quoque interpretis, filius; Michaelis
Vascosani scutiferi Ambiani nepos; Jodoci Badii illustris Belgae prone-
pos; marmoreum hoc epitaphium patris, avi, proavi memoriae sere suo
posuit : ejusdem cum Deus vocans volet, tumuli compos fîeri optans, èv
ftew zvzlmç. Anno salutis 1603.
( Pictura Jodoci Badii)
B. Q. V. M. S.
D. O. M.
(Pictura ejus uxoris
TheUf Trechsel)
i. x. e. r. 2.
3 io JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
Qui Morellus unus erat e duum-viris togatis hujus aedis sacrae D. Bene-
dicti rcapoixCaç yXaÇocpiAàtxew praefectus.
Bruté. Chronologie des Curés de Saint-Benoit, p. 43 ; La Caille,
Histoire de V Imprimerie, p. 75, etc.
IMII-IV. — Epitaphes de Badius
composées par Henri Estienne.
JODOCI BADII EP1TAPHIUM
Hic liberorum plurimorum qui parens
Parens librorum plurimorum qui fuit,
Situs Jodocus Badius est Ascensius.
Plures fuerunt liberis tamen libri
Quod jam senescens cœpit illos gignere,
-dEtate florens cœpit hos quod edere.
EJUSDEM ALIUD
Hac tumulatus humo sibi qui, jam fessus ab annis,
Sponte typographicum congeminavit omis;
Luci dum libros, librisque ferentia lucem
Scripta sui fœtus tradidit ingenii.
Quae digna esse sua nobis est laude fatendum
Digna suo ut saeclo nemo negare potest.
IOAQXOV BAAIOV »£niïA*ION
Keïvoç 6 xal Moucat; xxl "ApTjï 7repio<J<jà 7rovifj<ja;
Ilapt(7uo Ba^toç xeuOerat év £<X7ré£<jr
BiëXouç [jiv Mou<7at<7iv, "Apy)£ 8i apcevx; utov;,
v Epyava eip7)vr,ç, Ipyava xal ttoX^uou.
Kal Toiyjx Srxe 7rary)p focov xaiScovre ptê>.wvTe,
'Et, 5tc fitêXoToxetv, -fîp^aTo iravSoTOxeiv.
Artis typo graphie œ quœrimonia.
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LES DESCENDANTS DE BADIUS
De son mariage avec Hostelye Trechsel, Badius eut au moins huit
enfants :
i° Un fils mort en août 1526.
2 0 Perette, mariée par contrat du 9 juillet 1526 à Robert (l w ) Estienne,
libraire-imprimeur (1503 + 1559), dix enfants, dont :
i° Henri (II) Estienne, libraire-imprimeur à Paris et à Genève
(1528 + 1598), marié trois fois, à Barbe de Will, Marguerite
Pillot et Abigaïl Pouppart; quatorze enfants, dont :
i° Paul Estienne, libraire-imprimeur à Genève, marié à
Marie Rouy; huit enfants, dont :
i° Antoine Estienne, libraire-imprimeur
(1592 + 1674), marié à Jeanne Le Clerc; six
enfants, dont :
i° Henri (III) Estienne, libraire-imprimeur
(1631 + 1661), marié à Anne Papillon.
2 0 Joseph Estienne, imprimeur à La Rochelle
de 1603 à 1609.
2 0 Judith, mariée le 24 avril 1580 à François le Preux,
libraire-imprimeur à Paris et en Suisse.
2 0 Robert (II) Estienne, libraire-imprimeur de 1556 à 1571, marié
à Denyse Barbé, deux enfants, dont :
i° Robert (III) Estienne, imprimeur de nom, sinon de
fait, de 1604 à 1632.
3 i2 JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
3° François (II) Estienne, libraire-imprimeur à Paris et à Genève
de 1561 à 1582, marié deux fois, à Blanche de Corquilleret et
à Marguerite Cave, dont il eut, dit-on :
i° Gervais Estienne, libraire de 1612 à 1627, marié à
Denyse Pailleaux.
2 0 Adrien Estienne, libraire de 1614 à 1627, marié à Marie
Chastellain, dont :
i° Jérôme Estienne, libraire } né le 10 septembre 1630,
exerce en 1637.
3 0 Adrienne, mariée le 14 février 1635 à Jacques Palfart,
libraire y qui exerce à partir de 1636, dont :
i° Marie, mariée à Denis Crevier, libraire, qui
exerce à partir de 1658, dont :
i° Guillaume Crevier, libraire à partir
de 1686, dont :
i° Claude-Pul chérie, mariée le 2 3 avril
17 11 à François Boullet, libraire,
qui exerce à partir de 171 1.
2 0 Une fille mariée à Nicolas Trudon, libraire,
qui exerce de 1701 à 1750.
4 0 Catherine, mariée en premières noces en 1559 à Etienne Anas-
taze, libraire-imprimeur à Genève, en secondes noces à Louis
Pacquelin, notaire à Paris.
3 0 . Jeanne, mariée à Jean de Roigny, libraire-imprimeur^ qui exerce
de 1526 à 1565; sept enfants, dont :
i° Michel de Roigny, libraire-imprimeur (1544 + 1 571), marié à
Marie du Buisson, cinq enfants.
2° Jean de Roigny, mercier-grossier, marié à Louise Laguette.
3 0 Marie, mariée à Pierre (I er ) Lhuillier, libraire-imprimeur, qui
exerce de 1566 à 1602 ; dix enfants, dont :
i° Olivier Lhuillier, libraire, exerce en 1589.
2 0 Pierre (II) Lhuillier, libraire-imprimeur, né le I er sep-
tembre 1566.
4° Charlotte, mariée à Jean Vaillant, drapier.
5 0 Hostelye, mariée à Nicolas Gaillard, drapier.
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APPENDICES.
4° Catherine, première femme de Michel de Vascosan, libraire-im frimeur,
qui exerce de 1530 à 1577 ; cinq enfants, dont :
i° Jeanne mariée à Fédéric (I er ) Morel, libraire-imprimeur,
qui exerce de 1557 à 1583, dont :
i° Fédéric (II) Morel, libraire-imprimeur (1558 + 1630),
marié à Isabelle du Chesne; dont :
i° Charles Morel, libraire, né le 6 janvier 1612.
2 0 Gilles Morel, libraire, exerce de 1639 à 1648,
marié à Marie du Fautrey.
2 0 Claude Morel, libraire-imprimeur, qui exerce de 1579
à 1626, marié à Jeanne Henri.
5° Marie, mariée à Denis de Sauves, apothicaire.
6° Madeleine, mariée à Jérôme Aleaume, bonnetier; dont :
i° Philippe Aleaume, drapier-chaussetier.
2 0 Jeanne, mariée à Jean de Cabre, drapier-chaussetier.
7 0 Catherine ou Marie, première femme de Jacques du Puys, libraire, qui
exerce à partir de 1 545, dont :
i° Jean-Baptiste du Puys, né le 24 février 1554.
8° Conrad Badius, libraire-imprimeur, exerce à Paris en 1545, à Genève
en 1549, à Paris en 1562, meurt à Orléans en octobre 1562.
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TABLE DES NOMS CITÉS
DANS LE PREMIER VOLUME
Abres (Jean cT), 172.
Abrianus (Désiré) [Dabry?], 190.
Accijuoli (Zénobe), 102.
Acton (Jean), 169, 185.
Adon (Saint), 79, 187.
Adrien VI, pape, 83, 35, 86, 188.
uEdicollius (Servais), 102.
jEmilius Probus, 81.
Agr^etius, 137.
AlMOIN, 8l, 187.
Alain de Lille, io, 144, 154, 158.
Albert de Saxe, 83, 86.
Alde, voyez Manuce.
Aleandre (Jérôme), 188, 194.
Aleaume (Jeanne), 313.
Aleaume (Jérôme), 35, 40, 70, 304,
313.
Aleaume (Marie), 35.
Aleaume (Perrette), 35, 70.
Aleaume (Philippe), 313.
Alemannus (Frédéric), 160.
Alexandre de Villedieu, 20, 24, 72-
74, 77» 90» 92, 93. i<>5- 10 7> " 2 » "3.
115, 116, 119-125, 128-134, 137-139,
169, 180, 183, 185, 189, 190, 192-
194.
Alexandre (Clément), 21, 183.
Alexandre (Jean), 20, 21, 183.
Alexandre (Ladislas), 21 , 183.
Alexandrei (Marc), 11, 168, 181, 182.
Aliate (Alexandre), 39, 40.
Allegrin (Louis), 190.
Alleman (Laurent), 190.
Allen (P. -S.), 292.
Alphonse de Castro, 99.
Amboise (Georges d'), 170.
Ambroise (Saint), 76, 78, 92, 99.
Amelius (Jean), 191.
Amer (Yvon), 302.
Amerbach (Les), 291, 294.
Amerbach (Bruno), 295.
Ammonio (André), 293.
Amœnus (Gervais), 170, 293.
Anastaze (Etienne), 306, 312.
Anastaze (Jean), 306.
André (Valère), 3.
Andrelini (Fausto), 74, 75, 79, 80,
82-87, 89, 90, 100, 170-172, 184, 193,
194.
Anglicus (Michel) [Langlois?], 74,
170.
Antoine de Padoue (Saint), 64, 89,
90, 95, 189, 194.
Apulée, 86, 171.
Aristote, 69, 76, 83, 85, 86, 92, 96,
IO °, 155, 182, 188.
Armand de Bellevue, 64, 88.
Arnoullet (Jean), 92, 137, 190, 296,
Asche (Van), 5-7.
Asola (André d'), 29, 30.
Asper Junior, 137.
Aubry (Bernard), 60, 85.
Augustin (Saint), 12, 82, 84, 85, 168,
171, 182, 183.
Aulu-Gelle, 78, 85, 88, 92, 95, 96,
98, 99» US» 154, 173, 188, 189, 191»
194.
Aungerville (Richard de Bury), 20,
183.
Aurillac (Clément d'), 10, 181.
Ausone, 78, 80, 84-86, 91, 100, 187.
AVICENNE, 12, 15, 83.
Avit (Saint), 65, 76.
Axel (Corneille et Pierre d'), 184.
Bade, 6, 7.
Bade (Jean), 4, 35.
Badieulx, 7.
Badio, 7.
Badius (Catherine), 34fi 305-307, 313.
Badius (Catherine), 34, 305, 313.
Badius (Conrad), 7, 32, 33, 46, 305,
313.
Badius (Fils aîné de Josse), 31, 32,
55» 3".
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JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
Badius (Jeanne), 33, 312.
Badius (Josse), passim.
Badius (Madeleine), 35, 312.
Badius (Marie), 35, 306, 307, 313.
Badius (Marie), 35, 313.
Badius (Perrette), 33, 301, 302, 305,
306, 311.
Balbi (Jean), 73, 113, 118, 134, 139,
169, 185.
Baligault (Félix), 22.
Bandello (Vincent), 9.
Baptiste de Mantoue, 10, 16, 17, 64,
7 1 » 72, 74-76, 79, 80, 85, 101, 142-
144, 147, 148, 154-156, 158, 163,
168, 170, 171, 182-187, 191.
Barbaro (Ermolao), 167, 172, 289.
Barbaro (François), 80, 81.
Barbé (Denyse), 310.
Barbé (Thomas), 64, 89.
Barbier (Jean), 23.
Barthélémy (Nicolas), 64, 101.
Barthoi.d (Jean), 186.
Barthomier (Pierre), 302.
Basile-le-Grand (Saint), 73, 74, 80,
89, 9i> 9 2 > 97, ioi, 185, 187, 189.
Baudoin ou Boudins (Jean), 20, 150.
Baudouyn (Jean), 46.
Bauw (De), 5, 6, 7.
Baventio, 91.
Bayle (Pierre), 3.
Bebel (Henri), 110, 118.
Béda (Noël), 19, 28, 57, 88, 89, 93,
95, 2 96.
Bede (Saint), 76, 90, 99, 101, 189.
Beek (Hcrmann van), 118.
Bembo (Pierre), 93, 96, 99.
Benoit (Saint), 64, 101.
Berckmann ou Werckmann (Fran-
çois), 292.
Bernard (Auguste), 147.
Bérauld (Niolas), 25, 58, 186, 295,
296, 302-304.
Béroalde (Philippe), l'aîné, 8, 71-72,
74, 75, 78, 80, 82, 84, 87, 92, 101,
140, 149, 151-153» I 55' I 57, 168, 181,
184.
Berquin (Louis de), 25, 187, 188, 189,
194.
Bertaud (Jean), 66, 70, 96, 191.
Bésin (Hervé), 21, 145, 183, 193.
Bibaut (Guillaume), 189, 190, 290.
Bibaut (Jean), 169, 185.
Blaublom (Louis), 5, 55.
Bocard (André), 12, 14, 15, 20, 22,
23, 180, 186.
Boëce, 16, 142, 146, 154, 155, 164,
182, 184, 192, 193, 194.
Boethius (Hector), 91, 93, 101, 172.
Bohier (Antoine) 188, 294.
Bohier (François), 188.
Bohier (Thomas), 153.
Bolognini (Jacques), 153.
Bonaventure (Saint), 64, 89, 189,
192.
Bonciario (Antoine), 141, 142.
Bonnemère (Antoine), 23, 61, 79.
Bordier (Jean), 186.
Borne (Thierry de), 46.
Bost (Arnold de), 9, 13, 15, 16, 182,
289, 290.
Bouchard (Amaury), 66, 90.
Bouchet (Les frères), 46.
Boudet (Michel), 188, 189, 193, 194.
Bouelles (Charles de), 7S-82, 89, 91,
101, 291.
Bouillon (Martin), 193.
Boullenc (Jacques), 87, 171.
Boullet (François), 312.
Bourbon (Louis de), 188.
Boussard (Geoffroy), 76, 78.
Bracelli (Jacques), 66, 89.
Brach (Jean), 60, 72, 145.
Braets (Baudoin), 187.
Brant (Sébastien), 13, 147, 158, 159,
160, 196, 216, 291.
Breera (Wolfard de), 185.
Breuille (Raoullet), 40.
Brice ou de Brie (Germain), 4, 27,
31, 79, 93, 296-298.
Briçonnet (Guillaume), 186.
Brieure (Anselme de), 21, 182, 183,
192, 193.
Briselot (Jean), 21, 182.
Britannico (Jean), 140, 147.
Brouchier (Jean), 89, 134, 147, 170,
186, 293.
Bruni (Léonard), Arctinus, 78, 297.
Bruno (Saint), 70, 91, 1,90.
Bruté (l'Abbé), 3, 30, 310.
Bruxelles (Jean de), voyez Mau-
burne.
Bry (Henri de), 57.
Budé (Dreux), 189, 191.
Budé (Guillaume), 2, 24, 26, 27, 29,
30, 66, 68, 69, 75, 81, 84, 89-98,
101, 156, 186, 189, 192, 194, 293-295,
297, 298.
Budin (Claude), 89, 101, 171.
Budt (Adrien de), 167, 172.
Buisson (Robert), 100, 126.
Bulut (Jean), 121, 190.
Bureau (Laurent), 10, 13, 16, 20, 181,
182, 183, 289.
Buridan (Jean), 86, 188.
Bury (Pierre de), 42, 71-74, 95, 101,
150-152, 155, 156, 167, 169, 170,
184, 185, 191.
Busche (Hermann de), 291.
Byel (Gabriel), 89.
Cabre (Jean de), 313.
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TABLE DES NOMS CITES.
Cïsaris (Pierre), 42.
Cesaris, voyez Kevslre.
Cajetan (Daniel), 153.
Calepino (Ambroise), 75, 77, 83, 134,
135. 139-
Calphurnius, 155, 169, 184.
Calvin (Jean), 31, 305.
Cangey (Mathurin de), 185.
Cannifius (Gérard), 118.
Carpentier (Jules-Simon), 126.
Carteromachus, voyez \ ortiguerra.
Casper, 137.
Castro (Alphonse de), 99.
Caton (Dionysius), io, 65, 83, 91, 93,
99, 134, 144, 154, 158, 190.
Caton l'Ancien, 95.
Catulle, 109.
Caubraith (Robert), 84, 171.
Cave (Marguerite), 312.
Cavellat (Yves), 170, 290.
Ceneau (Robert), 191.
Chalançon (François, Christophe,
Claude et Louis), 191.
Chalcidius, 88.
Chambon (Claude), 189.
Champier (Symphorien), 65, 81, 83,
86, 170, 171.
Chappuis (Nicolas), 78, 80, 82.
Chappusot (Nicolas), 185.
Chastellain (Marie), 312.
Chaudière (Hostelye), 31.
Chaudière (Regnault), 31, 41.
Chaussard (Barnabé), 193.
Chevallon (Claude), 60-62, 73, 77,
92, 186.
Chevillier, 3, 137.
Chonnoé (Roger), 11, 181.
Christian (Frère), 295.
Cicéron, 18, 20, 26, 28, 74, 75, 77,
78, 90-93, 95-101, 109, 110, 112, 114,
118, 125, I37-Ï39* x 4 2 > «48, 154» x 55>
174, 182-186, 189, 191-194.
Claudin (Anatole), 22, 40, 195.
Clauso (Jean de), 193.
Clein (Jean Schwab, dit), 16, 17.
Clément VIT, pape, 191.
Cleofilo, voyez Ottavio.
Ci erici (Hubertin), 149.
Clichtove (Josse), 3, 125, 299.
Coberger, voyez Koberger.
Coblencz (Jean I èr de), 20-23, 47, 60,
62, 71, 75» 79-
Coblencz (Jean II de), 21, 183, 292.
Colin (Jacques), 58, 59, 65, 83, 302-
3°4.
Colines (Simon de), 33, 301.
Columelle, 95.
Columelle (Gérard), 295.
Conrad (Michel), 60, 86.
Cop (Guillaume), 291.
Cope (Antoine), 185.
Cornélius Gallus, 71.
Cornélius Frontonianus, 137.
Cornicius (Jean), 290.
Coronel (Antoine), 137.
Corquilleret (Blanche de), 312.
Cortese (Paul), 80.
Coster (Jean de), 118.
Covasrubias (Pierre), 88.
Coyecque (Ernest), 33, 56, 58, 59, 61,
302, 304.
Crespin (Jean), 150.
Crespin (Nicolas), 24.
Crevier (Claude-Pulchérie), 312.
Crevier (Denis), 312.
Crevier (Guillaume), 312.
Crinito (Pierre), 75, 77, 80, 88, 92,
100, 170, 185.
Crombrugghe (Victor van), 6, 61, 62,
77.
Cruyce (Liévin vanden), 78, 107, 114,
139, 170, 293.
Cusa (Nicolas Chrypffs, de), 81.
Cyprian (Caecil), 296.
Damase (Saint), 152.
Dandolo (Marc), 81, 187.
Danès (Pierre), 25, 137, 190.
Danfrie (Philippe), 40.
Darques (Nicolas), 170.
Dars (Antoine), 183, 192.
Dassonneville (Jacques), 188.
Dati (Augustin), 20, 73, 75, 101, 106,
109, 110, 112-114, 118, 125, 126, 138,
139, 147, 169, 183, 192-194.
Delft (Gilles de), 71, 74, 155, 169.
Delisle (Léopold), 4.
Deloynes (François), 171.
Démosthène, 69, 96, 98.
Des Maistres (Martin), 87, 90.
Despautère (Jean), 31, 79-90, 92-96,
98, 106, 114, 116, 118, 126, 136, 139,
187, 192.
Des Prés (Nicolas), 22, 23, 47, 51,
135.
DlOMÈDE, 95, 137, 139.
Dives, voyez Rijcke (De).
Divry (Jean), 188.
Donat, 95, 114, 137, 139, 149.
Dorigny (Nicolas), 188.
Dorlandus (Pierre), 20, 178.
Dorp (Martin van), 92.
Droyn (Jean) 3, 7, 159, 195, 216, 390.
Du Bois (Antoine), 188.
Du Bois (François), 25, 84, 86, 89, 91,
93, 148, 296
Du Bois (Jean), 171.
Du Buisson (Marie), 312.
Du Bus (Charles), 34.
Du Chastel (Guillaume), 73.
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3««
JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
Du Chesne (Isabelle), 3n.
Du Chesne (Nicolas), 21.
Du Fautrey (Marie), 313.
Du Maine (Guillaume), 189.
Du Moulin (Jean), 190.
Dumoulin (Joseph), 307.
Duns Scot, 87, 88, 102.
Du Prat (Antoine), 172, 189, 190,
294.
Du Prat (Antoine), 190.
Du Prat (Guillaume), 190.
Du Prat (Thomas), 189, 191.
Du Pré (Galliot), 60, 96.
Du Pré (Jean II), 60-62, 87, 88.
Du Puys (Edmond), 189.
Du Puys (Guillaume), 171.
Du Puys (Jacques), 33, 35, 305, 313.
Du Puys (Jean-Baptiste), 305, 313.
Du Puys dit Bonaspes (Nicolas), 25,
137, 188, 293.
Durand (Gérauld), 91, 296.
Durand de Saint-Pourçain, 29, 75,
170.
Du Verdier (Antoine), 3.
Du Verneuil (Marguerite), 40.
Eeckhaute (Gilles van), 185.
Egnazio (Jean-Baptiste), 83, 298.
Emile (Paul), 66, 100, 295.
Ennius, 10, 144, 154, 158.
Episcopius (Nicolas), 69.
Erasme (Didier), 2, 4, 19, 26-28, 31,
56, 57, 68, 69, 73, 79, 81, 83-85, 87,
8 9> 9**93» 97> I02 , io 3, no, 11C,
153, 167, 171, 184, 188, 291-298.
Estienne (Adrien), 312.
Estienne (Adrienne), 312.
Estienne (Antoine), 311.
Estienne (Catherine), 34, 306, 312.
Estienne (Catherine), 306.
Estienne (Charles), 305.
Estienne (François I"), 305, 306.
Estienne (François II), 312.
Estienne (Gervais), 312.
Estienne (Henri I ,r ), 17, 23, 55, 60-
62, 76, 79.
Estienne (Henri II), 3, 7, 17, 29-31,
33» 34, 157» 3 I <>, 3".
Estienne (Henri III), 311.
Estienne (Jérôme), 312.
Estienne (Joseph), 311.
Estienne (Judith), 311.
Estienne (Paul), 34, 311.
Estienne (Robert I w ), 24, 33, 34, 70,
106, 301, 302, 304-306, 311.
Estienne (Robert II), 306, 311.
Estienne (Robert III), 311.
Eucher (Saint), 91, 93, 99.
Euripide, 73, 169.
Eusèbk, 58, 59, 79, 102.
Faustus (Victor), 85.
Fenestella, voyez Fiocchi
Fernand (Charles), 73, 79, 82-84, 102,
188.
Fernand (Jean), 185, 188, 289.
Ficik (Marsile), 65, 73, 86, 91, 99.
Fidèle (Louis), 55.
Fiera (Baptiste), 65, 75.
Fieschi (Etienne), 136.
F il EL ko (François), 71, 72, 169, 184,
l *S* 297.
Fiocchi (André-Dominique), Fenes-
tella, 77.
Firmara (Henri de), 64, 81, 187. N
Firmin-Didot (Ambroise), 29, 69, 150
Fischer (Christophe), 169.
Fischer (Jean), 66, 87. 88, 189.
Fitz-Gerald (Richard), 181.
Flandre (Louis de), 21, 183, 189, 192,
*93-
Florennes (Remacle de), Arduenna,
169.
Florus, 77, 84, 92, 96, 99, 190.
Fœrstermann (Joseph), 297.
Foppens, 3.
Fortiguerra (Scipiou), Carieroma-
chus, 99.
Fortunatus (Mathieu), 290, 299.
Foucauld (Jean), 185, 193.
Foucher (Jean), 305.
Fournier (Humbert), 10, 18, 181,
182.
Fradin (Constantin), 193.
François, de Cologne, 292.
Francus (Nicolas), 75.
Frellon (Jean), 60, 76.
Frellon (les Frères), 47.
Froben, 295.
G.aguin (Robert), 2, 4, 9, 11-17, *9,
118, 136, 163, 166, 168, 173, 289,
290.
Gaillard (Nicolas), 312.
Galien, 65, 83, 9I , 93, 94, 95.
Gallicus (Pierre), 183.
Galtz (Josse), Gallus, 291.
Ganay (Antoinette de), 302.
Ganay (Germain de), 170, 185, 186,
187, 193.
Gaudoul (Pierre), 24, 82.
Gaza (Théodore), 69, 90, 102, 138.
Gemellus (Adrien), 295.
Gênas ou Genati (Jean de), n, 17,
181, 182.
Gentil (Jean), 86, 171.
Geoffroy de Monmouth, 75, 85, 170,
192.
Georges de Trébizonde, 148.
Gérard (Pierre), 12, 182.
Gérard de Verceil, 153.
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TABLE DES NOMS Cl'J ES.
319
GÉRARD DE ZUITPHEN, 64, 102.
Gering (Ulrich), 20, 22, 169.
Gerlier (Durand), 2, 16, 17, 20, 290.
Gessner, 3.
Ghijs (Gilles), 20, 119, 122, 183.
Gibier (Eloy), 33, 46.
Gilles (Jean), de Noyers, 87, 163,
188, 190.
Gilles (Pierre), 26, 187, 188, 293,
Gibard (Corneille), 15.
Goëthals (Henri), 4, x>6, 86, 88, 189.
Gorin de San Gemignano (Jean), 17,
18, 182.
Goujet (l'Abbé), 3.
Gourmont (Gilles de), 56, 291.
Gourmont (Jean de), 24.
Gramonï (Gabriel de), 191.
Grand Val (Marc de), 80, 86, 87, 102,
17*.
Grafil£US (Corneille), "14, 85, 86.
Gray (Robert), 120, 295.
Grégoire de Naziance (Saint), 80,
187.
Grégoire de Nysse (Saint), 80, 187.
Grégoire de Tours (Saint), 79, 187.
Gresmund (Dietrich), 291.
Greswell (E.), 4.
Greswell (Parr), 4.
Grève (Philippe de), 64, 91, 190.
Gritsch (Jean), 168.
G root (Gérard), 176.
Gruninger, 149.
Grutere (Baudoin de), 21, 25, 183,
Gryphus (Pierre), 299.
Guarino (Baptiste), 8, 10.
GUARINO, de Vérone, 125.
Gueldre (Charles de), 190.
Gueynard (Etienne), 16, 18, 182, 184,
192-194.
GUIDO DE FERPINIANO, 94.
Guillaume (Pierre), 10, 181.
Gunther (Otto), 297.
Guy de Fontenay, 102.
Gya (Jean), 25, 92, 190.
Haeghen (François Vander), 7.
Halewijn (François de), 188.
Halewijn (Georges de), 186, 187,
191, 194.
Halgrin (Jean), 89, 189.
Haller (Jossej, 172, 185.
Hangest (Jérôme de), 94, 95, 98.
Happay (Jean), 180.
Hartfelder (Karl), 290, 295, 299.
Hégésippe, 76, 78, 92, 186.
HÉnencourt (Adrien de), 150, 185.
Henri (Jeanne), 313.
Henrichmann (Jacques), 118.
Hérodote, 25, 94, 190.
Herwagen (Jean), 298.
H 1 la IRE (Saint), 76, 170.
Hillenius (Michel), 150.
HlPPOCRATE, 83.
Hittorp (Geoffroy), 60, 84.
HOUENWANG (Louis), 145, 149.
Holkot (Robert), 11, 76, 168, 182,
186.
Homère, 65, 76, 102, 186.
Hopyl (Wolfgung), 180.
Horace, 10, 20, 65, 71-73, 78, 83, 88,
95» "7» 144, 148, i54> i55> i5 8 »
162, 163, 168, 169, 182, 184, 193.
Hobawitz (Adalbert), 290, 295, 299.
Horenweghe (Josse), 6, 60, 73, 147.
HORNKEN (Louis), 60, 84.
Hotot (Fabien), 46.
Houkaërt (Gilles), 77, 82, 176, 186.
Hoyois (Emmanuel), 4.
Huet (Guillaume), 186.
Hugues de Saint-Victor, 93, 171,
190. !
Huguetan (Jacques), 18, 183, 192.
Huguetan (Jean), 192.
Huguitio, 113.
HUMBERT DE MoNTMORET, 80.
Hummelberg (Michel), 186, 291, 296,
299.
ISOCRATE, 69, 91, 93, 95, 96, 99, I02.
Jacobi (Henri), 60, 76, 77.
Jacques (Louis), 28.
Jacques V, roi d'Ecosse, 171, 172.
Jean Chrysostome (Suint), 64, 93,
192.
Josmarius (Etienne), 55.
Joulet (Pierre), 42, 150, 184.
Jouvenneaux (Guy), 11, 65, 75, 135,
136, 139» 145» 170, 185.
Jovien (Jean), 102.
Jules César, 96, 99.
Junius Moderatus, 95.
Junte (Philippe), 29.
Justin, 58, 59, 92, 190.
JUSTINIEN, 187, 192.
JUVÉNAL, IO, 18, 19, 73, 79, 88, 142,
I44, I47, 154, 156, 158, 162-164,
168, 177, 182, 185, 192.
JUVENCUS, 72, 73, 152, 156.
Kees (Thomas), 40.
Keimolain (Jacques), 21, 183.
Kempen (Adam de), 135, 185.
Kerver (Jacques), 61.
Kerver (Thielmann), 22, 23, 40, 61,
119.
Keysere (Pierre de), 46, 56, 60, 79,
153» 291.
Keysere (Robert de), 42, 293.
Koberger (Antoine), 18, 182.
Koberger (Jean), 60, 62, 76, 84.
Koberger (Melchior), 57.
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320
JOSSE BAD1US ASCENS1US.
La Barre (Nicolas de), 24, 47, 52.
La Caille (Jean de), 3, 4, 30, 310.
La Chesnaye (Nicolas de), 21, 182.
La Croix du Maine, 3.
Lactance, 72, 74, 102, 152, 155, 156,
184.
La Forest (Jean de), 190.
Laguette (Louise), 312.
La Lande (Jean de), 187.
Laliseau (Raoul), 60, 61.
Lambinet, 3.
Langlacé (Jean), 150, 185.
Langton (Edmond), 64, 87.
Lansheere (T. de), 5.
La Porte (Antoine de), 10, 182, 184,
193.
Lascaris (Janus), 27, 69, 93.
Lasserre (Louis), 65, 66, 95, 96, 102,
121, 190, 194.
Laux (David), 126, 184, 192, 193.
La Véprie (Jean de), 163, 171, 185,
188.
Lavinetha (Bernard), 188.
Le Clerc (Jeanne), 311.
Le Dru (Pierre), 13, 22.
Lefebvre d'Etaples (Jacques), 19,
24, 88, 93, 169, 186, 290, 291, 294,
295, 298, 299.
Le Fèvre (Hémon), 23, 47, 60, 84.
Le Forestier (Jacques), 60, 74.
Lelièvre (Constantin), 60, 62, 76.
Lelièvre (Guillaume), 89, 102, 189,
194.
Le Maire de Belges (Jean), 188.
Le Noir (Jean), 61, 63, 92.
Le Noir (Philippe), 42.
Léon X, pape, 77, 186.
Léonard d'Udine, ii, 168, 181, 192.
Le Preux (François), 311.
Le Preux (Jean), 46.
Le Preux (Poncet), 60, 94, 193.
Lerija (Antoine de), 118, 147.
Le Rouge (Guillaume), 23.
Leupe (Jean), 135, 170, 185.
Lhuillier (Olivier), 312.
Lhuillier (Pierre I"), 34, 312.
Lhuillier (Pierre II), 312.
Linacre (Thomas), 294.
LlUTPRAND, 8l, 187.
Locher (Jacques), 158, 160.
Lolle (Pierre), 82, 188.
London (Jean), 127, 190.
Longueil (Christophe de), 93, 96, 99.
Longwy (Etienne de), 14.
I.oriti (Henri), 154, 175.
Lottin, 4, 35.
Loys (Jean), 35, 55, 70, 100.
Lucain, 73, 81, 152, 153, 156, 185,
187.
Lucien, 73, 81, 89, 191.
Lucrèce, 81.
Ludimagister (Pierre), 21.
Lldolphe de Saxe, 5, 20, 155, 168,
178, 183, 186, 192-194.
Lulle (Raymond), 83, 84, 86, 87,
171, 185.
Lupset (Thomas), 294.
Lyndwood (Guillaume) 20, 180, 183,
192.
Lyon (Jean de), 190.
Maccard (Jean), 305.
Macrin (Salmon), 102.
Macrobe, 82, 88, 92, 156.
Maffei (Raphaël), 25, 78, 82, 92,
137, 188.
Maheu (Didier), 56.
Mair, voyez Major.
Maistres (Martin des), 87, 90, 188.
Maittaire, 33.
Maizières (Gilles de), 153.
Major (Jean), 76, 77, 84/88, 90, 94-
96, 171.
Mancinelli (Antoine), 72, 77, 82, 102,
118, 126, 134, 138, 140, 142, 144,
147, 149, 169, 184, 186.
Manni (Dominique), 3, 141, 151.
Mansus (Pierre), 187.
Manuce (Aide), 18, 28, 29, 80, 85,
105, 118, 137, 139, 152.
Manuce (Paul), 29.
Mara (Guillaume de), 75, 77, 80, 81,
102, 170, 293.
Marchand (Guy), 22, 23.
Marchand (Pierre), 60, 62, 87.
Mare (Jean), 88, 171, 189.
Mareschal (Pierre), 193.
Marmitta (Gellio-Bernardin), 153.
Marnef (Les frères de), 12, 13, 20,
22, 23, 47, 60, 62, 71, 77, 80, 82,
88, 159-161.
Marnef (Angilbert P de), 182, 198,
216.
Marnef (Angilbert II de), 46.
Marnef (Jean l w de), 182.
Marnef (Jean II de), 60, 88.
Maronis (François de), 86, 189.
Martens (Thierry), 56, 57, 291.
Martin de Loudun, 74.
Massé (Christian), 172.
Maturanzio (François), 148.
Mauburne (Jean), 76, 170, 186, 289.
Maurice, 291, 292.
Maurus (Liévin), 18, 21, 182, 194.
Mediovillanus (Jean), 125.
Méganc (Jean), 6, 60, 73, 147.
Mèganc (Liévin), 6.
Megan g (Pierre), 6, 184.
Melun (François de), 188.
Mérausse (Jean), 40.
TABLE DES NOMS CITES.
321
Mercier (Jacques), 6062, 87, 88.
Merlin (Guillaume), 305.
Mérula (Georges), 153.
Meyer (Jacques de), 2, 299.
MlMUS PuBLIANUS, 01, 93.
Mirabelm (Dominique), 79.
Molière, 143.
Montfaucon (Aymon de), 169, 184,
194.
More (Edouard), 127, 190.
More (Thomas), 73, 81, 169.
Morel (Charles), 313.
Morel (Claude), 313.
Morel (Fédéric P'), 30, 34, 305, 307,
309, 3i3-
Morel (Fédéric II), 30, 38, 309, 310,
3*3.
Morel (Gilles), 313.
Moréri, 3.
Morin (Michel), 60, 72, 145.
Mulat (Clément), 10, 182, 184, 193.
MURMELLIO (Jean), 140, 147.
Murr, ou M5RER (Sébastien), 147.
Muscet (Toussaint), 186.
Musée, 81.
Muth (Conrad), 293.
Nanni (Jean), 78, 82, 187.
Negri (François), 110, 112, 118, 125,
138.
Nepveu (Gilles), 301.
Ntchols, 290, 293.
Nicolas d'Aqu-ïvilla, 88.
Nobileau (Etienne), 188.
Notary (Julien), 150.
Nuenar (Hermann de), 298.
OCKA5I (Guillaume d'), 11, 38, 168,
181, 183.
Odon, 88.
Ofhuys (Charles), 294.
Ogerolles (Jean d'), 159.
Olivier d'Arzignano, 153.
Onosander, 72
Oosterlync (Liévin), 65, 170.
Origène, 79, 86, 91, 96, 187.
Ottavio (François), Cleophilus, 71,
72, 151, 152, 155, 184, 193, 194.
Oudendorp (François van), 153.
Ovide, 18, 65, 75, 77, 149, 150, 155,
157» i 6 3> 173- 182, 185, 192.
Pacquelin (Louis), 312.
Pailleaux (Denise), 312.
Palfart (Jacques), 312.
Palfart (Marie), 312.
Palladius Rutilius, 95.
Pape (Jacques de), 64, 103.
Papillon (Anne), 311.
Paschkt (François), 10, 181.
Paul Diacre, 85, 187.
Paix Silentiaire, 24.
Paul de Venise, 90.
Paulin de Nole (Saint), 65, 66, 83,
188.
Paxius (Nicolas), 89.
Pedersen (Christern), 65, 70, 82, 188,
*93-
Pellicanus (Conrad), 291.
Perez de Valentia (Jacques), 73-75,
S6, 167, 170, 185, 191-193.
Perotti (Nicolas), 72, 106, 113, 118,
126-128, 138, 169, 184, 191-193.
Perse, 10, 18, 72, 74, 91, 109, 144,
147, 154, 156, 158, 163, 168, 182,
190, 194.
Pers^na (Christophe), 99.
Petit (Guillaume), 26, 170, 179, 186-
188.
Petit (Jean I"), 19-23, 35, 47, 60-63,
71-86, 90-103, 119, 150, 184, 291,
294.
Petit (Jean II), 21, 183, 184.
Pétrarque (François), 20, 155, 168,
183.
Phénol (Jacques), 10, 182, 184, 193.
Philippe (Gaspard), 22, 23.
Philon Juif, 89, 92, 100.
Pic (Jean), 64, 92, 190.
Picard (Bertrand), 25, 184, 192, 193.
Picard (Jacques), 25, 184, 192, 193.
Pichon (Baron), 306, 307.
Pierre (Jean), 292.
Pierre Lombard, 100.
Pillot (Marguerite^, 311.
Pinelle (Louis), 184, 187.
Pinereuil (Bernardin de), 189, 194.
Pins (Jean de), 84.
P10 (Albert). 28, 66, 95, 97, 191.
P10 (Jean-Baptiste), 81, 153.
Platon, 23, 69, 83, 86, 88, 91, 96,
99, 141, 188, 193, 194.
Plautius (Jean-Baptiste), 147.
Pline-le-Jeune, 98, 110.
Plutarque, 71, 73, 81, 89, 90, 92,
98, 103, 169, 188, 189, 194.
Poliziano (Ange), 79, 85, 87, 89, 92,
103, 182, 186-189.
POLYBE, 78.
POMPONIUS L.ÏTUS, 77, 186.
Poncher (Etienne), 189.
Pontanus (Michel), 55.
Ponte (Pierre de), 64, 103.
Pot (Louis), 11, 181.
Pouppart (Abigaïl), 311.
Priscien, 25, 82, 84, 94, 107, 118,
138, n9, 188, 190.
PROBUS GRAMMATICrS, 137.
Pruss (Jean), 160.
Pyrrhvs d'Angleberme (Jean), 85,
171.
I. 21
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322
JG3SE BADIUS ASCEXSIUS.
Quintilien, 83, 87, 89, 94, 96, 97, 99,
ioo, 146, 153, 154, 156, 157, 164,
171, 174, 188-190.
Rabelais (irançois), 157.
Rabi MosSiEus, 88.
Radewyn (Florent), 176.
Radolfis (Richard de), 11.
Rapalius (Guillaume), 293.
Raymond d'Aquitaine, 77.
Rèche (Simon), 56.
Regio (Raphaël), 153.
Régis (Jean), 76.
Regnault (François), 24.
Reichung, 122.
Reiffenberg (Baron de), 4.
Remacle (Florent), 80.
Remboldt (Berthold), 22, 23, 60-62,
77» 84.
Renguaed (Antoine-Augustin), 4.
Resch (Conrad), 42, 57, 60-62, 83, 86,
89, 91, 92.
RHEMNIUS PAL.BMO, 137.
Rhenanus (Beatus), 25, 55, 186, 187,
290, 291, 295, 296, 298.
Ricchieri (Louis), Rhodiginus, 29, 85,
188.
Riccio (Michel), 72, 74, 169, 170.
Richard (Guillaume), 35.
Richard (Pierre), 86, 87, 171.
Ricius (Alphonse), 76, 170.
Ricoldus, 1 88.
RlGOLEY DE JU VIGNY, 3.
Rijcke (Guillaume de), 18, 64, 75,
182, 194.
Rimbertini (Barthélémy), 66, 81, 187.
Ritter (Lucas), 185.
Rivière (Pierre), 158, 159.
Rivius (Jean), 82, 88.
Roce (Denis), 23 ,60, 71, 78, 80.
Rohan (François de), 184, 193.
Roigny (Charlotte de), 312.
Roigny (Holstelye de), 312.
Roigny (Jean de), 312.
Roigny (Jean de), 33-35, 46, 60, 70,
97-99» 304. 305» 3i 2 -
Roigny (Marie de), 34, 312.
Roigny (Michel de), 34, 46, 312.
Rcoman (Gilles), 46.
Rosset (Pierre), 64, 82, 83, 90, 93,
103» «73» 189, 191.
Rostan (Pierre), 21, 18}, 186, 192-194.
Roter (Esprit), 188.
Roi Y (Marie), 311.
RouzÊ ou Roze (Germain), 302.
Rubione (Guillaume de), 86.
Ri.ffus Candidus (Rémv), 29, 153,
188.
Ruser (Jean), 57, 294.
RrzÉ (Louis), 25, 179, 189.
Sabellico (Marc-Antoine), 76, 79,
84. 93» io 3, 153» 186.
Sadolet (Jacques), 93, 96, 99.
Salluste, 72, 75, 80, 98, 152, 155,
173-175» 184, 185.
Saulay (Jean), 186.
Salves (Denis de), 34, 305, 306, 307,
3i3.
Savetier (Nicolas), 23, 24, 47.
Savonarole (Jérôme), 64, 76, 77, 85,
91, 92, 103, 188. ,
Saxo Grammaticls, 70, 81, 187.
Scabeler (Jean), 60, 62, 76.
Scan felaer (Georges), 5, 55.
Schade (Pierre), Mosellanus, 94-96,
99-
Schurer (Mathias), 290.
Sedulius (Celius), 72, 103, 152.
Semur (Pierre et Jacques de), 181.
Senant (Olivier), 23, 73.
Sénèque, 79, 81, 87, 92, 156, 187.
Seraptus (Augustin), 185.
Servius Grammaticus, 137.
Servius Honoratus, 137.
Sexte Aurele, 72.
Sextus Ruffus, 190.
Seyssel (Claude de), 58, 65, 66, 81,
82, 93, 96, 103, 171, 299.
SlLVESTRE, 44-46.
Simon (Yvonnet), 302.
Sinthen (Jean), 119, 120.
Smaragdus, 64, 98.
Snekis (Corneille de), 81.
Solinus, 79, 155, 183.
Stein (Henri), 33, 302, 305, 306.
Stoa (Quintianus), 103.
Sulpizio (Jean), 10, 20, 71, 73-75, 94,
106, 109, 110, 112-114, 118, 125-128,
134, 138, 139» 144» 15°. i5 2 > 154»
164, 169, 183, 184, 190-193.
Swert, 3.
Synesius Cyrenensis, 87, 91, 92.
Tardif (Guillaume), 118, 136.
Tartaret (Pierre), 12, 168, 169, 182,
184, 194.
TÉBENCE, II, 20, 38, 69, 72, I45, I46,
154, 155, 169, l8l, 183, 191, 193.
Terentius Varro, 95.
Terrebourg (André), 20, 119, 122,
183.
Thalaru (Jean de), 10, 183, 192.
Théocrite, 71, 77, 155, 169.
Théophylacte, 99.
Thévet (André), 3, 61.
Thierry (Jean), 137, 294.
Thomas d'Aquin (Saint), 64, 65, 76,
146.
Thomas de Citeaux, 89, 189.
TABLE DES NOMS CITES.
3 2 3
Thomas de Galles, Walleys, 75-77,
i49» 1 57» ^S, 1S6.
Thomas a Kempis, 91, 175, 176, 178,
190.
Thuasne (Louis), 4, 14, 15, 172, 289,
290.
Thucydide, 25, 58, 59, 65, 80, 93,
94, 187 190.
Thurinus (André), 95, 103, 172.
Tiberga (Ficinus), 122.
Tifernas (Grégoire), 152.
Tiraqueau (André), 80, 83, 90.
Tite.Live, 77, 80, 84, 96, 99, 154,
i5 6 < J 73» *7S* i 86 » 187, 191, 194.
TixiER DE Ravisv (Jacques), 55.
Tolédon (Antoine), 10, 184, 193.
Torquemada (Jean de), 11, 181.
Tortelli (Jean), 113, 125, 138.
Tory (Geofroy), 18, 41, 46, 57, 147.
Totani (Guillaume) 11, 181, 192.
Toussain (Jacques), 25, 27, 28, 92,
93, 100, 137, 188, 190, 296.
Trechsel (Jean), 2, 11-17, 19, 22,
30, 28, 69, 145.
Trechsel (Hostelye), 17, 30, 301, 309,
3"-
Trepperel (Jean), 159.
Trithème (Jean), 2, 4, 5, 8, 9-12, 19,
60, 166, 181, 287, 288.
Tri-don (Nicolas), 35, 312.
Tunstall (Cuthbert), 103.
Turrarius (Gilles), 186.
Urbain IV, pape, 64, 88.
Vaillant (Jean), 312.
Vaillant (Marguerite), 305.
Valere-Maxime, 76, 80, 133, 156,
173, 186, 193.
Valerius Flaccus, 66, 78, 85, 86,
173.
Valla (George), 114, 125.
Valla (Laurent), 20, 72, 73, 75, 76,
79, 80, 94, 95, 106, 126, 134, 135»
n8, 139, 153, 169, 170, 183-185,
187, 190-194.
Valle (Jérôme délia), 77. 81, 186, 193.
Valle (Nicolns délia), 76, 102, 186.
Valluphinus (Henri), 9, 18, 20, 182,
185, IQ2.
Vai ta (Pierre-Louis), 64, 65, 82, 84.
Varannes (Valerand de), 290.
Vascosan (Jeanne de), 34, 307, 312.
Vascosan (Michel de), 30, 33, 34, 41,
69» 7°. 3<M-3°7, 309, 313.
Vatel (Jean), 25, 60, 69, 90, 102, 138,
147.
Vaus (Jean), 4, 65, 91, 97, 120, 121,
137, 139» 189.
Végèce (Flave), 99.
Veggio (Maffeo), 20.
Venray (Roger de), 289.
Vergile (Polydore), 295.
Vicaire (Gabriel), 306, 307.
Vigeri (Marc), 85.
Villeneuve (Charles de), io, 182,
184, 193.
Vincent (Simon), 60, 86, 145, 184.
Vincka (Pierre), 185.
Vingle (Jean de), 16.
Vingle (Jean de), 38.
Vio (Thomas de), 79, 97, 98, 191.
Viremandus (François), 57, 292.
Virgile, 10, 20, 65, 73, 74, 79, 83,
144, 149. 150, 154, 155» x 58, 162-
164, 170, 182, 183, 192, 193.
Visch (Charles de), 172.
Vivès (Louis), 297.
Vogler (Thomas), 290.
Volsci (Antoine), 149.
Vorsterman (Guillaume), 61, 62, 86.
Vostre (Simon), 70.
Walden (Thomas), 90, 91, 98, 191.
Walleys, voyez Thomas de Galles.
Wansfort (Guérart), 150.
Warin (Gervais). 297.
Waterloose (Jean), 6, 60, 73, 147.
Watham (William), 185.
Wechel (Chrétien), 42.
Werckmann, voyez Berckmann.
Whittington (Robert), n8, 139.
Will (Barbe de), 311.
Wolff (Nicolas), 18.
Worde (Wynand de), 60, 72, 145, 150.
Wrne (Lago), 187, 293.
Wympfeling (Tean), x6o, 164, 291.
Xénophon, 78, 82, 92.
Zikkele (Jean vander), 184.
Zovenzoni (Raphaël), 152.
Zweemere (Gérard), 6, 61, 62, 77.
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■ *
TABLE DES CHAPITRES
PREMIER VOLUME
Vises.
chapitre PREMIER. — Biographie i
I. — Sources de la biographie de Badius. — Incertitude sur
son véritable nom i
II. — Ses premières années et ses premières œuvres jusqu'à
son établissement à Lyon (1492) 8
III. — Son séjour à Lyon et les ouvrages qu'il y publie. —
Son premier voyage à Paris (1492-1499) 9
IV. — Son établissement à Paris, et les ouvrages qu'il y
publie avant d'être lui-même imprimeur et éditeur (1499-
1502) : : 19
V. — Il devient imprimeur et éditeur (1503). — La concur-
rence au début du xvi° siècle 22
VI. — Ses relations littéraires. — Le Ciceronianus (1528). —
Sa mort (1535) 24
VII. — Sa famille 30
VIII. — Son portrait 36
CHAPITRE deuxième. — Le Prœlum Ascensianitm 39
I. — Les différents locaux qu'il occupe 39
II. — Ses marques et ses encadrements 42
III. — Les collaborateurs et les relations commerciales de
Badius , 55
IV. — La production du Prœlum Ascensianum 00
V. — Les caractères et l'illustration de ses éditions 66
Liste chronologique des volumes imprimés au Prœlum Ascen-
sianum, de 1503 à 1535 71
chapitre TROISIÈME. — Les Œuvres de Badius 105
I. — Œuvres grammaticales io 5
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326 JOSSE BADIUS ASCENSIUS.
Pages.
A. — De recte scribendi rattone compendiosa ttaditio. —
Régula riginti de accentu ex Prisctano 107
B. — De epistolarum compcsitione compendium 109
C. — De regimine dict'ionum no
"* D. — ReguLœ venustatis 112
E. — Syntaxis Ascensiana. — Regulœ orthographia 113
F. — Ars versificatoria 116
G. — Alexandre, de Villedieu 119
H. — Augustin Dati 125
I. — Laurent Valla 126
J. — Textus Ascensianus. — Jean Sulpizio. — Nicolas
Perotti. 126
K. — Antoine Mancinelli 134
L. — Jean Balbi (Janua). — Ambroise Calepino 134
M. — Guy Jouvenneaux 135
N. — Jean Despautère 136
Liste chronologique des œuvres grammaticales de Badius. . 138
II. — Commentaires familiers 141
A. — Sylva m or aie s ... 144
B. — Térence 145
C. — Boëce 146
D. — Baptiste de Mantoue 146
E. — Juvénal et Perse 147
F. — Cicéron 148
G. — Horace 148
H. — Ovide 149
I. — Virgile. . . : : 149
J. — Expositiones à l'usage de Salisbury 150
K. — Pierre Bury, ou de Bur 150
L. — Philippe Béroalde^ l'aîné 151
M. — F. Ottavio. — Carmina pia et religiosa 151
N. — Salluste 152
O. — Navis Stultifera 152
P. — Lucain. — Valère-Maxime. — Sénèque 152
Q. — Quintilien 153
Liste chronologique des ouvrages commentés ou annotés
par Badius 154
III. — Œuvres de morale et d'éducation. 157
A. — Sylva morales 157
B. — Stultifera naves : . . . 158
C. — Navis Stultifera. 160
Apex Ascensianus de officio scholastici 165
IV. - — Œuvres poétiques 167
Liste chronologique des œuvres poétiques de Badius 168
V. — Histoire 173
TABLE DES CHAPITRES. 327
Pages.
VI. — Théologie 178
VIL — Préfaces 179
Liste chronologique des préfaces écrites par Badius 181
Liste chronologique des avis au lecteur 191
Préfaces et avis dont les dates ont été modifiées dans cer-
taines éditions 192
chapitre QUATRIÈME — Stultiferœ Naves. — Navis Stultifera. . 195
Stultiferœ Naves 197
Navis Stultifera 221
APPENDICES 285
Notices de Jean Trithème sur Badius 287
Correspondance de Badius et de ses contemporains 289
Pièces d'archives relatives à Badius et à sa famille 301
Epitaphes de Badius 309
Les descendants de Badius 311
Table des noms cités 315
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I M P R I M É
PAR
PHILIPPE RENÔUARD
19, rue des Saints- Pères
PARIS
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Digitjzed by Go
■MMÉ
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Kl